Etape 10b: De Conques à -Livinhac-le-Haut par le GR6

Un peu moins de goudron, merci

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Dans la région, depuis L’Aubrac, le GR6 et le GR65 avancent de concert et le Chemin de Compostelle passe une fois sur l’un, une autre fois sur l’autre, et souvent ils sont les mêmes. Où passe le GR6 en fait? C’est un chemin de grande randonnée qui traverse la France du Sud de Bordeaux vers Nîmes. En ce qui nous concerne, il passe à Espalion, Estaing, Conques, Decazeville et Figeac.

Vous avez donc marché sur ce chemin sans le savoir en croyant que ce n’était que le GR65. Évidemment, si vous avez évité Golinhac précédemment, en passant par Campuac, vous aurez suivi le GR6. Mais depuis Champagnac jusqu’à Conques, le GR65 était aussi le GR6.

 

Mais depuis Conques vers Figeac, c’est une nouvelle pomme de discorde. Les deux GR sont communs jusqu’à la bifurcation pour Noailhac. Et voici la nouvelle donne. Il y a peu d’années encore, le Chemin de Compostelle suivait alors depuis la bifurcation la voie de la forêt qui était le GR65. La variante par la route vers Noailhac était le GR6. Aujourd’hui, les deux GR ont juste été inversés. Pour qui? Pourquoi? Il y a sans doute beaucoup de politique locale là dessous. Mais, ce n’est pas notre problème. Nous avons longuement parlé par hasard avec une dame qui gère les tracés dans la région de la difficulté de planifier et de modifier certains tracés. Elle n’arrive pas chez elle à modifier un tracé de route pour le faire passer par un chemin dans la forêt. Alors ici, comment a-t-on opéré pour faire passer par la route un tracé qui originellement était grandement sur des chemins forestiers? Poser la question, c’est ne pas pouvoir y répondre. En fait, cela ne change rien à la donne. On peut prendre le GR que l’on désire. Oui, mais les pèlerins qui ne sont pas bien renseignés, pour la très grande majorité, iront à coup sûr sur le GR65, puisque tous les guides et Internet le leur disent de faire. Et ils arriveront peut-être le soir à Livinhac en disant à la ronde qu’ils se sont “mortellement” ennuyés sur la route de Noailhac. Pour nous, il n’y a pas photo. Il est mieux de suivre le GR6. Alors, voici le parcours, si on suit le nouveau GR6.

Les dénivelés aujourd’hui sont très importants (+875 mètres/-924 mètres). On l’a déjà dit pour le GR65, l’étape d’aujourd’hui est pénible, surtout dans sa première partie. Il faut sortir du vallon de Conques pour gagner le bassin de Decazeville, avec plus de 300 mètres de dénivellation. A partir de la bifurcation de Noailhac, sur le GR6, l’essentiel du parcours se résume à un grand gymkhana de montagnes russes, surtout près du ruisseau de la Brousse. Le chemin monte et descend dans tous les vallons de la colline, jusqu’à rejoindre la buvette de Fonteilles et le GR65. La suite, vous la connaissez en lisant l’étape du GR65.

Dans cette étape, vous franchirez la même distance sur le goudron que sur les chemins. Il y a moins de routes qui si vous suivez le GR65:

Goudron: 13.5 km

Chemins: 12.8 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, encore 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous “estimez” l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-conques-a-livinhac-le-haut-par-le-gr6-30063941

Section 1: Une sévère montée en passant par la belle chapelle de Ste Foy.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours difficile, avec des pentes sévères et des dénivelés importants, en montée comme en descente.

La première partie de l’étape est commune jusqu’à a bifurcation des deux GR bien au-dessus de la Chapelle Ste Foy.

Pour cette partie, reportez-vous l’étape 10a.

Contrairement au GR65, qui part sur la route, le GR6 a l’avantage de ne pas transiter des kilomètres sur le goudron. Il préfère les sous-bois, aime à descendre, plonger dans les ruisseaux, puis à remonter sur le flanc des collines. Ceci est vrai jusqu’au moment où les deux GR se rejoignent près de Fonteilles. Par la suite, c’est moins drôle, vous le savez après avoir consulté l’étape en suivant le GR65. Et sans perdre une minute, le jeu débute aussitôt, sitôt passée la bifurcation. Le GR6 descend le long de haies et remonte un peu plus tard, pour traverser une petite route goudronnée. La région est sillonnée de petites routes asphaltées qui conduisent soit à des hameaux soit à des fermes isolées.

Un large chemin de terre descend alors dans la campagne. A l’horizon, se profilent de petits hameaux, mais le pèlerin comprend vite que pour y arriver, il faudra d’abord franchir le vallon. Le chemin va y descendre, c’est sûr. Il en est toujours ainsi sur le Chemin de Compostelle. D’autant plus que le chemin paraît accueillant.

Assez rapidement, le chemin gagne la forêt. Pendant des kilomètres, le chemin va suivre le flanc du coteau, suivre fidèlement tous les petits détours tortueux que fait le vallon. Le parcours est le plus souvent en descente légère, mais aussi parfois en montée, en dans de grandes tranchées, au milieu des hêtres, des châtaigniers, des chênes et des bouleaux. Les talus resplendissent des teintes violines et vertes des bruyères et des fougères.

 

Section 2: Montagnes russes prononcées, d’un ruisseau à l’autre.

Aperçu général des difficultés du parcours: les montagnes russes sont prononcées, mais, il y a un parcours plat au milieu pour se reposer.

Pendant des kilomètres, le chemin va suivre le flanc du coteau, suivre fidèlement tous les petits détours tortueux que fait le vallon. Et ils sont nombreux. Après avoir traversé le petit ruisseau de Moulidiès, le GR6 remonte sur le plateau.
Encore une petite rampe, et revoici le goudron, qui va nous conduire à plat jusqu’au hameau des Clémenties.
Le GR65 gagne alors le hameau.
Les Clémenties, ce sont trois à quatre maisons sur la route au milieu des champs, sur un large plateau où ondulent de petites collines. Le panneau à l’entrée du hameau incite-il les pèlerins à ralentir pour admirer le paysage?

Ou est-ce parce que la circulation est dense? Ici, vous ne croiserez pour ainsi dire aucune automobile. Le GR6 gagne plus loin le hameau de Eyniès, également sur la route. Pourtant, à la sortie du hameau, il s’engage presque aussitôt dans un chemin de terre qui descend dans les sous-bois. Direction Les Béfrénies, puis plus loin Eyniès.

Le chemin est large et caillouteux, et descend sur Les Béfrénies, mais ce ne sont pas les vacances.
Le chemin descend tout de même de plus de cent mètres de dénivelé dans les chênes, les frênes et les châtaigniers avant de rejoindre les Béfrénies. Le hameau est tout aussi dépeuplé que le précédent. Dans la région, ce ne sont plus les maisons en pierres massives de la Margeride ou de l’Aubrac. Les demeures sont plus simples, le plus souvent construites de blocs de grès ou de calcaire jointoyées par du mortier ou de la chaux.
Après avoir traversé le hameau, une route remonte doucement vers Eyniès, dans les chênes et les châtaigniers.

Eyniès est un très beau hameau de pierre, désert.

Section 3: Un grand gymkhana dans les méandres du ruisseau de la Brousse.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours difficile dans les méandres du  ruisseau de la Brousse puis tout devient fort raisonnable près de  Prayssac.

Depuis Eyniès, un grand gymkhana se profile, avec d’importantes montagnes russes, où il faudra affronter tous les méandres du vallon. En haut, en bas, voici le programme proposé. Au départ, un large chemin de terre descend franchement vers le ruisseau de la Brousse.

Au fond du vallon, la végétation est luxuriante et on traverse le ruisseau à gué. Ici s’épanouissent les petits frênes, les châtaigniers, les hêtres et les chênes.
Un sentier étroit remonte en forte déclivité jusqu’à une barrière, posée là pour dire qu’il vaut mieux de ne pas s’aventurer plus loin dans un sous-bois où on peut se perdre. C’est en tout cas le signal que le chemin va redescendre vers un autre embranchement du ruisseau de la Brousse.

D’ici, le chemin va redescendre vers un autre embranchement du ruisseau de la Brousse, puis remonter sèchement, sitôt le ruisseau à nouveau franchi.

Ici, la pente est sévère jusqu’à la sortie de la forêt. Le chemin étroit remonte encore plus franchement qu’auparavant, jusqu’à apercevoir au-dessus des chênes et des herbes folles du sous-bois la campagne de Prayssac.
Puis, la pente se fait plus douce jusqu’à rejoindre une petite croix aux abords de Prayssac.
Un panneau annonce Prayssac en contrebas d’une petite route goudronnée que le GR6 rejoint. Le GR6 la traverse et descend sur le goudron vers le hameau.

Le panneau au bord du chemin et de la petite route goudronnée n’annonce pas un grand village. Cependant les maisons sont charmantes, entourées de petits prés tirés au cordeau. Dieu que ces petits hameaux sont beaux quand ils sont perdus dans les prés au milieu des feuillages.

Au milieu du village, l’eau fraîche coule à volonté dans une petite alcôve adossée au mur.

Un délicieux personnage, amoureux du chemin de Compostelle, tient dans l’ancien four communal un petit café où on peut se restaurer. Cet établissement est un établissement dit donativo, où les prix sont laissés à l’appréciation du consommateur. Jean-Luc, le tenancier, qui retiendra votre prénom même s’il y a plusieurs pèlerins attablés chez lui, prendra congé, martelant votre prénom en entonnant le célèbre Ultreïa E Suseia, le plus célèbre des chants de pèlerin. Cela peut se traduire par “aller plus loin, aller plus haut”. C’est la marque de reconnaissance des pèlerins entre eux, l’expression d’un dépassement physique et spirituel. Les Pères Prémontrés de Conques ont fait de ce refrain un air presque populaire.
De Prayssac, un large chemin de terre et d’herbe descend pour traverser le ruisseau du Moulinet.
 

 

 

 

 

C’est assez humide ici.

 

Section 4: Le GR6 rejoint le GR65 pour descendre sur Decazeville.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans grande difficulté, avec parfois quelques pentes courtes un peu plus prononcées.

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Après le ruisseau du Moulinet, le GR6 remonte vers Roumégoux sur un large chemin de terre à travers les sous-bois.
Roumégoux, c’est une poignée de maisons de pierre au bord du bois.

Un peu plus haut, le GR6 rejoint sur le goudron la petite route départementale qui vient de Noailhac, appelée ici pour les pèlerins, le Chemin des Crêtes. Si vous suivez cette route sur la droite, vous arriverez à Livinhac-le-Haut en suivant la crête. Il faut faire une centaine de mètres en arrière sur la route pour trouver le point de jonction des deux GR.

 A partir d’ici, le GR6 est commun au GR65. Pour cette partie, reportez-vous l’étape 10a.

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