Etape 26: De Nogaro à Aire-sur-Adour sur le GR65

Vive le maïs!

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Encore une journée presque entière à sillonner les petites collines du Gers et ses grands champs de maïs qui descendent jusqu’à la grande plaine de l’Adour. Le GR65 part aujourd’hui direction ouest, traversant l’extrémité du Gers, pour aller baigner ses pieds dans l’Adour, à l’orée du département des Landes, le département qui donne accès à l’Atlantique.

Au sortir des Pyrénées, l’Adour passe au cœur de la longue plaine de Bigorre, avant de pénétrer dans le Bas-Armagnac dans une vallée opulente. A Aire-sur-l’Adour, le fleuve entre dans le département des Landes. Les terres qu’il traverse sont fécondes. Le maïs est partout, côtoyant de plus rares vergers ou vignes. Vignes et maïs se disputent un pays où, les canards surtout (moins les oies) envahissent les laids tunnels d’élevage de plastique vert. Du maïs, vous en avez eu une petite idée en traversant le Gers, Ici, dans ce pays de transition ente le Gers et les Pyrénées Atlantiques en passant par les Landes, du maïs, vous allez en avaler, jusqu’à saturation. Cette région est le plus grand producteur de maïs de France. Dans les Landes, 69% de la surface agricole est plantée de maïs! Il en faut de ces beaux grains dorés pour nourrir les 11 millions de palmipèdes en élevage, dont 8 millions en gavage. Avec ces volumes, Les Landes sont le premier département producteur en France avec un quart des volumes nationaux.

La vigne reste aussi présente. On fabrique de l’armagnac jusqu’à Aire-sur-l’Adour. Vous allez traverser en particulier le vignoble de St Mont, un vignoble implanté dans un paysage de coteaux et de collines molassiques au milieu de cultures de maïs. Ici, les vins rouges sont issus surtout de tannat et de cabernet. Nous ne sommes pas très éloignés du Madiran et de son célèbre tannat. Pour les vins blancs on utilise des cépages ancestraux et autochtones, comme le petit curbu ou l’arrifiac. Le manseng, la célébrité du Jurançon, près de Pau, entre aussi dans l’élaboration des vins.

Le parcours aujourd’hui ne présente aucune difficulté, d’abord sur de légers vallonnements, puis à plat le long de l’ancienne voie ferrée. Les dénivelés sont à nouveau très faibles (+219mètres/-227 mètres).

Les passages sur la route goudronnée excèdent nettement les parcours sur les chemins de terre ou d’herbe:

Goudron: 16.8 km

Chemins: 10.8 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, encore 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous “estimez” l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-nogaro-a-aire-sur-adour-par-le-gr65-30880843/

Section 1: Légères oscillations entre vignes, maïs et sous-bois.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le GR65 quitte Nogaro en montant sur la petite départementale D143 dans la banlieue, jusqu’à un château d’eau.
Il continue sur la route jusqu’à trouver une petite bifurcation. Ici, un panneau indique le gîte de l’Arbladoise, plus loin sur la départementale. Autrefois, le Chemin de Compostelle historique suivait cet axe. Personne ne sait plus très bien où passaient précisément les chemins au Moyen-âge. Les nouvelles routes, les nouveaux lotissements ont changé tout cela. On a dessiné un itinéraire pour limiter au maximum les passages sur routes. Mais, à l’impossible nul n’est tenu! Plus de la moitié du Chemin de Compostelle emprunte le goudron. Certains esprits chagrins ont même proposé de transformer le “Chemin de Compostelle” en “Goudron de Compostelle”.
Alors, ici, le GR65 abandonne momentanément le goudron, pour nous permettre de jeter un coup d’œil plus attentif aux vignes et aux maïs.
Un sentier didactique raconte, mois par mois, la vie de la vigne. Certains marcheurs apprendront peut-être quelque chose de nouveau pour eux. Mais, pas sûr. Ces bouts de chemin didactiques, rares sur le chemin, permettent du moins à certains marcheurs de lever les yeux de leurs semelles, de plus en plus pesantes à mesure que s’alignent les étapes.
Le GR65 part ensuite dans le sous-bois de chênes pendant de longues minutes.

Quand il ressort du bois, c’est pour retrouver les champs de maïs. Nous sommes fin juin, le moment où va démarrer la floraison du maïs que l’on a planté au début de mai. Le maïs est une espèce qui possède fleurs mâles et femelles sur le même pied. Les fleurs mâles sont tout au somment de la plante, constituées d’une panicule ramifiée portant une multitude de fleurs mâles porteuses de pollen. Les fleurs femelles sont situées plus bas, à l’aisselle d’une feuille, et capteront le pollen grâce à de spectaculaires styles, que l’on appelle soies. Les fleurs femelles peuvent être pollinisées par du pollen de la même plante ou de plantes différentes. Comme le pollen est dispersé par le vent, la pollinisation croisée se réalise dans la majorité des cas. De deux à quatre épis peuvent engager un développement mais généralement un seul arrive à maturité. La nature sait limiter les naissances.

Mais enfin, peu importe la nature des enfants fécondés, car ils ne survivront pas. Ils finiront ici dans les silos pour les canards. Et on replantera de nouveaux plants sélectionnés par les firmes agroalimentaires l’année suivante.

 

 

 

 

Peu après, le GR65 croise le ruisseau de la Juranne, juste un petit filet d’eau dans les broussailles.

Depuis le ruisseau, un large chemin de terre monte dans les champs de maïs vers le sous-bois. On y voit aussi un peu de blé.
Le chemin est large à souhait, le long des bouquets de chênes, sous la ligne à haute tension.
 

 

 

 

Le GR65 rejoint alors une petite route goudronnée à la hauteur du hameau de Claverie, avec ses quelques maisons éparses dans la verdure au bord de la route.

Section 2: Le chemin retrouve la plaine.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le GR65 redescend alors de la crête vers la plaine, d’abord sur le goudron, au milieu des prés et des maïs. D’usage, la nature dispose tout ce qu’elle offre sans gêne dans un paysage. Peu de symétrie, la nature ne plante pas comme un jardinier. C’est ce qu’elle fait encore ici, au fond des vallons, près des ruisseaux. Mais voilà, l’homme lui possède sa propre vision du monde et du paysage. Il analyse les sols, plante en fonction. Alors, la symétrie et l’organisation deviennent la règle. On plantera les maïs qui ont besoin d’eau près du ruisseau ou de la rivière. Les vignes, on les réservera pour les sommets plus arides des collines. Et le blé, on le cultivera là où sont les meilleures terres, souvent à mi pente.

Plus bas, le GR655 retrouve un peu de terre battue, au milieu des prés et des maïs.

 

 

 

 

Bientôt, le chemin rejoint la départementale D143.

Là, il traverse l’Izeute, une rivière, pour ne pas dire un gros ruisseau, mais dont l’eau ne sera pas perdue pour tout le monde.

Arrive alors un petit tronçon dont raffolent les pèlerins. Le chemin longe assez longtemps la départementale sur une bande d’herbe étroite. Alors, le pèlerin, qui aurait pu croire pouvoir quitter le monde moderne sur de petits sentiers perdus, retrouve avec délectation le ronronnement des camions et des voitures qui filent sur la ligne droite. Et le petit jeu dure jusqu’à gagner une petite zone industrielle, à Despons. Ici, pour changer, on pourrait presque prendre la direction de l’autoroute pour Pau, non?

Derrière la zone industrielle, une route de terre s’en va, entre terre cultivée et jachère, dans le royaume des maïs. Des deux côtés de la route poussent les maïs, à perte de vue, piqués parfois de la tache sombre que fait un petit bosquet ou un majestueux chêne perdu là par hasard. Celui-ci a retrouvé une raison d’être plus conviviale et commerciale!

Ici, la route de terre battue est large et se faufile le plus souvent entre des haies de chênes. Et du maïs, jusqu’à s’en saturer la rétine, à jamais.

A l’approche de la commune de Lanne Soubiran, le chemin de terre avance plus dans les sous-bois verdoyants. Il monte un peu jusqu’à la ferme de Labarbe, un gîte d’étape qui sait accueillir le pèlerin avec des fleurs.

Section 3: Entre sous-bois et cultures.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Au détour du chemin, d’une basse-cour à l’autre, vous pourriez apercevoir ou entendre cacarder des oies en semi-liberté. Ces oies dodues vous dédaigneront ou alors se mettront à criailler de manière insoutenable lorsque vous vous rapprocherez de l’enclos. Sont-elles silencieuses la nuit? Personne n’était là pour le dire.

Un peu plus haut sur la colline, le petit village coquet et silencieux de Lanne Soubiran se regroupe et se recueille autour d’une petite église. Lanne Soubiran signifie “lande de dessus”, ce qui qualifie assez bien la région. L’église, dédiée à St Pierre et St Paul, d’origine romane (du moins le porche), a profondément été remaniée au cours des époques. Le clocher quadrangulaire est assez curieux. A côté de l’église, se trouve le charmant ancien presbytère, reconverti en maison d’hôtes.

A la sortie d’un village fort étendu, le GR65 emprunte une petite route goudronnée qui va vers Villeneuve, jusqu’à une maison au bord du bois, qui offre des possibilités de grimper aux arbres ou de se restaurer à l’ombre des chênes.

A partir de la halte, une petite route goudronnée sillonne d’abord la campagne.

Elle se rapproche progressivement de la forêt de la Lande du Bois, là où se cache un beau petit lac, où les chênes et les autres feuillus trempent leur feuillage dans les eaux brunes et dormantes.

Depuis le lac, la route continue encore un peu.

La route goudronnée va faire bientôt place à un chemin de terre, presque du sable, au milieu des champs de maïs. Les maïs doivent trouver leur bonheur ici. L’eau est toute proche.

Le chemin se rapproche alors un peu plus d’un plus grand bois, le bois de la Rigade. Dans le bois, le chemin est parfois embourbé, même ici par temps très sec. Cela doit être une grande jouissance de ne pas pouvoir décoller ses semelles de la boue poisseuse en temps de pluie. Dans les endroits à tel risque, on voit souvent se dessiner des axes secondaires parallèles au chemin principal. Ils ne servent pas qu’aux sangliers, non?

Autant la vie peut paraître organisée pour la vie des plantes et la vie des hommes sur les plateaux et les collines, autant elle devient plus touffue, presque exubérante à mesure que l’on redescend vers les ruisseaux. Le chemin descend alors un peu, à la limite des sous-bois dans les champs de maïs, pour traverser le petit ruisseau de la Daubade.

Un petit chemin sillonne alors en montant légèrement la forêt de feuillus de la Rigade. Les fougères font un tapis vert tendre, cohabitent avec l’aubépine. Plus loin, c’est une futaie de charmes et de petits hêtres. Les chênes ont trouvé des amis pour la vie ici. Les gammes de vert ne rivalisent entre elles que pour le plaisir des yeux.

A la sortie du sous-bois, voici à nouveau le maïs, mais aussi ici le tournesol, le long de chemins de terre qui se prennent l’allure seigneuriale que l’on trouve dans les grands parcs des châteaux.

Section 4: Du maïs, des vignes, du blé, et sans doute des canards.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Puis, le GR65 retrouve le goudron. On a devant soi une mer de maïs, de blé aussi, marquée de temps à autre par la présence de la tache sombre d’un bosquet. Mais le chemin va reprendre de la hauteur. Et qui dit hauteur ici, dit vignes. Le chemin va frôler une partie du grand vignoble de St Mont, un des fleurons des vins de la région.

La route monte alors dans les vignes presque jusqu’au sommet de la colline, ou alors les blés prennent le relais.

Puis, la route redescend dans la campagne jusqu’au hameau de Castin, à 2.5 km de Lelin-Lapujolle.

Vous vous étonnez peut-être. On vous a annoncé que le pays regorgeait de palmipèdes et que l’on n’a pas pu s’en mettre sous la pupille jusqu’ici. Est-ce que les architectes du Chemin de Compostelle ont voulu protéger les pèlerins pour ne pas trop les gaver de foie gras? Sans doute pas, car des canards, on en verra plus bas dans les Pyrénées Atlantiques. Ici, ils doivent être juste un peu plus éloignés du chemin. Il n’y a aucune raison de la présence de cette orgie de maïs pour rien.
Depuis Castin, la route désossée remonte un peu vers le hameau de La Grange pour se transformer bientôt en chemin.

A partir de là, le GR65 descend vers Lelin-Lapujolle au milieu des rampes frontales, ces énormes bras articulés qui, comme les tentacules des pieuvres, plongent avec souplesse sur les maïs et les blés pour mieux les irriguer.

Des champs de maïs à perte de vue, alors les canards ne sont pas très éloignés du chemin. Et c’est vrai. Ils doivent être confinés là-haut dans le hangar, derrière le silo. C’est leur vie courte, leur tragique destin.

Puis, le chemin remonte très légèrement jusqu’à une bifurcation qui permet de gagner la ferme de Dubarry où on peut loger.

De la bifurcation, le chemin herbeux descend en pente douce à la limite des sous-bois dans le vignoble.

Chemin faisant, au hameau de Brana, un propriétaire a bardé son jardin de signes tangibles que le pèlerin connaît bien. Les cairns, ces amoncellements de pierres, qui peuvent varier de simples amas branlants à de savantes prouesses architecturales défiant l’équilibre, on en trouve tout le long du chemin. Le cairn, dit aussi montjoie, est placé à dessein pour marquer un lieu particulier ou une intention. Il possède une vielle origine celtique. En Ecosse, la coutume est encore de transporter une pierre jusqu’en haut de la colline pour la déposer sur un cairn. Les pèlerins se plaisent souvent à compléter ces sculptures temporelles fragiles.

Depuis le hameau, une petite route goudronnée descend encore en pente douce dans le vignoble, jusqu’à atteindre le bas du village de Lelin-Lapujolle. Selon les saisons, quand vous passerez par ici, votre nez sera peut-être alerté par les miasmes des produits chimiques que l’on balance sur les ceps.

Une pente un peu soutenue mène alors à l’église du village et son curieux clocher en porte-à-faux, dont une moitié est suspendue sur le vide. L’église est une chapelle du XVIème siècle construite sur un tumulus datant de l’âge du bronze, en lieu et place d’une ancienne chapelle romane. Si vous aimez le baroque, pénétrez pour y voir un retable en bois d’acacia doré et polychromé, inscrit aux monuments Historiques. Ici, même la mairie fait partie de l’église.

Un point d’eau et une halte pour se restaurer ont présents sur la place de l’église.

Au bas du village, le GR65 rejoint la petite départementale D169.

La route remonte d’abord en pente légère vers la crête, au milieu d’habitations dispersées.

Section 5: Départ pour l’immense plaine de l’Adour.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

La route transite alors sur la crête, d’abord au milieu des prés, puis dans les vignes que l’on retrouve ici. Le domaine de St Mont développe ses vignobles dans toute la région que l’on traverse, et même plus loin. On ne rencontre pour ainsi dire aucun bétail dans les prés, depuis plusieurs jours. Curieux, non?

Puis la route redescend vers le hameau de Houaré, ses tuiles brunes et ses quelques fermes de pierre alignées le long de la route.

Ce sont ici les derniers relents des collines du Gers. Encore une petite descente et voici l’immense plaine de l’Adour, lorsque le chemin passe à côté du hameau de Manet.

Une route goudronnée va alors traverser l’immense plaine de l’Adour. Au début, il y a encore quelques chênes qui se demandent ce qu’ils ont à faire ici, mais bientôt, il n’y aura plus que du maïs et des oléagineux. Par endroits, les rampes frontales étendent leur bras si loin qu’on se demande si elles n’iront pas jusqu’à toucher de leurs doigts les Pyrénées. Dans le lointain horizon, près de l’Adour, se dressent des usines.

La route passe près des maisons isolées de Catchébot dans un paysage qui ne varie guère, sans fin. Quand vous passerez par ici, vous aurez peut-être une idée de ce que l’on nomme l’infini.

Un train ici, vous rêvez! Ce n’est que l’ancienne voie de chemin de fer aujourd’hui fermée à jamais. Quatré, tout le monde descend!

Alors, départ pour une balade interminable et inoubliable dans les maïs à côté de l’ancienne voie de chemin de fer. La nature généreuse a parfois laissé ici quelques bouquets de chênes pour que les pèlerins puissent déposer leur sac quelques instants à l’ombre.

Section 6: Dans l’infini de la morne plaine.


Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Victor Hugo, s’il était passé par ici, aurait sans doute composé un quatrain, lui le grand connaisseur des mornes plaines. Le maïs est partout, d’autres champs sont attentes de cultures, peut-être du soja. Il y a même une halte fantôme où on vous promet le bonheur. Des chaises éventrées au bord du chemin, mais pas une goutte de sirop à se mette derrière les lèvres.

Des kilomètres durant le paysage n’évolue pas, dans une morne plaine sans relief, sans mystère, sans âme, mais avec des terres fertiles. Puis, on ne sait pourquoi, le chemin devenu goudron se décide à traverser la voie ferrée à Costefort, sans doute une ancienne gare où le monde ne devait pas se presser au portillon.

A Costefort, où un embryon de présence humaine se déploie, le GR65 va croiser la départementale D169 et continuer de l’autre côté sur d’interminables bouts droits. Nos coups de gueule ne sont liés qu’à la fatigue de la marche et à la monotonie des lieux. Mais, sans doute que les gens qui travaillent ici sont sans doute fort satisfaits de la générosité et de la bienveillance qu’offre la nature ici.

Le paysage ne change guère, avec un peu plus de landes qu’auparavant. Mais les maïs restent éternels, omniprésents. Cependant, on s’approche progressivement des zones industrielles de Barcelone-du-Gers et de Aire-sur-L’Adour.

 

 

 

 

Un peu plus loin, le petit ruisseau du Turré coupe le chemin.

Sur des kilomètres, la monotonie alors s’installe, s’insinue, génère une certaine lassitude dans un décor que de nombreux pèlerins diront insipide. Seuls parfois un bouquet d’arbre ou alors l’eau d’un petit ruisseau, presque à sec, viennent couper cette route de terre sans fin.

Section 7: Par bonheur, il y a Aire-sur-Adour au bout du chemin.


Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

A l’approche de Barcelone-du-Gers, la lande remplace les maïs. Le chemin se rétrécit mais file toujours tout droit.

Délivrance enfin! Le GR65 arrive bientôt dans les faubourgs de Barcelone-du-Gers en longeant la petite rivière du Jarras.

A Barcelone-du-Gers, petit bourg sans grand caractère, il n’y a rien de particulier, si ce n’est le magnifique lavoir à l’entrée, construit à la fin du XIXème siècle et qui fut utilisé presque jusqu’au milieu du siècle dernier.

Le GR65 traverse le bourg et se retrouve rapidement dans la banlieue. Barcelone-du-Gers et Aire-sur-l’Adour sont presque contigus. Barcelone est aux confins du Gers, Aire-sur-l’Adour dans le département des Landes.

Toutefois, le GR65 va faire encore un petit crochet entre campagne et banlieue avant d’arriver à Aire-sur-l’Adour.

Enfin, le GR65 rejoint la départementale D163 pour arriver à la ville sur le pont qui enjambe l’Adour.

Le pont de pierre à cinq arches sur l’Adour date de 1852. Les rives de l’Adour ont été aménagées en une promenade qui mène jusqu’aux arènes modernes, sans grand caractère. Enfin, il y a tout de même une différence notoire par rapport aux arènes que l’on a rencontrées jusqu’alors. Ici, on pratique de la vraie corrida, avec mise à mort des taureaux.

 

 

 

 

Les landais et les basques aiment la fête. Aussi, vous ne serez pas surpris si vous débarquez ici pendant des ferias qui durent plusieurs jours. Alors, les places et les abords du fleuve se couvrent de boutiques et de restaurants ambulants.

Aire-sur-l’Adour (6’000 habitants) est articulée sur la rivière, avec ses petites rues et ruelles commerçantes, avec parfois des endroits plus pittoresques.

La Halle aux Grains, avec ses arches de pierre et son très beau plafond, datant de 1860, est inscrite aux Monuments Historiques.

Il en est de même de la cathédrale St Jean Baptiste, siège d’un ancien évêché.

Mais les deux petites merveilles de la cité sont situées sur les hauteurs. Il y a surtout l’Église Ste Quitterie, la crypte en particulier avec le sarcophage de la sainte, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Vous trouverez ici aussi une extraordinaire table de pierre, un des premiers exemples d’amplification sonique. Si vous trouvez porte close ici, renseignez-vous à l’Office du tourisme. Le gardien du gîte des Ursulines à côté peut vous ouvrir l’édifice.

On ne saurait oublier de mentionner, juste en face de l’église, la Chapelle des Ursulines, un lieu désacralisé qui sert aujourd’hui de gîte.

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