06: Brunnen à Stans

Au cœur de la Suisse primitive

 

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Le pacte du 1er août 1291 est considéré comme l’acte fondateur de la Confédération helvétique. Les habitants des trois vallées d’Uri, de Schwyz et d’Unterwald, opprimés par les baillis des Habsbourg, jurèrent de mettre fin aux exactions dont ils étaient les victimes. Le pacte se confond avec la tradition du serment des Trois Suisses. Arnold de Mechtal, d’Unterwald, veut punir le bailli venu confisquer les bœufs de son père. Il rejoint dans la prairie de Rütli (ou Grütli), au-dessus du lac des Quatre-Cantons, Walter Stauffacher de Schwyz, et Walter Fürst, d’Uri, qui serait le beau-père de Guillaume Tell, bientôt célèbre pour ses prouesses légendaires. Ce pacte, confirmé et enrichi par les convenants ultérieurs signés à Brunnen (1315), Sempach (1393) et Stans (1481), permettait de réaliser une alliance pour lutter contre la maison de Habsbourg. Il fut progressivement étendu à d’autres communautés pour donner naissance à la Suisse des 8, puis des 13 et des 19 cantons. L’original du pacte est en latin. En 1891, à l’occasion du septième centenaire, l’événement fut célébré pour la première fois. C’est l’origine de la fête nationale suisse fixée arbitrairement au Premier août.

Quelques années après le pacte initial de 1291, les Waldstätten, qui avaient pris parti pour Louis de Bavière contre les Habsbourg, furent attaqués par le duc d’Autriche, Léopold Ier. Le 15 novembre 1315, les Cantons tendirent une embuscade dans le défilé de Morgarten et la cavalerie des Habsbourg fut écrasée sous les rocs et les troncs d’arbres (1’500 tués). Quelques jours plus tard, les trois Cantons renouvelèrent leur alliance à Brunnen. Le texte du pacte était très proche du précédent. De même, vers la fin du siècle, la victoire de Sempach sur Léopold III permit de consolider l’Alliance.

Réalité ou mythe, l’histoire se balade entre les deux avenues. Les historiens savaient déjà depuis longtemps que le Pacte de 1291 n’avait rien d’extraordinaire ou d’exceptionnel. D’abord, il avait été retrouvé par hasard en 1724 après avoir été cité une première fois vers 1530, soit près de 150 ans après les faits. Ensuite, les Waldstätten n’avaient pas été les seuls à produire ce type de document, car c’était une pratique courante à l’époque dans de nombreux pays. Ce pacte portait plus sur la sécurité économique de la voie commerciale du Gothard que sur la sécurité extérieure, ne parlant ni de liberté, ni de résistance. Depuis le temps aussi, tout le monde devinait que les histoires de Guillaume Tell n’était que mythe et n’avait aucune réalité historique. Quant au serment du Grütli, il a peut-être existé, mais sans doute pas comme on le raconte. Personne ne sait si le pacte initial a vraiment existé. On a refait des copies et les originaux, pour peu qu’ils existassent, ont peut-être disparu. Les incendies étaient de règle dans ces petits villages. La fête nationale et le choix du premier août datent de 1891, pas de 1291. Il n’en demeure pas moins que ces vaillants montagnards se sont ligués pour commettre les autrichiens, et qu’ils ont gagné.

Le parcours se passe entre forêts, petites cités et lac, sur des dénivelés assez marqués (+763 mètres/-714 mètres). On monte autant qu’on descend. C’est tout de même une étape difficile pour des retraités peu entraînés, la grande majorité ces randonneurs que l’on rencontre sur ces chemins. Après la balade en bateau à Treib, il faut monter au sommet de la montagne du Seelisberg, et ce n’est pas une mince affaire, avec parfois des pentes supérieures à 30% sous la falaise. Et puis, il y a cette terrible descente (et le mot n’est pas fort) vers le lac de quatre Cantons après Emetten. Par la suite, la promenade est agréable au bord du lac et sur les contreforts menant à Stans, le chef-lieu du canton de Nidwald.

Dans cette étape, les parcours sur le goudron dépassent, hélas, très nettement les parcours sur les chemins:

Goudron: 16.5 km

Chemins: 5.7 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-brunnen-a-stans-par-la-via-jacobi-4-32047228

Section 1: Pas très loin du Grütli, le mythe de l’Helvétie.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours difficile, avec des pentes souvent nettement supérieures à 15%, sous les falaises du Seelisberg.

A Brunnen, on est en face de la montagne du Seelisberg, sous laquelle passe l‘autoroute du Gothard. Devant soi, au bout du lac des Quatre Cantons, c’est Uri avec son chef-lieu Altdorf. Sur sa gauche, on voit une des extrémités du lac, là où se trouve Stans, dans le canton d’Unterwald. A Brunnen, nous sommes dans le canton de Schwyz. On voit tout de suite pourquoi le Rütli (en français on dit Grütli), au pied du Seelisberg, aurait été choisi comme lieu pour le serment des 3 cantons en 1291, que ce soit un mythe ou une réalité.
Ici, il n’y a qu’une possibilité pour le pèlerin ou le randonneur, à savoir gagner l’autre côté du lac: le bateau. Nous quittons ainsi la rade de Brunnen.
Le bateau accoste au petit port de Treib. Ici, un train permet de monter au Seelisberg, la montagne qui surplombe le lac, avec le Rütli, derrière, à mi-hauteur.
La Via Jacobi monte sur la route vers la montagne du Seelisberg jusqu’au village de Vollingen.
Ici, une petite route permet de rejoindre Schwybogen, plus bas au bord du lac. Mais la Via Jacobi n’y va pas. Elle continue dans le village.
Un chemin part dans les prés au-dessus du village. L’herbe est toujours aussi verte.
Nous sommes ici dans le canton d’Uri, comme le témoigne le taureau du drapeau cantonal. Mais, nous n’allons pas tarder à quitter le canton d’Uri pour le demi-canton de Nidwald, dans le canton d’Unterwald.
Le chemin passe de la terre battue à l’herbe, toujours en légère montée sous les falaises du Seelisberg, bien au-dessus du lac.
Le chemin passe un peu plus haut vers les quelques maisons du hameau de Walchig.
Ici, nous nous sommes déjà élevés d’une bonne hauteur au-dessus du lac.
Puis, le chemin continue son ascension dans les prés sous les falaises, avec ci et là une ferme ou une grange isolée.
Parfois, la pente est très raide jusqu’à rejoindre une petite route qui va vers le Seelisberg, à la jonction de Triglis. Ici, on peut redescendre sur le lac pur manger du poisson. Mais, c’est raide pour y aller.
Les falaises se dressent devant vous, comme les murs d’une forteresse, sauvages et escarpées. Vous savez que vous devez les franchir. Mais voilà que la route redescend vers le lac. Zut ! Vous vous dites que ce sera encore plus à remonter.
Alors, la Via Jacobi descend sur la route avant de trouver un petit chemin qui se dirige vers la forêt et qui permettra de franchir les falaises du Seelisberg.
Au début, la pente n’est pas très prononcée et le chemin se rapproche progressivement des falaises, dans les feuillus.

Section 2: Dans les falaises du Seelisberg.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours difficile, avec des pentes souvent nettement supérieures à 15%, dans les falaises du Seelisberg, puis parcours casse-pattes, mais raisonnable vers Emetten.

La montagne se montre apparemment peu hostile, du moins au début, et le chemin monte en lacets, à flanc de montagne en longeant la falaise grise, tapissée de buissons, où s’accrochent les hêtres et les érables.

Mais, pour traverser la falaise, la pente est très raide, souvent à plus de 30%. Certains passages que le chemin emprunte pourraient faire songer à de la haute montagne, sur de petits escaliers protégés du vide par des barrières.

Mais, il n’y a aucun danger ni risque sérieux de vertige. Du moins pour beaucoup de randonneurs. On ne fait jamais passer le Chemin de Compostelle par des endroits impossibles.

Si vous êtes fatigué de la rocaille, vous pouvez toujours reposer votre regard vers le lac derrière les arbres.

La pente ici devient extrême. Le chemin abrupt et escarpé, zigzagant à loisir dans les pentes boisées, où le pas glisse souvent à chaque mètre, gagne bientôt le lieudit Haselholz en pleine forêt. Comme le lieudit l’explicite, ici on trouve des noisetiers. D’ici, un chemin très pentu, descend à Rütenen, où la Via Jacobi passe. Si l’envie vous prend, vous pouvez aussi passer par là. Mais que quel que soit le chemin choisi, la descente sera vertigineuse. Mais, notre chemin continue encore plus haut vers le sommet de la montagne. Pourquoi? Parce que le Chemin de Compostelle aime le sommet des collines, et d’autant plus s’il y a des églises ou des chapelles sur le trajet.

D’ici, la vue sur le lac des Quatre Cantons est ébouriffante. Le Rigi se dresse au-dessus de la colline boisée, où passe une variante du Chemin de Compostelle, qui va de Brunnen vers Lucerne. Ce trajet est aussi traité sur ce site.

 

Au terme de la montée, la pente s’adoucit et le chemin s’élargit progressivement dans les mousses, au milieu des hêtres et des épicéas.
Le chemin arrive sur une crête magnifique. Un petit instant de replat pour reprendre son souffle et humer les relents de mousse. Ici, cela doit fleurer bon le bolet et la chanterelle, en saison.
En bas, le regard plonge avec délice sur la trouée de Weggis, que fait le lac des Quatre Cantons pour aller vers Lucerne. Dieu que ce lac est beau! On comprend rétrospectivement la fierté et le sentiment d’indépendance des anciens Confédérés du Grütli.
Le chemin gagne assez rapidement le hameau de Butzen, juste en dessous.
Certains habitants d’ici ont une vue incroyable sur le lac.
Une petite route descend alors doucement dans la verdoyante vallée du Seelisberg, de l’autre côté de la crête.
Chemin faisant, la route croise la petite chapelle de Heiligkreuz. Rebâtie au cours du XVIIIème siècle, la chapelle abrite de magnifiques ex-voto naïfs de Franz Joseph Murer, un peintre local.

Sa danse des morts est saisissante.

 

La Via Jacobi rejoint alors la route du Seelisberg près du village de Sagendorf. On reste dans un pays très paysan.
Dans le village, la route traverse le Choltabach.
La route remonte sur le flanc de la vallée vers Emetten.
Ici, les maisons anciennes sont recouvertes de petits tavillons ou de petites plaques minuscules, comme le sont de nombreuses fermes dans la Suisse dite primitive. Sur les pentes fleurissent les téléphériques de tout poil. On s’adonne à toutes les spécialités de vol dans la région. La région abrite aussi un domaine skiable et pédestre.
La route traverse un assez grand village. Cette région était autrefois agricole, et on pratiquait l’élevage, la fabrication de fromage et le tissage. Puis, tout cela s’évanouit. Dans les années 1950, les investissements en faveur du tourisme arrêtèrent la forte émigration. Mais plus de la moitié de la population est pendulaire, et travaille ici en plaine.

Section 3: Un vrai tremplin pour le Lac des Quatre Cantons.

 

Aperçu général des difficultés du parcours:prenez votre envol, vous n’allez pas être déçu.

La Via Jacobi se faufile dans la partie basse du village, en suivant la route ou sur de petits chemins, jusqu’à trouver le Rütenenbach. On appellera ce ruisseau ainsi, car il est inconnu du bataillon des cartographes de l’Internet. Et pourtant, il est bien présent!
La Via Jacobi va alors plonger, et le mot n’est pas trop fort, vers le lac. A Emetten, nous sommes à 770 mètres d’altitude et le lac est à 450 mètres. Le chemin descend sur environ 1 kilomètre de 300 mètres ! Ici, il vaut mieux descendre par temps sec, mais le pèlerin n’a pas toujours le choix.

Par temps difficile, vous pouvez aussi suivre depuis la poste d’Emetten la petite route qui conduit à Häggis, puis Ambeissler, et rejoindre la Via Jacobi à Beckenried.

Le sentier, qui passe dans les feuillus et les buissons, passe au-dessus de la route du Seelisberg qui déroule ses lacets.
Souvent, le ruisseau ruissèle en cascade et chahute bruyamment, le long du chemin. L’eau gicle, éclate de toute sa transparence, roulant parfois sur une fine lame de pierres, au milieu des mousses.
A mi-descente, on aperçoit Rütenen et Beckenried en-dessous. En descendant le chemin escarpé, on a presque parfois le sentiment de se trouver à la verticale, pendu au-dessus du vide.
Le sentier poursuit ainsi sa dégringolade dans les herbes folles, les érables et les hêtres, le long du ruisseau qui saute…
…jusqu’à rencontrer une sorte de retenue d’eau, un peu plus haut que l’autoroute. Dans le lointain, on aperçoit encore les Mythen qui surplombent Schwyz et Brunnen. Plus près, de l’autre côté, Gersau trempe ses pieds dans le lac.

Le petit chemin descend encore en pente extrême dans les prés, plongeant sur l’autoroute qui ressort du tunnel après être passée sous la montagne du Seelisberg sur près de 10 kilomètres.

Le chemin passe alors sous l’autoroute. Le ruisseau finit sa chevauchée sauvage ici, à Rütenen, au bord du lac.
Pour vous aussi la chevauchée sauvage s’arrête ici. A partir d’ici, vive les vacances! C’est presque plat jusqu’au terme de l’étape, en tout cas sur un long tronçon.
Une petite route longe alors le lac sous l’autoroute.
De nombreux petits ruisseaux sans nom, mais bien aménagés, coupent le chemin. L’eau ne manque pas ici.
Les maisons sont rangées en continu sur la longue rue qui mène à l’entrée de Beckenried, avec de nombreuses maisons qui trempent les pieds dans l’eau.
Après avoir croisé la petite chapelle Ste Anna, un édifice du XVIIIème siècle, récemment restauré, la route arrive à Beckenried.
Un petit parc donne sur la rade. Au fond du lac, on voit toujours poindre Brunnen et les Mythen.
La route arrive au petit bourg (3’300 habitants).
Nidwald est un canton surtout catholique, comme le sont tous les cantons de Suisse centrale. L’église St Heinrich est une église baroque de la fin du XVIIIème siècle. Une chapelle est attenante dans le cimetière.
La route sort de Beckenried, où on note encore de belles maisons tavillonnées avec goût et soin. La majorité des anciennes maisons adopte ce prototype en Suisse centrale (St Gall, Schwyz, Unterwald).

Section 4: Balade au bord du Lac des Quatre Cantons.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

A la sortie de Beckenried, la route traverse le Lielibach, une assez grosse rivière, qui charrie de gros cailloux, qui, peut-être, descendent de la montagne au-dessus. Puis, la route continue sur le village contigu de Oberdorf.
Elle quitte bientôt l’axe du lac, pour traverser le Täschlibach, et gagner le lieudit Ridli, où est perchée une chapelle sur une petite colline.

La Ridlikapelle est de style baroque et présente de beaux ex-voto.
Une petite route descend de la chapelle, passe sous une pile de l’autoroute, puis descend vers le lac par un petit chemin.
Ici, nous sommes à nouveau sur la route principale. Juste à deux pas s’étend la plage de Buochs. La via Jacobi y passe.
Peu après la plage, la route suit le bord du lac vers Buochs.
La route suit les belles résidences du bord du lac et revient un peu vers Buochs par la campagne.
Des paysans, il y en a aussi. Ici on vend du Sbrinz et de l’Appenzeller, deux fromages célèbres en Suisse allemande, des œufs et de la saucisse. On peut même se faire tourner la tête avec un peu de Kräuter.
La route quitte progressivement le lac pour entrer dans Buochs (5’300 habitants), avec toujours la présence rassurante de ces maisons de bois qui se comptent sur plus des dix doigts des deux mains.
La Via Jacobi passe alors dans les rues sinueuses du bourg devant la chapelle St Sebastian, dite aussi Nothelferkapelle, construite à la fin du XVIIème siècle. Au centre du bourg, se trouve l’église St Martin. Une église romane aurait vu le jour ici au Xème siècle, puis une église gothique au XVème siècle. L’église St Martin d’aujourd’hui date de 1805, de style baroque tardif, mais peu chargée à l’intérieur, ce qui est contraste saisissant avec de nombreuses églises de Suisse centrale.
La route sillonne un bourg très étendu.
Encore une chapelle sur le chemin, la chapelle dite Obgasskapelle, la chapelle Notre Dame des Sept Douleurs. Presque toutes les chapelles sont baroques dans la région, avec un avant-toit très prononcé et un clocheton effilé.

Section 5: Le chemin remonte au-dessus du lac dans les prés.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans grande difficulté, mais montagnes russes tout de même, avec parfois quelques pentes plus marquées.

La Via Jacobi quitte alors Buochs en passant sous l’autoroute.
Ici, nous quittons définitivement le lac des Quatre Cantons. Une petite route monte dans les prés au-dessus de l’autoroute, qui s’en va dans la plaine vers Stans.
La pente est très raisonnable dans les prés et les fermes. Il y a des arbres fruitiers dans la région.

La campagne est à nouveau très belle et vifiante ici, dans les prés qui ressemblent à des greens de golf.

La route atteint bientôt une sorte de petit plateau.
La route passe à Bürg/Ennerberg, en pleine campagne. Ici se trouve une réplique de la “Santa Casa di Loretto“. Il existe de nombreuses chapelles de Lorette en Europe, conçues sur le modèle italien et vouées au culte de Marie.

Ici la route passe alors au lieudit Bürg, à un peu plus d’une heure de marche de Stans.

La route monte alors sur la colline de Waltersberg, au milieu des fermes.
Au loin, en contrebas, on aperçoit bientôt la ville de Stans.
Le bétail est présent sur toute la colline. Il y a même des porcs en semi-liberté.
La route arrive au sommet de la colline à Waltersberg, où se trouve la petite chapelle Ste-Anne, nommée aussi Chäppelisitz, avec de nombreux ex-voto.

La route musarde un peu sur le haut de la colline, avant de plonger sur Stans. De là-haut, la vue sur Stans est étendue.
La route musarde un peu sur le haut de la colline, avant de plonger sur Stans. De là-haut, la vue sur Stans est étendue.

Section 6: Vers Stans, chef-lieu du demi-canton de Nidwald.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

La Via Jacobi redescend en pente raide de la colline dans les prés vers Hostetten.

Elle rejoint la plaine au milieu des fermes. Ici on élève du cochon.
Peu après, elle traverse l’Engelberger Aa, plus qu’un gros ruisseau qui descend de la montagne.

Depuis la rivière, un chemin de terre s‘en va à plat entre fermes, maisons et campagne vers St Heinrich. On restera toujours étonné de l’ordre qui règne dans les tas de bois devant les maisons dans le pays.
Puis, une petite route goudronnée prend la relève au moment où la Via Jacobi traverse la voie de chemin de fer et la route qui mènent à Engelberg, aux pieds du Titlis, la plus grande des stations d’hiver de la Suisse centrale. Le Chemin de Compostelle n’y va pas, malgré la présence d’une abbaye bénédictine et de nombreux champions de ski.
Nous passons bientôt à St Heinrich, où se dresse la modeste chapelle dédiée à St Henri, édifiée au début du XIXème siècle.
La Via Jacobi arrive alors aux portes de Stans, le long d’un haut mur derrière lequel se dresse le collège cantonal de Nidwald, le monumental et austère collège Fidelis.
La route descend vers le centre du bourg et croise près du cimetière le Beinhaus (ossuaire). Cette église, érigée vers la fin du XVème siècle est à la fois ossuaire et lieu de culte. L’ossuaire était fermé lors de notre passage.
Elle arrive alors au centre de Stans (7’900 habitants), près de l’église. De nombreux étrangers vivent ici, dans le chef-lieu du demi-canton de Nidwald. Stans est le siège de Pilatus Aircraft, leader mondial pour les avions turbopropulsés à un seul moteur. Environ 2’000 employés y travaillent.
L’imposante église paroissiale St Pierre et Paul a été maintes fois reconstruite sur une vielle église romane. L’église actuelle a été construite vers la fin du XVIIème siècle. Elle est donc gothique, mais le clocher roman du XIIIème siècle est intact.
Sur la place centrale, au milieu des statues se dresse le mémorial Winkelried, une sculpture de 1865, créée par Ferdinand Schlöth. Arnold von Winkelried appartient, comme Guillaume Tell, à ces héros légendaires (ou vrais ?) qui ont façonné les débuts de l’histoire suisse. Winkelried aurait permis aux Confédérés de remporter la victoire sur les troupes du duc Léopold III de Habsbourg, lors de la bataille de Sempach en 1386 (celle-là est attestée historiquement). Les Suisses n’arrivaient pas à percer les lignes des fantassins ennemis. Alors, Winkelried, appartenant à une famille aisée de Stans, se serait projeté sur les lances pour ouvrir une brèche après avoir demandé à ses camarades de veiller sur sa femme et ses enfants. Les Suisses se seraient alors introduits dans les lignes ennemies.

 

Au début du XVIIIème siècle, un énorme incendie détruisit presque tout le village. On ose imaginer combien grande devait être la beauté de ces petits bourgs au Moyen-âge, tous ayant connu de nombreux incendies. Alors, on a refait ces villages dans un style baroque, le style vivant lors de la reconstruction. Mais ces gens-là on fait des merveilles. Car Stans reste encore aujourd’hui une cité remarquable, avec de somptueux bâtiments, ce qui n’est pas le cas de Schwyz, qui a connu les mêmes malheurs.
Parmi les bâtiments notoires, le Château de Rosenburg, dont les origines remontent à la fin du Moyen-âge. Délabré par la suite, il a été sauvé de la démolition et restauré par addition de loggias, de colombages et d’encorbellements. Depuis 1981, où il a retrouvé sa splendeur du XVIIIème siècle, c’est une petite merveille. C’est une fondation, la Fondation Höfli, qui est le propriétaire. On y pratique de la haute gastronomie.
On trouve aussi des maisons couvertes de bardeaux, comme ailleurs dans la région. Une autre demeure célèbre est la maison Winkelried, au début de la cité sur le chemin. C’est aujourd’hui un musée, avant tout dédié à l’habitat. Le grand pédagogue Pestalozzi a aussi officié à Stans.
Signalons encore dans la cité, près de la gare du funiculaire qui monte au Stanserhorn, le petit musée de Salzmagazin, un musée dédié aux arts.

Logements sur la Via Jacobi

Emetten
Hôtel, repas, petit déj. Hotel Engel, Dorfstrasse 47, Emetten 041 620 13 54
Hôtel, repas, petit déj. Hotel Landgasthaus Schlüssel, Dorfstrasse 49, Emetten 041 620 13 56
Beckenried
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Bächli, Buochserstrasse 71, Beckenried 041 620 64 68
Hôtel, repas, petit déj. Hotel Rössli, Dorfplatz 1, Beckenried 041 624 45 11
Hôtel****, repas, petit déj. Hotel Seerausch, Buochserstasse, Beckenried 041 501 01 31
Hôtel****, repas, petit déj. Hotel Boutique Schlüssel, Beckenried 041 622 03 33
Buochs
Chambre d’hôte (paille), petit déj. Familie Rölli-Lussi, Grossbächli, Buochs 041 620 31 31
Camping, bungalows Camping Buochs, Seeeldstrasse, Buochs 041 620 34 34
Chambre d’hôte (paille), petit déj. Andreas Waser, Engelbergerstrasse, Oberdorf/Buochs 041 610 50 27
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Leuthold, Wilstrasse, Oberdof/Buochs 079 264 14 96
Hôtel***, repas, petit déj. Hotel Krone, Dorfplatz 2, Buochs 041 624 67 77
Stans
Chambre d’hôte (paille), petit déj. Monika&Peter Waser, Buochserstrasse, Stans 041 610 81 25
Chambre d’hôte et paille, petit déj. B&B Odermatt, Wanghof, Stans 041 610 01 46
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Zemp-Koller, Knirigasse, 5, Stans 041 610 66 43
Hôtel***, repas, petit déj. Stanserhof, Stansstaderstrasse 20, Stans 041 619 71 71
Hôtel***, repas, petit déj. Hotel Engel, Dorfplatz 1, Stans 041 619 10 10

Pour les logements, les renseignements sont juste indicatifs. Les données du livre ne sont pas réajustées chaque année. Dès lors, les prix ou les numéros de téléphone peuvent changer. D’ailleurs une telle liste ne peut être exhaustive. Chaque année, certains établissements ferment, d’autres ouvrent. Si vous cherchez un logement via AirB&B, consultez Internet, AirB&B ne communiquant pas les adresses des logeurs. Dans les gîtes, parfois le petit déjeuner est servi. Dans les accueils jacquaires, les prix sont laissés à la liberté du pèlerin. Certains accueils jacquaires proposent aussi le repas et le petit déjeuner. Les législations ne permettent pas de donner les coordonnées de ce type de logement. Consultez les sites officiels agréés pour ces adresses. En Suisse allemande, de nombreuses chambres d’hôte vous reçoivent sur la paille, où dormir dans ces conditions est très recherché.  De toute manière, il est très recommandé de réserver à l’avance, pour savoir si dans tous ces établissements, chambres ou hôtels, vous pouvez avoir le repas.

La liste ne dresse que les logements sur le chemin ou à proximité (moins de 1 km du chemin). Pour ce type de logement, consultez aussi les sites officiels du chemin. En Suisse, renseignez-vous auprès de “ Les Amis du Chemin de Composelle“ (https://www.viajacobi4.ch/Gites/).