09: Brünigpass à Ringgenberg

Entre lac et canyons, sous les neiges éternelles

 

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, le chemin plonge du col du Brünig dans l’Oberland bernois, où se côtoient les lacs bleus et limpides de Brienz et d’Interlaken, et les majestueuses montagnes, que sont le Finsteraarhorn, l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau qui sont la fierté de la région. C’est une belle étape, sauvage parfois dans les canyons. Depuis Brienz, le parcours remonte trois fois des villages au bord du lac vers les hauteurs pour y redescendre aussitôt. Le chemin traverse des villages, où les vieilles bâtisses en bois et aux parois souvent sculptées, rivalisent de grandeur et de majesté. Il traverse aussi longuement la petite cité de Brienz avec ses sculptures en bois. C’est la spécialité locale, et une école, unique en Suisse, y enseigne le métier. Le chemin, de Brienz à Interlaken, traverse forêts, canyons sauvages et campagne. Le chemin offre en continu de magnifiques coups d’œil sur le lac de Brienz, en dessous, avec ses eaux qui changent de couleur au fil des humeurs du temps. Dans ce pays, les églises ne sont pas légion. En fait, ce sont des temples, car le canton de Berne est un canton protestant.

Il faut le répéter ici. La traversée du Chemin de Compostelle en Suisse alémanique est un enchantement renouvelé tous les jours. Même si on traverse inlassablement prés et petits bosquets, le patrimoine paysan est présent partout, mais varie d’une vallée à l’autre. Il n’y pour ainsi dire aucune culture dans la région. Et dans ce pays d’élevage et de lait, la richesse des paysans bernois a encore magnifié et porté à l’excellence la beauté des fermes et des maisons.

 

Les dénivelés sont importants aujourd’hui (+645 mètres/-1050 mètres) et c’est une étape casse-pattes, assez pénible. Le chemin monte encore au-dessus du col du Brünig pour plonger (et le mot n’est pas fort : plus de 400 mètres) sur Brienzwiler. Par la suite, de légères montagnes russes vous attendent jusqu’à Brienz. Depuis Brienz, le chemin ne fait que monter et descendre d’un canyon à l’autre, d’un village à l’autre jusqu’à rejoindre définitivement le lac à la fin de l’étape, à Ringgenberg. Dans cette étape, vous croiserez un nombre invraisemblable de petits canyons, sans une goutte d’eau, qui ne sont en fait que de gros éboulis descendant de la montagne ou des couloirs à avalanches en hiver.

Dans cette étape, les parcours sur les chemins et sur les routes sont équivalents:

Goudron: 12.5 km

Chemins: 11.5 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/du-col-du-brunig-a-ringgenberg-par-la-via-jacobi-4-32154799

Section 1: Une longue et pénible descente sur Brienzwiler.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: descente pénible et difficile, déjà par beau temps. Par endroits, les pentes dépassent allègrement les 25%. Près de 500 mètres de dénivelé négatif.

La Via Jacobi descend du col du Brünig sur la route juste en dessous à l’hôtel Kulm. Là, elle part en dessus de la route pour éviter la circulation, qui est souvent importante lors de la journée.
Aujourd’hui, c’est temps de pluie, du moins en début d’étape. Cela nous empêchera d’avoir une vue sur les majestueuses montagnes des Alpes bernoises, que sont l’Eiger, le Mönch ou la Jungfrau. En fait ici, même par beau temps, vous ne les verrez guère, car la vallée est encaissée. Un petit chemin longe alors la route.
Un peu plus loin, on quitte l’axe et une petite route monte alors au petit hameau de Herweg.
Un chemin monte alors dans le sous-bois pour atteindre une clairière avec les petites granges de Brääch. En Suisse, de façon générale, on exploite le hêtre à tout va et les billots sont soigneusement éparpillés le long des chemins où passent les tracteurs.
Le chemin se dirige alors à nouveau vers la grande forêt de Uochwald qu’il va traverser jusqu’à Brienzwiler. Le chemin monte encore un peu au milieu des hêtres, avec de plus rares conifères, surtout des épicéas. Ici, cela respire fort les alpages.
Commence alors une longue descente dans la forêt, très pénible par endroits, avec souvent des pentes à plus de 25%. Cette descente fait partie des plus raides du Chemin de Compostelle en Suisse, à l’égal de la descente sur le lac des Quatre Cantons, à Beckenried ou des pentes soutenues qui arrivent à Wattwil ou à Schwyz.

Sur le fond de la descente, la vue s’ouvre sur la vallée de Brienz et d’Interlaken.

Puis, beaucoup plus bas, la Via Jacobi sort de la forêt et passe le Dorfbach, une rivière à sec, mais où les crues doivent être importantes, étant donné le béton de la digue protectrice.
Elle arrive alors sur les hauts de Brienzwiler.
Brienzwiler est juste un village magnifique. Il y a (ou il y avait) de l’argent dans le canton de Berne!
La Via Jacobi quitte les magnifiques maisons de bois du village, de vrais musées vivants à elles seules. Ici, ce ne sont pas des fermes, mais des maisons cossues, aux façades brunes, usées par le temps. Les fenêtres se touchent presque et les rideaux sont souvent brodés. Parfois, les maisons arborent de petites galeries sous des toits en croupe, ornées de géraniums, la fleur symbole des balcons des petits pays de la Suisse allemande.
A la sortie du village, la route qui conduit à Hostetten s’en va dans un sous-bois. Jusqu’à Brienz, le Chemin de Compostelle est pour ainsi dire plat. La route passe bientôt devant un grand manège.

Section 2: Faux plats descendants vers le lac de Brienz.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Sitôt après, la Via Jacobi quitte la route pour un chemin de terre qui part dans un sous-bois où un ruisselet coule au milieu du passage. Ici, les bois sont mixtes, constitués d’épicéas et de petits feuillus, dont surtout des hêtres.
Le chemin passe ensuite au lieudit Bifing, où un logement est disponible avant de traverser un peu plus loin le ruisseau de Eistlenbach. A deux pas, se situe le magnifique musée en plein air de Ballenberg, qui est un concentré de l’architecture paysanne de la Suisse de jadis.
Puis, le chemin sort du bois pour arriver au village de Hostetten beim Brienz et ses maisons en bois, presque aussi belles qu’à Brienzwilwer.

Dire qu’ici le bois on le sait le travailler, cela coule de sens. A la sortie du village, une usine, spécialiste de jouets en bois, propose des vaches stylisées étonnantes.

La Via Jacobi prend alors la route de Schwanden sous la garde d’un taureau de la race Simmental.
Rapidement, la route fait place à un large chemin de terre qui part dans la campagne. Ici, il n’y a que des prés, pas ou peu de cultures. La région est vouée à la vache laitière et les Simmental ont pris largement le pouvoir. On ne trouve plus les petites vaches grises (Braunvieh) de la Suisse orientale. Le paysan bernois reste assez attaché à ses races d’origine et ici on ne voit pas gambader dans les prés ces armées de Holstein que l’on retrouve plus loin en Gruyère.
Puis, le chemin passe en sous-bois de hêtres et de chênes…
…avant de ressortir dans la campagne, où on aperçoit alors le lac de Brienz devant soi.
Alors, le chemin amorce sa descente vers Brienz, d’abord à travers un petit sous-bois.
A la sortie du bois, le chemin passe sur les hauts de Lauenen, faubourg de Brienz.

Section 3: La belle traversée de Brienz.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Mais, le chemin ne reste pas sur l’axe du village, passant le long d’un sous-bois où coule le Lammbach. Puis, il traverse le Schwandenbach, peu après la fusion des deux ruisseaux, pour se retrouver sur la route de Brienz.
La route qui passe à Brienz est une route secondaire. L’axe du Brünig passe de l’autre côté du lac. La Via Jacobi prend alors la route de Brienz, puis passe sur une plus petite route pour passer sous la voie de chemin de fer et gagner le lac.

Le chemin traverse alors le Glyssibach, aménagé entre des digues. Toutes les rivières qui descendent de la montagne, en fait des canyons, charrient de gros cailloux et ont peu ou pas d’eau. Mais, les crues doivent être violentes ici, à considérer l’ampleur des protections mises en place.

Le “strandweg“ (chemin de la plage) suit la berge. Le centre de la cité est à deux pas.

Ici débute l’exposition permanente de sculptures sur bois dont Brienz tient une réputation internationale. C’est juste magnifique, un art qui a quitté la tradition pour l’art moderne contemporain. On est loin des sempiternelles et traditionnelles fontaines sculptées, si présentes dans le pays.

Le “strandweg“ arrive alors en gare de Brienz. On retrouve le Lucerne-Interlaken Express, que nous avions quitté au col du Brünig et qui a fait un petit saut vers Meiringen à l’autre bout du canton, près des grands cols.

Si vous voulez faire une journée de repos ici, profitez de prendre le train à vapeur qui monte au Rothorn sur des pentes incroyables. La vue là-haut sur les lacs et les Alpes est exceptionnelle. Par beau temps, bien évidemment.

Depuis la gare, la Via Jacobi continue sa balade au bord du lac, au milieu des statues de bois, sculptées entre effroi, douceur et tendresse.
Près du port et des belles maisons de bois, se jette le Trachtbach qui traverse la cité.
La Via Jacobi arrive alors au centre de la petite cité (3’000 habitants). Vous pouvez suivre la berge ou remonter vers la rue principale. Les maisons sont toutes plus charmantes les unes que les autres. On a vraiment de la peine à comprendre pourquoi les touristes vont en masse à Interlaken, dans une cité effrénée où il n’y a pas grand chose à voir, et désertent en grande partie Brienz, un vrai musée à ciel ouvert, calme et serein.
Une échoppe propose une foule d’objets sculptés, dont les petites vaches en bois fabriquées à l’usine d’Hofstetten.
Encore quelques statues (dont une en métal, curieux, non?) à se mettre sous la pupille, et la Via Jacobi quitte Brienz du côté de l’église.
Il faut le dire nettement ici. Pour les gens sujets au vertige, il ne faut pas suivre la Via Jacobi à partir d’ici. Sur le trajet, il y a un pont suspendu assez vertigineux, branlant par surcroit. Ce n’est pas dangereux du tout, mais le vide est important. Si vous appartenez à cette catégorie, prenez le train de Brienz à Oberried, où vous rejoindrez le chemin.

Pour les autres, la Via Jacobi monte sur la route derrière l’église près de l’école des sculpteurs sur bois.

Il y a encore de belles maisons ici. Quelle âme et quelle poésie dans ces maisons bernoises!
La route traverse le ruisseau de Müllibach, et monte jusqu’au hameau de Chilchacher. La pente est assez prononcée ici.
Alors, le lac paraît bien petit en dessous. Ici, la pente se calme et la Via Jacobi part en sous-bois sur une large route de terre battue. Ici, dominent encore les hêtres et les érables, avec parfois aussi des épicéas.
La route traverse le sous-bois pour arriver à Ried, près du Hellgraben. Ici, la montagne est sévère et dessine de vrais canyons (en allemand, graben signifie fossé). Celui- ci porte bien son nom. Hell signifie enfer. Vous y êtes, presque!

Section 4: Un véritable gymkhana au-dessus du lac de Brienz.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours casse-pattes à souhait jusqu’à gagner le pont suspendu sur le canyon, puis après descente régulière.

Un chemin descend alors sur le flanc du canyon vers une petite ferme où on élève des yaks.
Puis, le chemin remonte un peu dans le sous-bois de hêtres pour passer le canyon raisonnable de Ofenbielengraben. Dans la région, on redoute les périodes de crue, pour sûr.
Le chemin remonte encore un peu dans le sous-bois, puis va onduler assez longtemps dans un sous-bois très aéré, où on voit aussi des érables…
…pour se retrouver près du canyon de Mattgraben.
Un peu plus loin, des randonneurs ou des pèlerins sont arrêtés devant une structure de métal. Sont-ils effrayés de traverser le pont suspendu du canyon d’Unterweidligraben? C’est un pont impressionnant, de 70 mètres de long, de 1 mètre de large, qui oscille sous le rythme des marcheurs sur le pont, mais très sécure. Il ne pose aucun problème à quiconque n’est pas atteint de vertige délirant. Libre à vous de regarder en bas. Le vide est sévère ici.

Une large route de terre battue descend alors pour environ 2 kilomètres dans les feuillus. En Suisse, les chênes ne sont jamais aussi nombreux qu’en France. Le hêtre est vraiment le roi des grands feuillus, et les petits érables sont ses suzerains. On rencontre peu de grands charmes en Suisse, si ce n’est de la charmille qui partage les haies avec les noisetiers. La pente n’est jamais excessive ici.

Section 5: Le chemin descend vers Oberried puis reprend de la hauteur.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours encore casse-pattes, avec parfois de fortes pentes.

Quand la Via Jacobi sort du bois, le goudron remplace la terre battue. Nous sommes sur les hauts de Oberried, un peu au-dessus du lac. On voit encore Brienz dans le fond.
La route franchit encore le discret Hirscherenbach…

…et arrive sur les hauts du village.

Des hauts du village, la Via Jacobi descend pour traverser la voie de chemin de fer et arriver sur la route du lac.

Il y a bien sûr quelques belles maisons de bois à Oberried, mais elles sont moins nombreuses qu’à Brienzwiler qui reste la référence parmi les villages traversés sur le chemin.

La Via Jacobi descend au bord du lac et va longer la berge.
La Via Jacobi quitte alors le lac et remonte vers le bout du village, après avoir traversé la petite rivière qui coule dans le canyon de Louwigraben.

Elle rejoint alors la route du lac à l’extrémité de Oberried.

La Via Jacobi ne reste pas au bord du lac. Une route monte dans la campagne, avec parfois des pentes sévères. Chemin faisant, vous croiserez peut-être des yaks.
Près du lieudit Talacher, une petite route de terre battue part en montée dans le sous-bois.
Ici, la pente est moins soutenue et le chemin passe le canyon de Grytgraben, sans le moindre filet d’eau, par temps sec.
Pas d’eau non plus dans le sauvage canyon de Farlouwigraben, au sommet de la montée. Ce qui est frappant dans cette étape est le contraste saisissant entre la sauvagerie des canyons, presque au bout du monde, et la sereine douceur des rives du lac.
La Via Jacobi entame alors sa descente vers Niederried sur une route de terre battue.
Le début est en sous-bois, sur des pentes assez raisonnables. Ici, les coupes de bois, c’est avant tout le hêtre, le bois de chauffage numéro 1 de la Suisse.

Section 6: Le chemin retrouve le lac à la fin de l’étape.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: montagnes russes, avec parfois des pentes très prononcées.

Puis, les clairières se font plus pressantes, et le goudron remplace la terre battue.

Le village est alors en vue, près du lac et la route traverse un petit ruisseau, de nom inconnu, au sommet du village.
La route plonge alors vers le lac…
…rejoignant d’abord la route du lac, au milieu du village.
Maintenant, il pleut et la pluie va nous accompagner jusqu’à Interlaken, tombant drue. Les appareils de photo ne sont pas encore tous amphibies, et aucune prise de vue devient possible.

Dès lors, quasi par magie, changeons de période, et retrouvons-nous tout au début du printemps par un jour de beau temps.

La Via Jacobi sort de Niederried sur la route qui va de Brienz à Interlaken, et à la sortie du village, elle quitte l’axe routier pour monter dans la forêt.
Dans la région, de nombreux canyons insignifiants ou terribles dévalent de la montagne, comme autant de pièges à crues ou à avalanches. Ici, le chemin passe sur le Weidligraben et transite un peu à la lisière de la forêt au-dessus de la route.
Puis, un chemin caillouteux commence à monter plus durement dans le bois.
Ici, la forêt est belle, faite surtout de hêtres, avec aussi des chênes et des conifères, dont des pins et des épicéas. Les hêtres sont faciles à identifier au début du printemps. D’abord le tronc est très caractéristique et surtout les feuilles mortes persistent sur les branches basses durant l’hiver. On parle de marcescence pour cette particularité que possèdent certains arbres de garder quelque feuilles sèches jusqu’à l’apparition des nouvelles. Cette caractéristique ne vous permettra pas de distinguer le hêtre du charme, car ils obéissent tous les deux au même principe, comme les chênes d’ailleurs. Mais, on l’a répété souvent, les grands charmes ne sont que rarement présents en Suisse. Par contre, on trouve des petits rejetons de charmes, la classique charmille des haies. Pas plus, la présence de chatons, qui sont les organes reproducteurs de ces familles, de petits épis pendants précédant la naissance des feuilles, ne vous permettra une ultérieure distinction. Les noisetiers, dont les feuilles sont très voisines de celles des charmes, ont souvent les chatons les plus abondants, créés en automne dès la production des noisettes.
Puis, le chemin part à plat, le long des blocs de gneiss sous les chênes et les hêtres. Dans ces forêts, ce sont de gigantesques chênes pédonculés, où le lierre se prend un malin plaisir à s’accrocher sur la rude écorce striée. Le lierre néglige plus les hêtres et leur écorce lisse.
Le chemin passe près d’une pisciculture où l’eau ruisselle avec bonheur.
Ici, les bûcherons nettoient et gèrent la forêt avec application, et les tas de bois de hêtre et de chêne s’alignent des deux côtés d’un large chemin de terre.
Puis, le chemin sort de la forêt, près d’une gravière et d’une scierie, au lieudit Rosswald.
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Un petit chemin descend alors en pente douce vers Ringgenberg, et on voit se dresser à l’horizon dans les neiges, les contreforts des grands 4’000 des Alpes bernoises. Ici, on élève de belles vaches noires. De quelle origine, qui le sait, à part le propriétaire?  Ce ne sont pas des vaches de la race d’Hérens, la belle race noire de la Suisse. Cela ressemble à des angus, ou à des Salers. Mais, il y a aussi des Simmental noires.
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Apparaît alors sur le chemin un curieux équipage de randonneurs. Des chèvres conne porte-bagage, c’est bien la première fois qu’il nous est donné d’assister à un tel spectacle.
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Puis, le goudron va remplacer le chemin de terre en descendant progressivement vers le village, dont on devine de plus en plus le château.
Ici, on a une certaine passion pour les murs de pierre sèche, que l’on érige avec des schistes, des granites et des gneiss, qui partout affleurent dans la région.
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La petite route gagne alors le village, en transitant au-dessus de la route cantonale et de la voie de chemin de fer.
La Via Jacobi traverse la route cantonale et se dirige vers la gare. En saison touristique, la plupart des hôtels offre le transport par train gratuit à leurs hôtes dans la région. Alors, ici, on va longer la voie de chemin de fer, en direction du château.
On passe sous le château-église de Ringgenberg.
Les seigneurs de Brienz ont érigé un château-fort sur la colline au XIIIème siècle. Puis, après une révolte locale, le château fut détruit et au XVIIème siècle on éleva une église, l’église actuelle. A la fin du XIXème siècle, on lui ajouta une horloge et un orgue, devenu célèbre, car Felix Mendelssohn y joua.

Ringgenberg (2’700 habitants) est un gros bourg, constitué essentiellement de maisons de bois de tous les âges. Le seul problème de ce village est qu’il est traversé de part en part par la route cantonale. Mais il y a de très belles maisons ici.
La partie en maçonnerie est usuellement fort discrète et le bois touche presque toujours à terre. Certaines demeures sont encore tatillonnées ou arborent des moulures en bois.

Dans une grande partie du canton, l’aménagement du territoire doit être fort strict. Le paysan bernois est fier de ses maisons et pour les constructions nouvelles, apparemment le bois doit être de mise, dans l’espoir qu’il vieillisse aussi bien que dans les maisons de jadis.

Logements sur la Via Jacobi

 
Brienzwiler
Gîte pèlerin, repas, petit déj. Pilgerherberge, Dorfstrasse 4, Brienzwiler 076 473 90 93
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Brienzwiler, Kreuzgasse 3, Brienzwiler 033 951 01 23/079 517 64 48
Hôtel, repas, petit déj. Hotel Bären, Brunigstrasse 42, Brienzwiler 033 951 13 23
Bifing
Chambre d’hôte, petit déj. Reitsportzentrum, Bifing, Brienzwiler 033 951 14 51/079 434 43 70
Hofstetten bei Brienz
Chambre d’hôte, repas, petit déj. Landgasthof Alpemrose, Dorfstrasse 27c, Hostetten bei Brienz 033 951 14 10
Brienz
Chambre d’hôte (paille), petit déj, Cilli’s Schlafen im Stroh, Birgistrasse 10, Brienz 079 622 07 75
Auberge de jeunesse, repas, petit déj. Jugendherberge, Strandweg 10, Brienz 033 951 11 52
Bungalow, repas, petit déj. Campingplatz Aaareg, Seestrasse 22, Brienz 033 951 18 43
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Flühmann, Rosenweg 5, Brienz 033 951 26 01
Hôtel, repas, petit déj. Brienzerburli, Hauptstrasse 11, Brienz 033 951 12 41
Hôtel***, repas, petit déj. Hotel Brienz, Hauptstrasse 254, Brienz 033 951 35 51
Hôtel***, repas, petit déj. Hotel Seehotel Bären, Hauptstrasse 22, Brienz 033 951 24 12
Hôtel***, repas, petit déj. Seehotel Sternen, Hauptstrasse 22, Brienz 033 951 35 45
Hôtel***, repas, petit déj. Hotel Weisses Kreuz, Hauptstrasse 143, Brienz 033 952 20 20
Oberried
Chambre d’hôte, repas, petit déj. Stauffer Sonja, Grauechstrasse, 7, Oberried 033 849 15 21/079 525 43 34
Studio, cuisine, petit déj. Panoramastudio, Panoramastrasse 4, Oberried 078 952 10 21
Hôtel, repas, petit déj. Hotel Rössli, Hauptstrasse 35, Oberried 033 849 11 54
Niederried
Hôtel, petit déj. Hotel Bellevue, Hauptstrasse 32, Niederried 079 123 45 67
Ringgenberg
Bungalow, petit déj. Camping Talacher, Ringgenberg 033 822 11 28
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Leuchtturm, Hauptstrasse 172, Ringgenberg 079 359 98 35
Hôtel**, repas, petit déj. Hotel Bären, Hauptstrasse 128, Ringgenberg 033 822 19 31
Hôtel, petit déj. Hotel Brienzersee, Beudenstrasse 49, Ringgenberg 033 822 29 42
Hôtel**, repas, petit déj. Hotel Seeburg, Seeburg 55, Ringgenberg 033 822 29 61

Pour les logements, les renseignements sont juste indicatifs. Les données du livre ne sont pas réajustées chaque année. Dès lors, les prix ou les numéros de téléphone peuvent changer. D’ailleurs une telle liste ne peut être exhaustive. Chaque année, certains établissements ferment, d’autres ouvrent. Si vous cherchez un logement via AirB&B, consultez Internet, AirB&B ne communiquant pas les adresses des logeurs. Dans les gîtes, parfois le petit déjeuner est servi. Dans les accueils jacquaires, les prix sont laissés à la liberté du pèlerin. Certains accueils jacquaires proposent aussi le repas et le petit déjeuner. Les législations ne permettent pas de donner les coordonnées de ce type de logement. Consultez les sites officiels agréés pour ces adresses. En Suisse allemande, de nombreuses chambres d’hôte vous reçoivent sur la paille, où dormir dans ces conditions est très recherché.  De toute manière, il est très recommandé de réserver à l’avance, pour savoir si dans tous ces établissements, chambres ou hôtels, vous pouvez avoir le repas.

 

La liste ne dresse que les logements sur le chemin ou à proximité (moins de 1 km du chemin). Pour ce type de logement, consultez aussi les sites officiels du chemin. En Suisse, renseignez-vous auprès de “ Les Amis du Chemin de Composelle“ (https://www.viajacobi4.ch/Gites/).