06 : Bienne au Landeron

Balade dans les beaux vignobles du Lac de Bienne

 

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Selon SchweizMobil, on quitte la Via Jura 80 à Bienne, et depuis Bienne, on suit en fait le “Chemin des Trois-Lacs” incluant les lacs de Bienne, Morat et Neuchâtel. Pour des raisons de simplification, on continuera de nommer les voies qui rejoignent la Via Jacobi 4 à Moudon, le Chemin de Compostelle principal en Suisse, de Via Jura, car en fait, on passe dans la plaine, au pied du Jura. Mais, même pour Schweiz Mobil, il n’y a pas de vrai chemin balisé et officiel pour rejoindre la Via Jacobi 4. Alors, dans ce cas, même les planificateurs des voies de Compostelle en Suisse ne sont pas plus précis. Ils ont planté ci et là des coquilles, pour aider les pèlerins. Mais, c’est largement élémentaire. Sand guide, tout pèlerin désireux de gagner Genève par ce chemin se perdra, à moins de prendre de renseignements sérieux sur la marche à suivre. C’est aussi pour cette raison que nous avons proposé ce guide pour les aider à ne pas se perdre.

Aujourd’hui, c’est une magnifique étape, aisée, au milieu des bois et du vignoble du Lac de Bienne. Ici devait passer jadis un “chemin pèlerin”, mentionné depuis le XIVème siècle, qui devait relier l’Alsace et l’Allemagne à Saint-Jacques de Compostelle, en passant plus loin par Payerne. On a trouvé ici une coquille datant du Moyen-âge.

Il est de lieux de magie. Celui-ci ne fait pas exception. Des vignobles qui plongent dans la mer, on en trouve en Nouvelle-Zélande. Ici, on plonge dans un lac, mais c’est le même frisson. L’Unesco a souvent célébré de tels sites. En Europe ils ne sont pas légion. Il y a le vignoble de la Moselle et en Suisse, le vignoble de Lavaux au-dessus du Léman. Celui-ci fait devrait aussi faire partie de la catégorie. Il est encore plus pur que les autres. Aucune maison ne vient troubler sa sérénité. Cela tient beaucoup aux bernois, de fervents gardiens du patrimoine intégral. Des dossiers ont été déposés à L’Unesco pour classer des monuments et des tronçons de cette étape. Mais quel que sera le sort de ces démarches, une grande partie des vignobles, ainsi que l’Île St Pierre sont considérés comme des paysages d’importance nationale.

 

 

 

Les dénivelés aujourd’hui (+334 mètres/-339 mètres) sont faibles, et il n’y a aucune difficulté particulière à signaler. Évidemment, le parcours n’est pas plat et il monte et descend toute la journée, mais de manière si raisonnable.

 

Hélas, aujourd’hui, c’est surtout sur du goudron qu’il faudra marcher:

Goudron: 15.3 km

Chemins: 3.4 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-bienne-altstadt-au-landeron-par-la-via-jura-34826894

Section 1: Légers vallonnements au-dessus du lac.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: un des rares passages un peu plus exigeants de l’étape, pour monter au Pavillon mais c’est court.

 

Quel que soit l’endroit où vous ayez passé la nuit, le mieux est de repartir de la gare, là où on retrouve très souvent les indications des chemins.
Le parcours passe sous la voie de chemin de fer, transite près d’un des nombreux bâtiments administratifs de Rolex.
Il se rapproche assez rapidement de la colline où passe la Via Jura. Bienne est une ville assez simple, tassée sous la colline avant d’arriver au lac. Il y a ici de nombreux canaux reliés au lac.
Puis, il repasse sous la voie ferrée à l’approche de la colline. Si vous venez directement de la Vieille Ville, vous arriverez ici en suivant la route cantonale sur les trottoirs.

Ici, on vous annonce la Neuveville, où le parcours passe, à 4 heures d’ici.

Vous êtes ici à la sortie de la ville, là où part le funiculaire qui va à Macolin, le lieu d’entraînement des athlètes suisses.
Au niveau de la Rue des Alpes, près du funiculaire, la Via Jura quitte la ville dans la rocaille.
De petits escaliers de pierre montent sur la colline, entre les mousses et le lierre. Sur toute l’étape, nous sommes au pied du Jura, dans ces petites montagnes, toutes faites de calcaire, de marne et de schistes plissés par les pressions au cours des siècles.

L’histoire géologique du Jura commence il y a 250 millions d’années, par une vaste plaine posée sur un socle granitique passablement érodé. Une mer envahit le territoire et se retire 130 millions d’années plus tard, déposant des calcaires à foison. Alors, le relief se plisse suite à des poussées d’origine alpine, emmenant le magma calcaire fait de coquillages cimentés jusqu’à près de 1’500 mètres.

A la suite d’une succession d’escaliers qui tournent sur la colline, on arrive au lieudit Pavillon. On comprend pourquoi.
Du Pavillon, la vue s’ouvre sur la ville et les parcs de Bienne au bord du lac, là où s’est déroulée en partie l’Exposition Nationale de 2002.
Du pavillon, le chemin quitte les escaliers, se rétrécit, et monte encore un peu dans la forêt au-dessus du lac. En dessous, on aperçoit vite le village de Vingelz.
Ici, on rencontre avant tout des hêtres, très élancés pour la plupart, parfois en touffes sur des rejets. Mais, on y rencontre aussi des chênes, de grands chênes blancs ou de petits chênes pubescents, où souvent le lierre s’accroche. Sur les pins sylvestres dégingandés, il ne reste qu’une touffe sommitale pour se prouver qu’ils existent encore.
Un peu plus loin, la pente s’assagit dans une forêt qu’on devine spacieuse, ce qui doit être aussi le cas quand les arbres auront remis leur plumage.
Le chemin étroit et rocailleux musarde un peu sur le flanc de la colline, d’où suinte le calcaire en bandes de rochers.

Puis, il redescend un peu vers le lac pour gagner la bifurcation qui permet de rejoindre la gare de Vingelz. Sur toute cette étape, vous pouvez rejoindre le lac ou les villages au bord du lac, où passe le train.

Mais, il ne prend pas cette direction et continue à descendre doucement dans le sous-bois.
Bientôt, on aperçoit Vingelz en dessous.
La Via Jura arrive alors au-dessus du village sous les hêtres, et transiter sur le Burgunderweg, le Chemin des Burgondes. Ici, les écriteaux sont rédigés en français et en allemand, la Romandie étant juste à côté. D’ailleurs, avant 1815, cette région faisait même partie de la France. Mais, aujourd’hui ici tout le monde parle allemand.
Vingelz (en français, Vigneules) est un village fort étendu, entre le bord du lac et le début du coteau. Les maisons sont cossues dans la région.
La route goudronnée traverse et ressort du village.
A la sortie du village, un large de chemin de terre battue prend le relais sous les grands arbres. A la bifurcation, notre chemin reste à mi-hauteur du lac. La montagne est assez escarpée ici. L’autre chemin y monte. De l’autre côté de la montagne, c’est Sonceboz, le Jura bernois, où nous sommes passés hier.
Nous sommes au lieudit Hüsli, à 1 heure de Bienne et à 3 heures et demie de La Neuveville. Ici, on annonce le Rebenweg, le Chemin des Vignes, qui est aussi le Chemin des Bourguignons.
La large route de terre s’en va alors à plat sous les hêtres, les chênes et les pins. Parfois, mais rarement, un peu d’eau suinte de la montagne. Peu après le chemin trouve une bifurcation qui permet de gagner le lac, au village d’Alfermée, et plus loin, au village de Tüscherz, car il existe aussi une variante pour passer près du lac, du moins en partie.

Section 2: On laisse la forêt pour les vignes.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Le chemin passe encore un peu dans la forêt majestueuse. Vers le bout de la forêt apparaissent des épicéas, au milieu des hêtres et des chênes. Si vous ne voyez pas les pives, tant les arbres sont hauts, jetez un coup d’œil au sol. S’il y a des pives, ce sont des épicéas, non des sapins. D’ailleurs, aux altitudes où le chemin passe en Suisse, ces arbres sont en très large majorité des épicéas. En France, aussi.

Encore un peu d’aide sur les arbres au début du printemps. Les hêtres ne perdent pas tout leur feuillage en automne. Des feuilles mortes restent sur les branches du bas. Cela ne vous aidera, hélas, pas à les distinguer des charmes, qui leur ressemblent beaucoup, mais en Suisse, les charmes sont rares, très nettement moins présents que les hêtres. Quand on les trouve, c’est de la basse charmille.

Vous allez rencontrer ici, tout au long du chemin, de magnifiques blocs erratiques de granite. Ces pierres ne sont pas nées ici dans le Jura, Elles viennent du Valais, transportée par les glaciations depuis la Vallée du Rhône. Un beau voyage, non?

Alors, le chemin de terre sort de la forêt pour retrouver une petite route qui plonge dans le vignoble, le Chemin des Vignes. Il est de lieux de magie. Celui-ci ne fait pas exception, un paysage tout en sérénité.
La route descend dans le vignoble au-dessus du village d’Alfermée. Ici, tout est organisation poussée. De petits escaliers permettent partout l’accès aux terrasses qui se succèdent sur les hauteurs.
Parfois, un bloc de granite erratique gît là comme un sémaphore.

D’ci, le panorama est majestueux sur la baie de Bienne.

Puis, la route quitte les vignes, passe un peu dans une sorte de steppe rase où se plaisent les pins chétifs et les chênes rabougris, qui adorent les conditions précaires.
La Via Jura rejoint alors un grand parking où une route remonte d’Alférmée vers le vignoble.
Nous sommes au lieudit Schützenhaus, à deux pas de Tüscherz. La route monte sur la colline où est dressée une petite chapelle.
Le cadre est somptueux. Protestante ou catholique, qui sait, car l’édifice est fermé? Nous sommes toujours en pays protestant.
La route redescend de la chapelle dans le vignoble. Partout, de petites fontaines en béton, connectées, pour amener l’eau.
La route passe bientôt au-dessus du village de Tüscherz, aujourd’hui regroupé avec celui d’Alfermée. Ce sont de belles maisons vigneronnes, blotties les unes contre les autres, pour se tenir au frais ou au chaud, avec leur petit jardinet derrière la maison. Magnifique!
Une route ici permet de gagner le lac, mais la Via Jura reste sur l’axe des vignes.
Plus loin, notre route continue à musarder dans le vignoble.
Ici, une cave est présente sur la route. Ces dernières sont surtout sur la route du lac. Puis, on quitte à nouveau momentanément les vignes.
Puis, la route quitte à nouveau les vignes et traverse alors un bosquet épars au milieu des pins, des hêtres et des petits chênes.
Le passage en sous-bois est bref, et la route retrouve les vignes au-dessus du village étendu de Tüscherz. On voit qu’ici l’organisation des villages est hautement réglementée. Aucune demeure n’est présente sur les pentes réservées aux vignes. A l’horizon se profile l’Île St Pierre.
Peu après, la route redescend vers le lac, au milieu de blocs erratiques, vers la sortie du village.

Au bas de la descente, elle passe au lieudit Rogetten. Ici, nous sommes encore à largement plus de 2 heures de la fin de l’étape.

La route remonte alors un peu dans les vignes, transite près de caves. Les vignes, qui poussent au-dessus jusqu’aux contreforts du massif du Jura, doivent être grandement des moraines calcaires, comme le signale aussi la présence de blocs charriés par les glaciers.
La route passe bientôt au-dessus du village de Weingreis. Ici, on signale la présence potentielle de milans noirs.
La route se rapproche alors des premières maisons de Twann. A l’horizon, l’Île St Pierre se fait de plus en plus présente.

Section 3: D’un village à l’autre, sur le coteau, dans les vignes.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques petites bosses légères.

La particularité de l’étape est qu’elle ne va jamais au bord du lac. Mais, on voit le lac du début de l ‘étape jusqu’à son terme, à mi-hauteur, ce qui est encore mieux. Ici, la route passe au-dessus du village de Twann (Douanne, en français).
Ici encore on peut toujours rejoindre la berge du lac.
La route contourne le village en passant dans les vignes. Le village apparaît comme un gros bourg, homogène et magnifique, avec toujours de petites maisons serrées les unes contre les autres.
Le Chemin des Vignes croise alors une route qui monte du village et se dirige vers la montagne, en direction du Chasseral, un des sommets les plus élevés du Jura suisse, dans le canton de Berne.
La Via Jura redescend un peu la route, puis bifurque sur la droite pour traverser le Twannbach.
Le Twannbach n’est pas un vulgaire ruisseau. Il cascade sur de gros rochers de calcaire, dans un canyon vertigineux qui plonge sur le village. Cela paraît presque incroyable de trouver un tel spectacle ici.
D’ici, on devine encore Bienne au fond de la baie. A partir d’ici, des panneaux didactiques expliquent le vignoble du Lac de Bienne. On apprend par exemple que les vignes s’étagent entre 30% et 70% de pente, ce que le regard confirme aisément

 

Ici, le Chemin des Vignes va monter pour contourner un escarpement rocheux.
Mais rapidement, on repart dans le vignoble. Devant soi, l’Île St Pierre grossit à vue d’œil.
Dans le vignoble, le chasselas (Gutedel, en allemand) et le Pinot noir (Blauburgunder, en allemand) sont les cépages dominants, comme d’ailleurs de manière générale, dans le vignoble suisse romand. Mais, on y trouve aussi de nombreux cépages blancs, comme le Chardonay, le Sylvaner, le Pinot gris ou le Sauvignon blanc. Les autres cépages rouges sont nettement plus discrets.
La route redescend se dandine encore un peu dans le le vignoble. Devant soi, pointe le clocher du temple de Ligerz.
La Via Jura quitte alors la route pour descendre vers l’église sur un chemin armé.
Le temple, que l’on voit de loin à la ronde, est perché au-dessus du village de Ligerz (Gléresse, en français), qui fait face à l’Île St Pierre.
Au Moyen-âge, Ligerz était un lieu de passage important sur le Chemin de Compostelle. Il y avait une chapelle ici et même un château-fort. Une église remplaça la chapelle, une église de style gothique datant du XIIIème siècle, agrandie avec le temps, mais qui a conservé des parties intactes, dont certains vitraux qui sont encore d’époque. Il subsiste encore de vielles tombes sur le préau devant le temple, car Berne depuis longtemps a adopté la confession luthérienne.
Juste après, la Via Jura s’en va sur un petit chemin à travers les vignes, le Pilgerweg, le Chemin des Pèlerins, en direction de Schafis.
Ici, un petit funiculaire, le Vinifuni, emmène les randonneurs au-dessus, à Prêles, au pied du Chasseral, pour admirer les vignes et le lac de Bienne.
Le petit chemin goudronné descend alors vers le lac, toujours à travers les vignes.

Au bas de la descente, nous sommes au lieudit Schafis, à deux pas de Ligerz, et à 1 heure de La Neuveville. En face, c’est l’Île St Pierre. Une île, disons plutôt une presqu’île. On y accède à pied depuis Erlach, de l’autre côté du lac, traversant une longue lande de terre bordée de grands marécages. C’est un paradis ornithologique, surtout connu car Rousseau y séjourna quelque temps durant son exil en Suisse. Car Rousseau est suisse, citoyen de Genève, même s’il passa le plus clair de son temps en France. N’en déplaise à la France, qui encore aujourd’hui le considère comme un philosophe français à part entière!

Section 4: Presque au bout du canton de Berne

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

A partir de Scharfis, une route goudronnée, dite Route du Vignoble, va sillonner longtemps le vignoble vers La Neuveville.
Elle se rapproche petit à petit des villages vignerons.
La route arrive bientôt au lieudit Poudeille, où les maisons doivent être en grande partie des demeures vigneronnes, à voir la présence de tonneaux et de caves.
Un peu plus loin la route longe la Cave de la Ville de Berne, à l’entrée de la Neuveville. Ici, le français est souvent de règle pour les inscriptions, mais nous sommes toujours dans le canton de Berne et on parle allemand encore, bien qu’il doive y avoir de nombreux bilingues ici. D’ailleurs, Bienne est aussi une ville bilingue, mais vous aurez aussi de la peine à trouver des gens qui parlent français dans les commerces. En Suisse, les romands seront toujours une minorité, souvent ignorée.
Le centre de la Neuveville n’est pas la porte à côté. Ici, nous sommes à Maupras, à l’entrée proprement dite du bourg.
Alors, bien évidemment, le panorama devient moins excitant. Finie la vue plongeante sur le lac dans le vignoble. Il faudra se contenter de cheminer longuement dans les lotissements du nord de La Neuveville.
La route arrive bientôt au centre de La Neuveville, dans le quartier nord, qui est un vieux quartier, mais qui n’est pas celui que visitent les touristes.
La Neuveville aujourd’hui compte un peu plus de 3’600 habitants. La cité possède une longue histoire. Elle débute au XIVème siècle, lorsque la région qui appartenait aux évêques de Bâle, décidèrent de marquer une frontière d’avec la Maison de Neuchâtel. De cette période subsiste un château, le château de Schlossberg, un peu au-dessus de la cité. Les évêques construisirent la ville actuelle, avec de nombreuses tours et remparts. La ville adopta le protestantisme à la Réforme. Puis, les évêques de Bâle eurent de nombreux démêlés avec leurs voisins français (nous avons relaté cette histoire précédemment en cheminant dans le Jura). La Neuveville fit donc partie d’un vaste département français, le département du Mont Terrible, qui englobait une grande partie du Jura actuel. Voilà pourquoi on a parfois l’impression de trouver du français ici. En 1815, le Congrès de Vienne rattacha La Neuveville au canton de Berne, ce qui est encore le cas aujourd’hui.

Il suffit de descendre deux rues depuis la fontaine du de la banlieue nord pour trouver le charme de la vielle cité moyenâgeuse.

Il n’y a plus de remparts aujourd’hui, mais deux tours subsistent. Ici, c’est la Tour Rouge, l’ancienne porte nord de la ville avec son toit à clocheton, rénové récemment. L’autre tour est la Tour de Rive, la porte sud de la cité.

La Rue du Marché avec ses maisons à l’aspect parfois baroque, ses fontaines, ses statues et son ruisseau à ciel ouvert, est le cœur de la cité. Le goût des anciens transpire ici. Les deux fontaines du Banneret datent du milieu du XVIème siècle, sculptées par un citoyen de Cressier (Neuchâtel). Certains apprécieront ces fiers guerriers campés fièrement sur leur piédestal, pour garder les deux entrées de la cité. Cela ressemble à la fois à Morat ou à Berne en petit.

Ici, il faut remonter près de la fontaine dans le quartier nord pour continuer le chemin vers Le Landeron. Une route contourne une petite colline plantée de lotissements plus récents.

Section 5: Du canton de Berne au canton de Neuchâtel.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

La route redescend de la petite colline pour traverser le ruisseau de Vaux, la frontière naturelle entre le canton de Berne et le canton de Neuchâtel. Ce ne fut pas trop difficile de trouver une frontière ici.
Ce n’est pas l’objet ici de discuter en détail l’histoire du canton de Neuchâtel. Le territoire a appartenu d’abord aux Bourguignons puis, par mariages successifs aux Prussiens, avec même un passage sous Napoléon. En 1815, au Congrès de Vienne, encore sujets du roi de Prusse, les Neuchâtelois rejoignirent la Confédération suisse. Le canton demeura dans cet état ambigu jusqu’à la révolution de 1848, quand le canton devint république, intégrant pleinement la Suisse et rompant les liens avec la monarchie prussienne. La Neuveville et le Landeron, qui sont contigus ont donc connu une histoire fort différente.
Une route fort en pente remonte de l’autre côté du ruisseau dans les chênes, les bouleaux et les hêtres…
…pour arriver sur un petit plateau où on retrouve les vignes.
Le chemin vers Le Landeron n’est guère plus passionnant que l’arrivée à la Neuveville. C’est une suite ininterrompue de petites routes qui sillonnent la banlieue au-dessus du lac. Au début, l’œil peut encore se reposer parfois sur les vignes, mais le parcours vous paraîtra sans doute assez interminable, et monotone, dans les lotissements de la banlieue.
Puis, la Via Jura quitte les vignes et se dirige progressivement vers la gare.
Un passage sous voie permet de gagner la gare.
Il faut quitter la gare, descendre dans la partie neuve de la cité. Au premier carrefour, il faut suivre la Rue St Maurice qui passe devant l’église St Maurice, puis descend dans le vieux village, un village magnifique.
A l‘origine, le village ici date du XIVème siècle, construit au bord du marécage. L’acte déterminant de la petite cité fuit son alliance perpétuelle avec la ville de Soleure en 1449. La lutte d’influence entre Berne et Soleure fut longtemps vive, Berne s’efforçant d’introduire la réforme au Landeron à laquelle les habitants, appuyés par la ville de Soleure, catholique, se montrèrent opposés. Le divorce d’avec Soleure prit fin au XVIIIème siècle, lorsque les Neuchâtelois adjugèrent leur principauté au roi de Prusse. De toute cette histoire est restée le fait que Le Landeron et le village de Cressier adjacent sont restés catholiques, dans un état neuchâtelois protestant.

La vielle ville est magnifique dans son ensemble, avec ses portes, ses fontaines, et son hôtel de ville du XVème siècle.

Logements sur la Via Jura 80

Twann
Hôtel***, repas, petit déj. Hôtel Bären, Moos 36, Twann 032 315 20 12
Hôtel, repas, petit déj. Zum Alten Schweizer, 10 Dorfgasse, Twann 032 315 11 61
Ligerz
Hôtel***, repas, petit déj. B&B Maya Hirt, 3 Dorfgasse, Ligerz 032 323 50 91
La Neuveville
Gîte, repas, petit déj. Auberge de jeunesse, La Vigne, 7 Rte du Château, La Neuveville 032 751 26 37
Chambre, petit déj. B&B La Chotte, Tirage 12, La Neuveville 079 327 41 53
Chambre, petit déj. B&B Elisabeth Horsch, Faubourg 19, La Neuveville 032 751 57 03/078 617 58 13
Hôtel, petit déj. Hôtel garni Villa Carmen. 7 Av. de Collonges, La Neuveville 032 751 23 69
Le Landeron
Chambre, petit déj. B&B Lambelet, Faubourg 14, Le  Landeron 032 751 26 19/079 301 36 21

Pour les logements, les renseignements sont juste indicatifs. Les données du livre ne sont pas réajustées chaque année. Dès lors, les prix ou les numéros de téléphone peuvent changer. D’ailleurs une telle liste ne peut être exhaustive. Chaque année, certains établissements ferment, d’autres ouvrent. Si vous cherchez un logement via AirB&B, consultez Internet, AirB&B ne communiquant pas les adresses des logeurs. Dans les gîtes, parfois le petit déjeuner est servi. Dans les accueils jacquaires, les prix sont laissés à la liberté du pèlerin. Certains accueils jacquaires proposent aussi le repas et le petit déjeuner. Les législations ne permettent pas de donner les coordonnées de ce type de logement. Consultez les sites officiels agréés pour ces adresses. En Suisse allemande, de nombreuses chambres d’hôte vous reçoivent sur la paille, où dormir dans ces conditions est très recherché. De toute manière, il est très recommandé de réserver à l’avance, pour savoir si dans tous ces établissements, chambres ou hôtels, vous pouvez avoir le repas.

La liste ne dresse que les logements sur le chemin ou à proximité (moins de 1 km du chemin). Pour ce type de logement, consultez aussi les sites officiels du chemin. En Suisse, pour le liaisons depuis Bâle à Moudon, renseignez-vous auprès de “ https://www.jakobsweg.ch/fr/eu/ch/route/bale-jura-troislacs-fr/accommodation.pdf”