Voyage en Californie du Nord, Oregon et Washington

Section 1: Sur les hauteurs du Lac Tahoe: Echo Lakes Trail et Desolation Wilderness.

 

Nous avons débuté notre périple à travers le Nord de la Californie, l’Oregon et l’État de Washington au lac Tahoe.

Avec sa superficie d’environ 500 km2, le lac Tahoe est le plus grand lac alpin d’Amérique du Nord, un lac de 500 mètres de profondeur, un des plus purs au monde. Il est partagé entre la Californie et le Nevada. ll y a plus de 6’000 ans, les Indiens Washoe habitaient ici. Le nom du lac vient d’ailleurs du mot washoe qui signifie lac. Les premiers colons n’eurent guère envie d’établir leurs campements par ici. Ils ne chassèrent les indiens que vers le milieu du XIXème siècle, lors de la ruée vers l’or de la Californie. Il fallut attendre les Jeux olympiques d’hiver de 1960, à Squaw Valley, pour propulser le lac Tahoe sur le devant de la scène internationale et établir la région comme centre de villégiature renommé. Malgré cette renommée, c’est une région hautement préservée.

Il y a tant de chose à faire autour du lac, qu’il est bien vain d’en faire une présentation extensive ici. Parmi les grandeurs naturelles de cet étrange lac, émerge sans doute la beauté saisissante d’Emerald Bay State Park, situé sur la rive ouest du lac. Les forêts américaines regorgent d’arbres morts qu’on laisse mourir sur pied. C’est un véritable enchantement, un vertige de passer ici entre les forêts denses et les falaises de granit. Les rivages déchiquetés plongent sur une eau aux nuances de bleu et de vert, un véritable délice plaisir pour les yeux. L’eau est si claire qu’on prétend que les poissons peuvent être vus, à plus de 20 mètres de profondeur. Il faut vous arrêter au lieudit Inspiration Point, qui porte bien son nom. Au milieu de la baie trône l’île Fannette et le château, Vikingsholm, que l’on pourrait retrouver dans de vieux contes, un manoir de 48 pièces, de style scandinave, construite dans les années 1920 par une riche Américaine qui rêvait de vivre au fond d’un fjord.

Si vous voulez vous faire plaisir dans la région, et que vous ne disposez que d’une journée, il n’est que de suivre sur les hauteurs, un petit bout du Tahoe Rim Trail, un sentier de 265 kilomètres qui propose de faire le tour du lac Tahoe par les montagnes. Si les rives du lac sont dévolues à la plage et au nautisme, le sentier qui l’encercle vous plongera plutôt dans les plaisirs de la randonnée dans la montagne sauvage, dans “l’american wilderness”, entre forêts, petits lacs et falaises.
Nous avons passé la nuit dans les forêts de South Lake Tahoe, une petite ville de 22’000 habitants, à deux pas des casinos et des boîtes à mariage du Nevada. En plein été, il y a du monde par ici, dans une cité qui ressemble à la fois à un village balnéaire et à une station de montagne. Des maisons en bois de toutes tailles et de tous formats hantent la pleine forêt.

 

Nous n’allions pas nous lancer sur les 265 kilomètres du Tahoe Rim Trail qui relie les montagnes entourant le lac Tahoe, sur les chemins suivis autrefois par les indiens Washoe, puis par premiers pionniers et les bergers. Il fallait choisir parmi la trentaine de randonnées proposées autour du lac. Nous avons donc opté pour un sentier très renommé ici, un sentier qui résume assez bien l‘atmosphère particulière de la nature sauvage qui entoure le Lac Tahoe. Ce sentier est le Echo Lakes Trail qui permet d’entrouvrir la porte de Desolation Wilderness. Desolation Wilderness est un immense désert de rocailles, relativement facile d’accès. Ici, les circuits sont très nombreux. On en compte une quinzaine, pour tous les goûts des randonneurs. Les sentiers sont classés de facile à pénible en fonction de l’altitude. Les altitudes de Désolation Wilderness se baladent de 1800 mètres à 2800 mètres pour la majorité des sommets, Pyramid Peak étant le plus haut, culminant à 3000 mètres de hauteur.

Les amateurs de randonnées désireux de s’aventurer dans des montagnes spectaculaires peuvent explorer la randonnée des Echo Lakes, de difficulté modérée. Enfin, cela dépend jusqu’où on veut aller. Le sentier commence en face d’une aire de stationnement au lieudit Echo Chalet, une petite station de vacances offrant la location de chalets et un petit magasin au bord du lac Echo inférieur. Nous sommes bien au-dessus du Lac Tahoe que l’on voit en dessous dans l’épaisse végétation. Ici, les randonneurs doivent remplir un permis gratuit avant de se lancer dans leur randonnée. C’est souvent ainsi aux Etats-Unis.
Ici, si on n’aime pas la marche, on peut pendre un petit bateau qui fait le tour du lac.
De là, le sentier gagne en dénivelé léger les hauts du lac inférieur. Ici, au milieu des roches ocre, pendant longtemps, sous les grands pins, le chemin longe les myrtilles, les genévriers et les mousses qui tapissent les pentes. Il y a même des buissons de maquis par ici.
Le sentier traverse un paysage d’arbres, le plus souvent des pins, et de pierres sculptées par le vent, et parfois même traverse des rochers de granit à flanc de montagne. Les pins ont parfois pris des airs de fantômes.
Quand vous progressez dans cet incroyable paysage, votre regard plonge en bas sur les eaux turquoise, et en haut sur les sommets de Desolation Wilderness.
De heureux et rares propriétaires ont des résidences secondaires, toutes plus charmantes les unes que les autres, qui plongent jusque dans le lac.
Ici, ce n’est que de la balade sans effort, dans un paysage d’exception.

Le chemin arrive à l’extrémité du lac inférieur pour gagner le lac supérieur, à la même altitude. Et le chemin se met à monter de plus en plus.

Au bout de 3 kilomètres, si vous ne voulez pas aller plus loin, un sentier balisé vous conduit sur les berges du lac, où vous pouvez prendre le bateau pour retourner à Echo Chalet. Mais, bien sûr vous allez continuer et gagner cet incroyable désert de rochers qu’est Desolation Wilderness, le royaume de la désolation sauvage.
Le chemin se parsème de pierres anguleuses ou de plaques lisses. Et le chemin se met à monter de plus en plus. Bientôt, nous ne marcherons plus que sur les cailloux de granit.

Plus haut, les deux lacs apparaissent dans toute leur majesté.

La bouche se fait un peu plus sèche dans la caillasse.

 

Nous pénétrons alors dans l’étrange royaume de la désolation, Desolation Wilderness

Plus haut, là où les glaciers ont autrefois poli les dalles de granit, la forêt devient de plus en plus clairsemée. Bientôt, il n’y aura plus que quelques bouquets d’arbres ou des souches orphelines qui poussent sur un brin de terre que la nature a épargné, pour eux et pour nourrir une maigre flore résiliente. Le paysage est étonnamment varié dans des zones boisées où l’eau coule dans les torrents succédant à des plaques lustrées de granit ou à des prairies sèches et austères. Le profil est vallonné, certes, mais le sentier bien tracé ne présente aucune difficulté.

Pour un portrait complet de Désolation Wilderness, le granit est partout, du terrain facile, rocheux et poli et relativement plat, jusqu’au sommets, aux falaises et aux masses de roches irrégulières et de rochers arrondis éparpillés de manière chaotique. C’est un vrai paradis de randonnée, sans difficulté, dans le murmure des douces brises qui flottent à travers les branches de pins ou le son plus aigu des vents qui sifflent parfois en rafales à travers les hauts rochers des sommets.

Au bout d’un effort un peu soutenu, le chemin arrive près des petits lacs de Tamarac et de Ralston. Ici, on voit des tentes, de la nourriture pendue aux arbres pour la sauvegarder des possibles animaux prédateurs. Y a-t-il des ours par ici ? Si vous envisagez de faire le tour du Tahoe Rim Trail par les hauts, il n’y aura guère autre solution que de faire du camping sauvage.
Desolation Wilderness éclate de splendeur, au milieu des rochers et des petits lacs. Les innombrables petits lacs, de bleu saphir, sont le résultat de la glace qui a creusé et sculpté progressivement les granites. La plupart de ces lacs immaculés sont reliés les uns aux autres par des ruisseaux cristallins, qui chantonnent. Pour vous dire la grandeur et la majesté du pays, on compte près de 130 lac et ruisseaux dans Desolation Wilderness.
A partir d’ici, vous pouvez grimper jusqu’au lac Aloha, au sommet des montagnes. Pour notre part, nous nous sommes contentés de revenir sur nos pas et trouver sous les pins droits comme des Mikado le petit sentier qui descend au débarcadère…
…pour prendre le taxi bateau et revenir à Echo Chalet.

Section 2: A travers la Californie du Nord vers Lassen Volcanic National Park.

 

Au Lac Tahoe, nous sommes à 1’900 mètres d’altitude et notre route nous amènera progressivement à 2’600 mètres d’altitude au sommet du Lassen Volcanic National Park. Même si nous sommes en été, à ces altitudes, on peut encore trouver de la neige. Dès lors, si vous voulez visiter ces régions, il vaut mieux venir en été. Durant les autres périodes, de nombreuses routes sont fermées.

Le périple du jour se balade sur 373 kilomètres dans la Californie du Nord.

Nous quittons le Lac Tahoe au nord, près de Crystal Bay, pour emprunter la route CA-267 en direction de Truckee. C’est une route peu fréquentée qui file en descente à travers les forêts. Les villes dans la région sont peu peuplées. A Trackee (16’000 habitants), une petite ville dispersée dans les bois, nous sommes descendus à 1’770 mètres d’altitude.
Puis la CA-267 fait place à une plus grande route, la CA-89, que nous suivrons jusqu’au parc de Lassen. Dans cette région peu peuplée, on trouve de nombreuses auberges (resorts) au bord des bois. La route traverse des forêts presque en continu, avec ci et là des clairières. Il n’y a, pour ainsi dire, rien à visiter ici jusqu’à Lassen, si ce n’est admirer les paysages.
Ces forêts sont avant tout constituées de pins sylvestres assez élevés. Il n’y a pour ainsi dire presque jamais de feuillus, et les pins de Douglas et les épicéas sont assez rares. 220 kilomètres plus loin, nous passons à Greenville (1’000 habitants). C’est souvent la taille des villages de la région. Ici, nous sommes redescendus à 1’000 mètres d’altitude.
Puis, la route remonte un peu à environ 1500 mètres d’altitude du côté du lac d’Almanor. Mais le paysage ne varie pas d’un iota. Toujours les forêts de pins et les resorts le long de la route.
La route s’élève alors progressivement dans les forêts et les clairières pour arriver à 2’040 mètres au début du parc de Lassen.

Nous entrons ici dans le parc à l’entrée sud-ouest de Kohm-Yah-mah-nee. Aux États-Unis, l’entrée des parcs nationaux est payante, mais cela ne va pas vous coûter une fortune. C’est le même tarif pour 1 jour ou 7 jours. Pour le véhicule, selon la saison, c’est entre 10$ et 20$, pour un individu, c’est 10$ pour la même période. Au centre pour les visiteurs, tenu par d’aimables rangers, vous trouverez une carte topographique du parc, une boutique de souvenirs et un café. Vous trouverez aussi quelques animations à propos du parc. Le site attire tout de même plus de 400.000 visiteurs par an.

 

La traversée du parc est de 45 kilomètres, de l‘entrée sud-ouest à l’entrée nord de Manzanita. Le parcours est très vallonné, passant de 2’040 mètres à 2’594 mètres au point le plus élevé du parcours, pour redescendre à 1’800 mètres à la sortie du parc. La région est soumise à une activité volcanique depuis plusieurs millions d’années mais l’histoire récente du parc est liée au pic Lassen, qui culmine à 3’187 mètres et qui a joui d’une grande renommée à la suite de son éruption de 1915. Ici résidaient autrefois les indiens, vivant de chasse et de cueillettes. Puis, les colons débarquèrent au début du XIXème siècle. On a baptisé ainsi ce parc en hommage à Peter Lassen, un immigrant d’origine danoise, qui aida les colons se rendant en Californie. Quand on fait un court passage ici, on ne peut évidemment pas profiter du nombre élevé de balades dans ces paysages hors du commun. On comprend d’ailleurs pourquoi les droits d’entrée vont jusqu’à 7 jours. Mais si vous voulez profiter un jour de ce paradis, qui à notre avis, vaut bien une mention aussi élevée, si ce n’est plus, que d’autres grands parcs californiens, il faudra vous organiser pour le logement. Dans le parc, on ne peut guère faire que du camping près du Lac Manzanita. Il y aussi quelques cabanes, et les logements ne sont pas légion dans la périphérie du parc, dans un rayon de 20 kilomètres. La neige recouvre la plus grande partie du parc d’octobre jusqu’à la mi-juin ce qui fait que la route principale du parc est fermée durant toute cette période. Il n’y a donc guère que trois mois ouvrables pour passer ici.

 

Dès l’entrée du parc, vous allez trouver le lieudit Sulphur Works, qui porte bien son nom, avec l’odeur de soufre qui suinte de la roche. La plupart des sommets de la région sont d’anciens volcans endormis. De nos jours, le volcanisme dans le parc se limite à des fumerolles, des mares de boue chaude ou de l’eau bouillonnante. Dans les connaissances limitées du grand public, les volcans, ce n’est que du basalte. Mais, ce n’est pas toujours le cas. Ici, ces roches volcaniques sont avant tout des rhyolites et des dacites, qui ne sont pas des roches noires comme le basalte. Parfois aussi lorsque des conglomérats sont présents dans a roche, ces roches sont alors des pouzzolanes.
Comment expliquer la fascination qu’exercent sur nous les volcans ? On pourrait écrire des pages à ce sujet sans pour autant arriver à trouver un semblant d’explication rationnelle. Héphaïstos y forgea les flèches d’Apollon, l’armure d’Hercule et le bouclier d’Achille. Les éruptions n’étaient alors que les vomissements des forges divines. Aristote nomma ces lieux de cratères du fait de la ressemblance avec la forme des vases grecs. Ici, il n’y a plus de terrifiantes coulées de lave, de bombes, plus que de lave durcie où flotte un peu de la fumée des anciennes forges. Mais le soufre reste tout de même le parfum des ombres.

Images extraites de Urocande Wikilocs

Depuis Sulphur Works, la route CA-89 monte alors sur la montagne jusqu’au point le plus élevé du parcours.

Dans la plus grande partie du parc, les conifères grimpent presque au sommet de la montagne. Au-dessus, la route passe près de Emerald Lake. Sur le lac flottent de splendides fûts d’arbres qui doivent être là depuis la nuit des temps.
Juste à côté se niche un autre petit bijou de lac, celui de Helen Lake, un plus grand que le précédent. Le Lac Helen, un splendide lac glaciaire, tire son nom de Helen Tanner Bodt, qui en 1864, fut la première femme blanche à atteindre le sommet du Lassen Peak. Mais sûr que les indiens y sont montés de nombreuses fois auparavant. A cause de son altitude élevée (2’438 mètres), le lac est recouvert de glace et de neige épaisse la plus grande partie de l’année. Ici, on peut avoir jusqu’à 20 mètres de neige, faisant de ce lieu l’endroit le plus enneigé de Californie.
Alors, il n’est pas rare de trouver des résidus neigeux même aux mois de juillet et d’août. Pour un peu, on irait presque jusqu’à aller patiner sur le lac.

 

Si vous n’êtes pas trop pressés, prenez le temps d’aller jeter un coup d’œil à Bumpass Hell. Ce n’est qu’un petit kilomètre pour vous retrouver en enfer, comme le nom l’indique. C’est l’enfer oui, mais un enfer pavé de bonnes intentions, où on ne se fait pas griller la plante des pieds. Ici, la terre ou plutôt la roche émet des vapeurs d’eau un peu de partout, charriant des relents de soufre et d’odeurs indéfinissables. Cela pique un peu les poumons. Parfois, les fumerolles ressemblent à des cocottes-minute. D’ailleurs, on utilise parfois ce cadeau de la nature pour faire cuire ses œufs. Des idées saugrenues courent d’ailleurs sur la toile que cette odeur d’œuf pourri pourrait être une sorte de gaz du bonheur jusqu’à remplacer le Viagra pour la fertilité masculine. Dans ce monde naturel, irréel et magique, au milieu des miasmes irrespirables, on croirait voir des fantômes rodant dans les fumerolles.

Il y a encore un site infernal, beaucoup plus loin dans le parc, qui se nomme Devil’s Kitchen, la cuisine du diable. Bon appétit, mais nous n’irons pas le temps d’aller faire cuire nos œufs.

Depuis Bumpass, la route redescend vers l’aire de piquenique de Kings Creek. Ici aussi, il faudra marcher un bon kilomètre pour aller voir les chutes d’eau. De retour, on reprend la route vers Summit Lake, à 2’066 mètres d’altitude.

Ici aussi règne la plus grande harmonie, entre couleurs chaudes et paix sauvage. Le lac est un havre de paix, une étendue d’eau calme et d’un bleu soutenu uniforme, comme le sont généralement les lacs glaciaires froids. Les gens mangent ou campent sur les rives. Parfois un petit bateau ou une barque glisse sur l’eau, à l’ombre des grands pins.

Peu après, la route redescend alors vers la sortie du parc.

Nous arrivons bientôt au bout du parc près de Chaos Craig, un volcan éteint et pelé, avec d’innombrables amoncellements de cailloux. La sortie du parc est à Manznita Lake.

Section 3: De la Californie du Nord à l’Oregon.

 

Aujourd’hui, nous allons traverser les régions supérieures de la Californie du Nord pour arriver en Oregon, peu après Klammath Falls. Nous allons descendre progressivement dans de larges vallées, partant de 1’800 mètres d’altitude au bout du Lassen Volcanic Park pour arriver à 1’248 mètres au bout de l’étape. C’est une région très peu peuplée de Californie, assez riche en petites rivières où l’eau cascade avec grâce. Sur le parcours, les chutes d’eau les plus remarquables sont celles de Burney Falls et de Mc Cloud Falls, toutes deux proches de la CA-89.

Nous quittons le Lassen Park pour continuer dans les forêts de pins de la Californie du Nord. La route va descendre en pente continue pour arriver à près de 1’000 mètres d’altitude.
Nous quittons le Lassen Park pour continuer dans les forêts de pins de la Californie du Nord. La route va descendre en pente continue pour arriver à près de 1’000 mètres d’altitude.
Au bout de 67 km de route dans le même paysage la route arrive près des chutes d’eau de Burney, les plus belles de la région.
Nous entrons alors dans la région appelée Cascade Range (Chaîne des Cascades), une chaîne de montagnes qui traverse la Colombie Britannique au Canada, et les Etats de Washington, de l’Oregon et de la Californie du Nord, aux Etats-Unis. Cette chaîne de montagnes volcaniques, passe un peu plus près de l’Océan Pacifique que les Montagnes Rocheuses, plus au centre du continent. Dans cette chaîne, le point le plus élevé est le mont Rainier, près de Seattle, qui culmine à 4392 mètres. Demain, nous passerons près du Mont Sashta, avec ses 4’322 mètres. Cet arc volcanique, toujours actif, a commencé sa formation il y a 36 millions d’années. La dernière éruption du Mont Sashta date de 1786, celle du Mont Rainier de1894. Pour le grand public, le plus connu de ces volcans est le Mont Saint Helens, entre Portland et Seattle, qui s’est éveillé en 1980. L’éruption causa la mort de 57 personnes, détruisant maisons, forêts, ponts, routes et voies de chemin de fer. Considérez comme il est difficile de définir l’altitude des volcans. Un énorme glissement de terrain fit passer l’altitude du volcan de 2’950 mètres à 2’549 mètres, laissant à l’embouchure un large cratère de plus d’un kilomètre de largueur.

Extrait de SouthwestDesertLover                                                                                                                                                             Extrait de Bourrichon, Wikimidia commons

Burney Falls Memorial State parc se trouve au bord de la Chaîne des Cascades, entre le majestueux mont Shasta et Lassen Peak, deux gros volcans, l’un dans Lassen Volcanic Park, l’autre un peu plus loin sur la route. Avant d’aller jeter un coup d’œil à ces incroyables chutes d’eau, disons quelques mots de l’histoire de la région. Cela aide souvent à comprendre. Les indiens Achumawi vivaient ici au milieu des chutes d’eau, des lacs et des ruisseaux qui hantent la région, vivant comme tous les indiens de chasse et de cueillettes. Ils formaient les tribus de Pit River. Le nom Pit (fosse) fait référence à une méthode de chasse dans laquelle les chasseurs creusaient des fosses pour piéger les gros gibiers, ici surtout des antilopes, des cerfs et des wapitis. Saumons, truites, écureuils, canards et poules sauvages complétaient la nourriture. Les légumes étaient surtout les graines et les herbes. La rivière Pit est une rivière importante, constituant avec le Klamath et le Columbia River, les trois seules grandes rivières des États-Unis traversant la Chaîne des Cascades. C’est une rivière qui fait plus de 330 kilomètres de long, très courue aujourd’hui pour la pêche et le rafting, pour produire de l’électricité et pour irriguer les champs.

Au XIXème siècle, de nombreux indiens ont été emportés par les maladies importées des colons. Ils se sont alors retirés dans des réserves distantes. Mais, certains restent encore par ici, considérant la chute de saphir comme un endroit sacré. Ils restent donc, avec les fonctionnaires du parc, les gardiens du sol sacré.


https://pitrivercountry.com/

Après le parking payant, mais de somme modique, pour visiter le site ici, il y a 3 sentiers différents, le Falls Loop, le Burney Creek Trail et le Headwaters Loop Trail, qui débutent tous vers le Visitor Center près du parking. On peut donc suivre un petit chemin balisé qui se balade près de la rivière, admirer les chutes d’eau de divers points de vue. C’est un chemin facile, souvent goudronné, un chemin pour vrais américains, souvent en surpoids, où on peut même se balader en chaise roulante. Vive l’Amérique pour ce point particulier ! Mais, si vous voulez faire le tour, ce que vous allez sans doute faire, tant c’est magnifique ici, ce sera une petite balade de moins de deux kilomètres.
Theodore Roosevelt a qualifié les chutes d’eau de Burney de 8ème merveille du monde, comme tous les heureux qui croient que même le crottin fait par leur cheval rend jaloux tout le monde, comme le chantait Brassens. C’est incroyable ce que le chauvinisme et l’orgueil national tiennent une grande place dans le monde. Mais tout de même ! Roosevelt a dû aller visiter les chutes du Niagara, au nord du pays, entre le Canada et les Etats-Unis, chutes quand même un peu plus impressionnantes que celle-ci.
Vous êtes rapidement en contact avec un grand mur végétal recouvert de mousse, d’où jaillissent les eaux vives tonitruantes qui tombent en s’éclaboussant sur la petite rivière de Burney, ainsi que de nombreuses sources émanant de la falaise de roches volcaniques, qui se perdent dans un grand bassin d’eau translucide, où les plus courageux peuvent faire trempette, en fonction de la saison.
La cascade de 39 mètres de haut semble jaillir de nulle part. Certes, il s’agit de l’une des chutes d’eau les plus spectaculaires de l’ouest du pays, mais elle reste de dimensions modestes. Les chutes du Niagara, et il y en a trois, tombent d’une hauteur de 52 mètres. Au coeur du parc national d’Iguazu, au Brésil, et de ses mythiques chutes d’eau, la garganta del diablo fait 80 mètres de haut. Les chutes Victoria, sur le Zambèze, peuvent atteindre 108 mètres, faisant partie des chutes les plus spectaculaires au monde. Mais en termes de record de hauteur, on est à 979 mètres de hauteur, au Saut de l’Ange, au Venezuela. La cascade fait deux bonds, un premier saut de 807 mètres, et un second modeste de 15 mètres. Alors monsieur Roosevelt, tout de même !

Les chutes d’eau, leurs emportements créent toujours une grande fascination. L’eau rejaillit sans cesse, rebondit en vagues tourbillonnantes, éclate de couleurs, de murmures, de fracas. Elle s’emporte, pleine d’émotion ou de fureur, et se déverse, blanche d’écume, moutonnante, avec fracas au bas de la chute.

Vous pouvez alors quitter le point de vue, partir dans la jungle luxuriante, pour suivre les méandres de la rivière tourbillonnante.
Vous reviendrez alors sous la chute, presque les pieds dans l’eau. Ici, nul moyen de trouver le silence. Il vous faudra hausser la voix pour vous faire entendre dans le vrombissement de la chute d’eau. L’impressionnant mur d’eau vous accueille à nouveau, jaillissant des anfractuosités du basalte recouvert d’un tapis de mousse et de fougères, au milieu des jets d’eau et des arcs-en-ciel dessinés par la lumière.

Les ondes parfois entrouvrent un fond d’algues et de mousses vertes. L’eau roule, rugit avec férocité, se démultiplie en écumes de bonheur et de fraîcheur. C’est un spectacle de blanc, de vert et de bleu, une musique symphonique pour grand orchestre.
Le chemin suit alors la rivière qui roule, tout de même assez tumultueuse sur les gros rochers, pour revenir au Visitor Center. Le parc doit son nom à Samuel Burney, un natif de Caroline du Sud, qui a vécu dans la région à la fin du XIXème siècle. La terre, qui au départ des indiens a vu les paysans et les trappeurs y arriver, est devenue officiellement un parc d’état en 1926. Dans ce pays, où la lave a coulé en abondance, la forêt est riche en variétés de pins. Mais, on y trouve aussi des Douglas, ces arbres de l’Oregon, qui sont des variétés de sapins. Mais on trouve aussi des chênes et des érables, que nous avons rarement rencontrés jusqu’ici en Amérique du Nord. Ici, vous pouvez planter votre tente, louer une cabine, naviguer sur le lac Britton, aller à la pêche, si vous aimez l’eau froide.
De Burney Falls, nous suivons toujours la CA-89, en direction de McCloud Falls, à 60 kilomètres d’ici. La route traverse toujours les forêts de pins. Pour gagner les chutes d’eau, il faut sortir un peu de l’axe principal.

Il y a divers points d’accès, mais si vous venez de Burney, le mieux est de gagner directement Middle Falls. De nombreux américains viennent visiter le site, car le parking est gratuit. Si vous êtes pressés, vous pouvez éviter le canyon et voir Middle Falls et Upper Falls en voiture. Sinon, prenez la végétation dense du canyon d’une chute à l’autre, mais c’est presque deux kilomètres. On dira que la troisième chute, Lower Falls, est une chute un peu décevante.

mountshastatrailassociation.org/trails/mccloud

Évidemment qu’après la visite de Burney Falls, vous n’allez pas vous enthousiasmer de voir Middle Falls, la plus belle des trois, une petite chute de moins de 10 mètres de hauteur. Malgré tout, la nature est belle, sauvage ici, dans les roches volcaniques, et il y a nettement moins de monde qu’à Burney.
De McCloud Falls, c’est 160 kilomètres pour gagner Klamath Falls. Évidemment quand on visite un pays aussi grand que l’Amérique, on est serré par le temps et on passe souvent la majeure partie de la journée en voiture. Assez rapidement, on voit grandir le Mont Sashta sur sa droite.

Il vaut mieux quitter un peu le véhicule pour améliorer cette merveille isolée, solitaire. Dans la région, il n’y a guère que le mont Rainier, que l’on verra plus tard, qui est aussi majestueux. Ce qui est étonnant, quand on a l’habitude des montagnes d’Europe est la présence solitaire des ces volcans géants qui sont apparus en fait dans des régions assez plates.

Bientôt la CA-89 quitte les forêts pour la plaine, qui ressemble à une grande steppe rasée.
La CA-89 s’achève ici lorsqu’elle rejoint un bout la grande autoroute 5 qui traverse toute la Californie. Il y a nettement moins de monde qu’au centre de Los Angeles, ici. L’autoroute contourne le Mont Sashta. Nous quittons l’autoroute à Weed (3’000 habitants), qui vivait autrefois du bois et possédait, dit-on, la plus grande scierie du monde. Il n’y a plus grand chose ici, si ce n’est des brasseurs de bière.
Nous avançons alors sur la US-97, avec parfois quelques forêts, mais le plus souvent la plaine rase.
Nous arrivons alors dans la banlieue de Klamath Falls. Nous croisons alors de très nombreuses dérivations de la rivière Klamath.
La route traverse alors la grande rivière de Klamath, pour arriver à Klamath Falls (21’500 habitants). Il n’y a rien à faire ni à voir dans la ville. Contrairement à ce que le nom suggère, il y a bien une grande rivière ici, mais il n’y a pas de chute d’eau. Mais, il faut bien s’arrêter quelque part, car il n’y a que de la misère en logements à Crater Lake, le lendemain.

Section 4: Dans la majesté de Crater Lake.

 

Aujourd’hui, c’est la splendeur de Crater Lake qui est sur notre chemin. Le Mont Mazama et son cratère sont dans la Chaîne des Cascades, au sud-ouest de l’Oregon. L’Amérique est un pays incroyable. Vous dire que c’est seulement en 1853 qu’un américain blanc de Portland est venu par ici pour la première fois. Pour les indiens qui vivaient ici, Crater Lake serait né de l’affrontement de la divinité du feu qui résidait sur le Mont Mazama et de la divinité de la neige qui régnait sur le mont Sashta. C’est cette dernière qui gagna le combat et laissa derrière elle la caldeira, présente aujourd’hui.Quand vous arriverez ici, vous aurez le sentiment que tout le volcanisme s’est éteint depuis fort longtemps. Détrompez-vous. Les experts sont persuadés que cela pourrait recommencer dans le futur. Tout cela dépend du combat des plaques tectoniques qui se glissent les unes sur les autres. Certains experts ont même situé l’endroit où, avec le plus de probabilité, un nouveau volcan pourrait surgir d’en-dessous de l’eau à l’Ouest du cratère actuel. Mais, on vous avertira, pour sûr, à l’avance.

De Klamath Falls à Crater Lake, comptez une centaine de kilomètres. Aujourd’hui, nous monterons moins haut que précédemment. Nous partons de 1’200 mètres d’altitude pour arriver au début du parc de Crater Lake à 1’900 mètres. Au départ de Klamath Falls, la US-97 longe le grand lac de Upper Klamath Lake, dans une plaine qui ressemble à une grande steppe.
Plus loin, après la rivière Williamson, les majestueuses forêts de pins, dont on ne se lassera jamais, sont de retour.
Avant Chilokin, où de nombreux touristes font halte à cause de la déficience des logements à Crater Lake, la US-97 cède la place à la OR-62, qui s’en va dans les forêts.
La route arrive plus loin à l’entrée du parc.
Ici, les droits d’entrée sont un peu plus élevés que dans Lassen Park, mais le prix est toujours le même que vous restiez un jour ou 7 jours. Il vous coûtera 30$ pour le véhicule et 15$ par personne.

La route fait de nombreux virages dans la forêt avant d’arriver à la hauteur du cratère à Rim Village. On peut bien sûr se balader à pied autour du lac, il y a quelques chemins de randonnée. Mais le flot des touristes généralement se contente de faire quelques photos près de Rim Village, près des Visitor Centres, puis de faire le tour du lac, sur le Rim Drive historique. Le tour du lac sur le Rim Drive est de 53 kilomètres. Il y a de nombreux parkings, des points de vue, et parfois aussi des explications sur la formation du cratère.

Depuis Rim Village, les lèvres du volcan sont à portée de mains et de caméra. Le terminus de la route se trouve à 2’156 mètres. En contre-bas, le niveau de la nappe lacustre est à 1’882 mètres. C’est donc de 275 mètres que l’abîme se creuse sous vos pieds et la dénivellation est encore plus forte si vous gravissez les côtes rocheuses qui se découlent devant vous, en murailles semblables à des ruines.

Quand on vient ici pour la première fois, et même plus tard, c’est l’enchantement total qui vous étourdit complètement, un instant où le sublime accède à une sphère supérieure, un moment d’éternité indomptable qui vous fait chavirer jusqu’à perdre l’équilibre. Les appareils photos crépitent pour immortaliser l’instant suspendu.

Il y a environ 500’000 ans, la lave du Mont Mazama, où nous sommes, s’est accumulée, créant un cône de 3’550 mètres de hauteur. Vers 5700 à 4800 av. J.-C., une éruption gigantesque répandit des millions de tonnes de cendres à des centaines de kilomètres de distance, jusqu’au Nevada et en Colombie Britannique, au Canada. C’est lors de cette éruption volcanique que se forma la caldeira (cratère). Le volcan passa ainsi de 3’500 mètres à 1’900 mètres. La dépression ainsi formée se combla alors progressivement d’eau de pluie et de neige pour former le lac actuel. Par rapport à ces événements vertigineux, aujourd’hui, par chance, les mouvements terrestres sont plus restreints, et même malgré le réchauffement climatique. Le mont Saint Helens n’a perdu que 150mètres de hauteur en 1980. Mais tout de même !
Mais pourquoi donc l’eau est-elle si bleue ? L’eau est transparente à l’état pur. Et pourtant, elle apparaît le plus souvent bleue, parfois verte, ou même grise. La couleur verte provient en grande partie des minéraux, des algues, et des micro-organismes végétaux contenus dans l’eau. La différence de teintes de l’eau provient bien un peu du ciel, mais surtout des rayons du soleil et de lumière qui frappent l’eau. La lumière forme tout un spectre de couleurs, décomposé par l’arc-en-ciel, en rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet. Ces couleurs sont plus ou moins bien absorbées par l’eau lorsqu’elles la traversent.
Lorsque le rayonnement solaire percute la surface de l’eau, une partie est réfléchie et l’autre est réfractée et pénètre dans l’eau. Ce sont les ondes rouges et jaunes qui disparaissent en premier, entre 10 et 30 mètres de profondeur. Vers 60 mètres, le vert disparaît à son tour et il ne reste plus que le bleu, qui finit d’être absorbé vers 90 mètres de profondeur. Par conséquent, la couleur qui est la plus réfractée par les eaux profondes est le bleu. Plus bas, tout est noir dans les abysses.
Dans tous les parcs américains, mais aussi de plus en plus en Europe, on ne supprime pas les vielles souches, qui vivent alors leur lente et belle mort, pour notre plaisir des yeux.
Tout près de l’endroit où se massent les touristes, il y a un petit sentier qui s’en va dans la nature sauvage. Alors ici, on voit mieux les pentes abruptes du cratère, un petit îlot hétéroclite, hérissé de pointes effilées. Il y a encore parfois quelques traces de neige, même si on est en plein été. Il n’y en a néanmoins moins qu’à Lassen, car nous sommes 500 mètres plus bas.

Ici, les pins sylvestres ont grandement fondu au profit de grands sapins effilés, qui sont pour la plupart des pins Douglas d’Oregon ou des pruches. Les roches qui dominent ici sont des dacites, des andésites, des tufs et des brèches, toutes roches volcaniques. Plus rares sont les cônes basaltiques.

Jetons un dernier coup d’œil circulaire au cratère pour apercevoir l’Ile Wizard (L’île du sorcier), un cône de cendres et de scories, une petite île de 1,28 km2 , à l’ouest du lac. Son sommet culmine à environ 2’110 m d’altitude, soit près de 200 m au-dessus du niveau moyen du lac. Le sommet de l’île possède un cône volcanique de 150 m de diamètre pour 30 m de profondeur. Les pentes, en partie boisées, sont extrêmement raides et se présentent comme des barrières infranchissables, dont nulle grève ne précède le pied.
Au Village Rim, plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez soit redescendre à l’entrée sud et prendre le grand axe de la OR-62, par lequel vous êtes arrivés. Les deux autres options sont de longer le lac par une des deux rives. Le meilleur choix est de prendre le East Rim Drive, ce qui vous permettra de profiter des magnifiques pyramides qui couronnent la vallée en-dessous. Après une bifurcation, la route  de Pinnacles Road conduit à une impasse, où vous pouvez vous balader sans risque au-dessus de l’alignée des pyramides.
Ici, le spectacle est au rendez-vous. Ces imposantes formations rocheuses en forme d’aiguilles, font saillie du fond du Sand Creek Canyon. Au cours de quelques heures sans doute, d’énormes coulées sont descendues du mont Mazama et ont déposé ces masses de plus de 100 mètres de hauteur en pierre ponce, scories, cendres, et fragments de roches volcaniques, des cristaux minéraux et de fragments de roche. Puis, au fur et à mesure que la surface de la pierre ponce chaude se refroidissait au fil des ans, de la vapeur et des gaz ont été libérés par les roches chaudes situées en dessous à travers des évents et des fractures. Ici, on retrouve par couches des dacites, des andésites, au milieu des scories et des brèches. Alors, avec le temps, des minéraux se sont recimentés à l’extérieur pour former des tufs, nettement plus résistants à l’érosion, qui ont donné les pyramides. En raison des intempéries par le vent et l’eau, les pyramides ont commencé à se démarquer comme des flèches au cours des 7’700 dernières années.

Depuis les pyramides, vous rejoignez alors le East Rim Drive. La route passe souvent à l’écart du lac, mais parfois vous avez accès au lac, si vous voulez goûter à la fraîcheur de l’eau ou alors prendre un petit bateau pour aller sur l’île de Wizard. Plus loin, au bout du lac, vous rejoignez le West Rim Drive pour gagner l’extrémité du parc.
En sortant du parc, la route traverse un immense désert de pierres ponces et de scories volcaniques. C’est le Punice Desert (punice, pierre ponce). Ces dépôts remontent aux périodes d’explosion du volcan. Parfois, elles forment des tapis d’une épaisseur de près de 50 mètres. Aujourd’hui, les pins essaient de gagner du terrain sur cette immensité, qui se traîne de nombreux kilomètres. Plus loin, la route abandonne le désert volcanique pour la vraie forêt de pins.
La petite route de Crater Lake rejoint alors la route OR-138. Devant soi, on aperçoit sous la neige le Diamond Peak, un volcan éteint s’élevant à 2 666 mètres d’altitude dans la chaîne des Cascades. Aujourd’hui, on s’arrêtera au bord de Diamond Lake.

Il n’y aucune raison qui vous incite à vous arrêter ici. Mais, si vous n’avez pas réservé longtemps à l’avance à Crater Lake, jamais vous ne trouverez de place libre. Il y a 71 chambres à Crater Lake Lodge, à Rim village, et 40 cabines à Mazama Village, au bas du lac. C’est tout. Mais, sur tout le parcours, des auberges, de qualité souvent moyenne, sont nombreuses. Certains gens pressés pousseront encore plus loin, certains jusqu’à Eugene, à 250 kilomètres d’ici.

Section 4: Dans les chutes d’eau de Cascade Range.

 

Aujourd’hui, c’est une longue route qui vous mène à Portland, la capitale de l’Etat d’Oregon. C’est une étape grossièrement divisée en deux, mais évidemment cela dépend du découpage que vous allez organiser durant le voyage. La première partie se résume en une grande visite de chutes d’eau dans la vallée de l’Umpqua. Dans la deuxième partie, c’est une grande traversée des plaines et des collines, le long de l’autoroute 5, en passant par de grandes villes comme Eugen ou Salem, pour arriver à Portland. C’et là que vous allez rencontrer les vignes de la Willamette, célèbre pour son pinot, le pinot de l’Oregon.

Depuis Diamond Lake, nous suivons toujours la OR-138 dans les forêt de l’Oregon, ici riche en petits ruisseaux, tout le long de la route. Progressivement, les pins Douglas de l’Oregon ont pris la place des pins sylvestres. Ce sont des arbres nettement plus élevés, qui peuvent parfois grimper à plus de 60 mètres de hauteur. On trouve aussi en abondance des pruches, appelés aussi tsugas. Ces arbres sont en fait des pins de grande taille, que l’on trouve en abondance au Canada et en Amérique du nord. Nous n’en avons pas de nombreux exemplaires en Europe occidentale.
Rapidement, après une vingtaine de kilomètres, se présente la première chute d’eau, Clearwater Falls, sur la rivière du même nom. Ici, les chutes d’eau ne sont pas très impressionnantes, mais le site est charmant et ne demande aucun effort.
Une vingtaine de kilomètres plus loin, c’est Watson Falls sur le ruisseau Watson. Ici, la chute est nettement plus spectaculaire, à 82 mètres de hauteur. C’est la troisième chute en hauteur de la région. Si vous voulez faire un peu d’exercice, vous pouvez suivre le sentier le long de la chute d’eau, en passant par les escaliers et les sous-bois, au milieu des fougères, de la mousse, des érables et des Douglas.
Dans la région, presque parallèle à la route, il y a un long sentier de plus de 100 kilomètres, le North Umpqua Trail, ouvert aux randonneurs et aux campeurs.
Les chutes d’eau de Toketee Falls sur l’Umpqua river, sont juste à deux pas. “Toketee” signifie “beau, rempli de grâce” dans la langue indienne Chinook, et définit bien cette chute d’eau synonyme de grand charme.
Ici, la chute d’eau n’est pas directement visible. Il faut suivre un sentier, puis des escaliers, au milieu des Douglas, des pruches, des cèdres rouges et des érables. La forêt est très humide, au milieu des hautes fougères et de la mousse. Les escaliers conduisent à un éperon rocheux dominant la rivière. Puis, ils vous amènent un peu plus bas sur une terrasse de bois enroulée autour d’un grand Douglas, qui fait face à la chute d’eau s’écoulant dans un amphithéâtre de basalte.
Toketee Falls est haute au total de 36 mètres, avec une première chute de 12 mètres qui se jette dans un premier bassin à mi-hauteur, puis une seconde chute plus importante de 24 mètres de hauteur.
Au cours des millénaires, la rivière North Umpqua a creusé une gorge dans une coulée de lave de basalte, créant l’une des cascades les plus célèbres de l’Oregon. Cette cascade n’est ni la plus haute ni la plus majestueuse, mais les couleurs sont vives, l’eau claire, et le vacarme tonitruant de l’eau qui gicle sur la colonne de basalte assez étourdissant.
Sur le trajet, il y a encore d’autres chutes d’eau, mais on ne peut, faute de temps, donner un coup d’œil à toutes. A partir de Toketee Falls, c’est 42 kilomètres sur la OR-138, le long de la rivière North Umpqua pour trouver la prochaine chute d’eau importante à Fall Creek Falls.

Ici aussi, à travers la jungle luxuriante, les grands conifères et les gros rochers volcaniques, vous atteindrez le bas de la cascade qui se divise en plusieurs parties distinctes. La dernière cascade, la plus spectaculaire mesure 15 mètres de hauteur. C’est une gorge où coule sur les basaltes la rivière de Fall Creek qui se jette dans l’Umpqua River.

La OR-138 suit encore la rivière pendant une trentaine de kilomètres. Alors ici, le paysage change. Nous sommes sortis de la grande forêt de la vallée de Umpqua. Puis, nous nous approchons de la ville de Roseburg (24’000 habitants), pour prendre la grande autoroute 5, qui vient du sud de la Californie.
Ce sont 115 kilomètres à partir d’ici pour rejoindre Eugene la deuxième ville de l’Oregon. Ici, la vie change. Elles sont loin derrière nous les belles et énormes forêts de l’Oregon. Mais, cette région n’est pas si dense que cela en population. Après avoir traversé la North Umpqua River, l’autoroute passe dans la campagne près de Sutherlin (8’000 habitants).
Mais ne croyez pas que les forêts ont complètement disparu. C’est juste une plaine un peu plus large où on a sans doute rasé les arbres pour laisser passer le trafic.
L’autoroute arrive alors à Eugene. Dès que vous arriverez du côté de la rivière Willamette, vous serez à deux pas du centre-ville. Nous ne garderons pas un souvenir éblouissant de cette grande ville (171’000 habitants), qui est devenue aujourd’hui la troisième ville de l’État, dépassée par Salem.

Section 5: Entre chutes d’eau et vignobles.

 

 

 

Aujourd’hui, la route nous mène vers Portland, la capitale de l’État d’Oregon.


Mais, il y a diverses manières de procéder. Vous pouvez prendre l’autoroute 5 qui vous y conduit directement. Mais alors, vous n’allez guère profiter du pays. D’abord, c’est une région de vignobles.

Sur le drapeau marine et or de l’Oregon, le castor est à sa place. Mais aujourd’hui, un cépage, le pinot noir est devenu l’emblème du pays. La Bourgogne française a émigré par ici, non seulement avec son cépage, mais parfois aussi avec ses vignerons. De grandes caves françaises ont établi des succursales dans le pays. Si la Californie truste la première place du vignoble américain avec près de 90% des vins, il reste ailleurs un peu moins de place, à moins de produire des vins exceptionnels. C’est le cas de l’État de Washington et de l’État de l’Oregon. Si on devait faire un parallèle avec la France, on dirait que Washington, c’est le bordelais et son cabernet, l’Oregon, c’est le pinot, comme en Bourgogne. Le climat est aussi plus tempéré ici, plus brouillardeux en automne pour produire d’excellents vins.

Le pinot noir, c’est 62 % de la production de l’Oregon. Mais, le vignoble n’est pas gigantesque. Il représente à peu près un tiers de la surface viticole de Bourgogne. Mais, en qualité, c’est souvent assez équivalent. Et de nombreux français, à leur habitude n’arrivent pas à comprendre que parfois dans les concours, les Pinot d’Oregon supassent le Pinot de Bourgogne. Gustativement, ils sont un peu différents, possédant moins le nez classique du Pinot européen, mais en saveur, il y a de grandes merveilles, tout aussi chères qu’en France. Géographiquement, le vignoble est sur les mêmes parallèles que les vignobles français.

Willamette Valley est la principale région de production. A elle seule, elle concentre les trois quarts des vignobles et des 500 caves de la région. L’autre partie des vignobles est à au niveau de Columbia River, à la limite de l‘État de Washington. Les vignes s’étendent de Eugene à Portland, dans une vallée de petites rivières qui rejoignent la Willamette. Dans la vallée, les hivers sont humides, frais et doux, les printemps souvent pluvieux, les étés chauds avec des nuits fraîches, tout ce qui convient bien au pinot. Il y a un certain nombre de climats, d’appellations : Chehalem Mountains, Dundee Hills, Eola-Amity Hills, McMinnville, Ribbon Ridge, Yamhill-Carlton. Nul n’est l’objet ici de donner une classification d’importance de ces terroirs ou de vous livrer les secrets pour dénicher les meilleurs. On dira simplement ici que le grand gourou des vins Parker, possède ici un domaine dans Ribbon Ridge, mais ce n’est pas le meilleur pinot d’Oregon que nous ayons goûté. C’est toute de même un paradoxe que Parker possède des vignes plantées en pinot, lui le grand admirateur de tous les cépages corsés de la planète, dont surtout les vins issus de cabernet et de merlot. Dans Willamette Valley, vous trouverez aussi un peu de syrah, mais très peu de cabernet ou de merlot. Par contre de nombreux cépages blancs montent dans les concours, des vins à base de pinot gris, chardonnay, viognier ou riesling.

Lorsque nous sommes remontés de Eugene vers Salem, avant Portland, nous avons pris de petites routes dans l’espoir des voir de près les vignobles de la Willamette. Mais, dans la très grande majorité de cas, ils ne sont pas sur les axes routiers principaux. Il faut prendre de toutes petites routes, parfois en terre battue, pour se mettre quelques ceps sous la pupille. Le vignoble ici, n’est pas concentré comme en Europe. Il est dispersé un peu partout sur les collines. La seule chose tangible est la présence des caves, toutes regroupées dans les localités. Alors, ici, si vous voulez vous arrêter pour contempler le vignoble, il n’y a que les caves dans les villages. Parfois, certaines dégustations sont même payantes.

Tout cela pour vous dire que si vous n’êtes pas un admirateur inconditionnel des vins, vous pouvez vous solder les petites routes, et suivre directement l’autoroute A5 vers Salem. Du pinot de l’Oregon vous en boirez peut-être à l’étape (cela peut être parfois grandissime), car pour ce qui est de l’importer en Europe, c’est la croix et la bannière. Le marché est petit et l’Amérique est un grand pays. Une fois que vous êtes arrivés à Salem, un petit détour vers le Parc National de Silver Falls est incontournable. C’est la plus belle chute d’eau de Cascade Range, et vous ne pouvez manquer ce spectacle. Dès la sortie de Salem, la route s’en va sur OR-22, où après les grandes étendues agricoles reviennent les forêts, puis sur la OR-124, qui traverse Silver Falls.

Silver Falls Park est le plus grand parc de l’Oregon. Il y a deux entrés le long de l’OR-124, L’entrée Sud est la plus fréquentée. Il y a un grand parking, des tables de pique-nique, des barbecues, un magasin de souvenirs et de nature et une cafétéria, à deux pas de South Falls. L’entrée Nord est plus haut, à côté de la cascade de North Falls. L’accès au parc est payante, mais modeste (5$ par véhicule) et se fait par des bornes automatiques à l’entrée du parc.

Dans ce parc incroyable, vous avez tous les choix, entre petites balades sans forcer, juste pour le plaisir, jusqu’à la traversée de toutes les cascades sur le Ten Falls Trail (le parcours des 10 chutes). Les plus pressés iront d’un parking à l’autre admirer les chutes de South Falls et de North Falls, mais vous êtes bien évidemment plus courageux que cela, vous allez partir sur le Ten Falls trial, mais ici, si vous ne voulez pas aller jusqu’à North Falls, il y a une possibilité de retour plus rapide après Middle Falls vers le départ. Il en est souvent ici quand on visite les pays au pas de course. Dommage !

Alors, en route pour South Falls. Un chemin tracé dans la jungle luxuriante vous y conduit. Ici, l’humidité est si forte que la mousse a colonisé les arbres qui apparaissent comme des fantômes avec leurs bras déchiquetés.
A l’approche de la chute d’eau, le sentier, creusé en partie dans la roche, poursuit sa marche à flanc de falaise, descend un peu pour vous trouver en face de la chute.

Quand on voit la chute d’un peu loin, on ne se dirait pas à priori que l’on se trouve devant une chute d’eau aussi spectaculaire. Mais, c’est tout de même une chute de 54 mètres de hauteur, dans un spectaculaire amphithéâtre de pierres volcaniques.

Mais quand on s’approche de la cascade, chaque pas modifiant toujours un peu plus la perspective, on se trouve devant un rideau d’eau fascinant, spectaculaire, incroyable, à vous donner des frissons dans le dos.
Plus vous approchez, plus vous voyez que l’eau gicle avec fracas dans le fond de l’amphithéâtre. Le vacarme de l’eau est si assourdissant que l’on n’entend plus se parler.

Où dans le monde a-t-on le privilège de marcher derrière une cascade ? Alors ici, l’eau coule en gouttes fines et lumineuses et la roche vous fait comme un grand parapluie. Vous pourriez rester des heures à contempler, les yeux grands ouverts, cette image de bonheur qui vous descend du ciel.

De South Falls, une cinquantaine de mètres plus bas, le chemin descend dans la jungle luxuriante, les érables, et les fougères sans nombre vers un petit pont.

A deux pas se trouve Lower South Falls, Mais, ne croyez pas que les chutes d’eau sont à quelques mètres les unes des autres. Il faut parfois suivre une marche prolongée ou quelques dénivelés. Cette chute d’eau fait aussi partie du Maple Ridge Loop. La cascade est moins élevée, ne faisant que 28 mètres de hauteur (dérisoire, non ?), mais elle est magnifique aussi, et on peut également passer sous le rideau d’eau.

Bien plus long que Maple Ridge Loop, Winter Falls Loop, qui en est extension, part aussi du parking de South Falls, mais comme vous êtes déjà à Lower South Falls, vous avez déjà fait une partie du trajet. Alors ici, vous suivez le Canyon Trail pour gagner successivement les cascades de Lower North Falls et de Double Falls. Lower North Falls n’est pas très spectaculaire. Elle ne fait que 9 mètres de haut. Par contre, Double Falls, qui se trouve dans un petit cul-de-sac, tombe de haut, de ses 54 mètres. Elle est de la même hauteur que South Falls.
On voit tout de suite pourquoi elle se nomme ainsi. On ne peut passer ici sous le rideau d’eau, mais la chute est double, tombe en deux fois. Vous pourriez avoir le sentiment qu’l n’y a pas beaucoup d’eau ici. Certes, il y en a moins qu’à South Falls, mais quand vous vous trouvez au bas de la chute, vous constaterez vite que l’eau gicle à tel point qu’il vaut mieux ne pas s’en approcher tout près.

Un peu plus loin, le sentier passe près de Drake Falls, une petite chute d’eau, de 8 mètres de haut, mais difficile d’accès. Par contre, il n’y a aucun risque à Middle North Falls, que certains considèrent comme la plus spectaculaire de tout le parc, du moins celle où on a la possibilité de se mouiller le plus. L’eau gicle sur le basalte, de ses 32 mètres de haut. Des siècles d’érosion ont creusé la roche, et un chemin a été aménagé pour pouvoir se glisser sous le grand parapluie qui vous protège de l’eau, non des éclaboussures. C’est envoûtant et spectaculaire à la fois.

A partir d’ici, le mieux est de revenir vers le parking. Vous passerez alors devant Winter Falls, dont l’eau ne fait que ruisseler en été, et en suivant le Rim Trail, vous gagnerez le parking et ses facilités. C’est tout de même beaucoup plus d’un kilomètre de marche. A partir de là, vous reprenez votre véhicule pour gagner North Falls, avec un petit parking et des escaliers qui vous mèneront derrière la cascade de 41 mètres de haut. Ici encore, abrités par la voûte de basalte, vous aurez toujours la même impression de majesté, de fascination et de grandeur.

Depuis Silver Falls Park, nous continuons sur la OR-214. Nous retrouvons assez vite la campagne puis les forêts du côté de Silverton. Ici, la forêt a changé. Les confères ont fondu pour céder la place aux feuillus, dominés nettement par les érables. Nous ne sommes pas très éloignés du Canada.
De Silverton (10’000 habitants) nous prenons la OR-213, dite aussi Cascade Highway. Ce n’est pas une autoroute mais une large route de campagne peu fréquentée. L’État d’Oregon n’est pas très peuplé. Il y a seulement 4 millions d’habitants, et le gros de la population vit à Portland, Salem et Eugene. Dès lors, le long de la route on ne voit guère que des lotissements isolés ou de très petits villages dispersés.
Après 60 kilomètres de traversée de la région depuis Silver Falls Park, surtout en campagne, la OR-213 se charge nettement. Nous sommes ici déjà dans la grande banlieue de Portland. Plus loin, nous quittons la OR-213 pour l’autoroute 205, vers le Nord.
Nous allons aujourd’hui éviter Portland, passer près de l’aéroport international, sortir de l’autoroute A-205 pour l’autoroute A-84, qui s’en va vers l’est, et nous diriger vers la périphérie, à Troutdale, près de Columbia River. Il n’y a bien évidemment aucune raison de s’arrêter ici, plutôt que là, mais ici nous sommes plus proches du grand parc de Columbia Gorge.

Section 6: De Columbia River Gorge à Portland.

 

Aujourd’hui, ce sera une journée calme au niveau de la route. Nous irons juste faire un petit tour à Columbia River Gorge pour revenir au downtown de Portland.

Nous étant arrêtés à Troutdale, dans la grande banlieue de Portland, nous continuons sur l’autoroute A-84, avant de traverser la grande rivière de Sandy River, et de bifurquer rapidement à droite sur Historic Columbia River Highway.
C’est une route magnifique, peu fréquentée, qui tourne beaucoup, qui suit d’abord la Sandy River, pour se retrouver bientôt sur les rives du grand fleuve qu’est Columbia River, le fleuve qui fait frontière entre l’Oregon et l’État de Washington.

Quand vous arriverez à Vista House, avec une magnifique vue sur la rivière, vous entrez dans le parc de Columbia River Gorge.

Un des premiers circuits du parc est celui de Latourell Creek, dont vous voyez la chute depuis la route. Ici, chaque chute d’eau a droit à un circuit. Ces circuits se rangent entre une promenade aisée à une excursion plus difficile, voire presque à risque.

Vous comprenez bien quand vous voyez l’étalage possible des parcours disponibles, qu’il vous faudrait nettement plus d’une semaine pour en faire le tour. Les gorges et les chutes d’eau s’étendent sur près de 100 kilomètres, la plupart en Oregon, moins dans l’État de Washington. Nous renoncerons donc à vous montrer des images de ces trails, car nous n’en avons parcouru qu’une partie infinitésimale.

Alors, juste pour vous en faire une idée, voici l’impressionnante chute de Multnomah, à 189 mètres de hauteur, qui chute en deux tronçons. C’est la plus haute chute de l’Oregon, mais au classement mondial elle n’est que le numéro 434. Dérisoire non, par rapport au vertigineux saut de l’Ange au Venezuela qui tombe quasi de 1’000 mètres de hauteur !
Si vous n’allez pas plus loin que Multnomah Falls, vous pouvez revenir depuis le parking sur Historic Columbia River Highway, et un peu plus loin bifurquer sur l’autoroute A-84, qui vous conduira à Portland downtown.
La capitale de l’Oregon n’est pas Portland. C’est Salem, avec ses 160’000 habitants. Mais Portland est la plus grande ville, avec 653’000 habitants. Mais en fait, vous vous apercevez bien en revenant de l’autoroute A-84, que vous êtes rapidement en ville. Le grand Portland regroupe 2’475’000 habitants, plus de la moitié de la population de l’État.

C’est une ville neuve. En 1850, Portland compte 800 habitants, une scierie, un hôtel et un journal. Elle sera fondée la même année, pour devenir un grand port pour transporter les marchandises, avant que n’arrive le train. La ville, aujourd’hui surnommée la “cité des Roses”, à cause de ses nombreux parcs, est un exemple de cité écologique, à l’instar de Seattle. Elle comporte une grande collection d’immeubles verts et occupe la place de No1 mondial dans le recyclage des déchets. C’est aussi le siège social de Nike, ce qui est moins écologiste. Columbia River borde la ville au nord, mais la rivière principale est la Willamette qui coupe la ville en deux.

Le downtown n’est pas tentaculaire, comme dans les grandes villes américaines, et le ciel ne se peuple pas de très nombreux gratte-ciel. Ici, les gratte-ciels sont souvent plus à taille humaine. De nombreux ponts traversent la rivière.
Il y a ici une très belle promenade sur la jetée de la rivière qui vous même à Old Town.

La ville est renommée pour sa culture excentrique et avant-gardiste. Parmi les spécialités locales, on note les murs peints, réalisés par des subventions de la municipalité. Ici, et cela ne vous étonnera guère, on vote démocrate, comme sur toute la côte Ouest.
La vielle ville ressemble à une ville européenne, ce qui nous change des villes californiennes. Elle regorge de cafés, de boutiques, de restaurants et de brasseries. De nombreux maraîchers, fromagers, et volaillers assurent le succès d’une vingtaine de marchés qui sillonnent la ville. Les torréfacteurs sont légions ici, chacun possédant son propre coffee shop. C’est vraiment une ville où il fait bon vivre.
Étant une ville assez neuve, il n’y a pour ainsi dire aucun monument notable dans la ville. Il faudra vous contenter de visiter des jardins, dont le jardin japonais…
…ou le Lan Su Chinese Garden, un jardin botanique paisible avec ses plantes chinoises, ses pierres décoratives et sa boutique de thé.

Section 7: De Portland à Seattle.

 

On peut choisir des itinéraires variés pour aller de Portland, de l’État d’Oregon à Seattle, dans l’État de Washington. Cela dépend de nombreux facteurs, notamment du temps à votre disposition.

Si vous êtes un amateur de vignes, il faudra faire un grand détour, au-delà de Cascade Range, car les vignes sont situées presque toutes à l’est de cette chaîne de montagnes. Cette région viticole récente, qui a développé la viticulture dans les années 1980, a bien rattrapé son retard avec le reste du pays. Elle est devenue aujourd’hui la deuxième région viticole derrière la Californie en termes de quantités de production. L’État de Washington comptait 90 caves en 1980. On en dénombre désormais plus de 700, et tous les jours s’ouvrent de nouvelles caves. Les vins de L’État de Washington grimpent aujourd’hui nettement dans la hiérarchie des vins américains. En prix, aussi. Si l’Oregon est le terroir du pinot, dans l’État de Washington, c’est plus mixte, mais ce sont tout de même le cabernet et le merlot qui dominent, dans le sud, dans toutes les appellations de la Columbia Valley. Quand on monte vers le nord apparaissent la syrah et le chardonnay. Aujourd’hui, on trouve dans le pays la majorité des principaux cépages mondiaux.

Nous irons visiter une partie du vignoble, au nord de Seattle, mais nous n’irons pas dans le sud-est trop éloigné de l’axe principal.

Maintenant si les vignes ne vous disent rien et que vous préférez les volcans, ici vous avez deux géants à visiter. Il y a d’abord le Mount St Helens, à 85 kilomètres de Portland et à 150 kilomètres au sud-est de Seattle. Ce volcan, qui a perdu 500 mètres d’altitude s’est rendu célèbre par l’explosion volcanique de 1980, qui a causé des morts et des dégâts considérables. L’autre volcan est le Mount Rainier, à 90 kilomètres au sud-est de Seattle, un volcan encore en activité, qui est un danger potentiel pour une population de près de 1 million d’habitants. Le monstre culmine à 4392 mètres d’altitude. C’est le volcan plus élevé de Cascade Range, avec deux cratères au sommet recouverts par les glaciers et les neiges éternelles. Le Mont Rainier appelé simplement La montagne est visible dans toute la région de Seattle. Les jours clairs, on peut même l’apercevoir de Portland. Des randonnées sont disponibles pour les deux volcans. On dit que le trail du Mount St Helens est sportif, avec des escaliers agrippés à la falaise ou des ponts suspendus. Les balades sur le mont Rainier sont plus douces, si ce n’est sur les glaciers. Comme ces deux volcans sont assez éloignés de notre axe, nous n’irons pas faire un tour par là-bas.

Sitôt après Portland, nous prenons l’autoroute A-5, qui entre dans l’État de Washington, après avoir traversé Columbia River qui fait frontière entre les deux états jusqu’à la mer.
Dans le sud, l’État de Washington n’est pas très peuplé, et l’autoroute se balade entre grande campagne et petits bosquets où dominent les conifères, surtout des sapins douglas, des pins, des cèdres rouges et des pruches, qui sont des arbres entre pins et sapins, enfin toute une série d’arbres rares chez nous qui peuvent monter à près de 70 mètres de hauteur. Seuls les sequoias sont rares ici.
Si vous voulez vous arrêter dans les parcs de l’État de Washington, vous avez le choix. Il y a plus de 150 parcs. Vous comprendrez que nous n’aurons guère le loisir d’en parcourir beaucoup.
De Portland à Olympia (46’000 habitants), la capitale de l’État de Washington, c’est 185 kilomètres sur l’autoroute A-5. Il en est souvent ainsi. Aux États-Unis, les plus grandes cités sont rarement les capitales. Ici, l’autoroute traverse une succession d’agglomérations, se dirigeant vers Tacoma.
A l’approche de Tacoma, la densité se fait encore plus marquée sur l’autoroute, qui traverse une des régions les plus denses du pays. La ville viendrait du mot Tacobet, qui signifie “mère des eaux”, le nom que les indiens donnaient au volcan Mont Rainier. Tacoma, c’est la banlieue sud de Seattle et compte plus de 200’000 habitants. Mais, c’est souvent dérisoire d’assigner un nombre d’habitants à des villes. L’aire métropolitaine combinée de Seattle-Tacoma regroupe 65% de la population de l’État, qui comprend 7’620’000 habitants, le 13ème état des États-Unis.

Nous continuons sur l’autoroute A-5 jusqu’à trouver l’autoroute A-405, qui passe à l’est de Seattle. L’idée pour nous est d’aller voir tout de même quelques vignes et caves de l’État de Washington. Sinon, restez sur l’autoroute A-5 jusqu’au centre-ville.

Nous restons donc sur l’autoroute A-405 jusqu’à sortir à Totem Lake. Ici, ce sont de plus petites routes que nous empruntons, d’abord la NE124th St, puis la NE132Ave, vers le nord. Puis, nous tournons à droite sur la NE143th St pour arriver à Woodinville, qui est un peu la Mecque des dégustations de vins de l’État de Washington. Encore ici, vous verrez des caves, mais pas de vignes. La plupart des négociants du pays ont des vignes réparties un peu partout dans le pays, et font souvent des recompositions de vins de diverses parcelles, un peu aussi comme on pratique en Australie.
Le château Ste Michelle est peut-être le domaine le plus connu. Le château de style français, un ancien cottage de chasse, est situé dans un grand parc. Ici, il y a une “tasting room”, comme dans la plupart des caves de la région. Le château organise aussi de de grandes fêtes, et ici parfois le vin payant coule à flots dans les verres et les gens sont amassés dans le parc, comme à la messe.
L’autre firme importante ici est Columbia Winery, avec le même cérémonial. Mais, il y a aussi, pour tous les goûts et pour toutes les bourses, d’autres compagnies ici, et de plus petites caves. C’est tout de même incroyable que se soit développée ici toute une industrie commerciale des vins, loin des vignes. Jamais, nous ne verrons les vignes de cette partie nord de l’Amérique, alors que lorsque vous passez en Californie dans la Napa Valley, les vignes sont belles, et à côté les unes des autres.
Depuis Woodinville, il suffit de prendre la W-522 et de descendre sur le donwtown de Seattle.
Il faut monter au sommet de la Space Needle, le symbole de la ville, une tour de 186 mètres de haut construite pour L’Exposition Universelle de 1962, pour avoir une idée circulaire de la ville, bordée par le lac Washington à l’est et le détroit de Puget à l’ouest.
Mais on peut tout aussi bien prendre l’ascenseur antédiluvien de la Smith Tower et son clocheton pointu, pour contempler Seattle d’en haut. La tour fut construite entre 1910 et 1914. A l’époque elle était le plus haut gratte-ciel de la ville, à 159 mètres de hauteur, le plus haut immeuble de la côte ouest avant l’édification de la Space Needle.
De là-haut, la vie est tout aussi grandiose sur la ville, sur les lacs environnants, sur le port, et aussi sur le Space Needle, qui ne paraît guère plus élevé, bien que surpassant la tour Smith de quelques dizaines de mètres.

Par les jours de grand beau temps comme aujourd’hui, vous voyez même dans toute sa haute majesté le Mount Rainier et ses neiges éternelles, à 100 kilomètres d’ici.

Non loin des deux tours se dresse le Climate Pledge Arena (autrefois Seattle Center Coliseum et KeyArena), une salle omnisports, où jouent les basketteurs et les hockeyeurs. Les basketteurs Supersonics ont une histoire particulière, ayant déménagé plusieurs fois d’endroit. Ces franchises de la NBA appartiennent à des privés, et peuvent donc être mobiles. Les Supersonics jouent maintenant à Oklahoma City sous le nom des Thunderbirds d’Oklahama City. Par contre, les Thunderbirds de Seattle jouent toujours au hockey dans l’arène de Seattle. Ce sont des salles qui peuvent accueillir pas loin de 20’000 spectateurs. On y organise aussi des concerts.

La ville compte 700’000 habitants, mais le grand Seattle qui va jusqu’à Tocama, c’est plus de 2 millions d’habitants. Il y a une grande liberté d’expression ici. Près de 15% de la population est LGBT.
Les gratte-ciels ne sont pas démesurément élevés et, comme souvent aux États-Unis, se perdent dans des quartiers où demeurent d’anciens immeubles. Le quartier des gratte-ciels est relativement modeste à Seattle.
Le street-art est évident dans la ville, avec cet extravagant mur à chewing-gums.
Le quartier le plus couru est celui du Pike Place Market, où se pressent les locaux et les touristes.
Ce grand marché de producteurs situé au bord de l’eau est le plus ancien encore en activité aux États-Unis.

C’est un plaisir de flâner au milieu des étals débordant de fromages, de fleurs, de légumes, de pains fraîchement sortis du four ou de poissons pêchés le jour même.
La renommée gastronomique de Seattle, c’est le vin et la bière artisanale. Mais c’est aussi le café. C’est le berceau du tout premier café Starbucks, dont la devanture est encore présente près du marché. La ville possède 3 boutiques de café pour 1’000 habitants. On vous dira encore que Seattle, ce n’est pas rien, c’est la ville de Boeing.

Section 9: De Seattle à Port Angeles dans Olympic National Park.

 

Parmi l’incroyable variété des parcs de l’État de Washington, il y en a trois de grandioses et gigantesques. Il y a d’abord le parc du Mont Rainier, 100 kilomètres plus bas que Seattle vers Portland. A l’est c’est le North Cascades National Park et ses 300 glaciers, si vaste qu’il s’étend presque aux portes de Vancouver, au Canada. Serrés par le temps, nous n’irons pas là-bas. Et le troisième parc, presque aussi vaste est, à l’ouest de Seattle, vers la mer, l’Olympic National Park et ses immenses forêts.

Au niveau du kilométrage, c’est une étape assez longue, et ce soir, nous serons tout au sommet de la partie occidentale de l’État de Washington, à deux pas du Canada.

Il faut déjà redescendre de Seattle vers Olympia, car il y a tant de fjords dans la région qu’il faut prendre le bac si on veut traverser. C’est un trajet de 100 kilomètres sur l’autoroute A5, la même que nous avons empruntée en montant.

A Olympia, nous prenons la US-101 vers le nord, en traversant le fjord de Budd Inlet. Les grandes forêts de conifères se font alors plus présentes.

La US-101 est une route très célèbre. C’est la route qui traverse toute la Californie sur la côte et qui continue vers le nord. Ici l’eau est présente partout et les fjords se suivent, comme à Eld Inlet, ou plus haut sur la belle Oyster Bay de Totten Inlet.
La région est dépeuplée ici, et la route traverse de nombreuses réserves d’indiens, qui restent encore très nombreux, à l’écart des routes, ce qui est souvent la règle en Amérique. On leur a souvent laissé les rebuts.
Nous arrivons alors le long du magnifique Canal Hood près de Hoodsport. C’est là que nous quittons la-US-101, qui continue vers le nord pour prendre la US-119, qui se dirige à l’ouest vers les bas de Olympic State Park.
La US-119 est une mauvaise route, parfois en terre battue, qui se déroule sur 25 kilomètres, le long du Lake Cushman. C’est une impasse qui conduit à Staircase Ranger Station. Le prix d’entrée dans Olympic National Park est assez élevé, si on ne fait qu’un court passage. Le passeport annuel coûte 55$ par personne, mais il y a une quinzaine de parcs à se mettre sous la pupille.
A Staircase Rapids Park, il y a de nombreux trails disponibles. Le plus long est celui de North Fork Sokomisch River et il fait plus de 20 kilomètres. Mais, le sentier le plus souvent utilisé est celui de Staircase Rapids Loop, un parcours aisé de 3 kilomètres qui vous conduit dans la jungle luxuriante vers un pont suspendu au-dessus des rapides. Ici, les érables et les feuillus ont peu de chance de faire de l‘ombre aux cèdres rouges et aux énormes Douglas qui pointent leur nez à plus de 50 mètres du sol.
Rapidement vous vous trouvez en face d’un géant qui a mis pied à terre. C’est un vieux cèdre rouge de 5 mètres de diamètre, qui a compté 800 printemps. On peut à l’aise, enfin manière de dire, se tortiller dans les racines ou grimper sur son fût. Ici, c’est vraiment de l’expérimentation nature pour nature, à l’écouter et le sentir vibrer de toutes ses fibres.
Ici, il faut remonter à la fin du XIXème siècle, lorsqu’un dénommé O’Neil, avec l’aide de 10 mules, se fit un tracé au milieu de 150 kilomètres de nature sauvage. Staircase (la marche d’escalier, l’escalier du diable) fut nommée ainsi en référence à une escalier de cèdre pour passer au-dessus de la gorge de la North Fork Skokomish River.
Le sentier se faufile à travers les bois, en passant le long des arbres couverts de mousse, les fougères qui ont des airs de préhistoire, avec la rivière qui gronde sur les rochers en cascades joyeuses.

Ce ne sont pas les plus hautes chutes de la région. Loin s’en fait ! Mais jamais vous n’arriverez à passer d’une rive à l’autre de cette rivière qui cahote sur les rochers.

Au bout de la promenade, le chemin arrive vers la rivière sur un pont suspendu, reconstruit plus haut pour éviter les crues qui faisaient disparaître rapidement le pont. Vous pouvez alors aller tremper vos pieds dans la rivière et revenir le long de Shady Lane trail vers le parking, à un peu plus de 1 kilomètre de distance.
Comme la route est une impasse, vous devez revenir en arrière et gagner à nouveau le grand isthme de Canal Hood, du côté du petit village de Hamma et reprendre la US-101 qui suit alors la berge, passe devant un autre parc, celui de Dosewallis State Park. Ici, c’est l’endroit idéal pour faire un pique-nique, dérangé parfois pas les cerfs qui s’y promènent.
Plus loin, la route quitte le canal et s’enfonce de plus en plus dans la forêt épaisse, arrivant bientôt à 35 miles de Port Angeles.
La route passe un peu plus loin à travers un autre parc, Sequim Bay Park pour arriver à Port Angeles, une cité assez vivante, la plus grande cité de la Péninsule Olympique, avec ses 19’000 habitants.

Il faut bien se rendre à l’évidence, Olympic National Park est si vaste qu’il occupe toute la péninsule nord-ouest de l’État de Washington. Nous avons juste effleuré le parc en montant, en visitant Staircase Park.

Aujourd’hui, nous irons encore visiter Elwha Olympic Park, un des plus beaux parcs de la Péninsule Olympique, situé à 15 kilomètres au sud de Port Angeles.

Si vous continuez de Port Angeles sur la US-101, vous arriverez près de la rivière Elwah. Vous pouvez vous contenter ici de faire un petit tour près de la rivière. Mais si vous êtes courageux, vous pouvez aussi monter sur près de 20 kilomètres, le Whiskey Bend trail qui vous mène sur les hauteurs de Hurricane Hill.
Pour atteindre le cœur du dispositif de Elwah Olympic Park, il faut gagner Hurricane Ridge Area. Le voyage se ne se fait pas sur la US-101, mais sur la Olympic Hot Springs Road. Quand nous sommes passés ici, le paysage était exceptionnel, dans la brume.
C’est un pays où les énormes conifères filiformes, avant tout des Douglas, des épicéas et des pruches, grimpent jusqu’au sommet de la montagne, qui se trouve tout de même à 1’600 mètres d’altitude. Vous comprenez bien que si vous voulez monter à pied de la rivière, ce n’est pas une petite entreprise.
C’est un pays où les énormes conifères filiformes, avant tout des Douglas, des épicéas et des pruches, grimpent jusqu’au sommet de la montagne, qui se trouve tout de même à 1’600 mètres d’altitude. Vous comprenez bien que si vous voulez monter à pied de la rivière, ce n’est pas une petite entreprise.

La route monte dans ce décor de rêve pour arriver à la hauteur de Hurricane Ridge Area.

Le Visitor Centre de Hurricane offre de l’information, des boutiques et un snack bar. Le site est nommé ainsi et doit sa réputation aux forts vents violents qui soufflent dans la vallée. Ici, en hiver, c’est plus de 10 mètres de neige, et il n’est pas rare de trouver encore de la neige au mois de juillet. Ce centre date des années 1950 et ici, parfois, on peut même faire du ski en hiver, quand c’est ouvert !

On emprunte alors depuis le parking le Hurricane hill trail, un sentier de 2.6 km de long, qui vous conduira sur les hauts de Hurricane Hill, avec 200 mètres de dénivelé. Ce n’est pas un circuit et il faudra reprendre le même chemin pour le retour. Ce jour-là, nous avons marché entre les gros nuages, la brume couvrante et le soleil.
Quand le sentier sort des nuages, on découvre alors toute l’ampleur et la majesté de cet immense parc, où la neige flotte encore sur les sommets au mois d’août. Le point le plus élevé du parc est le Mount Olympus, à 2’400 mètres d’altitude, avec de nombreux glaciers.
Sur les hauts de Hurricane, où soufflent les vents violents, les forêts sont parfois décomposées, avec des squelettes d’arbres qui s’accrochent à la pente, comme des fantômes errants. Et la brume couvre alors l’immense vallée en-dessous.
Sur le chemin du retour guettant et sifflaient les marmottes, donnant des signaux d’alarme, tant la foule des marcheurs peut être nombreuse sur le chemin. Les chevreuils ne sont pas farouches du tout. Pour peu, ils viendraient vous manger dans la main.