Etape 20: De Auvillar à Lectoure par le GR65

Une longue journée en Brulhois et en Lomagne

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, nous traversons une partie du Brulhois, sa campagne et ses bois du côté de St Antoine, avant de nous enfoncer plus avant en Lomagne gersoise, le territoire le plus au Nord du Gers. Le Brulhois, qui signifierait en ancien occitan “taillis, bouquet d’arbres, bois” se partage en 3 départements: le Lot-et-Garonne, au sud d’Agen, le nord du Gers, et la partie la plus occidentale du Tarn-et-Garonne. Autrefois, le pays du Brulhois était une contrée boisée. Les sables et les graviers qui se sont accumulées en terrasses le long de la Garonne donnaient de mauvaises terres favorables aux bois. Jadis, les bois formaient une bordure presque continue. Mais qui dit mauvaise terre, dit aussi terre de vigne. Au XIXe siècle, ces pays de grave ont été progressivement transformés en terre de vigne. Les vins du Brulhois possèdent aujourd’hui une appellation contrôlée.


Nous n’irons pas aujourd’hui dans les vignes qui se trouvent près de la Garonne. Nous nous contenterons de frôler le Brulhois, sa campagne et ses bois du côté de St Antoine, avant de nous enfoncer plus avant en Lomagne gersoise, le territoire le plus au Nord du Gers.

La Lomagne est un paysage de grandes cultures, le règne du blé et du tournesol. Le maïs est globalement peu cultivé du fait des conditions agro-climatiques locales, notamment d’une pluviométrie relativement faible. On y trouve aussi des vergers, un peu de vigne, et des cultures plus spécifiques, comme celles de l’ail ou du melon. Anciennes terres d’élevage bovin, les pâturages se réfugient aujourd’hui sur quelques coteaux ou dans de rares fonds de vallée. Les prairies n’occupent plus que 8% de la surface agricole contre 35% il y a 30 ans. De ce fait L’élevage est marginal. La Lomagne gersoise se caractérise par de larges vallées qui ont creusé un vaste socle calcaire, avec aussi d’amples coteaux surmontés de crêtes et petits plateaux. Le paysage ressemble souvent à de grandes étendues dénudées, avec ci et là quelques affleurements calcaires blancs et quelques bosquets épars, où le chêne domine encore, que l’on appelle ici “canteros”. Les terres de Lomagne sont très fertiles, le calcaire ayant enrichi les argiles, donnant de formidables terres à blé.

Les anciennes constructions sont faites souvent de moellons, la plupart du temps dissimulées sous la chaux qui ne laissent paraître que les belles pierres de taille des encadrements de portes et de fenêtres. Les bastides, comme Lectoure, Flammarens, Miradoux ou Auvillar, semblent figées dans le temps. D’allure fortement médiévale, elles sont perchées sur des promontoires stratégiques. Tours, remparts, fossés, chemins de ronde, tout y est. Mais ces bourgs et ses villages ont nettement souffert de l’exode rural et sont aujourd’hui grandement désertés. Souvent, le tissu urbain s’est dégradé, de nombreuses maisons restent vacantes ou en ruine. Groupé autour de Lectoure, capitale historique et culturelle de la Lomagne, le Lectourois est à lui seul un concentré des paysages lomagnols.

Les dénivelés du jour (+574 mètres/-544 mètres) sont très raisonnables pour une si longue étape. A Lectoure, on prétend cependant que les pèlerins arrivent ici sur les genoux, étant donné la longueur de l’étape et la dernière montée vers le bourg. L’étape du jour ne propose aucune grande difficulté de parcours. On ne dépassera guère les 200 mètres d’altitude, et seules quelques petites montées ou descentes au départ d’Auvillar, puis du côté de Flammarens et Miradoux, parfois à plus de 15% de pente, prévoient un peu de sueur. On traverse une grande campagne parsemée ci et là de petits bosquets.

Les parcours sur route goudronnée sont assez conséquents, d’autant plus que dans la région, de nombreux chemins ne sont en fait que des bandes d’herbe fauchées à côté du goudron, des deux côtés de la route:

Goudron: 17.7 km

Chemins: 14.7 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, encore 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous “estimez” l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-auvillar-a-lectoure-par-le-gr65-30586915/

Section 1: Gymkhana en sortant d’Auvillar pour traverser l’autoroute.

Aperçu général des difficultés du parcours: pentes marquées autour d’Auvillar, en montée comme en descente vers l’autoroute. Puis, parcours sans aucune difficulté.

Le GR65 quitte Auvillar en montant sur le goudron au-dessus du village.

Aujourd’hui il pleut. Le GR65 quitte assez rapidement la route pour s’engager en descente dans un petit chemin qui serpente dans les sous-bois, avant de retrouver la route qui passe sous l’autoroute A62, qui relie Toulouse à Bordeaux.

Jusqu’à Bardigues, c’est un trajet interminable sur le goudron. Le chemin monte encore un peu après l’autoroute avant de se traîner sur un plateau en pleine campagne. Jusqu’au plus loin de l’horizon, le pays déroule ses champs et ses cultures à perte de vue. Le crachin sale et poisseux, fin et pénétrant, qui dégouline sur votre pèlerine, rend les champs encore plus austères et silencieux.

A la sortie de Bardigues, le chemin suit encore un peu la départementale D11 avant de la quitter pour une petite route goudronnée à la limite des sous-bois. Les véhicules circulent sans doute rarement ici, si ce ne sont les tracteurs.

Section 2: Par monts et par vaux dans le Bruhlois.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté, si ce n’est la descente vers Le Moulin, avec près de 100 mètres de dénivelé.

La route goudronnée rejoint bientôt le hameau de Ritouret, grand comme un mouchoir de poche.
Ici, les fermes sont souvent carrées ou rectangulaires, simples, avec leur toiture de tuiles canal. Les maisons d’habitation sont séparées des fermes. La pierre brute est la base de la construction.
Le long du sous-bois, de petits hameaux minuscules, ou plutôt quelques fermes isolées se succèdent sur le plateau d’une très grande campagne où alternent les prairies, les blés et les oléagineux. Le long du sous-bois, le GR65 passe à côté du hameau de Pessanton et de sa vaste campagne.
Au bout de la route, le GR65 s’engage alors dans un chemin forestier qui descend, parfois en pente très soutenue, dans les sous-bois de chênes, à la limite des cultures.
Plus bas, le goudron remplace le chemin de terre et la campagne s’élargit. Ici, une très grande ferme présente une architecture typique de la Lomagne, avec sa toiture enveloppante à longs pans, qui protège d’un seul tenant l’habitation, la grange et l’étable.
Le GR65 rejoint et traverse la petite départementale D88. Nous sommes à Le Moulin, tout près de St Antoine d’Arrats.
A Le Moulin, une petite poignée de maisons, le GR65 traverse l’Arrats, une rivière importante ici, qui serpente dans tout le pays. Sans doute qu’ici, la rivière est souvent boueuse, non seulement à cause de la pluie du jour.
Le chemin longe alors sur le bas-côté, à travers champs, la route qui remonte légèrement vers St Antoine. Dans le Tarn-et-Garonne et le Gers, le Chemin de Compostelle a dessiné, dans sa générosité, des bandes d’herbes fauchées sur les bas-côtés des routes goudronnées, qui parfois s’écartent un peu plus de la route pour paraître de vrais chemins. Ici, tout pousse: le blé, le maïs, le tournesol, les semences de graines (betteraves, carottes, oignons), mais aussi l’ail, le melon et le tabac. Même si on est en pays brulhois, les vignes ne sont pas présentes ici.
Le chemin arrive à St Antoine en pays brulhois (206 habitants), petit village médiéval pittoresque, fondé par les moines Antonins, dont le centre était St Antoine-L’Abbaye, en Isère, où passe aussi un Chemin de Compostelle vers le Puy. Les Antonins bâtissaient des abbayes et des hôpitaux, au XIIème siècle, pour lutter contre le “feu de St Antoine”, maladie provoquée par l’ergot du seigle. Les moines restèrent ici jusqu’à la fin du XVIIIème siècle. L’église est inscrite au Patrimoine des Monuments historiques. Des peintures murales des XIV et XVème siècles ont été mises à jour récemment dans l’église. La porte fortifiée à l’entrée de la cité date probablement du XIIIème siècle.

 

Section 3: Par monts et par vaux dans les blés et les tournesols.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: montée en pente légère, et une descente intermédiaire  un peu plus prononcée vers la Teulère.

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De St Antoine, le chemin bifurque assez rapidement sur une petite route goudronnée qui monte dans le sous-bois, avant que le pays ne s’ouvre sur de grandes prairies, quelques blés et des champs de tournesol sans fin.
Tous les pèlerins vous le diront. Ces champs de tournesols, qui ne sont beaux que lorsque les fleurs s’épanouissent au soleil déclinant, sont charmants au début. Mais avec leur répétition inlassable, l’ennui prend du grade. De plus, selon la saison, vous traverserez de vraies jachères au début du printemps ou alors presque des cimetières en automne. Van Gogh a composé son bouquet avec des fleurs à tous les stades de leur évolution, en boutons, épanouies ou fanées. Il avait le choix de la saison. Si vous passez ici dans l’arrière automne, les fleurs fanées, recroquevillées sur elles-mêmes, n’exalteront plus les lumières chaudes du soleil, mais célébreront la morosité et la tristesse.
Sur de petites montagnes russes, jusqu’au lieu-dit Coilong, la route longe pendant longtemps les sous-bois dans la pleine campagne. Chaque fois que le regard se promène avec bonheur sur les côtés de la route, on se dit qu’il est mieux de passer ici au printemps, lorsque le blé se dandine sur le plat, et que les tournesols, peut-être les sojas aussi, lèvent doucement sur le coteau. Imaginez de tels paysages en automne, après le déclin des cultures.
Puis, le GR65 abandonne le goudron pour descendre à travers prés et campagne vers le petit ruisseau de la Teulère. Le ruisseau fait frontière entre les départements du Tarn-et-Garonne que nous quittons et celui du Gers, où nous pénétrons.
Du fond du vallon, le chemin remonte dans la luzerne et les tournesols, au-dessus du ruisseau de la Teulère, qui a sans doute fortement grossi à cause de la pluie. Au sommet de la colline pointe le village de Flammarens.
Le chemin passe par un lieu-dit La Subsistance (quel curieux nom pour un hameau!), et là, le GR65 retrouve le goudron. Il n’y a vraiment pas de quoi faire un plat.
La pente commence à devenir plus sévère sur la route. En contrebas, les champs s’étendent à l’infini. Toujours plus grands! Dans le Gers, on ne fait pas qu’élever du canard. Ils sont absents de cette région.

Section 4: En passant par Flammarens, qui cherche à sortir de l’oubli.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: montée assez rude vers Flammarens, puis vallonnements sans difficulté.

La route monte encore jusqu’au pied de Flammarens, dans les champs de tournesol de soja et de betteraves.
 

 

 

 

 

La pente devient très raide à l’approche du village.

Une Vierge veille sur le village, son aire de pique-nique et son château, une ancienne gentilhommière gasconne, avec mâchicoulis et tour. Et le village a bien raison de prier la vierge pour survivre, après tous les malheurs qui l’ont touché.
Flammarens a longtemps été une petite seigneurie appartenant à des vicomtes de Lomagne, qui font construire une forteresse sur ce point culminant qui domine la vallée. La renommée du château et de sa région s’éteint en 1878, quand la grande famille de Grossoles disparaît. Le château est alors vendu, devenant propriété privée. Dans les années 1930, le château est abandonné, faute de moyens suffisants pour refaire la toiture qui prend l’eau. Puis, la foudre s’y mêle, en 1943, incendiant la toiture. On vend alors le château en pièces détachées. Depuis, une campagne de restauration est en action pour restaurer l’édifice.

Mais si le château ne vit pas une vie dorée, le village ne va pas mieux, ainsi que l’église. L’église St Saturnin date du XVIème siècle. Elle est menacée d’effondrement. Apparemment en restauration, les travaux n’avancent guère. Mais tout n’est pas mort à Flammarens. Une association, Art-Terre 32, a pour objet de faire revivre le village. Elle organise dans la grande salle du château des soirées musicales haut de gamme, essaie de développer des actions culturelles en milieu rural, de redonner vie au village. Chapeau!

Le GR65 quitte Flammarens sur le goudron et descend dans la campagne. Il faut dire ici que dans le Gers il est possible de marcher sur l’herbe des deux côtés de la route, qui est toujours dégagée. De nombreux pèlerins préféreront l’herbe. D’autres marcheront plutôt sur le goudron, car parfois sur l’herbe la pose du pied est chaotique. Un peu plus bas, un accueil chrétien est à disposition des pèlerins à la Patte d’Oie.
Nous sommes à 4 km de Miradoux et le chemin gagne à nouveau les champs pour se tortiller dans les céréales majestueuses. Les blés, qu’ils soient vers ou alors des chaumes d’or, qui sont comme des tapis de soie et s’agitent comme une mer, au moindre vent, c’est beaucoup de magie et de sérénité qui s’expriment. Les tournesols n’ont que leur face rayonnante à vous remonter le moral.
Le chemin herbeux longe alors la route pendant des kilomètres entre les diverses sortes de blé et les oléagineux. Tournesols, soja, autres fèves, qui sait ? Les petites plantules sortent à peine de l’ocre de la terre labourée, qui épouse les nuages dans le ciel.

Section 5: Dans les blés, les tournesols et le soja du Gers.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques ondulations, parfois assez prononcées.

Juste avant Miradoux, un petit sentier monte vers les sous-bois, rares il faut bien le dire, dans la région.
Une petite route goudronnée mène au village de Miradoux (540 habitants), une ancienne bastide dont il ne reste que des reliques du château, dont il ne demeure que le donjon, un escalier en colimaçon et quelques meurtrières. On l‘a même transformé en clocher. Sur les ruines du château, on a reconstruit l’église au XIVème siècle, une église remaniée au cours des siècles, classée aussi monument historique. Une belle halle à grains trône au milieu d’un beau village taillé dans les moellons de calcaire.
Depuis le village, le GR65 descend sur la départementale D23 jusqu’à un carrefour au lieu-dit Pourrin.
Il longe alors quelques instants la départementale avant de monter sur la colline dans les champs de blé. Miradoux est la région la moins peuplée et la plus agricole du Gers. Mais vous serez sans doute étonné d’entendre parler anglais dans les villages. Les retraités anglais sont venus s’y installer, à bas prix, comme en général dans le Sud-Ouest.
Puis, il redescend de la colline à travers champs de blé et de soja, croise un château en ruines. Le pays est si vaste et si dépeuplé, que seules quelques rares fermes s’égrènent sur le chemin. On dit ici que de nombreux paysans cultivent plus de 150 hectares de terre.

 

Section 6: Dans les plaines du Gers, entre campagne et buissons.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Un petit lac en contre-bas coupe la monotonie d’un paysage qui n’en finit pas de se traîner dans les champs. Les champs ondulent en souplesse, comme de vagues, caressés par la brise. Et si c’était le bonheur? Allez! La campagne est très belle et reposante ici, jusqu’à rejoindre la petite rivière de l’Aroue.
Après avoir franchi l’Auroue près de Toutène, le GR65 longe à nouveau la départementale D23, entre sous-bois et campagne, dans la luzerne et les champs de blé.
Il rejoint rapidement Castet-Arrouy (180 habitants), traversée par une rue charmante, sa petite place où trônent l’église et le restaurant, souvent pris d’assaut par les pèlerins..
L’église Ste Blandine du XVIème siècle, remaniée depuis, un peu trop chargée, porte un joli clocher octogonal.
En quittant Castet Arrouy et sa Vierge qui veille sur le village, le chemin transite longtemps sur la bande herbeuse, à côté de la départementale D23, comme il a pris maintenant l’habitude ici.
Mais rapidement, comme il a pris l’habitude dans la région, il se met à longer la route dans le sous-bois, croise une petite route transversale.
Le GR65 continue de transiter ainsi sur la bande herbeuse, à travers champs, jusqu’à rejoindre un carrefour, près d’un petit lac au lieu-dit Ste Marie du Gajan. Ici, les cultures paraissent moins gigantesques, et souvent quelques prairies pointent leur nez, là où la terre est sans doute moins fertile.

 

Section 7: Le long du ruisseau de Pitrac.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Le GR65 continue son petit bonhomme de chemin sur le bas-côté de la départementale D23 qu’il traverse bientôt pour monter légèrement sur le lieudit La Peyronelle.
Un panneau, au bord du bosquet, raconte l’histoire de la Peyronnelle, un ancien hôpital de campagne du XIIème siècle, dont il reste quelques vestiges de maçonnerie et de colonnettes, incluses dans une grande ferme sur le coteau.
De La Peyronelle, le GR65 redescend à travers champs jusqu’à la jonction de Barrachin, où un gîte est disponible 300 mètres en dehors du GR.
C’est d’ici que le chemin va jouer avec le petit ruisseau de Pitrac, qui serpente dans le vallon, et ses petits lacs. L’eau ruisselle ici, dans une petite chute, comme un bain de jouvence.
Le chemin est capricieux ici. Parfois, il s’éloigne dans les champs de céréales, mais le plus souvent il retourne près du ruisseau dans les sous-bois.
Le chemin monte encore jusqu’à atteindre un joli petit lac dans le sous-bois. Au-dessus une maison de maître domine la colline.
Du lac, un chemin de terre monte encore un peu vers le sommet du vallon entre les champs de tournesol pour atteindre la bifurcation du hameau de Boué, où le chemin n’y passe pas. Dans ces contrées peu peuplées, les hameaux portent des noms, même s’ils se résument parfois à une seule et unique ferme, parfois deux.
Depuis Boué, la montée dans le sous-bois n’est pas achevée.
Elle se termine lorsque le GR65 atteint un petit plateau près d’un lac au lieu-dit Pitrac.

 

Section 8: En route pour Lectoure, perchée là-haut sur la colline.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: sans aucune difficulté jusqu’à la montée finale vers le cimetière de Lectoure, un peu exigeante, il faut le dire en fin d’étape.

Vous allez alors traverser une immense ferme où on cultive les légumes, notamment les fraises, les courgettes ou même les artichauts. Pourtant, le Gers est fort éloigné de la Bretagne!
Au bout de la ferme, le chemin traverse la nationale N 21, la route qui descend d’Agen et va vers le sud en passant par Lectoure.
En descendant sur Lectoure, la campagne est vraiment impressionnante. De gigantesques champs de céréales et d’oléagineux se perdent dans un horizon lointain qui s’élargit, qui recule au fur et à mesure qu’on avance.

Sans doute y cultive-t-on le melon charentais, une des grandes spécialités de Lectoure. S’il n’y avait pas les bâches, on pourrait se dire dans les dunes d’un désert. Ici, les melons sont cultivés en “tunnel ”ou en “chenille”, protégés sous des arceaux ou des bâches en plastique, ou de toile en tissu. D’autres sont cultivés en plein champ, selon la saison.

Soudain, vous apercevrez Lectoure tout proche, devant les blés et le soja. Ne vous y fiez pas, ce n’est qu’une illusion. Vous avez apprécié l’approche interminable de Lauzerte. Ici, c’est encore plus long. Il faudra encore marcher environ 4 km pour arriver à Lectoure. Il suffit d’augmenter le zoom des photos pour favoriser l’illusion d’une délivrance toute proche. Pour les pieds, il n’en va pas de même!

En effet, Lectoure à nouveau s’éloigne dans les énormes champs de tournesol, avant que le chemin ne descende encore plus bas au fond du vallon dans les prés et la luzerne.
Une petite route goudronnée remonte alors vers le hameau du Petit Vaucluse. Derrière les blés, Lectoure ne semble pas s’être rapprochée.
Le GR65 part alors à la limite des sous-bois vers les maraîchers, puis à nouveau dans les champs de blé.
Pourtant imperceptiblement, Lectoure se rapproche de plus en plus. On va finir par y arriver.
Au bout du sous-bois, le chemin descend vers la Mouline de Belin, où on trouve à se loger. Ici nous sommes sous la ville de Lectoure. On a beau lever le regard, les murailles de la cité au-dessus restent encore invisibles.
La côte qui monte dans les sous-bois sur le goudron à Lectoure est sévère, heureusement pas très longue. A Lectoure, on prétend souvent que les pèlerins qui viennent d’Auvillar en une étape y arrivent sur les genoux. C’est la raison pour laquelle de nombreux pèlerins ne logent pas à Auvillar, mais à St Antoine pour raccourcir l’étape vers Lectoure.
La délivrance, c’est un petit banc à côté d’un magnifique cimetière qui se perd en descendant de la colline. Lectoure apparaît alors derrière ses murailles. Lectoure est alors à vous.

La cité de Lectoure (3’700 habitants) est traversée de part en part par la Route Nationale, ancienne rue royale et impériale, où on note de ci et de là de beaux hôtels particuliers datant du XVII-XVIIème siècle. La ville est entourée de remparts, mais les portes d’accès ont toutes disparu aujourd’hui. Ici, la ville semble plus animée que celle que l’on a visitées ces derniers jours.
De la Rue Nationale partent de petites ruelles sombres qui vont jusqu’aux remparts tout autour de la ville.
La cathédrale St Gervais et St Protais a une longue histoire. La nef romane a été remaniée avec le temps jusqu’à épouser le gothique flamboyant. La tour octogonale, rabotée avec le temps à la Révolution, ne porte hélas plus de clocher. L’église conserve les reliques de St Clair d’Aquitaine, évêque d’Albi et de Lectoure.
Notons encore dans cette belle cité la Tour du Bourreau du XIVème siècle, la seule tour conservée, et le Carmel qui abrite encore quelques religieuses carmélites.

Gastronomie locale

 

Oui, nous sommes dans le Gers, donc dans le Sud-Ouest. Le réseau du Gers comprend une grande trentaine d’exploitations où on produit les oies et les canards, notamment les foies gras. Ce sont tout de même plus de 500’000 volatiles qui passent à la casserole chaque année, soit 1’300 par jour! Bon appétit! Alors, du canard, vous allez en manger, c’est évident. C’est la nourriture de base du Sud-Ouest. En aiguillettes, en foie gras, en salades de gésier, avec le cassoulet, en confit la plupart du temps.

Mais, à Lectoure, en saison, n’oubliez pas de déguster le melon. Pour de nombreux connaisseurs, il est plus fin, plus sucré que le melon de Cavaillon, qu’on le mange nature ou accompagné d’un trait de floc, une liqueur produite à partir de l’Armagnac voisin. Une autre grande spécialité locale est l’ail blanc. Alors forcément, allons-y gaiment pour un foie gras sauté à l’ail de Limogne!
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Logements