Etape 22 : De La Romieu à Condom par le GR65

En garde, Messieurs!

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Le chemin nous conduit aujourd’hui en Ténarèze, plus particulièrement dans le Condomois, un pays peu boisé qui passe sans transition de son voisin le Lectourois. Le chemin part en direction du sud-ouest, direction les Pyrénées. Nous traversons aujourd’hui la Lomagne, à cheval sur le Gers et le Tarn-et-Garonne, à l’extrémité nord-est de la Gascogne. Nous sommes plus particulièrement dans le Lectourois, groupé autour de Lectoure, la capitale historique et culturelle de la Lomagne. C’est une terre ronde, riche et calcaire, avec de larges vallées et des collines, un paysage ouvert dominé par l’uniformité de grandes étendues terreuses, avec peu de bosquets, où l’agriculture intensive tourne à plein régime. Les vaches ont presque disparu d’ici, et les petites parcelles cultivées deviennent de plus en plus rares.

Le chemin file plein ouest.

Nous quittons la Lomagne pour la Ténarèze, une terre de passage qui a emprunté son nom à une des anciennes voies mythiques de la Gascogne. C’était le Chemin de César, dit aussi Ténarèze, une voie sans pont des Pyrénées à Bordeaux, entre les bassins de la Garonne et de l’Adour.

C’est un paysage de petits plateaux, d’altitude moyenne et une vallée ample, ondulée autour de la rivière Baïse. Plus on va à l’Ouest, plus les vignes se développent en direction du Bas Armagnac. La Ténarèze compte 38% de la surface de vignes et des vergers du Gers. C’est le second terroir de production d’armagnac. Flocs et vins de pays n’ont pas une grande réputation. L’élevage bovin, autrefois fort répandu, est devenu très discret, pour ne pas dire absent. Mais, c’est encore, comme en Lomage voisine, une mosaïque de parcelles plus ou moins vastes, où s’épanouissent les céréales, le tournesol, les vergers et les cultures maraîchères. On y fait pousser aussi l’ail et le melon. Les meilleures terres sont dévolues au blé et au froment, les terres plus ingrates plutôt réservées à la vigne. Sur les terres les plus incultes, le plus souvent au bas des ruisseaux, se développent aussi quelques garrigues. En Ténarèze, le relief est moins élevé qu’en Lomagne. Les bosquets s’éclaircissent encore pour céder leur place pour à des paysages dénudés couverts de grandes cultures.

 

 

 

 

 

La Ténarèze est un peu la clef de voûte de l’éventail gascon. Un éventail, vous avez dit? Il n’est qu’à situer les rivières qui traversent le Gers pour le comprendre. La plupart de rivières qui naissent dans l’arrière-pays ou plus loin dans les Hautes Pyrénées traversent le Gers, pour rejoindre la Garonne plus au nord ou l’Adour à l’ouest. Nous avons déjà franchi l’Arrats près de Miradoux et le Gers près de Lectoure. Aujourd’hui, nous gagnons le bassin de la Baïse.

Les dénivelés sont très faibles (+207 mètres/-306 mètres) aujourd’hui. L’étape est courte, très courte. Mais, il en est souvent ainsi dans cette région, où les logements sont rares en dehors des bourgades principales. Du reste, Condom mérite qu’on s’y arrête. Le parcours se déroule sans grande difficulté majeure. Ce ne sont que de petites montagnes russes, d’une colline à l’autre, d’un petit vallon à l’autre, où les pentes ne dépassent que très rarement 10%, si ce n’est autour de Castelnau-sur-Auvignon. Le trajet coupe un moment le très beau lac de Bousquètara.

ADans cette étape, vous marcherez nettement plus sur les chemins que sur le goudron. Le bonheur, non?:

Goudron: 3.8 km

Chemins: 11.4 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, encore 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous “estimez” l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-la-romieu-a-condom-par-le-gr65-30707857/

Section 1: Sous la pluie, dans les blés et les champs.

Aperçu général des difficultés du parcours: sans aucune difficulté, si ce n’est pour passer la petite bosse de Rambuc.

Quand le pèlerin chemine d’une traite sur le Chemin de Compostelle du Puy-en-Velay jusqu’à St Jacques, il ne peut être que sujet aux variations du temps. Il n’a aucun choix. Ayant fait plusieurs fois le chemin, l’auteur de ces lignes a pu aussi faire des étapes plus courtes en choisissant des périodes de météo plus favorables. Dès lors, les étapes ne se succèdent pas forcément dans la chronologie, avec parfois des décalages. Vous aurez ainsi des images de céréales du début de mai à la mi-septembre. Mais même lorsqu’on se fie aux prévisions météorologiques, il arrive des surprises. Ici, l’auteur de ces lignes a rencontré deux fois le mauvais temps!

Le GR65 quitte La Romieu et ses chats, hélas aujourd’hui sous la pluie. Cela vous permettra de flouter le paysage, de relativiser un peu plus la réalité du Chemin.

Le chemin progresse un instant en pente très légère sur le bord de la départementale D41, à la limite des champs et des sous-bois.
Nous sommes maintenant en juin, et les champs de blé, que nous avons connus verts en mai, se détachent maintenant en jaune et or, couleurs de lumière qui ressortent même sous le crachin. Les champs de blé sont immenses, et les pèlerins progressent recroquevillés sous leur pèlerine, les épaules tassées, le capuchon rabattu sur leur tête. On dirait des ombres chinoises qui disparaissent, puis réapparaissent sur la ligne d’horizon.
Le GR65 continue sur le goudron à travers champs jusqu’à trouver une bâtisse, le Château Maridac.
Ce n’est pas Fontainebleau! Ce n’est en fait qu’une grande ferme, mais une grande et belle ferme. Dans le Gers, les maisons de pierre sont en majorité faite de moellons de calcaire, souvent dissimulés sous les enduits à la chaux qui ne laissent paraître que les belles pierres de taille des encadrements. Ici, rien de cela. Les pierres éclatent partout de leur belle nudité. La ferme est comme une grosse masse carrée sous sa toiture enveloppante. Une grande tour carrée à l’extérieur du corps des bâtiments est peut-être un ancien pigeonnier.
Après le château, le chemin repart dans les champs, puis peu de temps en sous-bois, sous les chênes, les frênes, les châtaigniers et les érables, les arbres les plus représentés dans la région. Il rejoint une route goudronnée qui descend à travers les blés et les tournesols. Ici, quelques vaches Aquitaine ne semblent nullement importunées par la pluie. Sur le chemin, les pèlerins avancent comme des zombies, se parlant à peine, les mâchoires serrées comme pour économiser la vie.
Au fond du vallon, la route remonte assez sèchement vers le hameau de Rambouc, là où le GR65 rejoint la départementale D41.
Un large chemin de terre descend alors à travers champs au fond du vallon. De l’autre côté du vallon pointe Castelnau-sur-L’Auvignon sur la colline. Sur le chemin, un gîte est disponible.

Section 2: En passant chez les résistants de la dernière guerre.

Aperçu général des difficultés du parcours: le passage à Castelnau requiert un peu de sueur, avec des pentes souvent à près de 20%, surtout en montée.

Le chemin traverse le petit ruisseau de Mourelot, dissimulé sous les grands chênes au fond du vallon, puis remonte sur l’herbe dans les champs de l’autre côté du vallon.

Ici, on cultive l’ail. Les belles ombelles se mettent presque au garde-à-vous devant vous. Les fleurs d’ail sont les hampes florales que l’on coupe avant l’épanouissement des fleurs pour favoriser le développement des bulbes. Quel régal en cuisine! Le chandail a une origine à la fois parisienne et bretonne. En hiver, les maraîchers bretons qui vendaient leur ail aux Halles à Paris portaient de gros pulls tricotés par leurs épouses. Ce vêtement est devenu si populaire chez les marchands d’ail, qu’on finit par le baptiser chandail.

La pente est soutenue ici d’abord dans les champs, puis dans un petit sous-bois. Des ombres pâlottes furtives glissent encore sous les arbres jusqu’à ce que leurs pèlerines dégoulinantes se fondent avec le feuillage environnant. Parfois les pèlerins épousent le paysage comme de vrais caméléons. Et la fine bruine suinte des arbres. Le plafond gris descend le long des futaies jusqu’à vous avaler.

Au sommet de la crête, le GR65 arrive au charmant, propret et village martyr de Castelnau-sur-L’Auvignon (175 habitants), une rue pavée qui a vu défiler de nombreux héros de la résistance durant la Deuxième guerre. On peut se loger dans le village.

De Castelnau-sur-L’Auvignon, le GR65 descend d’abord sur le goudron, puis sur un chemin de terre en sous-bois vers la rivière, sous les chênes et les érables, détrempés aujourd’hui. C’est ici qu’arrive la variante du GR65 qui, depuis Marsolan, évite La Romieu.

Aussitôt, le chemin traverse la petite rivière de l’Auvignon.

De la rivière, un chemin herbeux remonte doucement dans les blés de l’autre côté du vallon. Dans le Gers, on a souvent rasé les sous-bois pour développer les cultures. Alors, il n’y a guère que près des rivières que les sous-bois persistent. La plupart du temps, on ne fait que croiser des arbres isolés, des chênes surtout.

Au sommet de la côte, le chemin passe au hameau de Pavail et ses belles maisons de moellons de pierre cachées dans les cyprès.

Après un bref passage sur la route, le GR65 arrive à la Chapelle Ste Germaine, un haut lieu de quiétude et de simplicité. Les légendes sont tenaces, ici comme ailleurs. Un ermite du nom de Arnold Sans était retiré dans la région, accompagné de deux sœurs bénédictines Prima et Hermana. Lorsque Hermana fut assassinée par les Normands, elle imprima en tombant sur le rocher avec sa tête une marque qui devint lieu de pèlerinage. Après neuf passages dans ce lieu divin, les maux de tête et les coliques disparaissaient comme enchantement. Avec le temps, Sancta Hermana devint Sancta Germana, puis Sainte Germaine. Une association de bénévoles essaie de rénover le site.

Les pèlerins aiment faire un arrêt dans les chapelles et les cimetières. Il est des raisons religieuses, certes. Sont-ils nécrophages? Que nenni! Dans ce type d’endroit, le robinet d’eau fraîche est toujours à disposition pour arroser les fleurs, mais aussi les gosiers.

De la chapelle, le GR65 monte en pente douce sur le goudron à travers les blés, les tournesols et les vignes.

Il rejoint assez rapidement le petit hameau du Baradieu.

Puis, une longue route goudronnée s’en va en pente douce à travers champs…

… jusqu’à bifurquer sur un chemin de terre qui descend à travers d’immemses champs de blé vers le sous-bois. Une pèlerine ici joue au petit Chaperon Rouge, sans doute pour aller porter des galettes à sa grand-mère!

Le GR65 arrive alors au lieu-dit Moras où une imposante et magnifique bâtisse de pierre surgit au coin du bois. Le palais de la Belle au Bois Dormant perdu dans la nature, en quelque sorte.

A la sortie du sous-bois, le GR65 traverse un petit ruisseau, repart dans les blés et les tournesols à la limite du sous-bois, jusqu’à rejoindre le majestueux site du lac de Bousquètera. Et comme par magie, la pluie s’arrête.

Section 3: Départ vers les  Mousquetaires en  passant par un paisible lac.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le GR65 attaint alors le lac de Bousquètara. Le lac est tout en harmonie et paix paisible.

Ici, c’est le royaume de la carpe, mais le pêcheur nous dit que la prolifération des silures devient un problème sérieux ici.

Au milieu du lac, le GR65 remonte sur le goudron en entrant dans la région de Armagnac-Ténarèze.

La montée s’achève au hameau de Fromagère et de sa grande ferme, nichée sous les grands chênes. Avec un tel nom de hameau, il ne peut qu’y avoir des vaches ici.

Une route goudronnée redescend du hameau entre prairies et tournesols, jusqu’au ruisseau de Lassos.

Puis, elle remonte sur la crête. Nous nous rapprochons à grands pas des Armagnacs et des petits vins de pays.

De grand vignobles s’étalent au sommet de la crête.

En redescendant très légèrement, les vignes cèdent leur place aux cultures, jusqu’à rejoindre la petite départementale D204.

La route goudronnée commence à descendre sur Condom que l’on aperçoit à l’horizon, entre blés et tournesols, naissants à cette période.

La route rectiligne traverse le hameau de la Sablière.

Ici, les champs de blé sont à nouveau très étendus, des deux côtés de la route, avec des messages de convivialité à l’égard des pèlerins.

Puis le goudron fait place à un chemin qui s’en va à travers champs au milieu des oléagineux.

 

 

 

 

 

Condom n’est plus très loin. Un large chemin de terre y descend entre blés et tournesols.

Puis, il continue en sous-bois, au milieu des feuillus et des herbes folles, avant d’arriver à Condom.

En sortant du sous-bois, le chemin rejoint la route et traverse le Gèle. Le centre de Condom est à deux pas.

Section 4: A Condom.

Une rue très commerçante amène sur la place de la cathédrale où est érigée La statue de d’Artagnan et de ses fidèles Athos, Portos et Aramis croisant le fer, est récente. Elle fut offerte en 2100 par un sculpteur russe, amoureux des mousquetaires.

L’église épiscopale St Pierre est un bel édifice du XVIe siècle. La nef est particulièrement remarquable.

De nombreux bâtiments témoignent de la prospérité passée de cette ville qui compte 7’000 habitants. La commercialisation et le transport de l’Armagnac en étaient la raison principale. Des ruelles très étroites, avec la plupart des maisons conservant leur structure de moellons de pierre, descendent au bas de la ville vers la rivière.

Le Pont Barlet fut édifié au XIIIe siècle. Il fut souvent remanié en raison de sa fragilité. Une petite activité fluviale règne au port sur la Baïse

 

 

 

 

 

Il n’y a guère de doute. Nous sommes entrés en Armagnac.

Deux anciens moulins se font face par-dessus les deux berges de la Baïse. Malgré leur apparence aujourd’hui assez dissemblable, ils furent construits à la même époque au XIIIe siècle. Un des deux moulins de Barlet a gardé pratiquement intact son aspect original. Par contre, les grands moulins de Barlet ont été remaniés avec le temps.

Nous ne saurions quitter la cité sans mentionner la Table des Cordeliers et son bijou de restaurant niché dans une ancienne chapelle. Cet établissement fut à une époque un des grands restaurants de France. Il essaie de se refaire une réputation.

Gastronomie locale

 

Les Gascons aiment les bolets, plutôt les cèpes, comme tout le monde. On les cuisine à la poêle ou encore au jambon, piqués d’ail et grillés. Mais, on peut aussi les accommoder en daube. Voici une recette de la région.

Nettoyer les champignons, idéalement sans les laver, pour en conserver le parfum. Couper les queues en dés et émincer grossièrement les chapeaux. Peler et hacher finement oignons et échalotes. Détailler du lard en dés. Faire chauffer un peu de graisse d’oie dans une cocotte. Y ajouter les échalotes, les oignons et le lard. Faire revenir l’émincé de queues de cèpes jusqu’à coloration. Saupoudrer légèrement de farine et laisser blondir en remuant. Verser le vin blanc et mélanger. Ajouter une feuille de laurier, puis laisser mijoter une quinzaine de minutes. Saler et poivrer à convenance. Rajouter éventuellement un peu de vin blanc ou d’eau pour allonger cette sauce. Faire revenir les chapeaux dans un mélange beurre/huile. Les rajouter à la daube. Poursuivre la cuisson sur feu doux pendant quelques minutes. Ajouter en fin une larme d’armagnac ou d’une autre eau-de-vie 5 minutes avant de servir.
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