01: Rohrschach à Herisau

A St Gall, dans le patrimoine de l’UNESCO

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

La route principale de la Via Jacobi 4, le Chemin de Compostelle en Suisse, part de Constance, au bord du lac de Constance, le Bodensee. Mais, vous pouvez aussi partir de Rohrschach, un peu plus bas sur le lac. De nombreux pèlerins en provenance de l’Allemagne, de l’Autriche ou des pays de l’Est arrivent à Lindau, en Allemagne, ou à Bregenz, en Autriche. Ils prennent le bateau pour gagner Rohrschach. L’avantage de choisir la voie de Rorschach par rapport à la voie de Constance est qu’elle passe par St Gall. Mais, les deux voies se rejoignent à Rapperswil, au bord du lac de Zürich, à l’extrémité du canton de St Gall.

Dans les premières étapes en Suisse, la Via Jacobi traverse le canton de St Gall de part en part, avec une petite transition dans le canton d’Appenzell, enclavé dans le canton de St Gall.

L’étape du jour passe par le magnifique centre-ville de St Gall et sa collégiale, rangée dans le registre du patrimoine de l’UNESCO. Autre point de légende à noter, avant d’arriver à St Gall, le parcours traverse le Pont St Martin (Martinsbrücke) sur les gorges profondes et sauvages du Goldbach. Une autre région mouvementée est celle des gorges du Sitter, avec ses viaducs impressionnants à la sortie de Bruggen.

Le trajet se partage entre ville et campagne, sur des dénivelés relativement conséquents, mais supportables (+783 mètres/-426 mètres). Bien sûr, le Chemin de Compostelle en Suisse évite les hautes montagnes et les cols des Alpes. Mais, on est en Suisse, pays de montagnes et de hautes collines, et rares sont les étapes dans la plaine. La première partie du parcours est en montée quasi constante jusque sur les hauts de St Gall. La portion la plus difficile est près de la rivière Goldbach, avant St Gall, avec parfois des pentes supérieures à 25%. Par la suite, le parcours est sans grande difficulté.

DDans cette étape, les parcours sur le goudron dépassent les parcours sur les chemins:

Goudron: 14.3 km

Chemins: 11.3 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-rohrschach-a-herisau-par-la-vis-jacobi4-31728164

Section 1: Du lac de Constance vers les collines.

Aperçu général des difficultés du parcours: c’est surtout la montée vers le château de Sulzberg qui est pénible; le reste du parcours est un peu moins exigeant, même si on monte près de 200 mètres en 4 kilomètres.

Que vous arriviez ici par bateau ou en train, il faut gagner le port.
Il faut choisir le bon chemin, la Via Jacobi 4, car les chemins qui passent ici sont très nombreux.
La Via Jacobi remonte la Signalstrasse jusqu’à l’église et la voie de chemin de fer. Le canton de St Gall est principalement catholique, avec seulement un quart de la population revendiquant une appartenance protestante. A Herisau, en Appenzell Rhodes extérieures, le protestantisme domine le catholicisme.
Ici, la Via Jacobi 4 n’est pas bien indiquée, mais vous n’allez pas vous perdre. Pour notre part, nous avons pris à droite, la Löwenstrasse jusqu’à trouver la Rue de l’Industrie.
Nous avons alors remonté cette dernière rue pour traverser la voie de chemin de fer vers le haut du bourg. Nous sommes passés non loin de l’usine Permapack.
Au bout de la Rue de l’Industrie se trouve l’hôtel Enjoy, d’où part l’Appenzellerstrasse. C’est ici aussi que nous avons retrouvé l’indication du chemin.
L’Appenzellerstrasse monte constamment vers l’autoroute au milieu de villas récentes, coupe de petites routes transversales.
Vers le sommet de la rue, un chemin de terre remplace le goudron, lorsque vous croiserez le stand où on tire à l’arbalète, et se dirige vers un sous-bois. Ici, vous êtes sorti du bourg dans les prés.
Ici, vous marchez dans la campagne, mais les routes portent encore des noms, comme Hohrainstrasse, Egertenstrasse avant de traverser le ruisseau de Dorfbach.
L’Egertenstrasse vous conduit alors vers l’autoroute. Il y a même des vignes dans la région. On trouve de plus en plus des vins en Suisse allemande, et même de très bons.

Dommage que cette belle demeure perdue dans les lierres soit si proche de l’autoroute.

Après l’autoroute un petit chemin de terre monte assez sèchement vers le château de Sulzberg. Ici, on peut jeter un dernier coup d’œil sur Rohrschach et le lac de Constance.
C’est l’évêque de Constance qui, au début du XIIIe siècle, fit ériger ici le château de Sulzberg. Il ne reste de l’ouvrage primitif que le donjon. Le château changea ensuite plusieurs fois de propriétaires au cours des siècles. Il se trouve aujourd’hui entre les mains de particuliers.

La vue est belle d’ici sur le lac derrière les légumes du potager.

Attention ici, une remarque s’impose. On trouve ici une indication du Chemin de Compostelle avec la coquille. Mais, sur la Via Jacobi, la coquille n’indique jamais la direction, comme en France. Alors, ne prenez pas le chemin de droite, mais continuez tout droit, à gauche de la ferme! Un chemin de terre descend vers les eaux troubles du petit lac de Schlossweiher.
Puis, il remonte le long du petit ruisseau de Bettlerenbach, et s’en va longuement, en pente douce dans les prés et les arbres fruitiers. Pour les pèlerins qui ne connaissent pas la Suisse, l’étonnement sera constant en ce qui concerne la verdeur des prés. On se doit de dire aussi qu’ici, la pluie est assez fréquente.

Section 1: En passant par les petits villages de Untereggen jusqu’au sommet de la colline.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: montée un peu moins prononcée qu’auparavant, mais il y a de petits tronçons fort pentus, à plus de 15% ; la descente raide depuis Sieben vers la gorge du Goldbach peut être pénible par mauvais temps.

 

La petite route de terre battue traverse alors les prés, avec parfois des fermes isolées et de petits bosquets épars.
A mi- pente, le chemin rejoint le lieudit Vogelherd, sur la route qui monte vers Untereggen. On devine qu’ici les citoyens ont de l’argent pour peindre leurs arrêts de cars postaux.
La Via Jacobi monte une bonne centaine de mètres sur la route, traversant la rivière de Hochstaudenbach, passe devant un joli petit oratoire au bord de la route…
… avant de bifurquer sur la droite, encore sur le goudron, vers le hameau de Brand.
Le petit hameau mélange avec bonheur les maisons de bois et les maisons tavillonnées, autrement dit recouvertes de tavillons, qui sont des bardeaux.
Là, un chemin mi-terreux, mi-herbeux monte vers le sous-bois le long d’un affluent du Hochstaudenbach.
Plus haut, il rejoint alors la route principale au village de Vorderhof, qui est le village principal de Unterregen.
L’église Santa Madalena date de la fin du XVIIIème siècle. Les maisons sont souvent belles, bien soignées, comme elles le sont le plus souvent en Suisse allemande. Il y a une auberge dans le village.
Au milieu du village, la Via Jacobi quitte la route sur la Zielgasse.
Une petite route goudronnée, qui devient plus haut chemin de terre monte dans les prés, au milieu de petites fermes et se diriger vers Mittlerhof.
A Mittlerhof, la Via Jacobi est à nouveau sur la route principale qui traverse les villages de Unterregen.
Vorderhof, Mittlerhof, et un peu plus haut Hinterhof appartiennent à la commune de Untereggen. Ici, tous les villages ont leur arrêt de bus. Si vous avez fait le Chemin de Compostelle en France, l’évidence saute aux yeux. En Suisse, les moyens de transport sont présents partout, même dans les endroits les plus reculés. En France, dès que vous quittez les axes principaux, il n’y a que la voiture ou la marche à pied. Les trains ont aussi disparu, fondu comme neige au soleil. Allez marcher en France et vous comprendrez le marasme.
La Via Jacobi continue sur la route principale jusqu’au village de Hinterhof.
Alors, elle quitte l’axe pour une petite route secondaire qui continue à monter sur la colline en direction de Schiben.
La route monte en pente assez prononcée dans les prés, aujourd’hui au milieu des moutons.
Elle passe les rares maisons de Schiben pour arriver au sommet de la colline.
La route atteint alors le lieudit Steingruben. Nous sommes passés de 400 mètres du lac de Constance à 670 mètres d’altitude sur 8 km, avec des pentes très raisonnables dans l’ensemble, avec quelques exceptions. Ici, la nature devient plus sauvage et devant vous se profile une descente très raide, parfois pénible pour les rotules et les chevilles.
La descente, c’est d’abord sur un sentier dans le sous-bois, puis dans les prés. Certains passages sont à plus de 25% d’inclinaison. Vous serez sans doute fort satisfaits de retrouver la route au bas de la descente.

Section 3: Une bosse sérieuse avant de descendre sur St Gall.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: encore une montée très sévère depuis les gorges du Goldbach jusqu’à Schaugenhof, surplombant St Gall; puis descente régulière dans les quartiers extérieurs sur les hauts de St Gall.

 

Au fond du vallon, le chemin débouche sur le pont Martinsbrücke, qui permet de traverser le Goldbach et ses gorges profondes. Les gorges ici, à pic, sont très spectaculaires. Le Pont St-Martin était jadis le plus ancien ouvrage suspendu de Suisse orientale, un pont couvert construit en 1468. Il passait à plus de 300 mètres au-dessus de la rivière, réunissant les deux parois verticales de rochers. Un pont plus neuf, de la fin du XIXème siècle, tout aussi haut, remplace ce dernier.
La Via Jacobi part alors vers Schaugenbädli en longeant le Goldbach. Ici, on ne tire pas que le chamois, Il faut bien être né suisse, ou américain, pour trouver du plaisir à aller s’exprimer le week-end dans les stands de tir ( Schiessenanlagen), au fond des bois.
La route alterne entre la terre battue et le goudron, mais le plus souvent sur le goudron, passe dans le sous-bois, puis dans les prés. Parfois, la pente est assez marquée. Le sentiment est de monter à l’alpage, bien qu’on soit à deux pas de la ville de St Gall.
La buvette de Schaugenbädli est la bienvenue à mi-pente, au bord de la route. Pour les francophones, apprenez tout de même quelques mots d’allemand pour survivre sur le chemin. Car, ici, personne ne parle français, voire anglais, ou difficilement l’allemand. A l’inverse, quand vous serez en Suisse francophone, essayez de trouver quelqu’un qui vous parle suisse-allemand ou allemand. C’est aussi rare que les corbeaux blancs dans les villages.
Depuis la buvette, la route monte dans les prés pour devenir bientôt un chemin de terre. La pente commence à se faire sentir.
Puis, un chemin herbeux monte sèchement le long du sous-bois au milieu des vaches. Ici, la pente est ardue, à plus de 20%.

La Braunvieh ( vache brune), que l’on trouve dans les pays germanophones, est d’origine suisse. Elle porte une robe brune dont les tons peuvent aller du froment-gris au châtain foncé en passant par le gris. Le taureau est plus sombre. Le mufle est gris-ardoise entouré d’une auréole blanche. Les oreilles sont garnies de longs poils blancs qui font penser à de la peluche. Les cornes, quand il y en a encore, mais rarement, sont courtes et fines. Cette race, en Suisse allemande, représente le 47 % de l’effectif bovin juste derrière la Simmental. Cette race mixte est connue pour sa rusticité, étant appropriée pour les conditions de montagne, car elle se contente de fourrages maigres.

Au-dessous votre regard s’étend sur le vallon dessiné par le Goldach que vous venez de visiter en partie.

Dans ce sous-bois où se mêlent les chênes, les hêtres et les épicéas, ce n’est sans doute pas l’observation des oiseaux que l’on choie, mais plutôt la chasse aux palombes.
Le chemin passe alors près de très belles fermes, toutes magnifiques dans la région. Quel goût inouï pour les belles demeures chez les paysans de jadis! Au XIXème siècle, la fabrication des clous se mécanisa, et par voie de conséquence les prix chutèrent. Alors, en Suisse centrale et orientale, on entreprit de revêtir de nombreuses bâtisses de bardeaux. En Suisse on parle de tavillons. Que de demeures, riches ou pauvres, n’ont-elles pas été couvertes de ces manteaux tavillonnés, avec parfois plus de 100’000 unités, une protection idéale, dans ces pays au climat rude et humide?
Le chemin continue de monter, en pente presque aussi rude, au milieu des vaches et des moutons. Ici, les paysans sont si riches, qu’ils pavent parfois même les prés pour faire passer leurs tracteurs.
Il atteint bientôt Schaugenhof sur la route, au-dessus de St Gall. Les restaurants et les buvettes ne manquent pas sur le chemin. Ici, nous sortons de la campagne pour nous rapprocher de la ville.
Depuis Schaugenhof, la Via Jacobi descend un peu sur la route avant de couper sur un chemin de terre, le Schachenbüelweg, dans la banlieue de St Gall composée de bâtiments modernes et de fermes. Des fermes, pas loin du centre-ville, quel pays se permet encore un tel luxe? La Suisse, pardi. Les paysans de Suisse allemande sont si fiers de leur patrimoine que les promoteurs trouvent le plus souvent porte close. Pour combien de temps encore?
Nous sommes à deux pas de la ville, et il y encore des fermes et des vaches brunes dans les prés.
Au bas de la descente, nous sommes à l’entrée de la ville. La traversée de St Gall vous paraîtra sans doute interminable (une bonne dizaine de kilomètres jusqu’à Bruggen). Mais le centre-ville est remarquable. La via Jacobi remonte d’abord la Reherstrasse, où on trouve encore de vieilles demeures.
La Via Jacobi suit alors longuement la Martinsbruggstrasse.

Ici, la municipalité n’a rien contre l’art populaire.

Au lieudit Blumenwiess la Via Jacobi prend la Fuchsenstrasse, qui remonte hors de l’axe de la ville. L’idée est tout de même de ne pas promener le pèlerin sur les routes circulantes de la ville.
La Fuchsenstrasse se continue alors par l’Iltistrasse, à la limite de la forêt.

Section 4: En passant par St Gall, un joyau helvète.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

 

N’allez pas vous imaginer que vous allez circuler sur de grandes avenues, comme on le fait d’usage dans une grande ville. Avant d’arriver au centre-ville, vous allez presque rester dans une sorte de “fausse campagne”, en fait dans une succession de vieux faubourgs, près des forêts qui peuplent les collines au-dessus de la ville. Au bout de l’Iltistrasse, le Grütliweg prend le relais. C’est un petit chemin qui se faufile entre les immeubles, dont certains gardent le charme d’antan.
Puis, le chemin continue à monter sur le Bruggwiesenweg vers la forêt, comme s’il se décidait à quitter la ville. La traversée de St Gall est un vrai gymkhana.
Le parcours longe un peu les bois, puis retourne vers les habitations.

Parfois, un bijou de vieille demeure jouxte l’approximatif des maisons plus récentes. On s’imagine bien qu’autrefois, on devait vivre ici à la lisière de la ville, et que la ville a progressivement rongé ces quartiers et étendu ses tentacules sans beaucoup de caractère.

Puis, au Bruggwiesenweg succède le Golbrunnenweg, toujours dans le même décor, entre maisons neuves et belles maisons anciennes.
Le chemin longe alors un petit ruisseau et se rapproche de la ville proprement dite. Incroyable, non? En ville, parfois, on marche encore sur des chemins de sous-bois.
Jusqu’ici, la Via Jacobi a grandement négligé la ville, se faufilant entre les quartiers périphériques, à la limite de la forêt. Mais, il y a de grandes choses à visiter à St Gall, et le chemin ne peut les ignorer. Au bout du Golbrunnenweg, la Via Jacobi arrive sur la Furhofstrasse, une rue calme, encore éloignée du centre-ville. On aperçoit alors l’église St Laurenzen devant soi.
L’église St Laurenzen est l’église évangélique réformée de Saint-Gall, la plus importante de la ville après la cathédrale. Elle est protégée au titre des monuments historiques et d’importance nationale. L’église actuelle date du XVème siècle, mais a été refaite en style néo-gothique entre 1850 et 1854, puis récemment restaurée.

On dit que le clocher de l’église St Laurent offre une vue magnifique sur la vieille ville. Mais encore faut-il être là à temps, car les visites guidées ont lieu deux fois par jour, à 10h00 et à 15h00.

Il faut encore suivre la Linsebühlstrasse pour arriver au centre historique.
La Via Jacobi arrive alors au centre historique de St Gall.
L’histoire de l’abbaye de St Gall est une très longue histoire. Le monastère est fondé en l’an 613 en honneur de Gallus, mort ici à cette époque. Charles Martel nomme un certain Othmar comme gardien des reliques de saint Gall. C’est durant le règne de Pépin le Bref, qu’Othmar fonde les célèbres écoles de Saint-Gall, où fleurissent les arts, les lettres et les sciences. Un peu plus tard, on commence à copier des manuscrits anciens et alors naît la célébrissime bibliothèque de St Gall. Plus de 400 manuscrits, incluant les premiers chants grégoriens subsistent de cette époque, malgré les vicissitudes du temps et les déménagements constants des précieux livres.

A l’entrée de la bibliothèque, où la caméra ne peut opérer, on voit bien que la coquille de Compostelle n’est pas étrangère à ce lieu d’exception.

Au XIIIème siècle, l’abbaye et la cité sont dirigées par des abbés du St Empire romain germanique. Mais voilà ! Il reste peu de vestiges de l’abbaye médiévale. Seuls les livres demeurent. L’abbaye bénédictine est dissoute en 1805, et la cathédrale reconstruite entre 1755 et 1770 en style baroque. Il n’en demeure pas moins que le site du monastère de Saint-Gall est inscrit sur la liste du Patrimoine culturel mondial de l’UNESCO. Et il le mérite amplement. C’est juste une grande merveille
La grande place devant l’abbaye et les rues adjacentes débordent de grandes réalisations architecturales empruntes d’un charme envoûtant.
St Gall est une ville de plus de 75’000 habitants. La Via Jacobi sort du centre dans la ville commerçante sur la Schmiedgasse, passe devant les magasins Globus, emprunte la Vadainstrasse, puis la Kornhaustrasse pour se retrouver sur le grand axe de la St Leonard-Strasse.
Elle suit St Leonard-Strasse jusqu’à la gare.

Section 5: De St Gall à Bruggen, en passant par les banlieues.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

 

Mais nous n’en avons pas encore terminé avec la traversée de la ville. Après la gare, la St Leonard-Strasse traverse la voie de chemin de fer. Devant vous se dresse l’église St Léonard. Cette ancienne église évangélique réformée, construite en 1887, a été vendue en 2004, car elle ne servait plus et coûtait trop cher. Le nouveau propriétaire, veut la transformer en centre culturel, mais n’a encore rien entrepris.
Puis la Via Jacobi va longer quelque temps les voies….
… avant de s’en aller sur la Burgstrasse.
A un moment, la Via Jacobi quitte cette dernière pour la Wonwilstrasse, puis la Schillerstrasse pour se retrouver plus loin sur la Burgstrasse. Vous pouvez tout aussi bien continuer tout au long sur la Burgstrasse. Sur le trajet, on note la présence de petites églises, peut-être appartenant à des groupes évangéliques.
Au bout de la Burgstrasse, la via Jacobi part sur le chemin de la Burgweiherweg. On peut dire qu’ici on a quitté St Gall.
Après des lieues de béton, quel plaisir de retrouver quelques Simmental alanguies! La Simmental est originaire d’Allemagne, puis s’est établie dans l’Oberland bernois. C’est la vallée de la Simme qui a donné son nom à cette race. Sa production laitière a été améliorée au cours des années 1960, par croisement avec des Red Holstein ou des Montbéliardes. Les vaches d’origine Simmental seraient de 40 à 60 millions à travers le monde.

La vache porte une robe pie rouge plus ou moins foncée, allant du froment au rouge sombre. La répartition comprend une dominante rouge, avec la tête et les membres majoritairement blancs. Mais, du fait des croisements avec d’autres races, la robe peut prendre des variations importantes. C’est une excellente race fromagère pour tous types de fromages dont l’emmental, qui a fait la réputation de la vache. Et que dire de ces extraordinaires Alpkäse bernois ? Même en France, les fameux fromages de l’Aubrac proviennent en majorité des pis de cette race.

Chemin faisant, le chemin croise le Tröcknenturm (Tour de séchage), un grand témoin architectural de l´âge d´or de l´industrie textile de Suisse orientale. St Gall reste encore aujourd’hui très prospère dans le domaine des textiles. Ici, on séchait les tissus. Cette tour de bois, haute de 25 mètres, est le seul vestige d´une entreprise de teinturerie indienne construite en 1825. Le bâtiment principal de l´entreprise et sa chapelle furent rasés en 1926, trois des quatre étangs furent comblés.
Mais le charme bucolique ne dure pas. Au bout du chemin, la Via Jacobi rejoint la zone industrielle de St Gall, près de Bruggen. Disons qu’à partir d’ci, le parcours n’est pas excitant jusqu’au centre de Bruggen, dans la zone industrielle et commerciale. D’autre part, le chemin est très peu fléché, mais il suffit de prendre l’église de Bruggen comme point de repère. C’est souvent dans ces zones-là qu’on se perd.
En fait, la Via Jacobi suit la Mingerstrasse, coupe sur la Lerchenfeldstrasse, pour rejoindre la grande artère de la Zürcherstrasse, qui traverse le bourg jusqu’après l’église. Cette artère, la RN7, qui relie en partie Zürich à St Gall, est très encombrée le soir à la sortie du travail.
Bruggen était le centre d’une région nommée Straubenzell qui a appartenu au cours des siècles à divers districts de St Gall. Maintenant, elle fait partie de St Gall-Ouest. Son nom vient du vieil allemand brucka”, qui signifie pont. Vous le constaterez par la suite. Le l’église est de construction récente, remontant au début du XXème siècle. En fait c’est un temple protestant.

Vous verrez ici des couleurs différentes sur les photos. C’est parce que nous avons passé la nuit ici et sommes repartis le lendemain.

A la sortie de Bruggen, la Via Jacobi quitte assez rapidement la RN7 pour gagner Kräzern. Elle passe devant la brasserie Stocken, une ancienne brasserie qui fabrique des bières célébrées dans la région.

Section 6: En route pour le canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: la Via Jacobi recommence à monter en pente assez régulière, avec de petits talus à la sortie de Kräzern et après le lac de Gübsensee.

La route descend pour traverser la Sitter, le plus gros affluent de la Thur, qui naît dans le canton d’Appenzell, puis traverse le canton de St Gall. C’est une vallée souvent encaissée avec de nombreuses gorges. En conséquence, les ponts sont souvent très hauts, comme celui de la RN7, parallèle à notre route. Si vous passez ici, à l’heure de sortie des bureaux ou le matin, la file des voitures sur le pont de la RN7 est continu, avec de nombreux ralentissements.

Par contre, sur notre route, la circulation n’est pas rigoureuse. Le pont sur la Sitter porte le nom de Krätzernbrücke, un pont achevé en 1810. Il culmine tout de même à plus de 200 mètres au-dessus du lit de la rivière.

Depuis le pont, la route remonte vers le village de Kräzern. Au milieu du village, la Via Jacobi quitte l’axe pour le Hofweg, un chemin qui monte résolument vers le haut du village.
Puis, sur la Sturzeneggstrasse, elle continue à monter au milieu des constructions récentes pour traverser la voie de chemin de fer. Aujourd’hui, le jour se lève, contrastant avec la rigueur du paysage dans la gorge de la Sitter.
Là, elle emprunte la Gübsenstrasse, une petite route de terre qui monte en pente plutôt douce vers les quelques maisons du hameau de Gübsen.
La route rejoint alors le lac de Gübsen, charmant petit lac, où se trouve une aire de pique-nique, et de barbecues. En Suisse allemande, ces endroits sont très équipés, avec bois coupé. Parfois, on offre même les allumettes.
On comprend aisément pourquoi de nombreux locaux viennent respirer la nature ici et pique-niquer près des eaux limpides et bleuâtres dans lesquelles les feuillus se mirent avec plénitude.
Après le lac, le chemin traverse le ruisseau de Walkenbach et arrive à un petit carrefour. Attention ici, on trouve des signes du Chemin de Compostelle. Mais ne prenez pas la direction de la coquille. Vous vous perdrez près de la voie de chemin de fer dans les hautes herbes! En Suisse, la coquille n’indique quasi jamais la direction du chemin.
Non, la Via Jacobi passe au-dessus de l’usine électrique de Winkeln, puis monte en pente rude dans le sous-bois.

Dans le sous-bois, le chemin se rétrécit sous les chênes et les hêtres droits comme des i.

Plus haut, le chemin passe sous la voie de chemin de fer. En-dessous on voit encore l’usine électrique et la route qui va du canton de St Gall à celui d’Appenzell.
La pente n’est que rarement excessive et plutôt régulière à la sortie du tunnel, mais cela monte tout de même. Sur la route, vous rencontrerez sans doute de nombreux cyclistes. Ceux-ci voguent sur la terre battue. Ils sont meilleurs que les cyclistes du Tour de France. Mais oui! Ils circulent presque tous avec des bicyclettes électriques.
Le chemin arrive bientôt à la hauteur du restaurant de l’Ancienne Douane, où il rejoint la route. En Suisse, en 1848, naît une nouvelle constitution avec un nouvel État fédéral et centralisé où les cantons ne sont plus indépendants mais souverains et cèdent certains de leurs privilèges à l’État fédéral. Cette constitution définit également les nouvelles institutions politiques, monétaires et économiques et institue la ville de Berne, comme ville fédérale. De ce fait, les douanes intérieures sont abolies et les cantons indemnisés pour cette perte.

Dorénavant, nous quittons le canton de St Gall pour une courte incursion dans le canton d’Appenzell Rhodes Extérieures.

Section 7: Une excursion à Herisau, chef-lieu du canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: la montée à la Kreuzkapelle se mérite, puis la route descend en pente parfois prononcée vers le centre-ville.

 

A l’entrée de Herisau, la Via Jacobi traverse la voie de chemin de fer, quitte l’axe pour la Schützenstrasse, puis la Kreuzstrasse, une rue qui monte sur le haut de la ville.
A l’angle de la Shützenstrasse, une petite route quitte la route principale pour monter vers le cimetière et sa chapelle, la Kreuzkapelle.
La chapelle, de construction récente fait partie de la paroisse catholique. Au XVIème siècle, Herisau défia l’abbaye de Saint-Gall en choisissant le protestantisme. Le canton d’Appenzell fut alors divisé en deux demis cantons distincts et autonomes, les Rhodes Intérieures (catholiques) et les Rhodes Extérieures (protestantes). Ici, nous sommes en pays protestant. De là-haut, Herisau se devine dans la cuvette.
Depuis la chapelle, La Via Jacobi redescend alors la Kreuzgasse jusqu’au centre-ville.
Une petite ruelle pavée conduit au centre historique. L’église réformée de St Laurent se dresse dans le centre historique, le Dorfplatz. D’origine romane, l’édifice actuel est de style gothique tardif, élevé au XIVème siècle, transformé après la Réforme dans le style rococo.
Herisau (16’000 habitants), le chef-lieu du canton de Appenzell Rhodes Extérieures est bâti entre une colline pentue et une cuvette de la vallée de la Glatt. De petit village rural, elle s’est progressivement transformée en ville moyenne plutôt fonctionnelle. Il faut se faufiler dans les petites ruelles pavées pour découvrir quelques œuvres d’art peintes sur les façades des maisons, avec parfois des portes ou des fenêtre peintes en trompe l’œil. Ces grandes maisons de pierre ou de bois, datent pour la plupart du XVIIème siècle.

Le bourg est un mélange de constructions récentes et d’anciennes fermes rénovées. C’est au Dorfplatzet dans la Schmiedgasse que l’on rencontre les plus belles, des maisons patriciennes, de style baroque, érigées au cours du XVIIIème siècle. Herisau reste encore aujourd’hui un centre important de la dentelle.

 

Logements sur la Via Jacobi

Rohrschach
Hôtel, repas, petit déj. Heberge, Rohrschach-See, Churerstrasse 4, Rohrschach 071 844 97 12
Hôtel***, repas, petit déj. Hôtel Mozart, Hafenzentrum, Rohrschach 071 844 47 47
Hôtel*****, repas, petit déj. Hôtel Rebstock, Thalerstrasse 57, Rorschacherberg 071 858 24 00
Chambre d’hôte, petit déj Im Güetli, Güetlistrasse 17, Goldach, Rohrschach 079 883 78 75
Chambre d’hôte, petit déj Bodenseeblick, Wiesenhalde 4 , Rorschacherberg 071 850 95 50/079 315 80 66
St Gallen
Auberge de jeunesse Jugendherberge St. Gallen, Jüchstrasse 25, St Gallen 071 245 47 77
Gîte pèlerin, pas de petit déj. Pilgerherbege, Linsebühlstrasse 61, St Gallen 071 220 00 62
Chambre d’hôte, petit déj B&B Dianastrasse 4, St Gallen 071 244 49 83/079 605 31 40
Chambre d’hôte, petit déj B&B Orion, Scheidwegstrasse 1, St Gallen 076 375 26 63
Hôtel, repas, petit déj. Kräntzlinhotel, Augustinergasse 1, St Gallen 076 524 26 16
Hôtel, repas, petit déj Schwanen Hotel /Restaurant, Webergasse 23, St Gallen 071 222 65 62
Hôtel-restaurant, petit déj Restaurant Papagei, Hinterlauben 4, St Gallen 071 222 24 66
Hôtel**, repas, petit déj. Hotel Weisses Kreuz, Engelgasse 9, St Gallen 071 223 28 43
Hôtel**, repas, petit déj. Hotel am Spisertor, Moosbruggstrasse 1, St Gallen 071 228 82 83
Hôtel**, petit déj. Hotel Vadian, Gallusstrasse 36, St Gallen 071 228 18 78
Hôtel**, repas, petit déj. Hotel Walhalla, Poststrasse 27, St Gallen 071 228 28 00
Hôtel***, repas, petit déj. Jägerhof, Brühlbleichestrasse 11 71 245 50 22
Hôtel***, petit déj. Hotel am Ring, Unterer Graben 9, St Gallen 071 223 27 47
Hôtel***, petit déj. Sorell Hotel City Weissenstein, Davidstrasse 22, St Gallen 071 228 06 28
Hôtel****, repas, petit déj. Radisson Blu Hotel, St. Jakob-Strasse 55, St Gallen 071 242 12 12
Hôtel****, repas, petit déj. Einstein – Hotel Congress Spa, Berneggstrasse 2, St Gallen 071 227 55 55
Bruggen
Hôtel**, repas, petit déj. Hôtel Sporting, Straubenzellstrasse 19, St Gallen 071 272 30 30
Herisau
Accueil jacquaire Voir site officiel de la via Jacobi
Café-hôtel, petit déj. Gasthaus Marktplatz, Zeughausstrasse 10, Herisau 071 352 32 12
Hôtel-restaurant, petit déj. Gasthaus Oechsli , Schmiedgasse 3 71 351 23 26
Hôtel, pas de petit déj. Hotel Löwen, 
 Poststrasse 3, Herisau 071 351 17 55
Hôte, repas, petit déj. Hotel Restaurant Sonnenfeld, Kasernenstrasse 65, Herisau 071 351 2132
Hôtel***, repas, petit déj. Hotel Herisau, Bahnhofstrasse 14, Herisau 071 354 83 83
Garni Hôtel, repas, petit déj. Hotel Landhaus Säntis, Kasernenstrasse 29, Herisau 071 353 01 00

Pour les logements, les renseignements sont juste indicatifs. Les données du livre ne sont pas réajustées chaque année. Dès lors, les prix ou les numéros de téléphone peuvent changer. D’ailleurs une telle liste ne peut être exhaustive. Chaque année, certains établissements ferment, d’autres ouvrent. Si vous cherchez un logement via AirB&B, consultez Internet, AirB&B ne communiquant pas les adresses des logeurs. Dans les gîtes, parfois le petit déjeuner est servi. Dans les accueils jacquaires, les prix sont laissés à la liberté du pèlerin. Certains accueils jacquaires proposent aussi le repas et le petit déjeuner. Les législations ne permettent pas de donner les coordonnées de ce type de logement. Consultez les sites officiels agréés pour ces adresses. En Suisse allemande, de nombreuses chambres d’hôte vous reçoivent sur la paille, où dormir dans ces conditions est très recherché. De toute manière, il est très recommandé de réserver à l’avance, pour savoir si dans tous ces établissements, chambres ou hôtels, vous pouvez avoir le repas.

La liste ne dresse que les logements sur le chemin ou à proximité (moins de 1 km du chemin). Pour ce type de logement, consultez aussi les sites officiels du chemin. En Suisse, renseignez-vous auprès de “ Les Amis du Chemin de Composelle“ (https://www.viajacobi4.ch/Gites/).