Etape 17: De Lascabannes à Lauzerte par le GR65

D’une cité à l’autre, perchées sur les collines

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

La journée se passe encore dans le Quercy Blanc, ce vaste plateau, avec parfois des collines, ayant pour assise de larges bancs de calcaires et de marnes. Les sols, souvent faits de calcaires tendres, d’argile ou de sable, vont du blanc le plus soutenu au brun clair. La lumière flatte souvent les moellons calcaires blancs de maisons assez cossues. La végétation devient déjà presque méditerranéenne. Les petits chênes dominent encore le paysage, mais on voit aussi des érables, des châtaigniers, des buis touffus, et des herbes folles. Si, de Cahors à Lascabannes, les terres gagnées sur les sous-bois, étaient avant tout des prés, ici les espaces dévoués aux cultures surpassent les surfaces fourragères. La forêt disparaît grandement.

Aujourd’hui, le chemin se balade entre les départements du Lot et du Tarn-et-Garonne. Le chemin file direction sud-ouest. Quelques petits vallons taillent un paysage assez horizontal. On se rapproche peu à peu des vastes champs de blé et de tournesol du département du Tarn-et-Garonne, que nous rejoignons en fin d’étape.

La succession des plateaux et des vallées fait toute la richesse du paysage. Les coteaux présentent des courbes douces, mises en valeur par les sillons des labours. Dans les vallées humides, de nombreux peupliers, aulnes et platanes rivalisent avec les haies, les bouquets d’arbres autour des fermes, et les très nombreux bosquets de chênes. L’architecture des maisons et des fermes qui forment l’héritage rural du Quercy Blanc est caractérisée par des toits à faible pente couverts en tuiles canal, faites de moellons blancs équarris. Le paysage médiéval trouve confirmation dans la traversée des bourgs, avec leurs ruelles étroites, leurs petites bastides, leurs fenêtres ogivales. Ici, la blancheur du calcaire éclate encore, nuancée parfois de jaune, de rose, voire de bleu. De nombreux pigeonniers sont encore visibles.

Les pâturages apportent au paysage une note méditerranéenne et sauvage, implantés sur de petites collines hérissées de petits chênes dont la silhouette rabougrie se découpe sur fond de ciel, piquetée de genévriers et de genêts, qui au printemps ondulent sous le vent. Les paysages cumulent des horizons dégagés sur les plateaux, des passages ombragés dans les sous-bois, et de belles perspectives sur les vallons et les combes. En fait, les paysages des plateaux forment une sorte de toile de fond dans laquelle viennent s’inscrire les motifs des vallées. Le pays hésite entre une tradition de polyculture et d’élevage. La diversité et la richesse des sols favorisent une polyculture qui se décline en céréales et fourrage. Mais on voit aussi se développer les vergers où abondent les prunes. Agen n’est pas si éloignée que cela. Ailleurs, vignes, tunnels à melon, tabac complètent la panoplie agricole.

Les dénivelés du jour sont assez raisonnables (+429 mètres/-421 mètres). Au niveau des difficultés du parcours, c’est une journée tranquille. Il n’y a guère à signaler qu’une montée raide au débute de l’étape, puis une montée sévère et une descente rude près de Montlauzun, auxquelles il faut ajouter la montée pentue sur la colline de Lauzerte en fin de journée.

Les parcours sur chemins sont plus nombreux que les trajets sur route:

Goudron: 9.8 km

Chemins: 13.5 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, encore 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous “estimez” l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-lascabannes-a-lauzerte-par-le-gr65-30357476

Section 1: Jusqu’au bout du causse de Quercy.

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques pentes assez prononcées pour monter à la chapelle St Jean, puis parcours sans aucune difficulté.

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, le GR65 part de Lascabannes à plat sur le goudron.

A la sortie de Lascabannnes, la route croise le Domaine de St Géry, une auguste demeure de charme où se réfugient, à grande distance des paparazzi, les gens fortunés et les têtes couronnées. De loin, cela ressemble à un village, avec maison seigneuriale, grange et pigeonnier au-dessus d’un bijou de petit lac. De près, aucun pèlerin n’ose s’y approcher avec ses godillots embourbés. De fait, les pèlerins ne doivent pas souvent s’arrêter ici. Ils préfèreront peut-être, par plaisir ou à contrecœur, les yourtes de Sabatier, presque en face.

Depuis Sabatier, une large route de terre se met à monter vers la forêt. Puis, la pente devient moins sévère sur un chemin de terre caillouteux qui monte sur la crête dans un bosquet où dominent les résineux. Il faut dire que ceux-là, on les avait presque oubliés, l’œil toujours rivé sur les chênes.

Le chemin se rétrécit dans la forêt. Une belle “caselle” surgit au bord du chemin, entre deux murets de pierre sèche. Tiens! Celles-là aussi, on les avait perdues de vue depuis belle lurette
Le GR65 sort alors du bois pour retrouver de guerre lasse l’ingrat goudron. Chemin faisant, une direction est indiquée pour Le Clos de Gamel, un logement en dehors du chemin. Il faut dire ici que souvent les pèlerins hésitent à faire des détours de plus de 800 mètres hors du chemin. Ils ne le font que s’ils n’ont pas trouvé de logement ailleurs. Miam Miam Dodo répertorie tous ces logements en dehors du chemin.
La route continue entre sous-bois et campagne jusqu’à rejoindre la chapelle de St Jean Le Froid, restaurée récemment. Pendant des siècles, les gens sont venus ici pour se frictionner ou boire l’eau d’une source proche. Les rhumatismes, disait-on, disparaissaient comme par enchantement. Peut-être que les pèlerins y trempent aussi leurs pieds pour soulager leurs cors aux pieds!
Dès que l’on quitte la chapelle, le paysage change, se métamorphose de manière spectaculaire. On laisse derrière soi les relents de causse, les bosquets de chênes pour les cultures sans fin du Quercy Blanc, au bout du département du Lot. Les horizons sont nettement moins découpés et le regard porte très loin, donnant la sensation d’un inatteignable infini. Le Chemin de Compostelle quitte définitivement les contreforts montagneux du Massif Central pour les collines, et ceci jusqu’à retrouver les Pyrénées, au bout du voyage.
Une large route de terre file tout droit dans les cultures. Chemin faisant, on retrouve une bifurcation pour des logements hors du chemin, au Clos de Gamel, et à Escayrac chez les sœurs.
Ici, les parcelles agricoles s’étendent à perte de vue, simplement ponctuées de bosquets, d’alignements d’arbres et ou parfois d’une ferme isolée, qui donnent un paysage moins morcelé, presque linéaire. L’horizon est sans fin, donnant surtout sur des champs de blé, ou des champs en jachère ou en attente d’autres cultures. Parfois, le chemin repart au milieu de la steppe, où on a le sentiment de marcher sur le sable, tant la terre est blanche. Ne traverse-t-on pas le Quercy Blanc, non?

Section 2: Dans les blés du Lot.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Et le jeu se perpétue longtemps ainsi le long de la crête, entre les haies et les champs de céréales.

Qui dira la douceur des genêts au printemps dont les couleurs éclatent sur le sable du Quercy Blanc?

Un chêne s’est perdu ici par hasard. Depuis le Puy, le pèlerin a surtout connu les landes, les alpages, les rochers et les futaies, en bref la beauté de la nature “sauvage”, où il fait bon méditer, s’isoler, rêvasser au milieu des troupeaux paisibles. D’autres préféreront à cette anarchie la géométrie, les lignes droites, les perspectives, la belle ordonnance des vignes, des blés ou des vergers régulièrement alternés. Ceux-là trouveront leur Eden ici.

Chemin faisant, on trouve aussi une direction pour un logement à Labouysse hors du chemin.

Un peu plus loin, le chemin de terre redescend de la crête dans les champs de céréales, des blés surtout. A perte de vue, à vous couper le souffle. Ne passez pas ici en automne, si vous avez le choix, quand les champs de blé auront été moissonnés et que les tournesols feront triste mine sous leurs pétales ternes, brûlés par le soleil.
Puis, le GR65 emprunte la petite départementale D4 sur quelques kilomètres, mais le paysage ne change pas. Sur le chemin de Compostelle, on l’a dit et on le répétera, la magie souvent s’estompe au profit du banal, du commun. Certes le blé, l’orge ou l’avoine continuent d’agiter leurs tiges vertes droites ou flottantes aux caprices des vents, mais cela se passe sur le goudron de la départementale qui se traîne jusqu’à Montcuq. Dans ce type de plaine austère et monotone, le marcheur aura tendance à allonger le pas pour limiter le sentiment d’oppression et de froideur que procure la monotonie et la répétition géométrique des champs.
Arrive alors une intersection où les pèlerins pressés peuvent quitter le GR65 et éviter Montcuq par une variante qui rejoint le GR65 un peu après Montcuq.
Ici, nous sommes très près de Montcuq, mais le parcours se continue, inlassablement encore, sur le goudron de la départementale, puis celui d’une plus petite route, qui va aussi à Montcuq.

 

Section 3: Par monts et par vaux aux alentours de Montcuq.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours vallonné, avec des pentes marquées à la sortie de Montcuq, souvent plus de 15% dans le sous-bois, quand le chemin remonte sur la colline.

A l’approche de Montcuq, le chemin a pitié des semelles des marcheurs et remplace le goudron par la terre battue. Les champs cultivés se font moins visibles et les haies et les prés reprennent raison d’espérer.
Le GR65 arrive au bas du bourg, près de l’église St Privat, un édifice du XVIIème siècle, sans caractère d’exception, dirons-nous.
Plus au nord du bourg, coule la Petite Braguelonne, qui n’est pas plus qu’un grand ruisseau. De toutes petites rivières sillonnent le bassin du Quercy Blanc qui rejoignent la Garonne. Cela ne signifie en aucune manière que ces ruisseaux ne puissent déborder de leur lit par gros temps. Les commerces sont groupés, loin de la ville médiévale, le long de la rivière. De là, on voit nettement le dôme rocheux de La Roque, couronné d’un haut donjon culminant à 24 mètres de haut, le seul vestige d’un puissant château fort.
Montcuq est un petit bourg de moins de 2’000 habitants. Ses ruelles à l’aspect très moyenâgeux grimpent à l’assaut de l’église Saint Hilaire et son clocher octogonal, au sommet de la colline. L’église originale date du XIIème siècle. Au XVIème siècle, durant les Guerres de Religion, les protestants l’incendièrent, ne laissant que le chevet, le chœur et les absides. Elle fut complétée depuis. L’actuel clocher porche date du XIXème siècle.
 

 

 

 

 

Montcuq s’est fait connaître aux francophones par un sketch télévisé demeuré fameux, diffusé en 1976 dans Le Petit Rapporteur, une émission humoristique animée par Jaque Martin. Daniel Prévost joue avec grivoiserie, mais avec élégance aussi, sur la consonance ambiguë du mot “Montcuq”.

La ville, pas rancunière, a baptisé la première rue qui monte dans la cité de Rue du Petit Rapporteur. Les logements sont assez présents dans la petite cité.

Le GR65 descend de Montcuq pour traverser le petit ruisseau de Nègre Vieille. Ici, fini l’alternance monotone des champs de blés. On retrouve le mystère des futaies bordant les prairies.
Rapidement, un petit chemin caillouteux grimpe alors assez sèchement sur le flanc de la colline, au milieu des chênes rabougris et des châtaigniers chétifs.
Au sommet de la colline, le GR65 gagne les prairies sur un petit plateau.
C’est ici que la variante qui évite Montcuq rejoint le GR65. Nous sommes encore à plus de 12 km de Lauzerte.
Le GR56 part alors à plat à travers les prés sur une route goudronnée. Il en va souvent ainsi sur le Chemin de Compostelle. Les sous-bois dans les collines appartiennent au pèlerin, mais les plateaux appartiennent aux paysans. Alors les petits cailloux et la terre cèdent le pas au goudron. Les tracteurs s’embourbent moins ainsi. Dès lors ici, il n’y aura pas d’exception. Vous marcherez sur le goudron dans la campagne et sur les chemins de terre dans les sous-bois.
A la bifurcation qui va vers le hameau de Charry, le GR65 quitte la route pour un petit chemin qui se met à serpenter dans les prés, le long des sous-bois de chênes ou dans la forêt plus dense.
Parfois le chemin se rapproche un peu plus près des fermes, comme pour nous prouver qu’il n’y a pas que des sous-bois de chênes et des prés sans fin dans la région. Une grande ferme à l’orée des bois abrite des chevaux derrière son grand portail de fer forgé.
Parfois le chemin se rapproche un peu plus près des fermes, comme pour nous prouver qu’il n’y a pas que des sous-bois de chênes et des prés sans fin dans la région. Une grande ferme à l’orée des bois abrite des chevaux derrière son grand portail de fer forgé.

Section 4: En passant par la belle église de Rouillac.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: : parcours sans problème, mais avec toutefois une montée assez rude vers Bonal.

Ici, nous sommes au fond d’un petit vallon boisé. Le chemin remonte alors vers le hameau de Rouillac.
Rouillac est une halte bienvenue, pour son point d’eau mais surtout pour les magnifiques fresques de son église. Dans le coquet hameau, les moellons blancs des maisons cossues rappellent que nous sommes dans le Quercy Blanc.
C’est une très belle église romane, datant du XIIème siècle, arborant de magnifiques peintures murales aux teintes vives, véritables écritures du passé.
De Rouillac, le GR65 plonge sèchement vers le lieudit Berty dans une petite plaine.
La route se traîne alors assez longtemps entre prés et champs dans la plaine.
Un chemin de terre traverse alors le petit ruisseau de Tartuguié, où l’eau ne coule pas à grands flots.
Un sentier de terre monte alors vers le hameau de Bonal. Ici, la pente est assez sévère, et la vue du petit lac en contrebas ne suffit pas éponger la sueur sur les fronts des marcheurs.
Au sommet de la colline, le GR65 atteint la ferme de Bonal. Ici, la pente est rude, mais le bonheur est juste au-dessus.
Ici, une petite buvette est à disposition des pèlerins. Quel bonheur de pouvoir siroter à l’ombre des arbres un sirop de citrons au miel! Ici, on se prépare à planter les melons. En France, les bons melons ne sont pas tous nés à Cavaillon!
De Bonal, le GR65 redescend sur le goudron, passe près du petit lac du Sorbier, une véritable symphonie de verts chaleureux, tout en nuances et en reflets.

Bientôt se dresse devant vous Montlauzun sur sa colline.

Section 5: Du Département du Lot à celui de Tarn-et-Garonne.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours pénible, pour passer d’un département à l’autre, avec des pentes souvent voisines de 35% en montée, mais la montée n’est pas éternelle.

Le chemin ne monte pas au sommet de la colline de Montlauzun. Cependant, la visite mérite le détour pour la sérénité du site, la perspective à 360 degrés sur le pays alentour, avec sa petite église plantée au milieu de la place. L’église St Jean, d’origine inconnue, a subi des transformations au cours des siècles pour adopter un style néo-gothique au XIXème siècle. D’autres s’y arrêteront pour loger à l’ancien presbytère.

Entre vignes et campagne, la route redescend de Montlauzun dans un petit vallon.
En descendant de Montlauzun, chemin faisant, une indication est donnée pour un logement en dehors du chemin.
C’est alors que le GR65 quitte le goudron pour monter dans les sous-bois.
Ici la pente est sévère. Eh oui, Il y a même une corde pour aider les plus faibles. Allez! Imaginons tout de même que par mauvais temps, l’escalade est moins aisée.
Au sommet de la colline, le GR65 quitte le Lot pour le Tarn-et-Garonne. Le chemin a traversé le département du Lot sur pratiquement toute sa largeur. Un panneau annonce ici les futures merveilles du Tarn-et-Garonne à se mettre sous la pupille: Lauzerte, Moissac, Auvillar.
Les frontières, tout le monde le sait bien, sont souvent artificielles, un mythe pratique. Les éléments naturels qui délimitent un territoire ne sont des limites parce que l’histoire ou la société les a imposés ainsi. La nature s’en fiche comme de sa première chemise. Les petits chênes continuent à proliférer, à défiler des kilomètres durant, jusqu’à atteindre Lespinasse.
Puis, miracle! Un premier verger, organisé comme un vrai verger avec de longues files d’arbres alignés comme pour partir à la guerre. Oui, mes amis! Depuis le Puy, nous n’avons pour ainsi dire jamais croisé autant d’arbres fruitiers perdus dans la nature, jamais une architecture si parfaite et une si grande profusion de bonheur en attente. Cette fois, nous arrivons en Tarn-et-Garonne, c’est sûr!

 

Section 6: Lauzerte, tout là-haut, perchée sur la colline.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: d’abord une descente raide, ici sur les escaliers, puis une montée lancinante au sommet de la colline à Lauzerte.

 

 

 

 

 

Au bout de la crête, un petit chemin caillouteux redescend sèchement dans la plaine.

Puis un chemin herbeux remonte un peu dans les champs, transitant au-dessus du petit lac de Mojol.
Il continue à monter en pente douce dans les sous-bois jusqu’à apercevoir à l’horizon Lauzerte sur sa colline, derrière les hautes herbes et le colza.
Lauzerte semble près, à une portée de fusil, mais ce n’est qu’une illusion. C’est comme dans le désert, où derrière une dune, il y a toujours une deuxième dune. Ici aussi, à chaque colline, Lauzerte paraît plus proche..

Puis le chemin s’éloigne à nouveau de la ville, à travers champs. L’approche de la cité est dira-t-on assez lancinante, au milieu des céréales.

N’en doutez pas, vous finirez tout de même par arriver à Auléry, au pied de Lauzerte. Ici, on trouve un premier logement aux portes de la cité.
Encore un petit effort et vous serez arrivés à bon port, car la cité est perchée tout là-haut sur la colline. Une route goudronnée monte d’abord vers le bourg, puis se transforme en petit chemin. La pente est sévère jusqu’à la cité.
Lauzerte fait partie des plus beaux villages de France. Il n’y a aucun doute à ce propos. La cité le mérite en tous points. C’était autrefois un oppidum romain, du nom de Lucerna, lampe, étant visible de loin comme une lumière. Le pèlerin en sait quelque chose à son approche, hypnotisé à chaque détour du chemin par les remparts qui cachent le cité, toit là-haut sur son promontoire.

La cité qui a compté plus de 3’500 habitants aux siècles précédents a perdu progressivement ses habitants pour n’en posséder aujourd’hui moins de 1’500. D’autres encore vont déserter la cité, c’est presque écrit. A se promener dans les rues, on devine aisément que les anciennes demeures, de style gothique ou Renaissance, ont dû abriter une population prospère. Mais voilà, cette magnifique ville paraît souvent presque morte, avec de très belles bâtisses sans doute définitivement fermées. Il n’est que d’arpenter la magnifique Grand Rue, pour constater que les volets sont tirés, peut-être pour l’éternité. Les annonces “A vendre” fleurissent partout.

Le pèlerin du Chemin de Compostelle, après plusieurs étapes passées dans ces magnifiques bourgs où la vie se meurt, n’est plus guère surpris de constater qu’il est presque seul le soir à se balader en ville, de fréquenter les auberges. Il ne peut que pleurer des difficultés que doit engendrer la vie des gens du lieu.

Pourtant, au milieu de cette ville éteinte, il est un quartier qui vit, celui situé autour de l’Eglise St Barthélemy et de la Place des Cornières, un vrai joyau. C’est un vrai bijou d’architecture. On parle fort et on y boit sur les terrasses.

Il aurait fallu faire une enquête pour connaître les heures et les jours d’ouverture des restaurants de la place. Sont-ils eux aussi fermés? Ils l’étaient alors, sur cette place où le pavé se lève comme pour augurer un prochain essor. Les possibilités de logement à Lauzerte sont nombreuses.

Gastronomie locale

 

Le Tarn-et-Garonne produit à lui seul 85% des volumes de poire de la région Midi-Pyrénées.  Les deux principales variétés cultivées sont la Williams et la Doyenné-du-Comice. Tout le monde connaît la williams, goûteuse, juteuse à souhait. Mais, la doyenné-du-comice, une poire de fin d’année aux qualités gustatives remarquables, mérite une attention toute particulière.  Vous y dégusterez aussi en saison la beurré-hardy et passe-crassane. Et si vous êtes chanceux, vous y trouverez peut-être aussi la célèbre poire d’Auch, que l’on cultive un peu plus bas dans le Gers.  Mentionnée dès le XVe siècle, elle se distingue par l’absence de pépins et sa saveur goûteuse.

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