Etape 08 : De Espalion à Golinhac par le GR65

Bonjour, Monsieur le Président

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Les motivations des pèlerins divergent. Certains marchent la tête basse, soucieux de savoir où poser le pied sur des chemins souvent assez difficiles. D’autres marchent la tête haute, sensibles au charme ou à la banalité des paysages, s’extasiant devant les fleurs que la nature offre le long des chemins. Car le pèlerin marche toute la journée dans des régions assez diverses. Nous sommes en Haute Rouergue, dans le nord de l’Aveyron, là où le Lot, l’axe central, a creusé d’étroites gorges, qui s’ouvrent parfois en de larges bassins. Le Lot s’enfuit, surplombé par des hauts plateaux parfois schisteux, parfois volcaniques, parfois calcaires. Aujourd’hui, il n’y a pas de grands champs à se mette sous la pupille. Ce seront surtout des forêts et des pâturages. Car, sur les versants au nord, c’est souvent les forêts de chênes, de hêtres et de vieux châtaigniers qui dominent. Quand on observe le Lot, on a parfois le sentiment que l’eau ne bouge pas.

Aujourd’hui, nous sommes toujours en Aveyron et nous nous rapprochons de Conques. Cette étape est une étape magnifique, un vrai concentré de botanique pour la connaissance des arbres, surtout si vous avez la chance de passer ici un jour de beau temps. Par temps de pluie, les beaux paysages, hélas, s’estompent souvent.

 

 

 

 

 

Puisque le chemin aujourd’hui traverse des zones assez diverses, disons un mot des particularités géologiques de la région.

Jusqu’ici, nous avons foulé des sols et des roches basaltiques volcaniques dans le Velay, puis le granite de la Margeride. L’Aubrac est déjà plus complexe. Le socle, c’est du granite, mais la surface, c’est plutôt du basalte. L’Aubrac est un massif volcanique relativement ancien par rapport aux grands volcans d’Auvergne, qui sont nettement plus récents. Mais ici, contrairement à l’Auvergne, les coulées de lave se sont éclatées et les volcans ont disparu, décimés par les érosions. Car les glaciers sont aussi venus ici, permettant la formation de moraines, de dépôts d’alluvions ou la présence de blocs de granite erratiques que l’on voit en masse sur le plateau de l’Aubrac.

En géologie, il en est presque toujours ainsi. Sous la pression, le granite se transforme en roches dites métamorphiques, que sont les schistes ou les gneiss. Ainsi, une partie du socle granitique de l’Aubrac s’est-il transformé en ce type de roches. Ceci se voit à la sortie de l’Aubrac, dans cette région qui descend de St Chély vers Espalion, dans le pays où les boraldes, de petits torrents ou rivières, ont entaillé les schistes et les gneiss. Plus en amont, vers Espalion et Estaing, dans la vallée du Lot, règnent les roches tendres que sont les grès et les calcaires, qui sont des dépôts marins, quand la mer arrivait jusqu’ici, bien après l’éclosion granitiques des montagnes. Alors ici, du granite est aussi apparu, mais pas charrié par les glaciers. Car le magma granitique, il y a 300 millions d’années, par endroits a réussi à percer le tapis de calcaires et de schistes. Voici les roches principales que vous êtes appelé à rencontrer ces prochains jours. Le fait de les découvrir procurera peut-être une certaine émotion au curieux.


Aujourd’hui, c’est la première fois que le chemin remonte vers le nord. Si le but de l’étape du jour est Golinhac, il y a une alternative au chemin. A partir d’Estaing, on peut pendre le GR6 ou le GR65, qui se rejoignent à Campagnac, peu avant Espeyrac, et se loger entre Champagnac et Espeyrac.

Les dénivelés aujourd’hui (+854 mètres/-520 mètres) laissent supposer une étape assez difficile. Que voilà une étape casse-pattes, quelle que soit la variante que vous choisirez! Évidemment, ce n’est pas insurmontable, mais le chemin monte et descend toute la journée. Il y a par exemple ici, après St Pierre, une petite grimpette de plus de 25% de pente sur moins de 1 kilomètre. Et que dire de cette interminable montée vers Golinhac ou Campuac? Et même, le long du Lot, sur le GR65, c’est loin d’être plat. La descente sur Estaing, depuis Briffoul, peut aussi être difficile par temps pluvieux.

Vive le goudron! Une manière de limiter les dégâts est de prendre le GR6 à partir de Estaing:

Goudron: 17.3 km

Chemins: 9.4 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, encore 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous “estimez” l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-espalion-a-Golhac-par-le-gr65-29925055

Section 1: Pour quitter Espalion.

Aperçu général des difficultés du parcours: aucun problème jusqu’à St Pierre avant d’affronter la montée vers Briffoul.

 

Nous quittons Espalion et les rives du Lot, par le magnifique Pont Vieux, ce magnifique pont de grès rose piétonnier. Le début de l’étape n’est pas folichon, car il faut d’abord franchir la banlieue assez insignifiante du bourg. Certes, le chemin s’ouvre assez vite sur la campagne. Il faut tout de même longer les prés que le voisinage de la ville a gonflés de maisons neuves, tourner son regard vers le château de Calmont, très loin là-haut sur la colline.

Puis, plus loin, il faut suivre assez longtemps une petite route goudronnée. Ce n’est pas une grande départementale, mais les véhicules circulent de manière constante.

Le supplice, si on ose le dire ici, dure jusqu’à un petit carrefour qui permet de gagner St Pierre de Bessuéjouls, une ancienne seigneurie, dont le château est aujourd’hui en ruine. Ici, la publicité fait un ménage curieux avec les signes religieux. Après une longue dose de bitume, c’est toujours un plaisir de retrouver un passage qui offre à nouveau la récréation des sous-bois et de la campagne.

Le GR65 monte sur la route en pente légère vers l’église du village. Le grès rose de l’église St-Pierre donne une touche subtile dans un très beau site verdoyant. Il faut monter au clocher, si on n’est pas trop claustrophobe, pour voir la chapelle aérienne, suivre un escalier étroit aux marches élimées, pour aller s’agenouiller sur la dalle au pied des statues de St Gabriel et St Michel.

Non loin de l’église, des bâtiments rénovés constituent le domaine d’Armagac, autrefois un couvent tenu par des sœurs pour l’éducation des jeunes filles pauvres. Aujourd’hui rénové, l’édifice est un logement remarquable.

Un pèlerin de fer, au pied d’un grand frêne dans le jardin de la mairie, garde les lieux, faisant face à l’église au pied du grand séquoia.
Le GR65 sort sur la route de St Pierre et suit le ruisseau de Rémenous, aussi coloré en rouge que la colline.
Mais voilà, la première bosse de la journée, et celle-là elle en vaut la peine. Vous avez sans doute apprécié à sa juste valeur la montée d’Escluzels, au-dessus-de Monistrol d’Allier. Celle-ci ne lui cède en rien. Elle est presque aussi exigeante:150 mètres de dénivellation sur 800 mètres de parcours.

Pourtant, dans les premiers virages, le jeu est relativement aisé. Un large chemin quitte la route et monte dans le sous-bois. Ici, dans ces forêts, les châtaigniers disputent l’espace aux frênes, aux charmes, aux hêtres et aux chênes.

Le chemin gagne alors quelques belles fermes de pierre dans une clairière.

 

Section 2: Une grande aventure vous attend ici, autant en montant qu’en descendant.

Aperçu général des difficultés du parcours: une belle bosse, avec des pentes nettement supérieures à 20%. Peut-être le passage le plus pénible du Chemin de Compostelle, par temps de pluie. Une fois arrivé à Briffoul, le chemin caracole, souvent aussi avec des pentes à plus de 20%, sur les cailloux, vers Beauregard.

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Dans ce vallon boisé et vert, il est temps maintenant d’attaquer une pente assez raide. Parfois, la terre est ocre, tirant même sur le rouge. Parfois, de petits bancs de rochers affleurent.
Plus on monte, plus le chemin se fait étroit, et plus la pente augmente.

Bien sûr, certains sportifs trépigneront d’impatience ici à avaler cette pente, à contourner les rochers couverts de mousse plantés au coin du chemin, à progresser ainsi, agiles comme de véritables bouquetins. Mais, les retraités qui font le chemin, et ils sont nombreux, attendront plutôt que l’aventure se termine le plus rapidement possible.

Et, ils ne sont pas encore au bout de leur peine. Si vous passez ici par un temps pluvieux, la montée sera très pénible. Il vous sera impossible d’éviter la boue. Il faudra vous accrocher parfois aux buissons et aux arbustes pour ne pas glisser sur un terrain, où le caillou roule sans cesse sous le pied jusqu’ à atteindre le plateau au-dessus. Les racines, parfois énormes, s’entrecroisent, presque jusqu’à barrer le chemin. Les rochers sont parfois pris par des lianes comme dans une étreinte mortelle. Du vrai fun, pour sûr. Nous sommes passé ici par temps exécrable. On peut vous assurer qu’alors c’est peut-être le passage le plus pénible de tout le chemin de Compostelle. Puissiez-vous passer ici par un jour de beau temps
Dans les derniers hectomètres, la pente se fait moins sévère. Le chemin ocre sort du bois pour gagner une sorte de maquis où poussent aussi quelques pins chétifs dans les buissons. Le GR65 rejoint alors un plateau sur la route. Pour de nombreux pèlerins, le plateau de Briffoul, dominant le Lot, est accueilli comme une délivrance.
 

 

 

 

 

La route conduit alors à Briffoul et à ses fermes.

Briffoul, avec ses belles maisons taillées dans le calcaire brut, est à quelques encablures. Ici, c’est la campagne dans toute sa grandeur. Une gigantesque ferme domine le plateau.

A la sortie de Briffoul, le chemin se promène un instant sur la terre ocre du plateau. La colline se déroule avec la monotonie de grandes ondulations vagues, le long de quelques petits champs cultivés. L’horizon s’étend solitaire, jusqu’à la voûte du ciel, tout au bout de l’horizon.

Comme on est monté, il faut redescendre. Voilà le programme du Chemin de Compostelle. Le chemin dégringole du plateau. La descente est non moins vertigineuse que la montée, le plus souvent dans un chemin étroit.
Le chemin s’enfonce dans les sous-bois touffus, au milieu desquels on reconnaît des érables, des chênes et des châtaigniers, mais où le soleil ne pénètre guère. Ici, les hêtres remplacent progressivement les charmes. Par beau temps, à part la pente, ce trajet ne pose aucun problème. Mais, par mauvais temps, c’est tout autre chose. Le chemin devint torrent et le pied glisse sur les pierres mouillées. Vous n’aurez qu’envie d’en sortir. Le château de Beauregard, en dessous, sera là comme une délivrance, à la sortie du bois.
La pente parfois diminue un peu, mais le plus souvent on est entre 10% et 20%. Ici la terre, sous les gros cailloux, est presque noire. Vers le fond de la descente, sous les frênes, on aperçoit l’église de Trédou en-dessous.
Le chemin débouche à la sortie de la forêt près du château de Beauregard. Si la demeure est peut-être inhabitée, le domaine fait du vin, une des appellations des vins d’Estaing.
Dans un paysage agreste, où on voit des châtaigniers et de nombreux frênes, le GR65 gagne alors le plateau sur le goudron près de l’église de Trédou.
L’église, avec son curieux clocher, qui paraît en dehors de l’église, est un ancien prieuré mentionné depuis le XVIème siècle, qui a connu des rénovations tout au long de son histoire, les derniers travaux remontant à une dizaine d’années. L’église est fermée, mais quand vous faites le tour, vous avez l’impression que des gens habitent ici.
Depuis l’église, une route descend dans la campagne sous les grands arbres, passe près quelques belles maisons de pierre au hameau des Camps.
Au bas d’une courte descente, l’univers s’ouvre sur une petite route goudronnée qui vous semble filer vers l’infini. Le bonheur, quoi!

 

Section 3: En route pour le beau village d’Estaing.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: du plat, puis des montagnes russes sans difficulté.

Non, ici ce n’est pas la morne plaine de Victor Hugo, mais quelque chose qui lui ressemble, d’interminables bouts droits, d’abord sur le goudron, puis sur le gravier, à travers champs. Le pèlerin, comme le soldat, ne le dira-t-on jamais assez, n’est pas un vrai touriste. Il n’a aucun droit d’exiger en permanence le sublime. Tout au plus ne musardera-t-il pas en route et accélérera le pas pour abréger cette promenade fastidieuse qui lui paraît si longue.
Le chemin arrive alors à Verrières, presque au bord du Lot, et à ses belles maisons en pierre de taille.

Le GR65 franchit bientôt le petit ruisseau de Magrane pour rejoindre la D100, une petite départementale qui longe le Lot, qu’il suit un instant.
Mais le GR65 déteste les routes départementales. Il n’y va que lorsqu’il est obligé. Dès que l’occasion se présente de jouer les filles de l’air, il repart avec volupté dans la forêt sur un étroit chemin caillouteux.
Avant d’arriver à Estaing, juste une petite bosse pour le plaisir dans les bois. Ici la forêt est dense, au milieu des érables, des hêtres, des chênes et des châtaigniers.
Le chemin se rétrécit vite, et en descendant, on voit en dessous une route qui longe une des boucles du Lot.
Le chemin rejoint la route qui longe le Lot. Ici, la vallée est encaissée, sombre.

 

Section 4: A Estaing, puis le long du Lot.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: ne croyez pas naïvement qu’en suivant la rivière, ce sera plat. Le chemin joue à saute-mouton tout le temps avant de quitter la rivière. Il y a quelques tronçons à près de 15% de pente.

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Estaing est à deux pas sur la route.

Estaing est un petit bourg, avec guère plus de 600 habitants. Estaing doit son nom au latin stagnum, qui veut dire étang. La bourgade, sur son piton rocheux, au bord du Lot, date de l’époque gallo-romaine. L’emblème de Estaing est sans conteste le château, l’imposante demeure des comtes d’Estaing.

Les Estaing sont une illustre famille de Rouergue, qui a donné de la France de très nombreux militaires et religieux: un cardinal, de nombreux évêques, des amiraux, et même un président de la République française. Les premières pierres du château furent posées au XIème siècle, et le château fut remanié de nombreuses fois. Promu bien national à la Révolution française, il fut repris par les religieuses de St-Joseph, pour devenir leur maison mère. En 2000, il passa à la commune d’Estaing. En 2005, la Fondation Valéry Giscard d’Estaing racheta le château. La boulangère du coin nous dit que Giscard vient parfois acheter le pain chez elle, y allant de ses célèbres “Bonjour, Madame”. Mais, il ne vient pas toutes les semaines. Loin de là! Estaing est tout de même assez perdu, au milieu de la France.

Pour les touristes, Estaing se résume au château, et à la grand rue où se trouvent les hôtels et les commerces. L’église paroissiale de St Fleuret, construite sur une crypte, construite au XVème siècle récemment rénovée, est un peu sur la hauteur dans un village au caractère moyenâgeux, où les schistes dominent. Un très beau bâtiment du XVIème siècle abrite un Office du Tourisme rajeuni dans une très belle cave voûtée.

Mais Estaing, c’est aussi le majestueux pont gothique, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Il porte en son centre la croix d’Estaing, qui symbolise à elle seule l’Aveyron. Un peu plus loin sur le pont, la statue de François Estaing, l’évêque de Rodez.

De nombreuses possibilités de logement sont offertes ici. D’ailleurs de nombreux pèlerins font étape à Estaing.

 

 

 

 

 

Le Chemin de Compostelle repart au bout du pont, côté montagne.

A Estaing, il y a une alternative dans le chemin. Le pèlerin peut suivre le GR65, le Chemin de Compostelle en fait, qui file vers Massip et Golhac. Mais, il peut aussi emprunter le GR6, qui passe par St-Geniès des Ers. Les deux chemins se rejoignent à Campagnac. Dans le village, on vous suggèrera peut-être de prendre plutôt le GR6, qui évite plus les routes asphaltées. L’usage du GR6 est très discret pour la très grande majorité des pèlerins qui ne voit pas d’un bon œil le fait d’abandonner le chemin suivi par leurs aïeux. Mais qui sait quel chemin nos aïeux ont-ils vraiment suivi?

Peu de pèlerins empruntent le GR6. Mais si vous voulez une option, préférez ce parcours à l’autre, à moins que vous ne vouliez arrêter à Golinhac, où le GR6 ne passe pas. Nous ne serons que très brefs sur le parcours qu’emprunte le GR6, car le propos du site reste le Chemin de Compostelle. Voici néanmoins le parcours jusqu’à Campagnac. On trouve à se restaurer et à se loger à peu de places sur le parcours. Alors, commentons très brièvement le parcours sur le GR6. Ce sont tout de même 20 kilomètres de marche pour gagner Campagnac. A la sortie d’Estaing, le chemin monte raide sur un chemin pierreux, en lacets qui s’éternisent jusqu’à atteindre une petite chapelle. De là-haut, la vue sur Estaing et sur le grand méandre, que fait le Lot ici, est magnifique.
 

 

 

 

 

La pente est sévère jusqu’à St Geniès des-Ers. Puis, le chemin monte et descend d’une colline à l’autre, d’un ruisseau à l’autre. Parfois, un petit hameau, où plus personne n’habite. Il n’y a ici plus aucune présence humaine, ni animale.

Un sentier étroit joue à saute-moutons en sous-bois, d’un petit ruisseau à l’autre, dans un environnement fort vallonné au milieu des feuillus et des fougères. Sur les hauts, la route goudronnée, raide et sans ombre, prend la relève, jusqu’à atteindre Campuac, le point culminant.
C’est assez interminable pour arriver à Campuac, et il n’y a pas de trace humaine sur des kilomètres. Mais, vous constaterez aussi tout à l’heure qu’il en va de même sur le GR65. A Campuac, le restaurant et l’épicerie sont sans doute définitivement fermés. La France profonde se meurt à petit feu. Heureusement, il y a de l’eau à la fontaine communale, car le pèlerin ne croisera pas grand monde dans cette région.

A partir de Campuac, le chemin passe par des endroits plus ombragés, où les moutons sont légion. Au printemps, les champs sont envahis par le colza. Le chemin se traîne par monts et par vaux, avant de rejoindre le GR65, près de Campagnac. Deux logements sont disponibles au lieu dit La Brévarie, où passe le chemin, et plus loin à Bressoles, quand le GR65 rejoint le GR6.

Puisque nous sommes près de Campagnac, juste avant le point de jonction des deux GR, retournons à Estaing pour emprunter cette fois le GR65, le chemin principal qui passe par Golinhac. Ici, aussi, il faudra monter sur le plateau, après une ascension de plus de 300 mètres.

Au départ, c’est une marche de plus de 4 kilomètres sur la route près des méandres du Lot. Hélas! C’est du goudron.

La forêt est fournie ici en toutes sortes de feuillus. On y voit au milieu des chênes de magnifiques érables et de majestueux frênes. Les hêtres commencent à remplacer progressivement les charmes qui nous ont accompagnés en début d’étape.
C’est loin d’être plat, pour dire qu’on longe une rivière. Cela monte et descend tout le temps. Du goudron, oui, on nous l’avait bien dit. Parfois la route se rapproche tout près de la rivière.
On voit maintenant de plus en plus de châtaigniers dans le paysage. Même si les panneaux indiquent que la pêche est interdite, il y a de nombreux pêcheurs ici. De nombreux français sont juste indisciplinés.

Même si c’est la route, l’œil peut se reposer de temps à autre sur les reflets que fait la rivière à travers les arbres. Les arbres se prosternent et leurs branches semblent heureuses de se tremper dans la rivière. Ici, les eaux rarement grondent, mais plutôt se tassent, comme muettes, mortes. Tout est grâce et harmonie ici sur la rivière, même si le Lot a perdu ici sa belle couleur habituellement bleue.

Au bout de quelques kilomètres de marche paisible, la route sort progressivement de la forêt. Même s’il fait beau, le brouillard traîne ici sur la rivière, où paissent quelques Aubrac.
Puis, la route rectiligne remonte vers la colline pour arriver au lieudit La Rouquette, là où une route mène à un barrage sur la rivière, sur une boucle du Lot.
A La Rouquette, le GR65 laisse le goudron pour un large chemin de terre battue qui remonte en pente soutenue dans les bois de denses feuillus.

 

Section 5: Une très longue montée, entre raccourcis et goudron.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: pour de la montée, c’est de la vraie montée, plus de 330 mètres de dénivelé sur 4 kilomètres, avec des pentes oscillant le plus souvent entre 10% et plus de 15%, parfois plus encore.

Le chemin ici est agréable, sur le flanc de la colline, à l’ombre des grands hêtres, des chênes et des frênes, là où aussi les châtaigniers commencent à se faire un peu de place.
Le chemin musarde un peu, redescend même légèrement pour traverser le petit ruisseau de la Luzane, au fond d’un petit vallon. Là, le GR65 retrouve le goudron, et c’est ici que s’amorce vraiment la montée sur le plateau de Golinhac.
C’est une petite route, qui ne sert qu’au rares locaux. Vous ne rencontrerez ici sans doute aucun véhicule. Rapidement, un premier raccourci se dessine.

C’est ici que commence le bal entre les raccourcis qui grimpent dans le sous-bois et les épingles que fait la route goudronnée. Ici, les versants ne se lancent pas résolument à pic, si bien que, ici et là, des bouts de forêts y pendent, comme autant de véritables asiles, hier pour les loups, aujourd’hui pour les sangliers et les chevreuils.

La pente est fort soutenue, souvent à plus de 25% sur le chemin étroit qui serpente dans les feuillus. Parfois les schistes et les calcaires affleurent sous les petits châtaigniers sauvages et les hêtraies.
C’est raide oui, mais magnifique. Quand la lumière pénètre un peu plus, alors les chênes, les hêtres et les châtaigniers gagnent en taille.
Le raccourci n’est pas très long, et bientôt le GR65 retrouve la petite route goudronnée, qui s’ouvre sur un espace plus ouvert. Tout autour, l’univers n’est que denses forêts de feuillus d’ou émergent parfois de rares conifères.
La route gagne alors Montégut le Bas. Il n’y a rien ici, si ce n’est un véhicule qui commence sa belle mort sous un auvent. Ces cimetières à voitures sont de véritables verrues fort présentes sur les routes de France, et souvent dans des endroits remplis de charme.
Le paysage est sillonné d’un véritable chemin de croix. Ce n’est pas le Calvaire avec les stations de la liturgie chrétienne. Ici, chaque croix porte un nom, accompagné d’un descriptif. On compte plus d’une trentaine de telles croix sur le chemin jusqu’à Espeyrac.
Un bref passage sur la route, et on retrouve le raccourci, la pente et les cailloux sur le chemin.
Dans ce deuxième raccourci, la pente est un peu moins élevée, mais tout de même à près de 10%-15%. Et toujours les grands arbres, les chênes, les frênes, les érables, les hêtres et les châtaigniers, grands pourvoyeurs d’ombre.
Et près d’une cabane de pierre abandonnée, vous pouvez même envisager une pause bienvenue sous les grands arbres.
Un peu au-dessus, le chemin caillouteux rejoint une petite route goudronnée qui mène à une maison isolée dans le bois.
Alors, un nouveau petit tour sur le goudron, avant de trouver une troisième et dernière fois le raccourci qui monte dans le bois.
Le sentier se faufile furtif, serpente et s’élève doucement vers la ligne de crête, dans les broussailles, les schistes lustrés où s’incrustent le lierre et la mousse, les cailloux du chemin, sous les grands feuillus. Il n’y a jamais trace d’une clairière dans cette forêt compacte. Les seuls espaces libres sont ceux que l’on a réservés à la route.
 

 

 

 

 

A Montegut Haut, le bal des raccourcis et des épingles s’achève.

Le goudron, hélas diront certains, va nous accompagner jusqu’au sommet de la crête, sur le plateau. La route défile lentement, déployant des deux côtés de la route de fortes haies vives et épaisses, garnies de nombreux arbustes qui lui donnent l’apparence d’un taillis. Ici, la forêt est claire. Ce sont de hauts arbres isolés, des châtaigniers, des chênes, des frênes pour la majorité. On voit aussi ici des cerisiers sauvages, des merisiers. Sous la futaie pousse un épais taillis d’arbustes, de petits arbres, d’herbes folles et de fougères.
La route passe alors au lieudit Riou del Prat. La pente est toujours soutenue, entre 10% et 15%, rarement un peu plus. Ici, ce ne sont pas des villages, ni même des hameaux, que de belles maisons de pierre, isolées au bord de la route.
A partir de Riou del Prat, la pente reste tout aussi soutenue, souvent à plus de 10%. On voit des érables, des châtaigniers qui accompagnent les autres feuillus. Depuis Estaing, c’est un véritable trésor pour des cours de botanique ici. Il y a même des conifères qui pointent leur nez.
Plus haut, le pays s’ouvre un peu, et la route atteint dans les prés un autre lieudit, celui de La Bernarderie, une ferme de pierre au bord de la route.
Le GR65 passe près d’un WC à sec, et la route monte toujours passant près d’une forêt de pins, ce qui est rare ici.

Et toujours ces croix, de métal ou de pierre, où s’amoncellent les vœux des pèlerins, sur les tas de petits cailloux.

Nous approchons du plateau maintenant. Un peu plus haut, près d’un point d’eau, les descriptifs ne sont pas que sur les croix. La publicité est ouverte. Autrefois, il y avait un point d’eau ici, bienvenu que les pèlerins prenaient d’assaut. Ces lieux de rencontre sont un peu comme des églises où les pèlerins prennent ensemble la communion, devisent sur les bobos de leurs membres meurtris. Hélas, l’eau ne coule plus ici.
La route passe alors à La Sensaguerie, enfin presque un hameau, avec sa belle Rover parquée pour l’éternité. Y a-t-il aussi un paradis pour les belles anglaises?

 

Section 6: Des montagnes russes à la pelle dans les sous-bois.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: un peu plus de douceur, moins de hauteur, dans une succession ininterrompue de montagnes russes sans trop de difficulté, mais il y a tout de même quelques bosses un peu plus sévères.

Encore un dernier coup de collier dans la campagne bucolique, et nous arrivons au sommet du plateau. C’est d’ici que part une route pour un gîte à Fonteilles, à 300 mètres.
Ici un champ de seigle, là une prairie d’herbe maigre pour les moutons ou d’herbe à peine plus grasse pour les vaches. Mais en hiver, la vie est rude ici, pendant de longs et grands mois, quand l’hiver entasse neige sur neige et que les vents froids et fougueux giclent sur le haut plateau.

Dans la région, ce sont de petits hameaux de trois à quatre maisons, pas plus, dessinés le long de collines riantes, mais peu fécondes. Les pèlerins qui passent sous leurs croix sont la distraction des gens ici. On ne croisera plus ici Pépé Catusse qui aimait les pèlerins au-delà de tout. Pour les autres, le bétail est leur pain quotidien.

Une fois arrivé sur le plateau, vous pensez naïvement être au bout de l’effort de la journée. Que nenni! La route va redescendre pendant longtemps vers d’autres petits hameaux grands comme des mouchoirs de poche, des fermes isolées, au pied des croix toujours plus présentes. C’est un océan de forêts et de sous-bois qui ne se perdent qu’à l’horizon. Aucune colline digne de porter un nom ne se lève au-dessus de cette mer d’arbres.
Toujours les mêmes arbres, des frênes, des hêtres, des chênes et des châtaigniers en pagaille. La route descend sèchement vers le hameau du Mas. Ce n’est pas vraiment un hameau, plutôt une grande entreprise de travaux, à première vue.
Encore du goudron, toujours du goudron, en descente, pendant plus de deux kilomètres. La pente est moins raide, plus conciliante dira-t-on. La route est comme un long serpent gris qui glisse sur la verdeur des sous-bois. La vallée s’abaisse en pente large et douce, s’enfonce et se creuse toujours un peu plus. De rares trouées mettent en évidence des maisons isolées en dessous. Tout au fond coule le Lot.
La forêt est belle depuis le début de l’étape. Encore et toujours ces belles croix qui signent un paysage où, à côté des feuillus, se dressent ici d’élégants pins.
Dans cette végétation exubérante, il y a parfois de petites routes qui mènent à des culs-de-sac vers de petits hameaux isolés, qui s’agrippent au-dessus du Lot. Puis, la route recommence à descendre un peu plus fort.
Nous sommes descendus d’un peu plus de 100 mètres depuis le plateau, même, si pour de nombreux pèlerins, la descente sera perçue comme éternelle. Le goudron n’arrange en rien les affaires. Pourtant ici, il ne faudra pas rater, enfin, le chemin qui repart dans le sous-bois, sous peine de se retrouver à barboter dans le Lot, bien en dessous.
Qui dira le plaisir de retrouver un vrai chemin sous les arbres? C’est alors que commence un véritable jeu de piste, agrémenté de douces montagnes russes. C’est un paysage adorablement mamelonné, parfois ouvert sur des clairières au vert cru, parfois refermé sur lui-même dans la forêt.
Le chemin dodeline, reprend un peu de hauteur, avec parfois des passages assez raides. Les châtaigniers s’épanouissent avec volupté. Les chênes et les hêtres rivalisent de hauteur. Ici, un rare ruisselet apporte un peu de fraicheur.
Sur la terre brune, parfois de gros cailloux jonchent le sol. Ailleurs, de petits murets de pierres recouverts de mousse bordent le chemin sous les allées de feuillus.
Un peu plus loin, le chemin rejoint une clairière. La traversée de ces horizons sauvages dégage une impression de grande solitude qu’agrémente parfois la vision au loin d’une ferme aux proportions harmonieuses ou celle d’un troupeau d’Aubrac broutant près des haies.

 

Section 7: Golinhac, où s’achèvent les montagnes russes.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: toujours et encore une succession ininterrompue de montagnes russes, avec parfois quelques bosses un peu plus sévères.

Puis, le chemin retourne en forêt. Ici, les hêtres ont pris le pouvoir sur le sol qui est presque du sable. L’œil se trouve le plus souvent confronté à l’anarchie des sous-bois ou à la géométrie des frondaisons de la canopée. Dans les forêts, il y a toujours la forêt du haut, la noble et belle canopée, celle de la vie, des couleurs, de la lumière. Puis, il y a la forêt du bas, celle de l’obscurité, des branches en décomposition, de l’humus et des broussailles.
Parfois de gros cailloux émaillent le chemin, mais c’est plus souvent l’humus qui est la règle, où le pied se pose avec plaisir, dans cette douce et magnifique forêt sous les arbres, rarement dans les buissons.
Quelques rares trouées dans l’espace sont offertes sous forme de clairières. Il suffit d’un petit tronc pour que les pèlerins y dressent des cairns ou amoncellent les petites pierres. Mais le chemin retourne le plus souvent en forêt. Ici il frôle de gros blocs de granite. Ici, ce ne sont pas, comme souvent de gros blocs charriés par les glaciers lors des dernières glaciations. Ici, il y a plus de 300 millions d’années, le granit sous-jacent est remonté progressivement à la surface dans les calcaires et les schistes superficiels. Puis, ce matériau s’est érodé, laissant apparaître ici ou là ces beaux blocs de granite.

Puis, pour notre grand plaisir, le chemin abandonne pour de courts instants les feuillus pour des épicéas, aussi majestueux que des Grands d’Espagne. Les a-t-on plantés ici? Sans doute pas, la nature sait tout faire.

Pourtant on pressent que le scénario va évoluer un peu. Il n’y avait personne dans la nature nue. Mais, dans une grande clairière, où on voit presque jusqu’au fond de la vallée où coule le Lot, des Aubrac paissent dans un pâturage l’herbe rase. Y aurait-il un village tout près?
En fait, le village est à deux pas d’ici, en suivant un chemin de terre un peu plus large qui doit laisser passer les tracteurs. Ici, il y a de très belles allées de chênes au bord du chemin. Mais pas que des chênes, bien sûr!
Au bout du chemin, c’est Massip, à l’orée du bois. Le village est en dessous. ici on gère le bois. On trouve à se loger dans la magnifique maison de pierre au bord du chemin.
Depuis Massip, un petit chemin romantique à souhait, se tortille dans les genêts et les mousses dans une sorte de musée géologique à ciel ouvert, au milieu des blocs de granite.
Puis après le paradis, l’enfer, comme bien souvent. Le chemin rejoint une petite route et dévale, le mot n’est pas trop fort, pour un court laps de temps dans la forêt sombre. Un vrai régal pour les articulations fatiguées! Alors, le chemin rejoint à nouveau une petite route.
Ici, vous ne savez jamais où vont ces routes, qui sont souvent des culs-de-sac pour quelques maisons isolées. D’ailleurs ici, le GR65 quitte rapidement la route pour musarder dans une forêt enchanteresse.
Les hêtres élancés, les châtaigniers joufflus et les majestueux chênes rouvres se donnent la réplique, le long des murets de pierre, dans les fougères et les mousses. Ici, on pourrait y flâner des jours entiers. Même un petit âne, sur le talus, doit envier notre liberté.
Puis, les clairières se font plus présentes, le bétail aussi et le chemin passe près des premières maisons de Golinhac. Le chemin, comme s’il avait envie de nous faire pardonner son côté cahoteux, se prend des allures d’un gentil chemin vicinal.

Qui pourra passer indifférent devant cette croix de granit qui n’a plus d’âge, plantée pour notre bonheur sur ces magiques murets de pierre moussue, qui sont un des grands plaisirs des chemins de Compostelle, en de nombreuses régions de France?

Ici, peu avant le village se dressent de magnifiques maisons, faites de moellons de pierre, sous des toits en lauzes.
Le GR65 arrive à plat à Golinhac. Golinhac est le premier vrai village depuis Estaing. Il compte tout de même près de 400 habitants. A l’entrée du village, une croix de pierre du XVème siècle, dite “dels romieus” (des pèlerins) montre une Vierge aux pieds du Christ, ainsi qu’un pèlerin au centre, un petit chapeau dans sa main et qui tient une grande cloche. Cette croix est une copie de l’original qui se trouve dans l’église.

L’église dédiée à Saint-Martin, a une origine très ancienne, érigée avant l’an mille, bien que complètement modifiée au cours des siècles. C’est vrai que la croix des Romieux est très belle.
Dans le village, signes religieux et profanes font bon ménage.
Un peu plus haut que le village, le Puech de Regault offre un magnifique panorama sur la vallée d’Entraygues, les monts d’Aubrac et l’Auvergne. Surnommée aussi « la colline du regard », elle permet de voir par beau temps le grand volcan du Plomb du Cantal en Auvergne. Encore faut-il avoir de la chance d’y être présent le jour adéquat !

Gastronomie locale

 

L’Auvergne et l’Aveyron se sont fait une spécialité de cuisiner les tripes et les panses d’agneaux ou de veau.

On pratique ainsi. On découpe la panse en morceaux rectangulaires que l’on aligne. On découpe les grosses tripes en petits morceaux que l’on étale sur les rectangles de panse. On y ajoute du jambon, du sel, du poivre et du persil. Le tripoux est roulé et attaché. Dans une casserole, on laisse mijoter le tripoux à feu doux 6 à 8 heures avec une garniture d’oignons, de carottes, de céleri, de tomates et un peu de vin blanc sec. On le sert généralement très chaud avec des pommes de terre vapeur.

Logements