Etape 24: De Condom à Eauze par le GR65

Entre blés et vignes, avant la ligne de chemin de fer qui a déjà rendu son dernier soupir

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

L’étape du jour part de Montréal-de-Gers, capitale du Ténarèze pour gagner le Bas Armagnac. Le Bas Armagnac, c’est bien sûr le lieu de l’Armagnac. Les vignes vont donc s’étendre sur une grande partie du parcours. De temps à autre, un peu de blé, quelques maïs, de petits sous-bois, avant que l’étape ne s’achève à plat sur l’ancienne voie ferrée.

L’ancienne voie ferrée reliait ici Auch, la capitale du Gers à Eauze, en passant par Montréal. Cette ancienne ligne, à voie unique, fut abandonnée et éliminée en 1954. Le département du Gers demeure le département le plus défavorisé d’Occitanie au niveau des liaisons avec les départements voisins, ce qui explique aussi les difficultés de la région. Mais, la disparition des voie ferrées n’est pas unique au Gers. Sur toute la traversée du Chemin de Compostelle en France, le train a disparu, sans doute pour toujours. 10’000 km ont déjà été supprimés depuis 1945, et on envisage d’en supprimer encore 6’000 km. Pourquoi faire circuler des trains deux fois par jour, avec une poignée de voyageurs? Tout le monde a sa voiture, non? Et le train cela coûte trop cher. Remplacer un train par un bus permettrait davantage de fréquences, pour moins cher. Voilà l’idée qu’a soutenu le Président Macron. Mais voilà, les bus Macron circulent sur les mêmes axes que les trains. Ce n’est que de la concurrence. Vous avez beau vous renseigner. Vous ne trouverez aucun car Macron sur l’axe du Chemin de Compostelle au Gers, pas plus que sur le reste du chemin. Si vous faites de petites étapes sur le chemin, et que vous pensez rentrer chez vous en train, il n’a souvent qu’une solution: vous arrêter dans une gare SNCF. De là, soit vous montez sur Paris, soit vous descendez sur Marseille, pour retrouver votre point de départ, s’il y a une gare près de chez vous. C’est cela la joie du transport public en France.

Aujourd’hui le parcours s’en va en direction du sud-ouest.

Les dénivelés (+185 mètres/-156 mètres) sont ici très faibles. Au niveau du parcours, il n’y a aucune difficulté sur de petites montagnes russes très légères.

Dans cette étape, les passages sur chemins prédominent nettement. Bravo!:

Goudron: 4.9 km

Chemins: 12.1 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, encore 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous “estimez” l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-montreal-de-gers-a-eauze-par-le-gr65-30738574/

Section 1: Dans les sous-bois, près des berges de l’Auzoue.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le chemin sort de Montréal en traversant le rempart, ou du moins ce qui en reste. En bas du village coule l’Auzoue, une petite rivière paisible, que l’on dit ici poissonneuse, et qui se jette un peu plus loin dans le Gélise, avant de retrouver le Baïse. Le chemin va longer la petite rivière, de près et de loin pendant des kilomètres.
Une petite route goudronnée monte légèrement le long de jeunes plantations de frênes et de bouleaux, puis plus franchement à la limite des sous-bois.
Le chemin se plait alors à redescendre pour tutoyer la rivière, dont la turbidité ne permet pas de déceler la présence des truites, avant de remonter sur une large allée de terre battue plantée au milieu des chênes du sous-bois.
Quand le chemin sort du sous-bois, on voit surtout des champs de maïs. La présence de ruisseaux, donc d’humidité, favorise toujours ce type de culture.
Près du hameau Le Nougué, le GR65 retrouve le goudron et monte un peu plus rondement à la limite des sous-bois.
Là-haut, au sommet de la crête, Il ne s’attarde guère près des maisons de pierre isolées de Ribère Le Bas, pour redescendre aussitôt dans les sous-bois, puis dans les vignes, direction Château de Montaut, au bas de la colline.
Le chemin redescend dans le sous-bois jusqu’à atteindre un petit lac près du Château de Montaut, où le GR5 ne passe pas. Ici, le cadre est paisible et rafraîchissant, mais on ne peut ni se baigner ni pêcher.
Le GR65, qui s’est emmouraché de l’Auzoue, traverse à nouveau le ruisseau, ou la rivière (cela dépend des géographes !), avant de s’en aller un instant dans une allée bordée de chênes et de feuillus.

Section 2: On retrouve les tournesols et le vignoble.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Plus loin, Le GR65 remonte près du hameau de Bidalaire. Ici, dans la région, il n’y a à vrai dire aucun hameau organisé, seulement quelques maisons isolées. En France, une seule maison s’appelle parfois déjà hameau.

Voici à nouveau le goudron et les blés, lorsque le chemin remonte de la petite plaine où coule paisiblement la petite rivière.

Puis, on quitte le goudron pour s’engager résolument dans la terre des vignes le long des haies, où le chemin va musarder pour un bout de temps.

Le GR65 rejoint une petite route du côté du hameau de Basquin. Le chemin se permet même de traverser une propriété privée, son petit étang tapissé de nénuphars.

Le GR65 repart alors dans l’herbe, dans les champs, jusqu’à retrouver une petite route goudronnée.

 

 

 

 

Seul un paquet de piquets de bois, qui attend sa destinée, vient troubler la monotonie d’un paysage qui se balance entre blés, vignes et tournesols, le plus souvent près des sous-bois.

Le chemin va suivre assez longtemps les haies au milieu des vignes et des champs de tournesol, entre terre et herbe.

Pas âme qui vive dans les parages! Mais, on sait bien que le chemin a été dessiné pour éviter le plus possible les humains. Quand on se balade à de nombreux endroits du Chemin de Compostelle, on ne sait jamais si les volets sont fermés pour se protéger du regard des pèlerins ou s’ils sont définitivement tirés pour l’éternité.

Le GR65 rejoint un peu plus loin une petite route qu’il longe dans les vignes, puis qu’il quitte du côté du hameau de Bédat. Ici, il doit y avoir des humains, non? N’y aperçoit-on pas un tonneau, signe de vie?

Après un court passage sur le goudron, un chemin repart dans les sous-bois. Voici à nouveau les sous-bois et les herbes folles qui s’enfoncent au fond d’un vallon.

Section 3: Une petite halte à Lamothe, avant le chemin de fer?

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Derrière les broussailles, les chênes et les herbes folles au fond du vallon, on voit grandir le château de Lamothe.

 

 

 

 

 

La pente est assez rude pour monter à Lamothe.

Par bonheur, ici, un gîte fait buvette, un adorable bar avec un très grand choix. Ici, le pèlerin s’arrête avec plaisir et satisfaction. On annoncera au pèlerin harassé qui est venu de Condom, sans faire halte à Montréal, que pour gagner Eauze, ce n’est plus que du bonheur: 7 kilomètres à plat, à l’ombre, le long de l’“allée royale”.  Alors, le pèlerin en oublie même d’aller visiter plus haut la tour de Lamothe, une vigie du XIIème siècle qui, dit-on domine, la vallée de l’Izeute, la rivière qui fait frontière entre la Ténarèze et le Bas-Armagnac.

En descendant de la colline, le GR65 passe devant la belle petite chapelle romane de Lamothe. La chapelle qui date du XIème siècle, peu remaniée au cours des siècles, est aujourd’hui dédiée à St Vincent, patron des vignerons.

Après être passé à côté d’un petit planisphère, où dorénavant vous n’aurez plus le droit de perdre le Nord, le chemin redescend encore un peu dans le sous-bois, en pente assez prononcée.

Puis, il remonte très légèrement pour traverser l’Izaute. A partir d’ici, vous allez vite comprendre votre bonheur. Vous êtes arrivé sur l’ancienne voie de chemin de fer. Des ouvrages d’art permettant le transit au-dessus et en dessous du chemin vous le rappellent à loisir.

C’était une ligne à voie unique, longue de 56 kilomètres, reliant Auch à Eauze, passant par Montréal. Mise en service en 1909, elle fut définitivement fermée, et de plus éliminée, en 1954. Ah, le pauvre destin du chemin de fer en France! Le Chemin de Compostelle a l’habitude de croiser ces épaves. Certaines lignes gardent encore leurs vieux rails rouillés, d’autres sont complètement édentées. Mais grâce à la complicité de ce bon Emmanuel Macron, il est à prévoir que d’autres lignes vont subir le même sort envieux pour laisser passer les autocars! En France, il y a Paris et le reste de la France. Mais oui…

Alors, rêvons encore un peu. Assez rapidement, le train arrive en gare de Bretagne d’Armagnac.

Mais voilà, maintenant les chèvres tiennent conciliabule au milieu des vieux pneus devant le pissoir des hommes. Ainsi va la vie des chemins de fer!

Le GR65 va suivre l’ancienne voie ferrée jusqu’à l’entrée de Eauze, sur près de 5 kilomètres. Ce chemin, à l’ombre des chênes, est juste reposant et magnifique, hors du temps.

Parfois quelques ouvrages d’art qui permettaient de passer en dessus ou en dessus de la voie rompent la monotonie d’un parcours paisible au possible, à l’ombre. Chemin faisant, un logement est disponible à Coupé, peu en dessus du chemin.

Section 4: Eauze, petite cité tranquille, au bout de la voie de chemin de fer.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.


Et le paysage se répète sans cesse. Ici, c’est le monde du silence. Hélas, il n’y a presque plus de chants d’oiseaux dans nos forêts, que le murmure du vent caressant les feuilles des chênes.

A l’approche de Eauze, près du camping de Moulin du Puy, le chemin de terre traverse la Gélise.

Nous sommes près de Eauze. A votre choix pour vous y rendre. Vers les commerces près de la zone industrielle ou à travers le parc.

La vie se concentre surtout autour et sous les arcades de la place d’Armagnac, en face de la cathédrale. C’est là que Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV possédait une belle maison à colombages, devenue aujourd’hui le Café de France.

Logements