05: Einsiedeln à Brunnen

Au pied des mythiques Mythen

 

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, le voyage nous conduit par monts et par vaux vers le Lac des 4 Cantons (Vierwaldstättersee). Au cœur de la Suisse, dite primitive, le lac des Quatre Cantons déploie ses branches, qu’on dirait des fjords, entre les cantons de Uri, Schwyz, Unterwald et Lucerne. La Suisse, entre histoire et légendes, est née ici. Guillaume Tell, Arnold Winkelried, et tous les autres Waldstätten du serment du Grütli de 1291 ont dû emprunter un jour ces axes, qu’ils eussent existé ou non. L’histoire, aujourd’hui, balaie un peu ces histoires, ce qui fait mal au cœur à de nombreux helvètes. Néanmoins, il demeure que la Suisse centrale est le cœur historique et touristique de la confédération helvétique, avec le lac comme épicentre. L’histoire de la Suisse s’écrit ici au fil de l’eau ou dans les pentes, parfois très sévères, des montagnes qui dominent le lac. Car avant de trouver les bateaux à vapeur qui sillonnent le lac, il faut passer depuis Einsiedeln les chaînes des Mythen. Quand vous passerez par ici, vous allez découvrir, pour ceux qui n’y sont jamais venu, une région magnifique qui regorge de charme et de patrimoine à tous les coins de bosquets ou dans les petites cités.

 

Le trajet se passe sur des dénivelés conséquents, surtout en descente sévère (+595 mètres/-1031 mètres). Le parcours est entièrement dans le canton de Schwyz. Si la première partie du parcours n’est qu’une balade, quasi à plat, dans la vallée où coule l’Alp, une montée très exigeante dans la forêt conduit sur les alpages de Hagenegg, le point culminant du chemin de Compostelle en Suisse, au pied des deux Mythen. De là, une descente longue et sévère permet de rejoindre d’abord Schwyz, le chef-lieu du canton. Puis, le chemin est sans problème pour gagner Brunnen, au pied du Lac des Quatre Cantons.

Dans cette étape, une grande partie du trajet se passe sur des chemins, en forêt:

Goudron: 19.0 km

Chemins: 14.8 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-einsiedeln-a-brunnen-par-la-via-jacobi-4-32021330

Section 1: En remontant l’Alp, qui coule doucement dans la vallée.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté ; cela a l’air plat, mais cela montre tout de même.

La Via Jacobi quitte Einsiedeln depuis le monastère sur les hauts de la cité, le plus souvent sur le goudron, rarement sur la terre battue.
Elle passe dans un parc puis le long de demeures cossues.
Plus loin, elle transite vers la banlieue de la cité.
Elle rejoint assez rapidement la route de l’Alpthal et suit la route jusqu’à la bifurcation qui conduit au cloître d’Au.
Une petite route près de la rivière mène au cloître de Au. Ce cloître fondé au XIVème siècle devint bénédictin au début du XVIIème siècle. Il subit de profondes transformations jusqu’à la fin du siècle dernier. Une vingtaine de sœurs occupe le lieu.
Depuis le couvent, une petite route de terre s’en va longtemps dans les prés, à plat, entre le petit ruisseau de l’Aubach et la montagne.
Ici, on trouve avant tout les vaches de la Suisse orientale, de la race brune (Braunvieh). Plus rares sont le Simmental, et les Holstein ont de la peine à trouver un mètre carré d’herbe. Et pourtant de l’herbe, ce n’est pas ce qui manque ici. La route de terre transite près d’un petit oratoire, et plus loin près d’une croix.

Ici est proposée une variante pour monter jusqu’à la montagne de Haggenegg en passant par le village de Trachslau. Mais la Via Jacobi 4 directe continue tout droit.

Bientôt, la route rejoint la gravière de Trachslau, près de la rivière de l’Alp. Les signes religieux, les croix et les petites chapelles sont présents partout dans le canton.

Section 2: Le chemin va bientôt quitter la plaine de l’Alp.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté; cela a l’air plat, mais cela montre tout de même.

A Trachslau, le chemin de terre, après avoir longé la gravière rejoint un court moment la route de la vallée. Ici, on travaille le bois et les meubles. Mais, la Via Jacobi ne passe pas directement dans le village.
Elle se contente de suivre un petit chemin de terre près de la rivière de l’Alp, parallèlement à la route.
Un peu plus loin, le chemin de terre longe longtemps la route, avec l’Alp à sa gauche. Les montagnes des Mythen grossissent à l’horizon. Se rapprocher de ces montagnes, tel sera votre objectif pendant de nombreux kilomètres.
La circulation est minimale sur la route. En fait, la route est un cul-de-sac qui ne va même pas jusqu’au sommet de la vallée. Cela n’empêche pas les voitures de circuler un peu. Il y a les locaux qui habitent un peu plus haut, puis les pique-niqueurs qui montent sur les alpages durant le week-end sur des chemins carrossables. Plus loin, le chemin passe de l’autre côté de la rivière.
Le chemin de terre suit alors la rivière, près d’un sous-bois de hêtres et d’érables. Ici, la nature et moins belle, plus confuse.
Plus loin, le chemin rejoint les prés. A l’horizon, on distingue maintenant bien les deux Mythen.
Au lieudit Kleinschnülimatt, le chemin passe deux petits ruisseaux, qui abondent dans la vallée.
Au pied du village d’Alpthal, le village central de la vallée, le chemin rejoint le lit de la rivière. Il y a de petites cascades ici, et de grosses pierres gisent dans le lit de la rivière. On devine que la montagne doit se montrer de temps à autre un peu capricieuse.
Le chemin longe la rivière dans la végétation dense et continue jusqu’au village. Nous avons marché près de 8 kilomètres et nous ne sommes élevés que de seulement 100 mètres. C’est plat, non?
Le chemin passe sur la lisière du village. Il continue au bord de la rivière.

Le regard hésite entre la douceur des prés et la rigueur du lit de la rivière. Mais tout là-haut devant soi, il y a les Mythen où il faudra bien monter.

Section 3: En route pour les alpages.

Aperçu général des difficultés du parcours: à 15%, et souvent bien au-dessus, avec quelques replats pour reprendre son souffle. Parcours très exigeant.

Le chemin joue alors un peu avec la rivière, passant d’un côté à l’autre jusqu’à rejoindre rapidement la route qui part sur Brunni au fond de la vallée.

Ici, nous arrivons au lieudit Malosen. Finies les vacances, ici, le travail peut commencer.

C’est peut-être bien la plus belle bosse du Chemin de Compostelle en Suisse. Un chemin très caillouteux grimpe, avec parfois des pentes de plus de 30%. Il monte d’abord de plus de 200 mètres sur un peu plus de 1 kilomètre dans la forêt. Le départ est brutal.
Les gros cailloux vous brûlent les pieds et les épicéas, les hêtres et les sapins blancs vous font peu d’ombre, et le chemin est large.
Vers le sommet de la forêt, la pente se réduit, mais cela reste raide, très raide. De temps à autre, les broussailles gagnent du terrain, mais, en Suisse, les chemins sont entretenus, presque comme des terrains de golf.
Le chemin débouche alors dans une clairière. On ne laisse pas le bétail pénétrer dans les forêts.

Au-dessus se détachent maintenant, magnifiques, les deux Mythen. Certes, ce n’est pas le Cervin, mais c’est presque aussi beau, en tout cas presque plus humain. On aperçoit tout près des montagnes les petits chalets d’alpage où passe le chemin. Les Mythen ne sont pas élevées, inférieures à 2000 mètres d’altitude.

Un peu plus haut, le chemin passe près d’un petit reposoir. On prie un peu pour faire diminuer la pente. Mais, la prière ne sera pas exaucée. L’eau coule à la fontaine, fraîche. La sévère montée se poursuit encore, au milieu de l’alpage.
Bientôt, il n’y a plus que des épicéas, isolés ou par petits bouquets, qui grimpent à l’assaut de la montagne. De nombreux chalets se nichent sur les pentes. Sont-ce des chalets d’alpage ou de véritables résidences secondaires ? Nous ne saurions le préciser. Mais, si ce sont des chalets d’alpage, les paysans ici ne semblent pas vivre dans la disette.
Le chemin arrive à un premier chalet d’alpage sur le chemin, près d’un lieudit Bruust. En tout cas, celui-ci ressemble à un vrai chalet d’alpage, que l’on rencontre dans les pâturages helvètes. Mais les vaches sont déjà redescendues d’ici à cette période. Ici, nous en avons terminé avec la grosse montée et le chemin repart en pente plus douce. Quoique! On voit aussi de petites routes goudronnées sur l’alpe. Cela doit être très utile pour amener le bétail ici et aux paysans pour venir leur jeter un coup d’œil.
De nombreux petits ruisseaux, souvent à sec, descendent des flancs de la montagne. Ils sont encombrés de cailloux, comme de petits canyons.
La pente se fait à nouveau plus rude sur les cailloux et Le chemin arrive alors au lieudit Bogenfang, où il y a plus de monde.

Une petite route monte en effet de Brunni du fond de la vallée et une place de pique-nique aménagée, comme il en existe de nombreuses dans la région, est à disposition des habitants. Existe-il un plan de réservation pour ce genre d’hospitalité ? Sans doute pas, même si on arrive en voiture.

Nous n’avons pas de place ici aujourd’hui pour le pique-nique, alors nous continuons de grimper sur les cailloux du chemin. Ici, on est si près des Myrthen que l’on pourrait presque les toucher des doigts. Vous constatez que les Mythen ne sont pas si sauvages que ça, puisque les montagnes adoptent des épicéas, même jusqu’à leur cime.
Le chemin progresse alors un moment en pente plus douce dans l’alpage, où coulent les petits ruisseaux du Lümpenenbach.
Mais, nous ne sommes pas encore en haut et la pente se fait à nouveau très rude dans les prés.

L’hiver, on skie ici, aux pieds des Mythen.

Nous sommes maintenant presque sommet de la montagne. Cela monte encore mais la pente est un peu moins forte dans l’alpage. Mais c’est relatif.
Nous arrivons presque au col, au lieudit Gummen où on annonce le bonheur.
C’est une petite buvette où on vend des fromages d’alpage, des fromages de chèvre, des yogourts et du beurre. Il faudra vous servir ici de votre allemand pour pouvoir déguster les produits de l’alpage.
Encore un petit effort, et voici le col de Hagenegg, le plus haut point du Chemin de Compostelle en Suisse, encore plus haut que le col du Brunig, le seul col du chemin en Suisse. Nous sommes passés de 885 mètres d’altitude à Einsiedeln à 1404 mètres ici. Les marcheurs n’apprécient jamais que l’on puisse monter en voiture ici, les aubergistes oui. Une petite route monte en fait de l’autre côté de la vallée pour les touristes et les skieurs.
La descente débute sous le restaurant du col de Hagenegg.

Section 4: Un toboggan, ou plutôt un tremplin pour la vallée.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: à 15%, et souvent bien au-dessus, avec quelques replats pour reprendre son souffle. Parcours très exigeant, un des plus sévères du Chemin de Compostelle en Suisse.

Vous avez apprécié la montée au col. Vous n’allez pas être déçu de la descente. Que du bonheur! C’est encore plus pénible que la montée, pour beaucoup de personnes. Près de 1000 mètres de dénivelé jusqu’au lac, avec parfois des pentes de plus de 30%, en moyenne au-dessus de 15%. Vive les genoux, les chevilles et les ischio-jambiers! Au départ, c’est un chemin étroit qui se faufile dans l’exubérance des buissons.
Le chemin descend entre les feuillus, surtout des rejets de hêtres, les épicéas et les herbes folles de l’autre côté des Mythen. Il joue sans arrêt avec les minuscules affluents du Nietenbach, qui se font un malin plaisir à traverser le chemin, surgir de nulle part, et disparaître aussitôt.
Plus bas, le chemin s’ élargit un peu dans ce qui ressemble plus à une forêt qu’à des taillis.

Au-dessus les Mythen sont plongées dans les mystères.

La descente jusqu’à la civilisation est longue, le chemin, tantôt étroit, tantôt plus large, virevoltant avec délice et épingles sur plus de 4 kilomètres, le long des arbres parfois dénudés, droits comme des baguettes de tambour.
Sur le bas, la pente s’adoucit un peu et le Nietenbach prend un peu plus d’eau.
Au lieudit Brändli, le chemin s’élargit et un petit oratoire borde le chemin. Priez pour ne pas faire cesser la pluie lors de votre passage ou alors remerciez le Ciel de vous avoir accordé le beau temps.
La Via Jacobi va alors hésiter un peu entre la forêt et les clairières.
Un peu plus bas encore, la forêt s’ouvre et la route remplace le chemin, et la civilisation réapparaît. Mais, la pente demeure.
A l’horizon, se dessine un des bras du Lac des Quatre Cantons, près de Brunnen. Puis, la route repart dans un petit sous-bois avant de gagner le petit carrefour qui mène au petit hameau de Stoffels.

Section 5: Un petit coup de canif chez Victorinox, entre Schwyz et Imbach.

Aperçu général des difficultés du parcours: cela descend encore, avec quelques jolies pentes, mais on en voit la fin.

La route descend alors vers un petit sous-bois vers le Nietenbach.

La cascade est fraîche, et l‘eau dessine des lignes comme des peignes.

La route descend alors vers la plaine mais la pente reste rude, à plus de 15%. De là, on voit bien Brunnen au bord du lac des Quatre Cantons.
La route passe alors rapidement au village de Ried.

Si vous jetez un coup d’œil au-dessus, vous voyez les Mythen qui surplombent la vallée aussi de ce côté.

La route descend encore, traverse une dernière fois le Nietenbach, avec qui on aura joué à cache-cache avec délices durant la descente.
Elle arrive assez rapidement sur les hauteurs de Schwyz, où trône un gigantesque collège, fondé par les Jésuites au XIXème siècle. L’école cantonale ainsi que l’administration cantonale y sont aujourd’hui présentes. Les Jésuites, on les a vite oubliés en Suisse. Présents depuis le XVIème siècle, où ils ont œuvré pour l’éducation dans les cantons catholiques, ils furent longtemps pourchassés, puis bannis suite à la guerre du Sonderbund en 1847, une interdiction inscrite dans la constitution. On élimina le texte en 1970, à une faible majorité (56% des votants). Aujourd’hui, ils sont une centaine dans le pays.
La Via Jacobi arrive rapidement au centre de la cité. Schwyz (14’500 habitants) est le chef-lieu du canton du même nom.
Une statue guerrière est plantée au milieu de la grand-place. Est-elle belle et élégante? Certains y trouveront un symbole de l’idée de résistance des helvètes au début de leur histoire. Les agences de tourisme locales décrivent la place centrale de Schwyz comme une des plus belles de Suisse. Vraiment? C’est une place, certes avec quelques bâtiments baroques, mais au milieu de la circulation.

Par contre, l’hôtel de ville baroque du XVIIème siècle, avec ses peintures sur la façade illustrant la bataille de Morgarten, est remarquable. Le bâtiment fut incendié, puis reconstruit. Sa façade actuelle date de la fin du XIXème siècle. Il abrite, entre autres, les salles du conseil, la balance publique et aussi la prison communale. Mais voilà ce bâtiment est dans un environnement que l’on dira décevant, pour ne pas dire pire.

Les suisses, amoureux d’histoire, feront peut-être un saut à la Banhofstrasse, au musée des chartes fédérales, pour voir le seul exemplaire que l’on prétend “original” du pacte de 1291, à l’origine de la confédération helvétique.

Il y a encore un bâtiment très remarquable, juste à côté de la place centrale, le Hofstatt Ital Reding datant de 1609, un édifice vraiment somptueux. Des maisons de ce beau genre ont été reconstruites par les mercenaires de retour au pays. L’église paroissiale St-Martin, fut reconstruite en style baroque tardif, après l’incendie qui détruisit presque tout le village à la fin du XVIIème siècle.

La Via Jacobi quitte une ville de Schwyz sans grand intérêt architectural en suivant la RN8. Des églises et des chapelles, il y en a beaucoup ici. Il faut pénétrer à l’intérieur pour voir à quelle religion elles s’adressent. Schwyz est avant tout un canton catholique et seulement 10% de la population suit la religion réformée.
La route passe à Ibach (6’000 habitants), qui jouxte Schwyz. C’est la patrie du couteau suisse Victorinox, célèbre dans le monde entier. 25 000 de ces outils rouges sont fabriqués ici chaque jour.

Il y a de l‘argent ici à voir le centre commercial qui borde la nationale.

Mais Victorinox utilise pour la manutention des bâtiments moins récents, comme on le voit ici, lorsque la Via Jacobi quitte la RN8.
La via Jacobi passe derrière les bâtiments de Victorinox, traverse le Tolbach, croise une petite chapelle et poursuit le long du ruisseau.
Peu après, elle passe devant l’église paroissiale de St Anton pour se diriger vers le centre d’Imbach. Les églises et les chapelles ne se comptent plus dans la région.
Là, la Via Jacobi croise une assez grosse rivière, la Muota, qui se jette dans le lac après Brunnen.
Une petite route quitte alors Ibach en passant devant une belle chapelle rénovée.
Puis, un petit chemin s’élance alors dans la plaine.
La plaine et le coteau sont couverts de fermes joliment aménagées. Tout respire l’ordre et le propre ici. Il n’y a jamais un tas de fumier qui dépasse.
Ici encore, voici un petit oratoire perdu au milieu des prés.

Section 6: La Via Jacobi arrive au Lac des 4 Cantons.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Le chemin monte alors légèrement sur la colline, au milieu des fermes. On y voit aussi des cerisiers, le canton étant un producteur connu de kirch. De manière générale, les fermes sont moins cossues qu’auparavant dans le canton de St Gall. Pendant longtemps, le canton de Schwyz a fait figure de parent pauvre en Suisse.

La Via Jacobi rejoint alors la route et passe au hameau de Unterschönenbuch devant la chapelle baroque Katrinakapelle, aussi du XVIème siècle, puis restaurée au siècle dernier.

Une petite route descend alors vers Brunnen dans la plaine, transitant devant un tas de bois qui résume, à lui seul, l’état d’esprit du pays: l’ordre et un certain goût, que l’on dira baroque.
La route va longer une petite zone industrielle, passer sous l’autoroute.
Puis la Via Jacobi remonte, d’abord sur un petit chemin, puis sur la route sur les hauteurs de Brunnen.
La route arrive à Ingelbohl, la colline de Brunnen, où se situe un grand cloître. Fondé au XIXème siècle par les capucins, ce couvent est maintenant le siège de l’ordre des Sœurs de Charité de la Croix (3’200 sœurs présentes dans 17 pays). Il y a aussi ici une école privée et un internat pour jeunes filles, le Theresianum.
Du cloître, des escaliers vous conduisent dans la plaine, près d’une ferme où on peut aussi dormir dans la paille. De là, vous rejoindrez rapidement la gare ou le lac.
Brunnen appartient en fait à la commune de Ingelbohl (8’600 habitants), mais Brunnen attire les foules pour son port et son bord de lac. Nous sommes au bord du Lac des quatre Cantons, où se baignent les cantons d’Uri, de Schwyz, d’Unterwald et de Lucerne. C’est magique par ici, avec les montagnes qui plongent dans le lac, tout autour et les bateaux qui cabotent le long des rivages.
Un petit canal circule non loin du port. Les restaurants et les hôtels sont charmants.
Après le serment prêté en 1291 sur la prairie du Rütli par les trois cantons primitifs d’Uri, de Schwyz et d’Unterwald, les trois cantons renouvelèrent leur alliance contre les baillis étrangers en 1315 à Brunnen. La chapelle de Brunnen, que l’on nomme aussi chapelle confédérale, se trouve à l’emplacement où ce serment aurait été prononcé.
Le soir descend sur le Lac des Quatre Cantons. Magique, non?

 

Logements sur la Via Jacobi

Alpthal
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Schuler-Marty, Dorfstrasse 54, Alpthal 055 412 15 61
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Mythenstube, Dorfstrasse 50, Alpthal 055 556 83 89
Hôtel, repas, petit déj. Gasthaus Alpschloss zum Pfauen, Dorfstrasse 33, Alpthal 055 412 28 18
Hagenegg
Hôtel, repas, petit déj. Beggasthaus Hagenegg 041 811 17 74
Schwyz
Chambre d’hôte pour pèlerin, cuisine Steinstöckli, Rickenbachstrasse 33, Schwyz 041 810 10 51
Hôtel**, repas, petit déj. Hirschen Backpacker Hotel, Hinterdorfstrasse 14, Schwyz 041 811 12 76
Hôtel****, repas, petit déj. Wysses Rössli, Am Hauptplatz, Schwyz 041 811 19 22
Ibach
Hôtel, repas, petit déj. Cheng Chuan Hotel Post, Schmiedgasse 92, Ibach 041 811 16 53
Brunnen
Accueil jacquaire Voir site officiel de la via Jacobi
Chambre d’hôte, petit déj. Kloster Ingebohl, Schönenbuchstrasse 2 , Ingebohl Brunnen 041 825 24 50
Chambre d’hôte (paille), repas, petit déj. Schlafen im Stroh, Famile Bucheli, Schulstrasse 26, Brunnen 041 820 06 70
Hôtel, repas, petit déj. Gasthaus Rosengarten, Bahnhofstrasse 33, Brunnen 041 820 17 23
Hôtel***, repas, petit déj. Gasthaus Ochsen, Bahnhofstrasse 18, Brunnen 041 820 55 66
Hôtel***, repas, petit déj. Brunnerhof, Gersauerstrasse 3, Brunnen 041 820 17 56
Hôtel***, repas, petit déj. Weisses Rössli, Bahnhofstrasse 8, Brunnen 041 825 13 00
Hôtel****, repas, petit déj. City-Hotel, Gersauerstrasse 21, Brunnen 041 825 10 10
Hôtel****, repas, petit déj. Seehotel Waldstätterhof, Waldstätterquai 6, Brunnen 041 825 06 06

Pour les logements, les renseignements sont juste indicatifs. Les données du livre ne sont pas réajustées chaque année. Dès lors, les prix ou les numéros de téléphone peuvent changer. D’ailleurs une telle liste ne peut être exhaustive. Chaque année, certains établissements ferment, d’autres ouvrent. Si vous cherchez un logement via AirB&B, consultez Internet, AirB&B ne communiquant pas les adresses des logeurs. Dans les gîtes, parfois le petit déjeuner est servi. Dans les accueils jacquaires, les prix sont laissés à la liberté du pèlerin. Certains accueils jacquaires proposent aussi le repas et le petit déjeuner. Les législations ne permettent pas de donner les coordonnées de ce type de logement. Consultez les sites officiels agréés pour ces adresses. En Suisse allemande, de nombreuses chambres d’hôte vous reçoivent sur la paille, où dormir dans ces conditions est très recherché.  De toute manière, il est très recommandé de réserver à l’avance, pour savoir si dans tous ces établissements, chambres ou hôtels, vous pouvez avoir le repas.

La liste ne dresse que les logements sur le chemin ou à proximité (moins de 1 km du chemin). Pour ce type de logement, consultez aussi les sites officiels du chemin. En Suisse, renseignez-vous auprès de “ Les Amis du Chemin de Composelle“ (https://www.viajacobi4.ch/Gites/).