04b: Schmerikon à Einsiedeln

L’alternative pour Einsiedeln

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Nous l’avons dit précédemment, lorsque le chemin arrive à Neuhaus, nous entrons dans une région plus peuplée, où les villages se touchent presque jusqu’à Rapperswil. La densité n’est pas si forte, mais le bassin de Rapperswil est assez peuplé, étant donné la proximité de Zürich. Une bonne solution est d’oublier la voie qui va vers Rapperswil, la voie que suivent de nombreux pèlerins, et de descendre sur le lac de Zürich. Mais, ici à Schmerikon, une autre possibilité s’offre à vous. Vous pouvez décider de ne pas aller à Rapperswil et gagner directement Einsiedeln. En fait, la Via Jacobi 4 passe par là, contrairement à ce que pensent beaucoup.

L’étape est longue, 30 kilomètres de marche. Elle possède deux phases très distinctes. La première partie se déroule essentiellement dans la plaine, le long de bourgs assez habités. C’est là que passe l’autoroute A3, qui va de Zürich dans les Grisons. La deuxième partie est un des plus beaux parcours et panoramas du Chemin de Compostelle en Suisse, dans les alpages et les forêts dominant le lac. C’est souvent raide, mais si beau.


Les dénivelés (+790 mètres/-298 mètres) sont assez sévères, mais l’étape est longue. En fait, le dénivelé pour monter jusqu’au col d’Etzel est un peu plus élevé qu’en montant de Rapperswil, car il y a une petite bosse après Tuggen. Au départ, si ce n’est la bosse de Tuggen, le parcours est aisé sur près de 16 kilomètres, jusqu’à arriver à Hüsteten. A partir de là, jusqu’au col de Etzel, c’est une longue montée de plus de 7 kilomètres jusqu’au col de Etzel, avec près de 500 mètres de dénivelé. Depuis le col, le parcours redescend un peu, mais remonte pour arriver au point culminant de 930 mètres, à Hinterhorben. De là, la descente est sans problème vers Einsiedeln.

Dans cette étape, le goudron domine nettement. Dommage pour un si beau parcours:

Goudron: 22.1 km

Chemins: 7.9 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-shmerikon-a-einsiedeln-par-la-via-jacobi-4-65308116

Section 1: Le long des canaux et des rivières.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

La Via Jacobi quitte rapidement Schmerikon en direction de la rade et des terrains de sport.
Elle longe alors l’Aabach sur un large chemin de gravier. La zone paraît parfois assez marécageuse.
Peu après, elle traverse la rivière sur un pont de bois datant du début du XXème siècle.
Alors, une petite route goudronnée part à plat dans les prés sous les grands chênes et les majestueux érables.
Le trajet sur la route n’est pas long, et rapidement, la Via Jacobi trouve un pont de métal pour traverser les eaux sombres du Steinenbach, qui court parallèle à la Linth.
La Linth est la sœur jumelle du Steinenbach. Le chemin de gravier part à plat entre les deux rivières, en longeant cette fois la Linth.
Ici, ces deux rivières ne sont pas sauvages, elles ont été domestiquées en canaux. Comme le canton de St Gall est assez proche de la frontière, il n’est pas rare de trouver des ouvrages militaires le long de la route.
Puis on voit se dresser l’imposante tour de Grynau, dont on ignore la date de construction. Pendant longtemps, elle a été considérée comme une tour d’observation romaine, mais on n’a jamais trouvé d’objets romains à cet endroit. Il s’agit plutôt d’un ouvrage du Moyen-âge, qui devint propriété des Habsbourg, au début du XIVème siècle, puis des comtes du Toggenburg. L’édifice devint un château habité.
La région ici était un endroit stratégique. Les autrichiens, les suisses et les français se battirent par ici. Les suisses s’entredéchirèrent pour savoir qui était propriétaire, Schwyz, St Gall et Zürich revendiquant le château à de nombreuses reprises. Longtemps, cet ouvrage fut un poste de douane, car avant sa correction, la Lindt contournait le rocher sur lequel s’élève la tour médiévale. Tout le trafic des marchandises et des hommes venant de l’est du pays et se dirigeant vers la Suisse centrale et le Gothard pouvait être contrôlé et dirigé de la tour. Le poste de douane fut définitivement supprimé en 1848 lorsqu’en Suisse on supprima les frontières cantonales. En 1877, le château fut vendu au plus offrant et depuis cette date, il est demeuré propriété privée. La tour de Grynau fut complètement détruite par un incendie en 1906. Elle fut reconstruite et coiffée d’un nouveau toit. Actuellement, les locaux du rez-de-chaussée et du premier étage servent de dépôts au tenancier du restaurant voisin.
Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, ici on traverse la Linth et on se trouve alors dans le canton de Schwyz.
Alors un petit sentier longe la route entre prés et sous-bois de hêtres.

Section 2: Une petite bosse, juste pour s’échauffer.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: à plat, puis montée sans grand problème.

Peu après, la Via Jacobi quitte la route pour monter en pente douce vers un sous-bois de feuillus dominés par les grands chênes. Jadis, toute la région était un grand marécage, qui disparut avec la canalisation de la Linth.
Le canton de Schwyz est resté très catholique après la Réforme. Ici le chemin longe les feuillus le long d’un chemin de croix.
Le chemin passe alors devant la Chapelle de la Sainte Trinité Linthbord, une chapelle datant de la fin du XVIème siècle, sous un bouquet d’arbres, au milieu des prés. Cette chapelle gothique fut construite à l’origine en l’honneur d’une dénommée Anneli qui retrouva miraculeusement la possibilité de marcher. La dernière restauration de la chapelle est du siècle dernier. Ici il y a de l’eau potable à la fontaine.
Le chemin se dirige alors vers la banlieue agricole de Tuggen.
Après avoir transité par la petite zone industrielle, la Via Jacobi gagne le centre du bourg (3’500 habitants). Tous ces villages, situés près de l’autoroute doivent être bien recherchés par les pendulaires qui travaillent dans le grand Zurich ou le grand St Gall. Il y a de nombreux lotissements très récents.
D’ailleurs, on voit bien en traversant ces petits bourgs, que l’habitation est mixte, avec d’anciennes demeures et des maisons assez récentes. Ici, il y avait jadis des industries de meubles et de textile, qui ont grandement disparu de la région.
Puis, la route commence à monter sur la colline depuis le centre du bourg.
Alors, sur les hauts du village, on retrouve la vraie campagne, les fermes et l’odeur de l’herbe.
Dans la région, les fermes sont moins belles que dans le canton de St Gall que nous venons de traverser. Les tavillons ont grandement fondu, et même les géraniums et les nains ont disparu, La seule chose constante est l’ordonnance des tas de bois, ou aucune bûche ne dépasse des autres.
Le chemin monte dans les prés sous les pommiers. Il n’y a apparemment pas de cultures dans la région.
Parfois au loin, on voit et devine de belles fermes, mais, à première vue, dans la région on plébiscite plutôt le hangar fonctionnel.
Plus haut, au niveau du lieudit Röschli, la pente s’adoucit, et le goudron remplace l’herbe des prés.
Ce sont alors jusqu’au sommet de la colline de grands prés, où paissent ou se prélassent les vaches, dont des BraunVieh, des Holstein brunes ou des Simmental.

Au lieudit Schillig, la route entame sa redescente vers la plaine.

Section 3: Une longue traversée de la plaine vers Siebnen.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

La route est assez pentue pour redescendre dans les prés et les fermes dans la large vallée où s’étendent les gros bourgs contigus de Siebnen et Wangen.
La descente n’est pas longue et parfois des arbres fruitiers coexistent avec les grands feuillus et les noyers.

Là-haut sur la colline une vieille demeure avec les tavillons décatis, dont on ne saurait dire si elle vit encore….

La Via Jacobi rejoint alors une petite route régionale. Il n’y a pas une circulation dense, mais il faut néanmoins marcher un bout de temps au bord de la route. C’est une région de paysans, de vaches et de pommiers.
Au lieudit Wissenstein, la Via Jacobi quitte l’axe qui va vers Wangen pour se diriger vers l’autoroute et Siebenen.
La petite route qui traverse la campagne enjambe alors l’autoroute A3, la grande autoroute qui va de Zürich vers Coire et les Grisons, en traversant le canton de Schwyz.
Tout à côté se dresse, discrète, la LoretoKapelle et son toit de couleur, qui ne doit pas souvent être ouverte.
Sur la longue rectiligne s’étendent les fermes, assez grandes ici. Pour la première fois on voit un peu de maïs. Il faut tout de même apporter un complément alimentaire au bétail en hiver.
Au bout de la rectiligne la petite route passe sous la voie de chemin de fer.
La route tourne alors et suit le train jusqu’à la gare de Siebnen.
Depuis la gare, la Via Jacobi descend vers le centre du bourg. Siebnen (5’200 habitants) n’est pas une commune individuelle, mais frontalière des trois communes de Schübelbach, Galgenen et Wangen, des villages plus petits que lui. Les limites traversent le centre du village, ce qui en complique nettement certaines affaires, vous l’imaginez bien!
Ici, on peut même acheter des cloches, ce qui ne surprendra personne en Suisse allemande, sauf peut-être à Zürich.
Dans la rue principale, La Nikolauskapelle est un joyau caché non loin de l’église paroissiale. La chapelle est déjà belle à l’extérieur, mais plus beaux encore sont l’autel et les peintures murales dépeignant la vie de Saint-Nicolas de Myre. Les parties les plus anciennes de la chapelle remontent au XIIIème siècle.

Autrefois, la chapelle Saint-Nicolas dispensait des offices à des heures irrégulières. Alors, les paroissiens devaient faire un long chemin vers les églises respectives de Schübelbach, Galgenen et Wangen. Ceci était difficile pour les enfants et les personnes âgées, surtout en hiver. Avec le nombre croissant d’emplois, donc d’habitants dans le bourg, il fallut attendre 1925 pour avoir une église à Siebnen, l’église du Sacré-Cœur.
Au centre du bourg coule le Wägitaleraa, la rivière qui donne entrée à une vallée fort touristique ici, la vallée du Wägital. La rivière qui causait de nombreux tracas a été canalisée. La Via Jacobi ne passe pas par là.

Section 4: D’un bourg à l’autre.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

La Via Jacobi quitte le bourg du côté des lotissements récents. A la sortie du village, une petite épicerie bio fait le plaisir des randonneurs.
Mais y-a-t-il vraiment une sortie de villages dans la région? Ils sont les uns à côté des autres.
Pourtant, il y a un peu d’herbe parfois entre Siebnen et Galgenen mais les grandes fermes disparaissent les unes après les autres. Sont-elles appelées à disparaitre un jour du canton de Schwyz?
La route traverse alors une région très habitée, entre vielles fermes et nouveaux lotissements.

La réputation de canton dit primitif est-elle encore d’actualité? Il n’y a pas que des suisses allemands qui vivent et travaillent ici.

La route arrive alors à Galgenen (5’200 habitants), un bourg étendu. Mais la Via Jacobi ne passe pas au centre. Elle trouve la petite rivière de Fisibach.
Ici encore, l’habitat est un mélange curieux de fermes, de vielles maisons et de lotissements neufs. Il y a cependant une différence majeure d’avec ce qu’on trouve souvent dans le pays, notamment en Suisse romande. Ici, les lotissements neufs sont rarement à l’écart.
Peu après, la route croise la chapelle Saint-Jost, consacrée à la fin du XVIème siècle, transformée au XVIIème siècle. On conserva cependant les fresques gothiques, dont certaines racontent les épisodes de la vie de St Nicolas de Flüe.

A la sortie de Galgenen, la route traverse à nouveau une campagne plus étendue.
Ici on cultive poires et pommes sous de grands filets de protection.
Puis on retrouve un paysage plus mixte, avec aussi quelques petites industries.
Peu après, la route traverse le Spreitenbach, une plus grosse rivière qui sautille sur les pierres, mais la route reste dans des zones assez habitées.

Section 5: Une longue montée vers le Col d’Etzel.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: les vacances sont terminées. Cela va monter très sérieusement.

La route sillonne encore un peu la campagne, avec quelques vaches BraunVieh qui mâchonnent la bonne herbe. Devant vous se dresse la colline de St Johannesburg, où le chemin ne va pas tarder à passer.
Quel contraste saisissant entre le Schwyz de jadis et le Schwyz d’aujourd’hui! Dans le grand bassin de Lachen et d’Altendorf qui regroupe près de 15’000 habitants, au bord du lac et de l’autoroute, les industries fleurissent.
La route passe alors devant le grand Uzbek Business Center, aux portes d’Altendorf. La croix suisse sur le panneau indique sans doute que les Uzbèques n’ont pas occupé le pays. Ouf!
Ici, un choix est possible. On peut gagner Einsiedeln en suivant la Via Jacobi 3, un parcours souvent plus difficile, ici plus long, plus montagneux. Mais, les pèlerins filent tout droit sur la Via Jacobi 4. Mais, cela ne va pas tarder non plus à monter, pour eux aussi.
La route arrive alors à Rorwis, tout près de l’autoroute et du lac, franchit le petit ruisseau de Chälenbach.
Nous nous sommes baladés pendant près de 16 kilomètres, presque sans interruption, nous avons musardé le long de petits bourgs presque jamais interrompus. Alors, ici un dernier virage, et la dure loi de la montagne s’inscrit.
La pente est rude pour monter sur la colline de Sant Johann. On vous l’avouera, c’est la première fois que nous voyons des vignes dans le canton de Schwyz.
C’est vraiment un site exceptionnel que cette chapelle de Sankt Johann, remontant au XVème siècle qui se dresse majestueuse sur la colline.

Depuis la colline, certains pèlerins regretteront sans doute de ne pas avoir fait quelques pas de plus au bord du lac pour aller visiter la chocolaterie Lindt, un des fleurons helvètes.

A deux pas de la chapelle, un restaurant est souvent pris d’assaut.

Il faut dire que d’ici la vue sur le haut-lac de Zürich est remarquable. On y voit les deux rives, celles de Schwyz et celle de St Gall, de l’autre côté du lac, avec au fond Rapperswil.

Alors, la petite route musarde un peu dans les prés pour se trouver bientôt au lieudit Schlipf. Ici, de petites routes, certaines en impasse, sillonnent la montagne, du lac aux alpages. On ne saurait dire en passant ici s’il y a de nombreux chalets de résidents. Le sentiment ici est que les paysans sont encore au pouvoir.
Puis la Via Jacobi va encore cheminer un peu sur la route avant de la quitter pour passer dans l’herbe.
Alors, le chemin passe sur le ruisseau de Chessibach, qui clapote en douces cascades sur les rochers couverts de mousse dans la charmille et les petits érables.
Depuis le ruisseau un chemin passe en montant dans les sous-bois de feuillus. Ce sont avant tout des hêtres, ceux-là même que l’on retrouve dans les tas de bois alignés comme toujours avec minutie. Parfois, on a même le sentiment qu’on n’utilise jamais le bois de chauffage, et que les tas ne sont là que pour la décoration, pour le plaisir des yeux.
La via Jacobi rejoint alors la Blistenstrasse, une petite route qui monte de la plaine pour aller à un restaurant d’altitude, à la limite des alpages, et qui sert aussi aux paysans locaux, assez nombreux sur le coteau. Aujourd’hui, c’est le temps des pommes.
Ici, on garde des toutous.
La Via Jacobi fait alors un peu de chemin avec la route, sur quelques virages. Et ici, la pente se fait à nouveau sévère.
Plus haut, la Via Jacobi laisse la route pour un raccourci à la limite du sous-bois.
La pente est très marquée ici dans les prés, sous les chênes, les hêtres, les érables et la charmille.
Le chemin va alors jouer un peu avec les méandres du ruisseau de Summerholzbach, qui dévale de la pente. La nature est sauvage ici, extravagante. Heureusement qu’il y a des panneaux de direction pour ne pas s’imaginer perdu.
La pente se fait de plus en plus rude sur la terre noire et les rejets de hêtres. Des escaliers accrochés à la pente sont d’une précieuse aide.
La pente dépasse bientôt les 20% quand le sentier sombre rejoint au-dessus la Blistenstrasse.
La route traverse alors la branche principale du ruisseau de Summerholzbach et arrive sur une sorte de petit plateau dominant le lac.
La route arrive alors à Blisten, à 692 mètres d’altitude. Ici, nous sommes à 1h 15 du col d’Etzel et à plus de 3 heures de Einsideln.

Section 6: Une longue montée vers le Col d’Etzel.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: de belles pentes en perspective.

A Blisten, il y a un restaurant, dont on ne saurait dire s’il est encore en activité. Renseignez-vous si vous voulez faire halte ici.
La route goudronnée s’achève ici et un large chemin de terre dodeline doucement dans les prés.
En dessous s’étale toujours avec grandeur le lac. Un peu plus loin, le chemin passe dans l’herbe et trouve le ruisseau de Lüsibach, un maigre filet d’eau. Dans la montagne, les petits ruisseaux sont très nombreux.
Le chemin ondule alors dans l’herbe au milieu des fermes et du bétail.
Le chemin herbeux rejoint alors une petite route qui monte de la plaine. Nous sommes à Schwändi, à 694 mètres d’altitude, à 50 minutes du col dEtzel, qui est à 928 mètres d’altitude.
Assez rapidement, le goudron se transforme en gravier et la pente augmente dans les prairies. A partir d’ici, la Via Jacobi ne va faire que monter sur le Pilgerweg, le Chemin des Pèlerins.
Plus haut, la route se termine en cul-de-sac et la Via Jacobi part vers les bois sur l’herbe.
Alors le chemin passe un peu en forêt, où on voit poindre les premiers épicéas au milieu des feuillus.
Plus haut, le chemin sort du bois et passe à Oberschwändi, où poussent encore les pommiers et les pruniers, à 768 mètres d’altitude. Nous avons gagné moins de 100 mètres de dénivelé depuis Schwändi.
La Via Jacobi traverse alors de larges clairières, comme des alpages, au milieu des conifères.
Le chemin se rapproche alors du bois, passe le ruisseau de Giessenbach, un des plus gros ruisseaux de la montagne.
A deux pas d’ici se trouve la jonction des deux voies. A consulter les cartes détaillées de la Via Jacobi, on constate que la Via Jacobi venant de Rapperswil se nomme Via Jacobi 84. C’est un peu comme si la voie principale du Chemin de Compostelle était celle de Siebnen, la Via Jacobi 4, et non celle de Rapperswil. Pourtant, il est évident que la majorité des pèlerins passe à Rapperswil.
La montée vers le col est rude mais magnifique d’une clairière à l’autre, le plus souvent à la lisière de la forêt que se partagent les hêtres, les épicéas et les sapins blancs.
A l’approche du col, des défenses anti-char bordent le chemin. En Suisse on nomme ces barrières des toblerones, par analogie aux chocolats de la même forme. Mais diable, quel ennemi potentiel serait-il passé par là avec ses chars?
Réjouissez- vous, la délivrance est proche, mais c’est le moment le plus en pente de la montée.
Bientôt, au détour du chemin, vous apercevrez bien au-dessus St Meinrad, au col d’Etzel.

A partir de St Meinrad, suivez l’étape 4a jusqu’à Ensiedeln.