18: Lausanne à Rolle

Une belle promenade au bord du Lac Léman

 

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, c’est l’étape que d’aucuns diront être la plus belle du chemin de Compostelle en Suisse. Tout est question de point de vue. Certains préféreront les étapes un peu plus difficiles de la Suisse centrale, les placides vaches dans les prés toujours verts, les petits lacs et les magnifiques fermes qui jalonnent le parcours.

Ici, c’est une balade merveilleuse le long du lac, la plupart du temps entièrement disponible au marcheur, ce qui ne sera pas le cas après Rolle vers Genève. Le lac et ses rives offrent des paysages aux ambiances de riviera, avec ses petits ports, ses promenades magnifiques dans les fleurs, les pelouses et les sous-bois. Ce n’est ni plus ni moins que le plus grand lac d’Europe, chanté par les poètes qui voyaient en lui un “lieu mythique entre terre et ciel, plaine et montagne, fini et infini”. Lamartine le regardait comme une “seconde création du monde”, Stendhal comme “une vision voisine du bonheur parfait”, Hugo comme “un miroir de l’immensité cosmique”. Les peintres, dont Courbet, Hodler ou Turner, n’ont cessé de magnifier ses ombres et ses couleurs.

Si vous passez ici pour la première fois, il est fort à parier que vous aussi vous communierez à l’essence cachée de cette merveille de la nature.

Les dénivelés aujourd’hui (+88 mètres/-82 mètres) sont inexistants, mais c’est une très longue étape. Les pentes rares ne dépassent jamais 5% d’inclinaison. C’est de la balade tranquille, ce qui change de nombreuses étapes précédentes.

C’est une étape où les chemins ont un léger avantage. Mais ce n’est pas toujours de la terre battue. Ici, tout dépend de ce qu’on appelle chemins, car il y a aussi le plus souvent du goudron sur les quais:

Goudron: 13.6 km

Chemins: 16.3 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-lausanne-ouchy-a-rolle-par-la-via-jacobi-4-new-69088900

Section 1: Sur les quais de Lausanne.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Pour quitter Lausanne, la meilleure solution est de prendre le métro et descendre à Ouchy à la Place de la Navigation, au bord du lac.
Ici, il est conseillé de ne pas suivre le bord du lac, car de nombreuses voies sont sans issue. Le mieux et de suivre la Rue de Rhodanie.
Cette dernière longe des parkings, souvent des fêtes foraines et vous emmène à l’entrée de la piscine de Bellerive.
En saison, il n’est pas possible de transiter par la plage. Aussi, le mieux est de continuer sur la rue de Rhodanie, passer devant le siège Nespresso.
A partir de là, vous pouvez prendre n’importe quelle route à gauche qui descend vers le lac. Vous êtes dans le parc de Vidy, un parc avec une grande activité (théâtres, restaurants, stades, tennis, jogging et promenades), l’ancien site de la grande Expo nationale de 1964.
Vous ne vous perdrez pas dans ce grand parc, limité d’un côté par la route, de l’autre côté par le lac. Vous croiserez peut-être sur votre chemin, le stade Pierre de Coubertin, où on organisait autrefois le meeting d’Athletissima. Mais, c’est surtout un parc où on s’adonne à la promenade et au farniente dans l’herbe.

Il n’y a pas de doute: vous êtes sur la Via Jacobi 4, la voie principale du Chemin de Compostelle en Suisse. Petit rappel, faites très attention. Cette voie n’est pas toujours mentionnée avec netteté. La plupart du temps, il faudra vous contenter du signe “Tourisme pédestre”, qui ne vous dit jamais si vous marchez sur la Via Jacobi 4 ou tout autre chemin!

Le chemin traverse alors le bois du Bourget, parfois au bord du lac, parfois juste en retrait. C’est un bois magnifique où s’allongent souvent les files de badauds et de joggeurs.

De l’autre côté du lac, on voit les Dents-du Midi, la naissance des Alpes valaisannes, dans le massif du Mont Blanc.

Au bout du bois du Bourget, le chemin quitte Lausanne pour St Sulpice, après avoir traversé la Chamberonne. La jonction de ces petites rivières et du lac produit à chaque fois un sentiment de douceur et de rêverie. On ne sait pas si c’est la rivière qui se jette dans le lac ou si c’est le lac qui remonte dans la rivière.

Section 2: Sur les quais entre Lausanne et St Sulpice.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Depuis la Chamberonne, le chemin continue à l’ombre de grands robiniers.
Un large chemin de terre traverse le bas du nouveau campus universitaire de Lausanne, qui a moins de 50 ans …
… pour arriver au port des Pierrettes, avec ses bateaux et ses pavillons de week-end.

A la sortie du port, le chemin emprunte alors une voie étroite tout au bord de l’eau. Ces passages étroits au-dessus de l’eau qui clapote contre les pierres sont magiques. De l’autre côté du lac pointe, majestueux, le Mont Blanc. Nous sommes en face d’Evian sur la rive française.

Un peu plus loin, nous arrivons à la plage des Pélicans. Ces lieux sont souvent pris d’assaut en été, surtout les fins de semaine.
Depuis la plage des Pélicans, le petit chemin suit encore un peu la berge. Ici, les propriétaires laissent libre le passage. Ce n’est hélas pas toujours la règle sur le Lac Léman, bien que la loi n’exige pas la liberté de passage sur le bord des lacs.
Bientôt, c’en est fini, pour un moment, du beau petit chemin et des charmes du bord du lac. La Via Jacobi va traverser le village de St Sulpice sur le goudron, au milieu des petites villas cossues. Ici, tout sent le propre.
Parfois, la rue se rapproche un peu plus du lac, parfois s’en éloigne un peu.
La rue débouche bientôt sur le débarcadère de St Sulpice, et remonte dans le village.
Juste à côté se dresse la magnifique église romane de St Sulpice. L’église, bâtie au XIème siècle fut d’abord dédiée à St Sulpice, puis à Ste-Marie Madeleine, flanquée d’un prieuré aujourd’hui disparu. Complètement restauré au début du XXème siècle, l’édifice est aujourd’hui un temple protestant.
Sitôt après l’église, un chemin de terre redescend sur le bord du lac. Pour le plaisir des yeux et la sérénité des marcheurs et des promeneurs.
Le chemin retrouve ses droits au bord de la berge, passant très souvent sur des rails privés pour sortie les bateaux. Tout le monde a droit de vivre ici et de partager la beauté et les avantages du lac.
Puis, un joli chemin de terre traverse la zone de Laviau et Port Tissot. Ces petits ports sont le plus souvent des rivieras pour les bateaux de plaisance, et non pour les plus gros navires qui sillonnent en grand nombre le lac, de France en Suisse, d’un port à l’autre.

Section 3: Sur les quais de Morges.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Peu après, le chemin s’éloigne alors un peu de la berge sous de grands feuillus. Ce sont de grandes allées de plaisir.

Plus loin, il traverse alors la Venoge, encore une rivière sans souci, qui mélange ses eaux avec sa grande sœur, le Léman.
Après le Pont sur la Venoge, le chemin de terre retourne au bord du lac en direction de Préverenges.
Au Port de Préverenges, le chemin sur le goudron retrouve ses petits bateaux et ses cabanons de plaisance.
La route, presque rectiligne, longe assez longtemps la plage. A voir les petits restaurants, les cabanons, on comprend que ce bout de parcours doit faire son plein les week-ends ensoleillés.
Lorsque la route tourne à la sortie de la plage, un chemin de terre la remplace pour longer la berge. On voit poindre à l’horizon la banlieue de Morges. Le point de vue est juste extraordinaire.
Le chemin passe alors sur l’Avenue de la Plage jusqu’au parc de Vertou, une grande étendue de pelouse qui trempe ses pieds dans l’eau.
Là, il rejoint sur le goudron le petit port du Bief. On établirait bien demeure ici.
La Via Jacobi traverse alors la petite rivière du Bief pour continuer encore un peu dans le parc de Vertou, à l’entrée de Morges.
A la sortie du parc, c’est le long Quai Igor Stravinski jusqu’au débarcadère de Morges. Incroyable balade dans le calme et la sérénité, le long de gros cailloux de la berge, au milieu des petits pontons qui coulent lentement dans l’eau claire. On loue la Promenade des Anglais, mais il en est d’autres qui méritent aussi le coup d’œil.

Section 4: Entre lac et sous-bois.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

La vie se coule douce sur le quai, avec les parcs, les demeures de luxe qui donnent sur le lac.
Stravinski, durant la première guerre mondiale, habitait en Suisse, notamment à Montreux, où il a composé le Sacre du Printemps, mais aussi à Morges, où il y a composé l’Histoire du Soldat.

Le quai Igor Stravinski s’achève près du Château de Morges, un château fort du XIIIème siècle, dont les remparts ont disparu, qui sert d’arsenal cantonal depuis 1803.

La Via Jacobi ne traverse pas la ville de Morges (La ville: 16’000 habitants et le Grand Morges: 50’000 habitants). Sitôt après le château, elle s’en va dans un beau parc, le long de l’Allée Henryk Opienski.
Au bout du parc, l’allée traverse le Morges.
Puis, le chemin traverse une zone mixte, longeant parfois des parkings, parfois le lac, le long de petits ports de plaisance, jusqu’à sortir de la ville.
Continuons ici le parcours au début du printemps quand les arbres mettent à peine leurs feuilles.

A la sortie de la ville, un petit chemin part alors derrière le cimetière, le long du lac dans le sous-bois où grouillent les hêtres, en suivant le Sentier de la Truite. C’est dimanche, il fait beau et la foule se presse sur le chemin.

Parfois, le chemin quitte les arbres pour la plage. Le regard s’étend sur la France de l’autre côté du lac.
Peu après, le chemin passe devant un stand de tir de campagne. Maintenant, en Suisse, on a largement laissé tomber les fusils pour jouer à la guerre dans des stands de tir plus aux normes. Ici, on a allumé les barbecues pour la grillade du dimanche.
Le sous-bois ici est d’un charme indescriptible, l’ambiance feutrée, presque sensuelle. Les arbres sont tous penchés comme pour aller baigner leurs têtes dans l’eau.
Le chemin longe le lac jusqu’à atteindre le centre de plongée de Morges, où il va quitter le lac. Ici, aux heures d’ouverture vous trouverez un poissonnier qui vend du brochet et des perches à emporter. Pour le pèlerin, dommage!
Une colonie de hérons a établi demeure ici au sommet des hêtres. Les oiseaux utilisent-ils aussi les services du poissonnier, qui sait?
Mais le lac possède aussi des coins de mystère, inaccessibles car plus marécageux que d’autres. La Via Jacobi est plus sage, elle se contente de se diriger vers un pont sur le Boiron.
Elle ne passe pas le pont, et suit la rive de la rivière, assez calme ici, avant de se jeter dans le lac.
Elle remonte alors le Boiron, jusqu’à passer sous la route suisse, la route cantonale qui va de Lausanne à Genève. Par fort temps de pluie, vous allez vous tremper les pieds ici. Alors, il vous faudra passer sur la route.
De l’autre côté de la Route suisse, le chemin de terre traverse le Boiron et le longe.
Alors le pays s’ouvre un peu sur les arbres fruitiers et les jardins du dimanche. Ici, on conseille vivement de ne pas déranger les abeilles.
Mais rapidement, la Via Jacobi retrouve la rivière. Ici, on va vous demander un court exercice, monter sur la butte pour redescendre vers la rivière. Il faut être attentif juste avant de trouver un nouveau pont sur la rivière, ne pas continuer sur le Sentier de la Truite (Via Jacobi 3) mais suivre le Chemin de Compostelle (Via Jacobi 4). Vous pouvez aller sur la Via Jacobi 3 et retrouver plus loin St Prex. C’est une demi-heure de plus. Le sentier est plus bucolique, car il suit longtemps la rivière, mais plus loin, les indications du chemin sont déficientes, et vous avez un risque de vous perdre.
Sur la Via Jacobi 4, ici, c’est le seul moment où la pente s’accentue un peu de toute la journée. Mais si peu! Ce n’est qu’un escalier de bois qui rejoint la ligne de chemin de fer.

Section 5: Sur les hauteurs du lac.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le chemin sort du bois et rejoint la ligne de chemin de fer Lausanne-Genève. Les aigris diront :“ Vous nous avez promis le bonheur. Est- ce que marcher le long d’une voie de chemin de fer, est-ce une autre image du bonheur ”. Rassurez-vous. Cette épreuve ne sera pas très longue aujourd’hui, ce qui ne sera pas le cas plus tard vers Genève, où vous aurez tout loisir de voir souvent passer les trains. Sur cet axe, un train passe toutes les 10 minutes.
Un chemin, parfois herbeux, parfois de terre, va suivre la voie ferrée, passant d’un côté à l’autre, entre vignes et campagne. L’avantage, quand on suit un train, est que le parcours est plat.
La Via Jacobi est longue, rectiligne ici, et rien ne se passe. Plus loin, le goudron remplace la terre battue.
Peu avant l’entrée de St Prex, la route passe dans une zone semi-industrielle. La route ne va pas vers le centre de St Prex (5’600 habitants). Elle traverse la voie de chemin de fer.
Après avoir traversé la Route suisse, elle descend alors vers le lac au port de Taillecou.
La route longe le port un peu sur la hauteur, puis se dirige vers le vieux et charmant vieux village de St Prex.
Peu de remparts subsistent de cette ancienne cité médiévale. Au milieu du bourg, reste encore la belle porte à mâchicoulis de l’horloge, édifiée au début du XVIème siècle. C’est un endroit très touristique et souvent très animé.
A la sortie du vieux bourg, la Voie Jacobi redescend au bord du lac. Quel bonheur de contempler à nouveau ces petits pontons qui s’évanouissent dans les eaux du lac. Parfois, un cygne vous fait des clins d’œil.
Ici, vous allez pouvoir profiter encore un peu de la douceur du lac en suivant la berge.
Un adorable petit sentier, souvent sur pilotis, va alors transiter sur la berge, au milieu des villas privées dominant le lac. C’est peut-être ici le passage le plus envoutant du parcours du jour.
Dans cet oasis de bonheur, les propriétaires ont sans doute signé depuis de très nombreuses d’années des accords avec la commune. La loi suisse, de manière générale, ne protège pas les passages publics au bord des lacs. La seule obligation est de laisser accoster les pêcheurs et leurs bateaux. A partir de là, ce n’est que la politique locale qui permet d’accommoder la loi.
Le sentier se prolonge jusqu’à atteindre la plage de Coulet.
Depuis la plage de Coulet, la balade au bord du lac s’achève. Il faudra vous contenter d’admirer le lac depuis la hauteur. Mais, ce n’est pas négligeable non plus. Une route monte alors dans le pays dans un quartier de villas récentes. Les traversées de ce style n’offrent que peu de plaisir au marcheur, car la vue de villas récentes mais cossues ne déclenche que rarement l’enthousiasme. Certaines ont vue sur le lac, d’autres non, avec la limitation de l’espace disponible.

Section 6: Vers la belle et tumultueuse Aubonne.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Puis la route quitte enfin le bourg pour la campagne. Il y a encore quelques paysans ici. Jusqu’à quand? On vous laisse imaginer le prix du terrain ici.

La route descend vers un petit sous-bois, où coule le ruisseau des Chenaux, puis continue jusqu’au ruisseau de Riau, avant de monter en douce pente à l’entrée du village de Buchillon.
La route remonte alors, souvent à travers les vignes vers le village.
Jadis, c’était un village de vignerons, comme le signale la vis de pressoir à l’entrée.
Buchillon est un village étendu, qui s’étale en longueur du lac vers le coteau, mais le chemin ne passe pas près du lac. Pourquoi? On ne le saura pas, mais on devine que les propriétaires ici, et il y en a de très fortunés, n’ont pas donné accès à leurs propriétés. Il n’y a qu’à considérer la laiterie où ne coule plus une goutte de lait depuis belle lurette.
La Via Jacobi passe près du temple. Ici, nous sommes en pays protestant, comme dans la majorité du canton de Vaud.
A la sortie du très étendu village de Buchillon, la Via Jacobi retrouve d’abord un petit chemin qui longe le sous-bois puis un bout d’asphalte.
Puis, le chemin retrouve ses droits le long d’un sous-bois. Ici, nous longeons une grande zone commerciale.
Le sentier arrive aux Grands Bois, un établissement très couru par la population locale, mais aussi par les étrangers assez fortunés.
Une petite route rejoint assez rapidement un sous-bois en-dessous.
Ici coulent les eaux tumultueuses de l’Aubonne, une assez grosse rivière qui descend des montagnes du Jura.
Après avoir traversé l’Aubonne, on voit devant soi le château d’Allaman. On peut faire un petit détour vers Allaman et son château. Mais, allez-y seulement si vous voulez vous restaurer au village ou si vous êtres intéressé par les châteaux. Car, le parcours est nettement plus magnifique et confortable sur les berges de la rivière.
Le chemin part dans les prés mais il retrouve rapidement la tumultueuse rivière, sous les grands chênes et les majestueux hêtres.
De l’autre côté du bois se dresse au loin le château de Allaman. Dans la plaine s’étendent les vignes, les arbres fruitiers et les cultures maraîchères.
Le chemin va serpenter avec bonheur pendant longtemps au bord de l’eau sous la fraîcheur des arbres.
Plus loin, le chemin sur berge est hors d’usage. Est-ce pour nous faire admirer la gravière, dont la matière première vient vraisemblablement de la rivière?

Section 7: Une rivière, un peu de pêche et des vignerons.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Mais rapidement la Via Jacobi reprend son jeu de cache-cache avec la rivière.
Peu après elle arrive dans une grande clairière remplie d’arbres fruitiers. C’est le grand domaine de la Pêcherie et de la Frésaire. Faites attention ici, le panneau de direction donne la direction de la Via Jacobi 3 qui monte dans le domaine.
Mais la Via Jacobi 4 continue le long de la rivière et traverse une région assez marécageuse, dans une nature à couper le souffle.
Ici, il y a juste assez d’humidité et d’ombre pour que prospère l’ail des ours sauvage. Cet ail adore les ruisseaux et au printemps le sol en est couvert.
Plus loin, le chemin quitte l’Aubonne, s’élargit et sort de la forêt à l’autre extrémité du domaine de la Pêcherie et de la Frésaire.
Une petite route prend alors le relais, longeant le domaine et bordé par le ruisseau de l’Armary.
Vous remontez alors le Chemin des Ânes vers la Route de la Plage.
La route descend sur le lac à la Pêcherie, le port d’Allaman, un endroit pris d’assaut les week-ends et les jours de beau temps.
Vous êtes à nouveau au bord de l’eau. La route suit alors la berge du fleuve. Alors, n’hésitez pas à vous arrêter ici pour manger des filets de perche, la grande spécialité de tous les restaurants au bord du lac Léman.
A la sortie de la Pêcherie, la Via Jacobi quitte à nouveau la berge et une petite route de terre battue au milieu des vignes et des arbres fruitiers permet de traverser l’Eau Noire.
La Via Jacobi rejoint alors la Route suisse, à deux pas de Rolle.
Elle traverse la route et monte vers Perroy.
La route monte dans le vignoble. Le regard plonge sur le lac. On comprend assez rapidement qu’il aurait été difficile de faire passer le chemin au bord du lac, étant donné le nombre de villas de luxe, alignées l’une à côté de l’autre, qui baignent leurs pieds dans le lac, certaines à des dizaines de millions de francs suisses.
Quelques années auparavant, des panneaux de direction vous permettaient de ne pas monter jusqu’au village et de sillonner le vignoble. Tout cela a disparu. Est-ce que les vignerons en ont eu marre de voir les badauds marauder dans leurs vignes? Quoiqu’il en soit, le marcheur ne perd rien au change, car le nouveau parcours passe par Perroy, qui est un village exceptionnel. Alors aujourd’hui, vous aller juste monter un peu plus haut.
Au sommet de la colline, la Via Jacobi arrive au château de Perroy.
C’est un village exceptionnel de vignerons avec des maisons solides, des maisons patriciennes, des caves et des pintes. Le vin et le bon goût suintent de tous les coins du village.
Vers le milieu du Xème siècle, des moines de Tournus, en France s’installèrent à Perroy, défrichant les coteaux, plantant de la vigne. Le prieuré fut construit dès le début du XIIème siècle. Le couvent fut sécularisé à la réforme et devint la succession d’histoires de familles, avant que la commune le rachète au début du XXème siècle. Le Prieuré, avec son église, sa terrasse et son domaine attenant, reste le fleuron d’un village qui a conservé un caractère essentiellement viticole.

Section 8: Retour au bord du lac.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

La Via Jacobi quitte Perroy dans le vignoble. Ici, les vignes sont nombreuses sur tout le coteau et dans l’appellation La Côte, le cépage chasselas est le maître des lieux. Les vins rouges sont plus discrets.
Le centre-ville de Rolle est à moins de deux kilomètres d’ici. La Via Jacobi descend sur près d’un kilomètre sur le trottoir avec des vues plongeantes sur le vignoble et le lac.
La pente est parfois marquée mais sans problème.
Au bas de la descente, la Via Jacobi rejoint la route suisse a niveau du carrefour de la Couronnette, là où coule le ruisseau du Rupalet.
La plage de Rolle et son grand parc sont à deux pas. C’est le début du printemps et il y a foule, car c’est dimanche et il fait doux.
Moins élégant est le parcours à la sortie du parc, car la Via Jacobi passe au-dessus du camping dans la zone industrielle.

A la sortie de la zone industrielle, devant vous se dresse alors le château de Rolle.

Ce château médiéval du XIIIème siècle, remanié au XVIème siècle abrite aujourd’hui l’essentiel des activités communales. Rolle (6’000 habitants) peut se résumer grandement à une grande rue où sont regroupés les commerces. Hélas, pour les locaux, cette rue est aussi la route suisse. Nous passerons demain par la jetée qui est magnifique.

 

Logements sur la Via Jacobi

Préverenges
Accueil jacquaire, cuisine Voir site officiel de la via Jacobi
Morges
Accueil jacquaire Voir site officiel de la via Jacobi
Chambre d’hôte, cuisine Anne Marie Moussou, La Gottaz 8, Morges 021 802 10 01
Chambre d’hôte, petit déj. Katharina Besençon, Rue des Uttins 24, Morges 021 803 30 36/079 303 35 50
Hôtel***, repas, petit déj. Hôtel de la Longeraie, Route de la Longeraie, Morges 021 804 64 00
Hôtel***, repas, petit déj. Hôtel de la Nouvelle Couronne, Passge de la Couronne 2, Morges 021 804 81 81
St Prex
Accueil jacquaire, repas, petit déj. Voir site officiel de la via Jacobi
Chambre d’hôte, petit déj. Claire Lise Champendal, Ch. de Vergognausaz 7, St Prex 021 806 30 35/079 249 06 69
Chambre d’hôte, petit déj. Jeanine Göcking, Rue du Pont Levis 16B, St Prex 079 347 43 87
Allaman
Gîte, petit déj. Guy Marmet, Ch. De la Vigne 4, Allaman 021 807 31 67
Chambre d’hôte, petit déj. Berger-Bettex, vigneron, Château Rochefort, Allaman 021 807 31 49
Chambre d’hôte, petit déj. Les Margelles, Route suisse 4, Allaman 021 807 32 43
Chambre d’hôte, petit déj. Olivier et Denise Rey, Ch. De Sus-Craux 12A, Allaman 021 807 39 61/079 779 31 45
Rolle
Camping Camping de Rolle 021 825 12 39
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Breit, Grand Rue 18, Rolle 021 825 21 08
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Au bonheur des Iris, Avenue G. Guisan 64, Rolle 076 202 94 49
Hôtel*, repas, petit déj. Hgostellerie du Château, Grand Rue 16, Rolle 021 822 32 62

Pour les logements, les renseignements sont juste indicatifs. Les données du livre ne sont pas réajustées chaque année. Dès lors, les prix ou les numéros de téléphone peuvent changer. D’ailleurs une telle liste ne peut être exhaustive. Chaque année, certains établissements ferment, d’autres ouvrent. Si vous cherchez un logement via AirB&B, consultez Internet, AirB&B ne communiquant pas les adresses des logeurs. Dans les gîtes, parfois le petit déjeuner est servi. Dans les accueils jacquaires, les prix sont laissés à la liberté du pèlerin. Certains accueils jacquaires proposent aussi le repas et le petit déjeuner. Les législations ne permettent pas de donner les coordonnées de ce type de logement. Consultez les sites officiels agréés pour ces adresses. En Suisse allemande, de nombreuses chambres d’hôte vous reçoivent sur la paille, où dormir dans ces conditions est très recherché. De toute manière, il est très recommandé de réserver à l’avance, pour savoir si dans tous ces établissements, chambres ou hôtels, vous pouvez avoir le repas.

La liste ne dresse que les logements sur le chemin ou à proximité (moins de 1 km du chemin). Pour ce type de logement, consultez aussi les sites officiels du chemin. En Suisse, renseignez-vous auprès de “ Les Amis du Chemin de Composelle“ (https://www.viajacobi4.ch/Gites/).