11: Payerne à Moudon

Dans la monotonie de la vallée de la Broye

 

 

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-payerne-a-moudon-100111723

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, le parcours rejoint la Via Jacobi 4, peu avant Moudon. C’est alors que s’achève le parcours qui est parti de Bâle sur la Via Jura 80, et qui s’est poursuivi sur la Voie des 3 Lacs.

On a souvent l’image d’une Broye rectiligne, endiguée, monotone, le long de longues allées de peupliers. De nombreux pèlerins trouveront que ce parcours ne confère aucun charme particulier, aucun caprice. Un vrai chemin de croix, pour dire vrai. La rivière a connu de nombreux travaux de correction et d’endiguement au XIXe siècle, voire même avant, pour contenir les fréquentes crues et inondations. La renaturation de la rivière a aussi servi à bonifier de nombreux terrains pour l’agriculture. La Vallée de la Broye est une des grandes plaines cultivées de Suisse.

Cependant, l’itinéraire est apprécié des cyclistes et promeneurs de chiens, même s’il ne réjouira guère les adeptes de paysages sauvages et variés. Ne soyons pas si négatifs. Vous avez traversé de si beaux paysages depuis Bâle, qu’un peu de monotonie ne peut vous nuire. Vous pouvez aussi remarquer le travail remarquable qu’une équipe hétéroclite composée de pêcheurs, d’agriculteurs, et d’écologistes ont accompli pour redonner à la Broye l’âme qu’elle avait perdue dans sa canalisation séculaire. De nombreuses espèces animales et végétales n’y trouvaient plus les conditions de vie qui leur étaient propices. Plusieurs affluents se jetaient dans la Broye par des seuils infranchissables pour les poissons. Les agriculteurs voisins avaient pris l’habitude de pomper l’eau de la rivière pour arroser leurs cultures. Tout cela a été corrigé. De nombreux panneaux le long du chemin décrivent la belle initiative.

Difficulté du parcours : Les dénivelés aujourd’hui (+70 mètres/-6 mètres) sont inexistants. Le parcours ne fait que suivre en montant le faible dénivelé de la rivière.

 

Aujourd’hui, c’est surtout une large route de terre qui a la primeur:

  • Goudron : 2.9 km
  • Chemins : 19.3 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage en début de site.

Section 1 : En quittant Payerne.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans grande difficulté.

La Via de 3 Lacs repart du centre de Payerne, direction ouest vers la rivière de la Broye. Depuis la cathédrale, le parcours fléché des caractéristiques jaunes des chemins suisses, sillonne le bourg.
Il se dirige vers la rivière.
Il passe devant une vielle tour, puis devant l’église catholique, Notre-Dame-Immaculée. N’oublions pas que Payerne est dans le canton de Vaud, pays protestant.
Au niveau de l’église, le parcours trouve la rivière. Mais, il ne la traverse pas. La Broye coule de l’ouest à l’est, de Moudon vers Payerne. Vous suivrez donc longtemps la rive droite de la rivière.
Une petite promenade le long de la rivière, entrecoupée de petits ponts, permet de sortir de la cité.
Mais rapidement, comme il est hélas l’usage de la majorité des banlieues, la petite promenade se transforme vite en une zone industrielle, avec aussi la kyrielle des battements locatifs qui accompagnent généralement ces lieux.
Le parcours quitte définitivement Payerne, lorsqu’il rejoint la route de Fribourg, la route qui contourne la ville, car ici les axes de circulation évitent la ville. Il en est ainsi aussi de l’axe Lausanne-Berne et de l’autoroute qui passe un peu plus loin. Vous constatez que les panneaux ici vous indiquent que nous sommes sur la Via Jacobi 4, ce qui n’est pas vrai. Mais c’est la bonne direction. Ici, on annonce Moudon, à près de 5 heures de marche.
Si vous passez ici le week-end, vous verrez le petit square envahi de pique-niqueurs. Payerne est une ville où les travailleurs étrangers de toutes nationalités y vivent.
A partir d’ici, vous voilà parti pour très longtemps au bord de la rivière. Jusqu’à Moudon, en fait. Au départ, c’est du goudron qui accompagne le marcheur, le long de la voie ferrée.
Peu après, on trouve des gravillons à la place du goudron.
Les arbres sont avant tout des bouquets des hêtres, avec quelques feuillus plus rares comme des aulnes et des bouleaux.
Plus loin, le chemin se rapproche à nouveau de la voie ferrée qu’il va quitter, mais, il ne sera jamais très éloigné. Le parcours ne passe que rarement en sous-bois, mais il navigue souvent le long des haies de feuillus.
La route avance, souvent presque rectiligne. Sur sa droite, de l’autre côté de la rivière, on passe près du village de Fétigny, en pays fribourgeois. Il faut dire ici que la géographie est fort complexe, car le canton de Vaud s’enfile en fait dans le canton de Fribourg, presque jusqu’à Morat, ou dire alors qu’il y a des enclaves fribourgeoises dans le canton de Vaud.

Section 2 : Balade le long de la rivière.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

Dans ces trajets où pas grand-chose ne se passe, il faut parfois se contenter de prêter attention à quelques détails qui vous réveillent de votre insomnie, comme le passage de cavaliers de l’autre côté du lac…
…ou alors du passage du train, un train régional qui passe dans la plaine, jamais éloigné du chemin.
La route de terre fait alors un léger coude, ce qui est rare aujourd’hui, lorsqu’elle se dirige du côté des horticulteurs.
Elle passe devant de grands hangars où travaillent les horticulteurs. Aujourd’hui, nous sommes au début du printemps, et les fleurs sont rares. Aujourd’hui, c’est dimanche. Les cyclistes et les cavaliers du dimanche se donnent à cœur joie.
Sur sa gauche se déroule la grande plaine de la Broye, une des rares plaines du pays, la plus cultivée de Suisse. C’est là que passe la RN1, l‘axe Lausanne-Berne.
Ici, la route va changer de structure. De graveleuse, elle va devenir une route de terre battue, avec une large bande herbeuse au milieu du chemin. Les peupliers remplacent les bouleaux et déploient leurs grandes silhouettes au bord de la rivière. On rejoint un pont, qui permet accès à l’autre côté de la rivière.

Ces ponts sont magnifiques, pour finalement peu d’usage. Aucun véhicule ne passe ici.

Ici, on arrive là où se jette le ruisseau de Trey dans la Broye. L’embouchure du ruisseau a été réaménagée afin de permettre la migration des truites, des vairons ou des salamandres depuis la Broye.
Alors nous voilà repartis sur une interminable rectiligne, souvent interrompue, les week-ends, par le passage des cyclistes. Ici c’est un peu la Hollande, avec tous ces cyclotouristes qui longent les canaux.
Vous aurez bien sûr le sentiment que vous marchez à plat. Mais ce n’est pas tout à fait vrai. Regardez la rivière. Tout au long du parcours, il y a de petits soubresauts. N’oubliez pas, vous remontez la rivière. Derrière les peupliers légèrement penchés se dessine le village de Granges-Marnand.

Section 3 : Henniez, les eaux gazeuses de la Suisse romande.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans aucune difficulté.

A l’approche du village, un petit bout de route conduit jusqu’au pont. Ici, le petit ruisseau de Marnand se jette dans la Broye.
Granges-Marnand est situé des deux côtés de la Broye. Ici, la géographie reste toujours complexe, avec des enclaves fribourgeoises toutes proches, dans le canton de Vaud. En 2010, de nombreuses communes vaudoises se sont regroupées pour former la commune de Valbroye, dont Granges-Marnand est le centre.

Le. parcours ne fait qu’effleurer le village, n’y pénètre pas, et continue du même côté de la Broye.

On annonce ici Moudon à plus de 3 heures de marche.

La route de terre s’en va derrière les derniers lotissements industriels du village.
Alors en avant pour la monotonie absolue sur un bout droit de près de 2 kilomètres. A droite, le long des peupliers et des bouleaux s’étire la rivière. A gauche, une petite haie de buissons cache la plaine de la Broye. Alors pour jouer un peu en route, on avance tantôt sur l’herbe, tantôt sur la terre graveleuse. Même sur le Chemin de Compostelle français, sur la Via Podiensis, dans la plaine de l’Adour, des chemins aussi longs et rectilignes ne se trouvent pas ! Ici, seul le train peut apporter une once de surprise dans un tel décor.

Puis, soudain, un gros obstacle devant vous. Le chemin s’arrête, comme dans une impasse. Rassurez-vous, ce n’est que pour laisser passer le ruisseau de la Trémeule qui descend de la forêt d’Henniez, en face. Ici, on ne dresse aucun obstacle au frayage des truites. Il n’est que de considérer l’armée de pêcheurs du week-end qui taquinent la truite tout au long de la rivière.

Le chemin contourne l’obstacle, comme si de rien n’y était.
Le chemin tutoie la ligne de chemin de fer, puis reprend sa démarche rectiligne Sur votre gauche s’étend sur toute sa longueur la campagne d’Henniez.

La Suisse est décidément le pays du luxe. Peu après, la route de terre passe près d’un beau pont qui permet de relier Henniez à Villeneuve de l’autre côté de la rivière. Sur ce pont, on ne peut même pas passer à cheval. Les piétons sont rares sans doute ici. Qui va se perdre de l’autre côté du pont, à Villeneuve, si ce ne sont les locaux, les gens qui aiment à transiter de Villeneuve à Henniez ?

Les Eaux d’Henniez, c’est toute une histoire, comme il en est d’ailleurs de même pour de nombreux autres hauts lieux de sources et de bains thermaux. En fait, c’est presque toujours la même histoire. Cela commence presque toujours par la pluie qui s’infiltre dans l’écorce terrestre et se purifie en traversant les profondeurs des formations géologiques. L’eau peut y rester des années durant, puis ressurgit enrichie de sels minéraux ou d’autres oligo-éléments. Ce n’est que la température de l’eau qui ressort qui fait la grande différence. Il y avait des sources célèbres ici, don la première source dite “Bonne Fontaine”. De nos jours, sept captages issus du “Sillon d’Henniez” approvisionnent le stockage de l’eau, qui varie de 9 à 11.5 °C selon la saison.

Ici, on prétend que ce sont les celtes et les romains qui découvrirent la source. Henniez doit son nom à Ennius, un romain qui avait un domaine en ces lieux. Le XVIIème siècle vit l’éclosion en Europe des bains. Henniez ne fit pas exception et on construisit ici l’Hôtel Des Bains, à proximité des sources, dans la forêt au-dessus du village. Ce dernier connut une grande prospérité. La guerre de 1914 amena ici de nombreux étrangers, des pachas avec leurs harems, des archiducs. Mais, comme presque partout ailleurs, ce business déclina au cours des décennies et les belles années passèrent comme le vent. On tenta bien évidemment d’attirer les conseils d’administration, les colloques, les banquets. Mais l’année 1939 sonna le glas. L’Hôtel des Bains devint une misérable officine militaire. Tout a disparu depuis, mais pas le business de l’eau minérale. La première installation d’embouteillage fut mise en service en 1905. On ne vendait alors l’eau qu’en pharmacie comme remède médicinal. Il fallut attendre la fin de la 2ème Guerre mondiale, pour que l’eau quitte son statut de remède et devienne une boisson de tous les jours.

Le chemin ne passe pas à Henniez, et le village se trouve à la hauteur de la RN1.

Et la monotonie et la rectitude du trajet reprennent leurs droits, le long de la campagne d’Henniez. De temps à autre un banc permet de souffler. Mais est-ce bien nécessaire pour un pèlerin ?
La route d’herbe et de terre passe à deux pas de la gare d’Henniez, mais n’y va pas. Pourquoi une gare ici, perdue comme en brousse ? Ce n’est sans doute pas pour aller au village, assez distant d’ici. C’est que juste au-dessus de la gare se trouve l’usine actuelle des Eaux d’Henniez. Pour les visites, ou peut-être alors, pour les Conseils d’administration, qui sait ?

En 2007, Henniez a intégré le groupe Nestlé Waters, comme l’ont fait, entre autres, d’autres fleurons des eaux, nettement plus connus comme Perrier, San Pellegrino, Vittel, Contrex ou Granini. Henniez est le leader en Suisse avec près du 20% des parts du marché des eaux minérales, la Suisse allemande incluse.

Section 4 : Toujours le long de la Broye.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans difficulté.

La petite route de terre continue son petit bonhomme de chemin dans une région un peu plus boisée, passe devant une frontière amusante entre le canton de Vaud et celui de Fribourg. Il faut dire que dans ce coin de pays, il faut être un expert pour trouver les frontières entre les deux cantons. Mais, comme les douanes cantonales ont disparu en Suisse de 1848, qui s’en préoccupe, si ce ne sont les receveurs d’impôt ?
La route se rapproche alors d’une région que l’on dira plus résidentielle, mais n’y va pas. Elle reste à l’orée du maigre sous-bois. C’est ici, que le Seigneux, se jette dans la Broye.
Un petit pont de bois enjambe le ruisseau. Ici, encore, on a créé une passe à poissons, assez rudimentaire en fait. Quelques cailloux reliés entre eux par le courant. Le poisson encouragé peut remonter chaque petit dénivelé, comme on monte une échelle, se reposer à guise dans le bassin supérieur, si le pêcheur n’est pas là pour le perturber. On doit en manger des truites dans la région, d’autant qu’on a repeuplé les cours d’eau.

Après le ruisseau de Seigneux, la Voie des 3 Lacs va passer par le seul passage un peu sauvage du parcours. C’est un petit chemin forestier qui se traîne sur la rive.
Ici, sur la rive opposée, on trouve même des épicéas, c’est pour vous dire combien ce lieu est sauvage.
A la sortie du maigre sous-bois, le chemin passe sous la voie de chemin de fer qui traverse la rivière.
A partir de là, on est reparti pour un tour. Enfin, manière de dire… Entre petit gravier et herbe, le chemin reste très rectiligne et se dirige vers le village de Lucens. Vous aurez toujours le sentiment que c’est plat, et c’est vrai. Mais considérez les ressauts de la rivière et vous verrez que cela monte constamment.
Plus loin, le parcours gagne la banlieue industrielle de Lucens, et le goudron remplace la terre battue, au milieu de tas de scories.
Peu après, la route traverse la rivière au niveau d’un des 4 sites de production de Cremo, une société célèbre en Suisse, un groupe de l’industrie laitière suisse fondé en 1927, dont le siège se situe à Villars-sur-Glâne dans le canton de Fribourg.
C’est la première fois depuis Payerne que nous passons sur la rive gauche de la rivière. D’ci, le château de Lucens apparaît comme un petit jouet noyé dans la masse industrielle. Car c’est ici que fleurit Isover, leader mondial de l’isolation, une marque du groupe Saint-Gobain. Présente en Suisse depuis 1937 avec sa filiale ISOVER, spécialiste de la laine de verre pour le bâtiment et l’industrie, Saint-Gobain France fournit aussi dans d’autres filiales suisses des vitrages, du plâtre et même des salles de bains et des cuisines.
La route quitte alors la zone industrielle, assez présente à Lucens.
A la sortie de la zone industrielle, près du pont, c’est l’entrée de Lucens. Le chemin ne va pas dans le village. Ici, vous avez un choix. Le premier est de prendre la route à gauche qui va à Curtilles. Là, vous rejoindrez le Chemin de Compostelle principal, la Via Jacobi 4 qui vient de Fribourg. La deuxième possibilité est de rester sur la même rive gauche de la rivière. Vous rejoindrez la Via Jacobi 4 un peu plus loin. Prenez plutôt cette variante, un peu plus courte, sans asphalte.

Section 5 : Toujours le long de la Broye vers Moudon.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans grande difficulté.

 

Ici, le parcours se prête à un petit jeu pour traverser le petit ruisseau de Cériaule et se retrouver sous le pont qui va à Curtilles.

Mais, il reste sur la rive gauche de la rivière. La route de terre battue avec sa bande centrale herbeuse transite le long des aires sportives de Lucens et se dirige vers la RN1. Ici, c’est le seul moment où la rivière se montre un peu plus capricieuse.
Ici, c’est le seul moment où la rivière se montre un peu plus capricieuse. Le chemin de terre passe bientôt sous les arches de la RN1, l’axe principal Lausanne-Berne.

En vous retournant, après avoir passé sous la RN1, vous pourrez admirer encore une fois le château de Lucens. Vous ne vous êtes pas arrêté à Lucens pour visiter le château. Tant mieux, car il ne se visite pas. Ce château, juché sur un éperon de molasse, datant de la fin XIIe siècle, fut détruit et brûlé à plusieurs reprises. Il a une longue histoire de position stratégique de défense, puis de résidence des hobereaux locaux. Depuis 1801, il a toujours appartenu à des propriétaires privés. En 1965, le fils de Sir Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, achète le château et y installe un musée consacré à l’œuvre de son père. A sa mort, le musée va perdurer quelques années, puis être délacé ailleurs dans le village, par le nouveau propriétaire.

Ici, la Broye a creusé le banc de molasse et la route fait donc un léger coude.

Parfois un pêcheur taquine la truite. Cela a l’air bucolique par ici, non ?

Pourtant, la région a connu une histoire peu glorieuse. C’est ici, à la hauteur de la RN1, dans la barrière de molasse, qu’était née l’idée du réacteur expérimental nucléaire de Lucens. En Suisse, on s’était décidé pour la filière de l’eau lourde, parce qu’elle utilisait un uranium non enrichi, qu’on espérait à l’époque trouver dans les Alpes. L’éternel rêve autarcique. Mais voilà ! Le 21 janvier 1969, un élément du réacteur entre en fusion, entraînant l’arrêt de la centrale. A 4 heures du matin, la montée en puissance commence dans la caverne creusée dans la colline. Arrêté depuis l’automne 1968 après avoir fonctionné sans problèmes majeurs pendant trois mois, le réacteur expérimental entame une nouvelle phase d’essais. Il porte les espoirs de la “filière nucléaire suisse”, à eau lourde. Au début, tout se passe bien. Vers 6 heures15, les opérateurs de la salle de contrôle constatent un léger défaut dans les températures du gaz carbonique utilisé dans les circuits de refroidissement. Broutilles, la puissance est augmentée. Il est maintenant 17 heures 20. La pression du circuit primaire chute soudainement, indiquant que le gaz carbonique s’est échappé dans la caverne. Les instruments signalent une importante augmentation de radioactivité dans l’enceinte confinée, puis dans la galerie d’accès. Simultanément, une importante perte d’eau lourde montre que la cuve en aluminium du modérateur est endommagée. Aussitôt, l’arrêt d’urgence est activé dans le cœur du réacteur. Les clapets de ventilation sont fermés, la caverne isolée. A 21h45, le refroidissement du réacteur est “en bonne voie”. Dans le couloir d’accès, les compteurs Geiger se calment. La filière suisse des réacteurs est achevée. On achètera étranger. La petite taille du réacteur, en fait cent fois moins puissant que les centrales actuelles, et son confinement limitaient les risques. Mais pourquoi a-t-il fondu ? L’enquête a conclu à des problèmes d’humidité dans la caverne et à des joints non étanches. La centrale nucléaire est aujourd’hui démantelée.

L’accident de Lucens n’en est pas moins un des dix plus sérieux du nucléaire civil dans le monde. Pour les maîtres de l’ouvrage, ce n’était qu’une avarie. A quel risque la population a-t-elle été exposée, y a-t-il eu contamination ? Apparemment, la réponse est négative. Le niveau de radioactivité du voisinage n’a pratiquement pas varié du seuil naturel. Les experts aussi ont conclu que l’augmentation des cancers de l’intestin dans la Broye entre 1970 et 1990 avait “ peu de chance” d’être liée à l’incident nucléaire. Dans les environs de Tchernobyl aussi, bien évidemment !

Puis, le chemin repart rectiligne à souhait, entre la rivière et la voie de chemin de fer, parallèle à la RN1 au-dessus.
Le bout droit est interminable ici, et il n’y a vraiment pas beaucoup de sujets de distraction, à part les camions qui passent au-dessus sur la RN1, le train et les amateurs de pêche.
Mais peu après, cela va bientôt changer. Pourquoi ? Le chemin va passer de l’autre côté de la rivière. C’est ici que vous rejoignez le Chemin de Compostelle, la Via Jacobi 4. La variante des 3 Lacs s’achève ici, on le dira ainsi. Attention ici ! La bifurcation n’est pas signalée, car pour les organisateurs du Chemin de Compostelle, la bifurcation sur la Via Jacobi 4 était à Lucens et passait par Curtilles. Si vous continuez tout droit, vous arriverez aussi à Moudon, mais en passant par la zone industrielle. Alors, il vaut mieux prendre le pont.
En fait, les directions du chemin de Compostelle sont juste de l’autre côté du pont.
Vous êtes de l’autre côté de la rivière, mais rien ne change. La route de terre reste désespérément rectiligne. Elle se rapproche assez rapidement de la banlieue industrielle de Moudon, de l’autre côté de la rivière.

Section 6 : Moudon, capitale de la Broye.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans grande difficulté.

 

Chemin faisant, le parcours croise une petite mare et sa cabane pour le pique-nique.
Encore quelques centaines de mètres sous les bouleaux et les peupliers, d’abord sur la terre batue, puis sur l’herbe, le long de la rivière.
A l’entrée de Moudon, le parcours traverse la Broye, près d’une fromagerie taillée en partie dans le roc.
La route se dirige alors vers la gare.
Moudon, d’origine celtique, a aussi connu une période romaine florissante. Aujourd’hui, le bourg comprend 6’000 habitants. Le parcours remonte vers le centre-ville le long de la Broye. Sur la droite se dresse l’église St Etienne, la “cathédrale de la Broye”, une vieille église catholique détruite par les protestants et restaurée au cours des siècles. Elle est pourvue du plus ancien orgue jouable du Canton de Vaud.
Le centre-ville ne présente pas un grand intérêt architectural. Une rue raide monte vers le château.
Le sommet de la colline était autrefois une importante forteresse qui fut démolie au cours des âges. Il n’en reste pas grand-chose d’intact, si ce n’est la majestueuse tour et quelques remparts. Les deux “faux châteaux” ont été remaniés au cours des siècles à partir de la place forte d’origine. Au sommet de la colline se dressent ainsi, le Château de Carrouge et le Château de Rochefort, qui lui abrite un musée des beaux-arts régional.

Logements sur la Voie des 3 Lacs

 

Granges-Marnand
Accueil jacquaire, repas, petit déj. Regina et Jean-Jacques Duc, Rue de Verdairu 25 026 668 13 30/079 344 59 93
Lucens
Chambre d’hôte, peti déj. Villa le Cigalou, Route de Moudon 73 021 906 83 35/078 880 82 35
Hôtel***, petit déj. La Ferme du Château, Rte d’Oulens 8 021 906 64 44
Hôtel***, repas, petit déj. Hôtel de la Gare, Avenue de la Gare 13 021 906 12 50/021 906 12 60
Moudon
Caserne, dortoir Moudon 079 175 97 38
Camping, repas, petit déj. Piscine du Grand Pré 021 905 23 11
Chambre d’hôte, repas, petit déj. Anne et Michel Thorens, Les Combremonts 24 021 905 54 20/078 886 83 07
Chambre d’hôte, repas, petit déj. Anne et André Mayor, Le Plan 2 021 905 24 06/078 832 30 59
Chambre d’hôte, petit déj. Michèle Cheseaux, Ch. de Valcrêt 5 079 418 86 47
Hôtel*, repas, petit déj. Hôtel de la Gare 021 905 45 88
Hôtel**, repas, petit déj. Hôtel du Chemin de fer 021 905 70 91
Hôtel**, repas, petit déj. French 75, Route du Relais 5 021 905 13 13
Il n’y a pas de grandes difficultés de trouver un logement sur cette étape. Réservez tout de même par sécurité.
N’hésitez pas à ajouter des commentaires. C’est souvent ainsi que l’on monte dans la hiérarchie de Google, et que de plus nombreux pèlerins auront accès au site.
Etape suivante: Etape 12: De Moudon à Lausanne (Etape 17 sur Via Jacobi 4)
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