05: Tavannes à Bienne

Dans un monde étroit de ponts routiers et de gorges le long de la Suze

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, le chemin va abandonner les montagnes du Jura pour gagner la plaine. Mais, cela ne se fait pas sans douleur, car la géographie ici est fort complexe. Car après avoir transité par un petit col, et être descendu sur Sonceboz, le chemin suit la vallée qui s’enfonce et plonge littéralement sur Bienne dans la plaine. Ici, la Suze, qui n’est pas une très grosse rivière, s’est laborieusement creusé un lit à travers les roches jurassiennes, et cascade longuement dans la vallée, puis dans les gorges, avec moult tourbillons, falaises à pic et éperons suspendus. Et dans ce paysage sauvage, les piliers de l’autoroute sont comme autant de monstres suçant l’eau de la petite rivière.

Selon une légende, les gorges, dites gorges du Taubenloch, doivent leur origine à une jeune femme que l’on appelait “Petite colombe” (“Taube” en allemand) qui s’y serait jetée, après avoir été arrachée à ses noces par un brigand sanguinaire. Dans les légendes, toutes les jeunes filles sont d’une rare beauté et les méchants souvent des monstres sanguinaires. En tout cas, quand vous passerez ici vous serez sans doute frappé par le côté fascinant de ce bout de pays.

Les dénivelés sont plus raisonnables que les jours précédents (+334 mètres/-644 mètres). C’est avant tout de la descente, après une montée un peu raide au col de Pierre-Pertuis. Puis, la descente est souvent calme, avec quelques petites bosses ou descentes marquées tout au long du parcours, notamment près de la Heutte et de Péry. Le chemin dans les gorges n’est ni périlleux, ni scabreux, mais incroyable de beauté. Mais, ce n’est pas une étape de tout repos.

 

 

Dans cette étape, les parcours sur le goudron et sur les chemins sont assez équivalents:

Goudron: 11.4 km

Chemins: 10.1 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-tavannes-a-bienne-vielleville-par-la-via-jura-34778921

Section 1: En passant par le col de Pierre Pertuis.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: pentes prononcées autant en montée qu’en descente, souvent à plus de 15%.

Le parcours aujourd’hui part de la gare de Tavannes. Une petite route longe, puis passe au-dessus de la ligne de chemin de fer.

Attention ici! Même si vous passerez par La Heutte, ce parcours passe par la montagne. Le nôtre va au Col de Pierre Pertuis, puis à Sonceboz. C’est la Via Jura 80.

La Via Jura quitte la banlieue de Tavannes sur le goudron au-dessus de la voie de chemin de fer. On est rapidement hors de la cité.
Puis, elle se dirige sur un petit chemin dans la campagne vers les tunnels de l’autoroute.
Elle retrouve vite le rail et passe alors sous une des bretelles de l’autoroute transjurane A16, dont le parcours est souvent en tunnel.
La Birse, nous la remontons depuis Bâle. C’est ici que se situe sa source. Elle prend naissance quelque part dans la montagne de Pierre Pertuis. Ici, on a enfermé la source, à clef, dans un bâtiment pour ne pas la perdre!
Derrière la source de la Birse, un petit escalier mène sèchement à une petite route goudronnée qui part en direction du col.

Ici on raconte les gens célèbres ou connus qui ont passé par le col, à l’époque des diligences, quand le col était un des passages obligés pour passer du Jura au plateau suisse. Cette porte est citée dans la Grande Encyclopédie de Diderot. Goethe aussi a passé par ici.

Très rapidement, on se trouve en face de la belle roche percée du Col de Pierre Pertuis (petra pertusa). Un pertuis (du bas latin pertus) est un détroit entre deux îles, mais désigne aussi un lieu de passage étroit, comme un col de montagne, un passage à travers des gorges. En France, à proximité de Vezelay se situe le village de Pierre-Perthuis (Roche percée) près de la rivière la Cure.

Ici, c’est un passage naturel élargi utilisé dès l’époque romaine pour la voie reliant Aventicum (Avenches) à Augusta Raurica (Bâle). L’inscription gravée dans la roche au-dessus du pertuis atteste que cette ouverture naturelle a été agrandie au IIIème siècle après J.C. Elle dit : “En l’honneur des Empereurs, cette route a été tracée par Marcus Dunius Paternus Duovir (co-gouverneur) de la colonie des Helvètes”.

Le passage a servi jusqu’au début du XXème siècle. Puis on construisit la route du col, accessible aux voitures. Mais le plus grand nombre ne passe plus au col routier, l’autoroute ayant pris le relais en 1997.

Dès la sortie du pertuis, la petite route gagne rapidement la route du col.
Un petit chemin dans l’herbe suit alors un moment la route du col.
Ici un chemin monte raide, quelques centaines de mètres au-dessus du col. Le chemin ne passe pas au col routier. Le col culmine à 826 mètres d’altitude, moins d’une centaine de mètres plus haut que Tavannes. La montée n’a pas été rude, ce qui est assez surprenant pour un col, il faut le dire. Ici, nous sommes à 855 mètres d’altitude et le chemin suit toujours la Via Jura 80, le long des épicéas et des hêtres, comme dans tout le Jura bernois. On note aussi parfois des érables dans la région.
La Via Jura 80 redescend alors un peu sur une petite route, puis sur la terre battue, le long des falaises.
La Via Jura rejoint assez rapidement la route qui redescend du col vers Sonceboz. Un petit chemin passe dans l’herbe.
Le petit chemin herbeux va alors quitter la route pour une large route de terre qui descend dans la forêt. Ici, les feuillus dominent les épicéas.
Un peu plus bas, le chemin se désorganise, passe dans la nature plus luxuriante, au milieu des rejets de hêtres, des aulnes et des petits érables champêtres.
Puis, la terre battue revient de manière plus organisée. La descente est assez régulière, mais parfois assez sévère, avec des pentes de plus de 15%. On descend tout de même de 200 mètres sur 2 kilomètres. Le chemin arrive alors au-dessus de Sonceboz.
Ici passent le train et l’autoroute en tunnel. La Via Jura 80 traverse alors le carrefour pour se diriger vers la gare.

Section 2: Un premier tronçon le long de la Suze.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

 

 

Ici, le passage de l’autre côté de la vallée n’est pas simple. Il y a le rocher, la rivière, le train, la route et l’autoroute. Alors, un va faire un petit détour dans Sonceboz. On commence par prendre la route de la gare et se diriger vers la rivière.
La route traverse la Suze, une rivière qui prend sa source un peu plus haut dans le Jura dans le vallon de St Imier, et que nous suivrons jusqu’à Bienne. La route continue alors vers la gare de Sonceboz-Sombeval, car en fait il y a ici deux villages.
Pas pour longtemps! Il faut être très attentif, car la route ne va pas jusqu’à la gare. Le problème ici, c’est la géographie compliquée des lieux.
La route va passer sous le pont de chemin de fer et revenir de l’autre côté par une route qui porte bien son nom, la Rue de l’Envers. En fait, le train fait comme le marcheur. Il fait aussi une grande boucle, après être sorti de dessous la montagne de Pierre Pertuis et revient pour suivre la Suze. Toutes les petites villes du Jura bernois ont une gare reliée à Bienne.

A l’extrémité de la rue de l’Envers, la Via Jura 80 quitte Sonceboz pour se diriger vers la Métairie de Nidau. Vous avez compris que dans cette étape, il faudra jongler avec une vallée très étroite et encaissée.

La ligne de chemin de fer va passer de l’autre côté de la Suze, mais la Via Jura 80 va suivre la rivière sur un étroit chemin, longeant la rivière dans un petit sous-bois.
Ici, la végétation est touffue, au bord de la voie ferrée et de la rivière dans les rejets de hêtres, les aulnes, la charmille et les buissons.

Puis, le chemin passe près de la belle rivière, dans un décor de pastels et de carte postale.

Ici, la rivière est calme à l’approche d’un petit bassin de rétention, mais elle reprend rapidement sa nature cascadeuse.
Le chemin passe bientôt sous les piles de l’autoroute. Il faudra vous y faire avec ce dialogue constant avec l’autoroute. Ce n’est pas laid du tout, c’est juste un peu monstrueux. Dans cette nature torturée, l’autoroute passe souvent d’un viaduc à un tunnel.
Un peu plus loin, le chemin arrive près d’une barrière qui limite l’accès à une STEP (station d’épuration).
Ici, on promet que dans un avenit peu défini, une piscine municipale avec toboggans géants permettra de se baigner dans les eaux de la STEP. Bien sûr!
Une route goudronnée suit alors la rivière le long de la voie d’accès à la station d’épuration.
Ici, c’est alors un jeu complexe de piles d’autoroute, de barrières d’accès à la STEP. L’autoroute repart en tunnel de l’autre côté de la rivière et notre parcours, très bien fléché, part vers la métairie de Nidau.

Section 3: Par vaux et par monts dans la forêt.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques pentes sévères, surtout pour descendre sur la Heutte, à nettement plus de 15%.

Le long d’un mur de pierres sèches, la route monte dans les prés vers la métairie, juste au-dessus.
Le grand domaine de Nidau fait aussi restaurant de campagne.
Le chemin de terre quitte la métairie de Nidau, ses murs de pierre et se dirige vers la forêt.

On a trouvé des traces de dinosaures dans la région. Un sentier leur est dévolu.

Le large chemin monte sur près de 1 kilomètre, par à-coups, parfois en pente légère, parfois en pente plus sévère, dans la forêt de l’Envers, au milieu des hêtres, des érables et des épicéas.

Au lieudit Forêt de l’Envers, la Via Jura 80 abandonne l’idée d’aller voir les traces de dinosaures.

Un chemin descend très sèchement dans la forêt vers La Heutte. L’étroit chemin zigzague assez longtemps dans les buissons et les herbes folles. C’est surtout au départ que c’est très raide.
Plus bas, le chemin s’élargit et la pente s’adoucit un peu.
Il rejoint les premières maisons de la Heutte et descend pour traverser la rivière.

Une route goudronnée passe devant la gare, traverse et monte au-dessus du village.

La pente est assez soutenue, jusqu’à l’école au bord de la forêt.
Un large chemin continue alors à monter, de manière très raisonnable, dans une forêt où se dressent de très beaux hêtres. Les hêtres sont surtout magnifiques, quand ils ressemblent à des géants et qu’ils ne poussent pas en misérables rejets touffus.

Section 4: Le chemin gagne le goulet de la Suze.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques pentes sévères, en descendant vers Péry, mais sans difficulté.

Le chemin continue à monter dans les feuillus, en pente assez soutenue. Ici, la fraîcheur est de mise sous les grands hêtres. Il monte jusqu’à trouver les petites cascades du Pichoux et sa rétention d’eau.

De là, un petit chemin descend brièvement le long du sous-bois…
…pour atteindre les premières maisons de Péry-La Heutte. En bas, on voit la gorge où s’enfonce la Suze.
De petits escaliers plongent alors vers le centre du village.

La route traverse alors le village tout en longueur…
… et descend vers la gare de Reuchenette-Péry.
Ici passent la rivière, la RN6 et l’autoroute en tunnel.
Ici, la géométrie des lieux devient très complexe dans une vallée qui se resserre encore plus. Et pour mieux encore enfoncer le clou, une gigantesque cimenterie, qui profite des marnes et des calcaires locaux, bouche toute la vallée. Or donc, la Via Jura 80 descend le long de la route nationale vers l’usine.
Elle trouve un passage souterrain pour traverser la route nationale et s’engage dans la cimenterie.
A la sortie de l’usine, la Via Jura 80 suit la voie d’accès de l’usine.
A la sortie du site industriel, elle longe un moment la RN6 sur le bord de la Suze, puis prend la direction de Rondchâtel.
Elle passe sous la RN6 qui entre en tunnel. Il faut vraiment s’accrocher ici pour comprendre le ballet incessant que se jouent la route nationale, le train et l’autoroute, avec dans ce fouillis organisé la Via Jura qui essaie de se faire sa place.
Alors la Via Jura se calme et arrive dans la sérénité à Rondchâtel.

Section 5: Dans les gorges de Taubenloch.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans grande difficulté.

A Rondchâtel, la Via Jura 80 part de l’autre côté de la Suze.
Elle se rapproche d’une décharge et fait un crochet pour passer sous l’autoroute.
De là, un petit chemin longe l’autoroute pour repasser sous l’autoroute un peu plus bas. La géographie des lieux est décidément complexe ici. Pas d’impatience, l’autoroute, on la retrouvera plus bas.
Sitôt l’autoroute à nouveau franchie, un petit chemin repart dans les taillis de feuillus pour retrouver un plus large chemin en dessous.
Le chemin va repasser de l’autre côté de la Suze, que l’on avait perdu de vue, après l’avoir abandonnée à Rondchâtel. Elle est toujours aussi belle et torrentueuse.
Une route de terre descend alors sous les falaises le long de la rivière dans les feuillus.
A l’entrée de Frinvillier, il y a une petite rétention d’eau sur la rivière. Ici, de nombreux ponts, où passent le chemin de fer, la route et l’autoroute couvrent le paysage.
Frinvillier est le dernier village du Jura bernois. A partir d’ici la langue allemande reprend ses droits, bien que Bienne soit dite ville bilingue. Ici, une foule de directions est donnée. La nôtre est toujours celle de Bienne-Bözingen, sur la Via Jura 80. Nous sommes à moins d’une heure de marche de Bienne.
La Via Jura 80 traverse la première partie du village et redescend vers la rivière.
Un petit chemin suit le canal surélevé de la Suze, qui passe sous le village. Le lieu est vraiment plein de grâce ici.

Cependant la Suze est toujours là sous les feuillages. Elle se nommera dorénavant le Schüss. Alors il faudra vous rappeler de votre allemand, si vous l’avez appris, car le parcours va se dérouler souvent dans la partie germanophone du pays ces prochaines étapes.

A partir d’ici, départ pour les gorges du Taubenloch. La société d’exploitation des gorges a construit ici, en 1889, un extraordinaire chemin de randonnée pour traverser les gorges à pied jusqu’à Bözingen (Boujean en français). Ces gorges ont été creusées par la Suze.
La Via Jura 80 pénètre alors dans la forêt longeant le canal.
Un premier ouvrage hydraulique se pointe quand le canal rejoint le lit de la rivière.
Plus on s’enfonce dans la gorge, plus le ravissement augmente. La rivière a laborieusement creusé son lit à travers la barre rocheuse, avec des tourbillons, des grottes, des falaises à pic et des éperons proéminents.
Et par-dessus les arches des viaducs de l’autoroute touchent le ciel sous les grandes futaies de hêtres, toujours omniprésents.
Parfois, le vallon est si resserré qu’on a creusé le rocher pour faire passer le chemin. Mais, le niveau d’eau peut montrer énormément, comme le témoigne une ancienne jauge de 1910.
Tout au long de la descente, des ponts transportent le promeneur d’un côté et de l’autre de la rivière qui cahote le long des rochers recouverts de mousse, car il fait assez humide ici.
A mi- parcours, le chemin passe près d’un des bâtiments d’ESB. La centrale hydroélectrique du Taubenloch fut mise en service en 1896. L’entreprise Brown, Boveri & Cie fut chargée de l’exécution du projet. Le service électrique de Boujean était né. En 1917, lors de la fusion entre les communes de Bienne et de Boujean (Bözingen), la centrale électrique devint propriété du Service électrique de Bienne. La centrale fut transformée et modernisée en 1941/42. Elle fournit encore aujourd’hui une part non négligeable d’électricité à Bienne.
Parfois une petite retenue d’eau coupe le flux de le Suze. Le lit de la rivière est couvert de grosses pierres calcaires, qui affleurent de partout, et disparaissent parfois lorsque l’eau s’accumule un peu plus. Et toujours aussi, les tentacules de l’autoroute font comme un ciel terrifiant.
En français, le complexe hydraulique est celui de Boujean. En allemand, c’est Bözingen.
Le chemin continue à se tortiller sous les impressionnantes falaises, passant d’un côté à l’autre de la rivière, sous les monstrueuses aches de l’autoroute. C’est assez fantasmagorique, on le dira ainsi.

Section 6: Bienne Altstadt mérite une visite.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: un peu raide à la sortie des gorges, puis la ville.

Dans les gorges, parfois le chemin musarde un peu le long des rochers, cesse rarement de jouer avec la rivière qui chantonne sur les pierres. En aucun point du parcours, il n’y a signe de danger.

Nous nous approchons petit à petit du bout de la gorge. Alors les deux ponts de l’autoroute vous barrent le ciel au-dessus de vous.

Ce furent 40 minutes de bonheur depuis Frinvillier. Boujean (Bötzingen) est à 10 minutes d’ici.
Vers le fond des gorges, la Via Jura 80 finit en apothéose. La gorge est si étroite, que le chemin passe en tunnel, avant de trouver l’usine de Boujean. Les anciens et nouveaux bâtiments industriels témoignent de l’activité économique rendue possible par la présence du cours d’eau.
Le chemin gagne alors la sortie des gorges. Comme dans tous les bons spectacles, on applaudit des deux mains.

La via Jura 80 s’achève à Bözingen. La Suze passe au milieu de la nouvelle ville et se jette dans le lac de Bienne. Si on veut continuer le chemin pour aller vers Genève et rejoindre le Chemin de Compostelle, il faut suivre la direction de Vingelz. Mais Bienne vaut bien une visite. Et quand on passe sur le chemin, il vaut souvent bien trouver un logement pour passer la nuit.
Il suffit de suivre la Rue de Boujean, la Bözingenstrasse, pour arriver au centre-ville. Il n’y a rien d’affriolant sur ce long axe. Vous pouvez aussi pendre le bus. C’est nettement pus d’un kilomètre, tout droit, pour arriver au centre-ville. Vous arriverez alors près de la vielle ville de Bienne, l’Altstadt, qui est magnifique.

Cependant, avant d’y arriver, votre regard se portera peut-être vers les hauts de la ville où vous verrez briller un fleuron helvétique assez célèbre. Mais ici, il n’y a pas que Rolex. Swatch, Omega, Tissot sont aussi installés ici.

Bienne compte plus de 55’000 habitants. Vous arriverez près de la place du marché. Sur votre gauche descendent vers la gare les artères commerçantes du centre-ville.
Mais la partie intéressante de la ville est sur votre droite, la Vielle ville (Altstadt). Elle regorge de belles maisons, de rues et de places pavées et de nombreuses statues à la gloire du canton de Berne.
L’église St Benoît, près de l’hôtel de ville, est au départ un édifice roman datant du XIIIème siècle. Il en reste des éléments, mais l’église a été reconstruite au XVème siècle en site gothique. C’est une église réformée.

Logements sur la Via Jura 80

Sonceboz
Hôtel***, repas, petit déj. Hôtel Restaurant du Cerf, 4 Rue du Collège, Sonceboz 032 488 32 22
Péry
Hôtel***, repas, petit déj. Hôtel La Truite, 3 Reuchenette, Péry 032 485 14 10
Frinvillier
Hôtel***, repas, petit déj. Auberge des Gorges, Taubenlochweg 5, Frinvillier 032 358 11 75
Bienne
Chambre, petit déj. Christiane Jordan, 44 Faubourg du Lac, Bienne 032 322 29 04
Chambre, petit déj. B&B Stadtzentrum, 20 Rue du Stand, Bienne 032 323 29 04
Pour les autres logements, consultez l’Office du Tourisme 032 329 84 84

Pour les logements, les renseignements sont juste indicatifs. Les données du livre ne sont pas réajustées chaque année. Dès lors, les prix ou les numéros de téléphone peuvent changer. D’ailleurs une telle liste ne peut être exhaustive. Chaque année, certains établissements ferment, d’autres ouvrent. Si vous cherchez un logement via AirB&B, consultez Internet, AirB&B ne communiquant pas les adresses des logeurs. Dans les gîtes, parfois le petit déjeuner est servi. Dans les accueils jacquaires, les prix sont laissés à la liberté du pèlerin. Certains accueils jacquaires proposent aussi le repas et le petit déjeuner. Les législations ne permettent pas de donner les coordonnées de ce type de logement. Consultez les sites officiels agréés pour ces adresses. En Suisse allemande, de nombreuses chambres d’hôte vous reçoivent sur la paille, où dormir dans ces conditions est très recherché. De toute manière, il est très recommandé de réserver à l’avance, pour savoir si dans tous ces établissements, chambres ou hôtels, vous pouvez avoir le repas.

La liste ne dresse que les logements sur le chemin ou à proximité (moins de 1 km du chemin). Pour ce type de logement, consultez aussi les sites officiels du chemin. En Suisse, pour le liaisons depuis Bâle à Moudon, renseignez-vous auprès de “ https://www.jakobsweg.ch/fr/eu/ch/route/bale-jura-troislacs-fr/accommodation.pdf”