07: Stans à Sachseln

Chez le grand St Nicolas de Flüe

 

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Nous sommes en septembre. Il fait beau, et les enfants des écoles sont de sortie, quelque part vers le Stanserhorn, au-dessus de Stans. Aujourd’hui comme autrefois, nous allons marcher dans les pas de frère Nicolas, là où il vécut, au Ranft, jusqu’à son tombeau, à Sachseln. La réputation de sagesse et de piété de l’ermite était si grande que de nombreux souverains de l’Europe de jadis étaient avides de ses conseils. En 1470, le pape Paul II accorda une indulgence au sanctuaire de Ranft qui devint rapidement un lieu de pèlerinage, étant situé sur le chemin de Compostelle.

Malgré son analphabétisme et son isolement, mais pour son art consommé de la paix, Bruder Klaus demeure le principal unificateur de la Suisse. En 1481, à la Diète de Stans, où les cantons ruraux redoutent l’entrée des villes de Fribourg et de Soleure dans la Confédération helvétique naissante, il rédigea un écrit, aujourd’hui disparu, établissant les règles d’un compromis qui sauva la paix en Suisse. Il fut béatifié en 1669. Après sa béatification, la commune de Sachseln construisit une église en son honneur où il fut enterré. Il fallut attendre 1947 pour que le pape Pie XII canonise l’ermite. Depuis, Nicolas de Flüe est le saint-patron mondial de la paix, autant qu’il est le saint-patron de la Garde Suisse Pontificale au Vatican.

Quand vous passerez au Ranft, si c’est la première fois pour vous, vous serez abasourdi par la ferveur et le charme sans norme de ce coin de vallée et de paradis.

 

Les dénivelés (+623 mètres/-611 mètres) ne sont pas trop déraisonnables. On descend autant qu’on monte. Ce n’est pas une étape très difficile. Disons que c’est une étape assez modérée, dans cette partie montagneuse de la Suisse centrale. Mais, on note aussi quelques pentes supérieures à 15% dans la journée, au début de l’étape, dans le vallon du Ranft et en fin d’étape. La journée se passe entre Nidwald et Obwald, les deux demi-cantons du canton d’Unterwald. Dans la première partie, ce sont de légères montagnes russes, en montée puis en descente jusqu’à rejoindre le vallon sévère où coule la Grosse Melchaa, près du Ranft et de Flüeli. Par la suite, le chemin descend d’abord en pente douce, puis en pente plus sévère vers Sachseln, au bord du lac de Sarnen.

Dans cette étape, les parcours sur les chemins sont un peu plus nombreux que ceux qui suivent la route:

Goudron: 8.5 km

Chemins: 11.0 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-stans-a-sachseln-par-la-via-jacobi-4-32118185

Section 1: Sur les pentes du Stanserhorn.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours ondulé, avec de très nombreuses portions fort en pente. On monte de près de 200 mètres, et on en descend une centaine sur 4 kilomètres.

Nous sommes en septembre. Il fait beau, et les enfants des écoles sont de sortie, quelque part vers le Stanserhorn, au-dessus de Stans. Apparemment, dans cette partie de la Suisse, on voit souvent des écoles dans la nature.
La Via Jacobi part derrière l’église sur une rue très en pente.
Elle trouve assez rapidement la petite chapelle de Knirri au bord de la route. Cette chapelle, appelée Maria zum Schnee a été construite, selon la légende, à un endroit où une avalanche, descendue ici autrefois, aurait épargné ce coin de pré.
Au loin, au-delà de Stans, on voit un bout du Lac des Quatre Cantons du côté de Hergiswil et de Stansstad, appartenant au canton de Nidwald, et plus loin Horw, à deux pas de Lucerne.

Pour les amateurs de géographie, voici une carte qui résume la situation complexe de cet extraordinaire lac d’altitude prisonnier de plusieurs cantons.

La route croise alors la voie de chemin de fer, où un petit train monte en direction du Stanserhorn.

C’est la Suisse des cartes postales, où plusieurs dizaines de trains montent à l’assaut des sommets, surtout en Suisse centrale. Devant vous se dresse la montagne du Stanserhorn. Le petit train de bois ne va pas jusqu’au sommet de la montagne. Un téléphérique prend le relais. La vue doit être splendide de là-haut, à considérer le nombre de touristes qui prend le train à Stans, le matin.

La petite route monte dans les prés, maintenant en pente raisonnable. Il y a parfois une belle demeure sur la route.

La route passe alors au lieudit Christenmatt. Ici on annonce le Ranft à près de 5 heures de marche.

Parfois, les pentes sont un peu plus prononcées. Ici, il n’y a pas de villages, même pas de petits hameaux, seulement quelques fermes isolées au milieu des prés et du bétail. Depuis le hameau, la route monte encore, étroite au milieu des feuillus et des prairies…
…avant de trouver un petit chemin qui part dans le sous-bois, puis dans les prés.

Sur votre droite, vous apercevez le Pilate, la montagne dominant Lucerne d’un côté, le Rigi étant situé de l’autre côté du lac. Notre chemin n’y passe pas, mais un train à crémaillère, le plus raide de la planète, grimpe sur le Pilate avec une déclivité jusqu’à 50%.

 

Le chemin va osciller dans les prés. Partout où le regard se pose c’est du bétail en pagaille, des fermes jusqu’au sommet des collines, et le lac en dessous.
Sur le plancher des vaches, les enfants des écoles ont pris de l’avance. On ne voit que des sourires sur leur visage. La nature est à nouveau magique ici.
Puis, la Via Jacobi rejoint un large chemin de terre.
Elle passe au-dessus des fermes de Murmatt pour emprunter une route goudronnée.
La route monte encore un peu dans la campagne vers quelques fermes, sous les falaises boisées du Stanserhorn.

Plus haut, un chemin part dans les prés vers le sous-bois. Ici, on va changer radicalement de paysage.

Nous sommes au lieudit Brunnisboden et un mauvais chemin va onduler alors, entre creux et bosses, mais généralement en descente, avec parfois des pentes conséquentes, entre feuillus et épicéas. Ici, le sous-bois est d’une banalité affligeante, dans les buissons, les rejets de hêtres laids et chétifs et les herbes folles. Et au petit matin, le soleil ne pénètre guère.
On a juste une seule envie, en sortir le plus tôt possible.

Section 2: Entre les demi-cantons d’Unterwald.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours ondulé, peu exigeant, avec descente dans la plaine, puis remontée de l’autre côté sur les collines.

On s’était habitué jusqu’ici de parcourir des endroits souvent magiques sur le chemin suisse. Mais voici qu’ici il faut déchanter. Cela arrive parfois sur tous les chemins de Compostelle. Le pèlerin n’a pas le droit tout le temps à l’exceptionnel. Il n’est que de passage. Alors ici, le petit chemin qui serpentait dans le sous-bois retrouve un large chemin de terre, qui avance longtemps dans le sous-bois. La forêt n’est pas belle ici et la lumière non plus.
Plus loin apparaît une large plaine et un large chemin, une route pour les forestiers en quelque sorte, qui longe la forêt.
Au bout du sous-bois, le chemin arrive au lieudit Halten, dans ce qui ressemble à une petite zone industrielle peu développée.
Une petite route traverse alors la zone industrielle, avant de rejoindre la route cantonale.
La Via Jacobi suit alors la route, direction St Jakob. A partir d’ici, pour nous aujourd’hui, le moral revient petit à petit.
La route passe alors à St Jakob, qui fait partie de la commune d’Ennetmoos, qui regroupe les hameaux de la région, avec une population de près de 2’000 habitants. Nous sommes ici à l’extrémité du demi-canton de Nidwald. Peu après avoir traversé le Melbach, nous serons dans le demi-canton d’Oberwald. La Via Jacobi traverse le village, où on peut se restaurer ou y loger, passe le Rübibach.
Un petit chemin de terre suit alors un moment le ruisseau, avant de monter dans le sous-bois avec ses grands hêtres qui montent la garde au bord de la route.
Il ressort dans les prés, d’où émergent des blocs de granite, jusqu’à atteindre la belle et grande ferme de Infängi, toute faite de bois sombre.

Sitôt après, un petit chemin va traverser dans un sous-bois le Mehlbach. La rivière ne doit avoir de l’eau que durant les périodes de crue. On dirait de la moraine glaciaire. La Suisse centrale est truffée de ces sortes de canyons à sec. Vous en verrez en abondance au-dessus du lac de Brienz, dans deux jours.

Un canyon, n’est-ce pas la frontière rêvée et naturelle pour séparer deux cantons? On aurait pu tout aussi bien bâtir une barrière anti-char pour séparer les deux demi-cantons, tant qu’on y était. Car la querelle s’est éteinte ici seulement au début de ce siècle. Mais oui. En fait, Unterwald, un des trois cantons primitifs à l’origine de la Confédération helvétique, n’a jamais été une unité juridique unique. Il comptait dès l’origine deux régions, celle de Unterwalden ob dem Wald (au-dessus de la forêt) et celle de Unterwalden nid dem Wald  (au-dessous de la forêt). Mais quelle forêt? Au fait, il s’agit de la forêt de Kernwald, une grande forêt de hêtres près de Kerns, le lieu de naissance de Nicolas de Flüe. En fait, tout cela est une vielle histoire de répartition des propriétés entre les paysans et les puissants clergés. Quand vous passerez ici, vous verrez comme il est difficile de savoir si vous marchez au-dessus ou en dessous de la forêt.

Mais depuis l’origine, les voix des deux cantons ont toujours été collectées comme des demi-voix à la Diète fédérale. Il fallut attendre la Constitution fédérale de 1999 qui abandonna la notion de demi-canton. Par la même occasion elle fit d’Obwald et de Nidwald des cantons de plein droit. Mais, chacun cependant compte encore pour une demi-voix dans les consultations soumises au vote des cantons. Pourquoi? On vous dira que c’est historique. Ah, la belle Suisse! Dans le pays, on dit aujourd’hui que les querelles ont cessé et qu’on établit des collaborations. On s’en réjouit.

Une petite route va alors alterner entre campagne et sous-bois. Apparemment, on doit se balader dans les hêtres de Kernwald.

Section 3: Par monts et par vaux dans la campagne unterwaldienne.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours:en montée quasi constante, mais pentes raisonnables.

Une petite route passe alors entre prés et forêt en ondulant un peu. Ici, les tas de foin on des formes de poire, et on les protège sans doute de la pluie d’un toit de branchages. Nous n’avons jamais vu ce stratagème ailleurs sur les chemins.

Là-haut au-dessus de nos têtes trône le Stanserhorn.

La route sort du bois et devant soi, on voit alors poindre le clocher de Kerns, le gros bourg de la région ici, le village de naissance de Nicolas de Flüe.
La route passe devant la petite chapelle de Maichäppli, au bord de la route.
La Via Jacobi se dirige alors vers le village étendu de Wisserlen, au milieu de fermes surtout.

Ici, on rend hommage à la Braunvieh, qui le mérite bien.

Avant d’arriver au centre du village, la Via Jacobi change d’axe et une petite route monte au-dessus du village, qui mélange les constructions modernes et les vieilles demeures en bois.
La Via Jacobi monte encore, et bientôt la terre battue remplace le goudron, du côté du hameau de Lätten.
Plus haut, le chemin se rétrécit pour aller traverser le petit ruisseau de Chemattbach, dans les hêtres et les châtaigniers.
Alors revoici le vert des prairies, un chemin qui ondule sagement sur les douces collines, quelques fermes de bois dispersées tout autour.
Puis, revoici la route goudronnée. Nicolas de Flüe nous fait déjà coucou au bord de la route.
Juste un peu plus haut, au lieudit Lauibach, une halte bienvenue, très bien achalandée, est à disposition des pèlerins. Disons ici qu’il n’y a jamais foule de pèlerins sur le Chemin de Compostelle en Suisse, un chemin où on rencontre des allemands, des autrichiens, des gens de l’Est, et bien évidemment des suisses allemands.
Juste au-dessus, la petite route traverse le Rüfibach, qui cascade en douceur sur les pierres.
La Via Jacobi rejoint alors la route de St Antoni, près d’une petite place de pique-nique, au milieu des hêtres et des érables.

Elle passe près de la chapelle baroque de St Antoni du XVIIème siècle, récemment rénovée, puis remonte la route le long du Foribach. Dans la région, les anciennes maisons ne sont que rarement tavillonnées comme en Suisse orientale. Le bois sombre est apparemment la ligne de conduite.
A la sortie du village de St Antoni un petit chemin s’en va dans les prés.
Le chemin ondule sur une crête magnifique. Sur sa gauche, la chaîne de montagnes défile. Il y a toute de même des sommets de près de 3’000 mètres dans la région, entre les Alpes uranaises et les Alpes bernoises. En dessous, on voit le gros bourg de Kerns.
La nature est à nouveau rayonnante ici. En dessous, on voit le lac de Sarnen, et Sarnen, le chef-lieu du demi-canton d’Obwald, au bout du lac.
Le chemin arrive alors au leudit Schärpfli.
La Via Jacobi passe alors sur un petit tronçon de goudron près d’Unteregg.

Section 4: En route pour l’ermitage du bon saint Nicolas de Flüe.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours casse-pattes, surtout dans le vallon du Ranft, avec des pentes très raides.

 

La Via Jacobi traverse alors les rares fermes d’Unterregg.
Peu après, elle retourne alors dans les prés.
Au bout du petit plateau, le chemin ondule un peu plus dans les prés. Le coup d’œil sur le lac de Sarnen en-dessous, est à la fois splendide et reposant.

Le chemin arrive au bout de la crête. Quand on se retourne, on aperçoit encore le Stanserhorn au-dessus de Stans.

La Via Jacobi traverse alors un petit ruisseau à l’entrée de Béthanie, où se situe un couvent de sœurs dominicaines, une maison de formation et d’accueil.
A la fin du XIXème siècle, un dominicain le Père Lataste, prêche des retraites spirituelles dans des prisons en France. Il va fonder une famille religieuse pour offrir aux anciennes prisonnières la possibilité de vivre en communauté avec d’autres femmes et partager une vie de prière et d’apostolat. Ce seront les Sœurs de Sainte Marie Madeleine de Béthanie. Ces sœurs sont une grosse centaine, présentes dans trois couvents, en France, Suisse et Italie.
On trouve à se loger et à se restaurer ici.
La route conduit alors au village de St Niklausen.
Attention ici! Les panneaux de signalisation sont assez farfelus et on ne sait quelle direction prendre. Il faut monter à la chapelle de St Niklausen au-dessus. Alors, prenez la petite route qui passe au-dessus du village en direction de la chapelle. En montant vers la chapelle, on aperçoit le grand hôtel de Flüeli, de l’autre de côté du vallon. Cela ressemble à un gros bonbon posé au-dessus du lac.
Le site de la chapelle de St Niklausen est magnifique. La chapelle, dédiée à St Nicolas de Myre, a été construite vers 1350. Elle n’a donc aucun lien avec le Nicolas local, Nicolas de Flüe. Elle contient des peintures murales gothiques dans le chœur, couvertes d’un enduit à plusieurs reprises et récemment dégagées. On rénova la chapelle au XVIIème siècle, lui donnant une touche nettement baroque, avant de la restaurer encore à la fin du siècle dernier.

On l’a dit, les directions ici sont mal indiquées et prêtent à confusion. On va vous aider. Vous devez arriver en dessous près d’une petite croix au bord de la route. Pour ce faire, il faut descendre le petit chemin raide dans le sous-bois ou alors dans les prés.

Quand vous arriverez près de la croix, vous retrouvez par magie et par bonheur le signalement de la Via Jacobi 4. Ouf!
Un petit chemin descend vers un sous-bois puis dans les prés dans un vallon encaissé. Les pentes sont raides dans le vallon, souvent à plus de 25%.
Le vallon est magique comme l’a été la vie de Frère Nicolas qui a hanté ces lieux d’exception. A travers prés, le chemin arrive sur le bas de la butte, près d’une petite chapelle.
C’est la chapelle St Ulrich, une chapelle romane du XIIème siècle. Selon la légende, elle aurait été érigée là où St Ulrich aurait fait jaillit une source pour étancher sa soif. Les fresques représentant l’Ancien Testament et le Jugement Dernier sont délavées, mais remarquables.
Un petit chemin, souvent sur des rondins de bois, plonge alors au fond du vallon. Et le mot plonger n’est pas trop fort…
…pour aller traverser la Grosse Melchaa, une rivière à l’aspect sévère, à deux pas de l’univers de Nicolas de Flüe.

Section 5: Nicolas de Flüe, de la vie à la mort.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours exigeant au fond du vallon du Ranft, une pause à Flüeli, avant de trouver la descente sur Sachseln, avec parfois aussi de rudes pentes, surtout vers la fin.

Nicolas de Flüe naquit en 1417, à Kerns. Il devint paysan et se construisit une maison à Flüeli, où il se maria. Cinq garçons et cinq filles naîtront de ce mariage. Nicolas devint membre du conseil municipal et juge. Il avait un talent particulier de médiateur. Il se sentait lié à sa famille, mais le désir de renoncer à tous les biens terrestres grandissait en lui. Après des années de doutes, sa femme le laissa partir. Habillé en pèlerin, en 1467, Nicolas quitta sa maison, sa terre et sa famille. Il prit la direction de Bâle, voulut partir pour l’étranger, mais se ravisa. Il se décida alors de s’établir sur sa propre terre, pas loin de sa maison, au fond d’un profond ravin. Sans manger ni boire, il y passa l’hiver dans la pauvreté et le froid. L’année suivante, les gens du pays lui construisirent une petite maison et une chapelle. Le paysan Nicolas de Flüe était devenu Bruder Klaus, le frère Nicolas, ermite.

Il vécut ainsi en tant que Frère Nicolas, d’après la tradition sans nourriture ni boisson (c’est attesté par les gardes du Vatican, qui ont mené l’enquête), abandonné à Dieu et aux hommes. En 1481, un litige se créa entre les cantons-villes et les cantons campagnards à propos de l’admission de Fribourg et de Soleure dans la Confédération naissante. Les conseils de sagesse de Nicolas permirent de sauver la paix au sein de la Confédération helvétique, lors de la diète de Stans. Pour une fois, l’histoire de Nicolas est un fait historique, ce que ne sont peut-être pas les mythes entourant la naissance du pays au Grütli. Nicolas fut béatifié en 1649.

Sitôt après avoir traversé la Grosse Melchaa, le chemin gagne la chapelle inférieure, dite Untere Ranftkapelle, la chapelle du bas, un édifice gothique datant de 1501. L’intérieur de la chapelle est peint de fresques du XVIème siècle. Le site du Ranflt est vraiment remarquable, presque divin, tout empreint de religiosité.

L’ermitage proprement dit est à deux pas, au-dessus d’un chalet où on vend des souvenirs.

Ici, on trouve une autre chapelle, la chapelle supérieure, dite Obere Ranftkapelle, la chapelle du haut, avec la cellule d’habitation rattachée de l’ermite. La chapelle fut reconstruite vers la fin du XVIIème siècle et contient un cycle de tableaux sur la vie de Frère Nicolas. Par contre, la maison d’habitation est en grande partie originale, bien que l’on remplace parfois l’oreiller de pierre, volé par les admirateurs du saint.
Un étroit chemin goudronné et aménagé remonte du Ranft dans les prés vers le plateau de Flüeli. Les visiteurs des lieux ici souvent s’égrènent sur la dure pente.

D’ailleurs pour les visiteurs qui arrivent ici en voiture, on propose le temps de marche. A la descente, pas à la montée! Pour vous qui êtes passé par là, vous voyez encore la chapelle St Nicolas dans les bois au sommet de la colline.

Flüeli présente un hôtel qui ressemble un peu au château de la Belle au Bois dormant. De nombreux touristes suisses et étrangers viennent au Ranft. L’église est perchée sur un promontoire dominant le village.
Les touristes viennent aussi pour la maison construite à l’origine par Nicolas. Vous imaginez aisément qu’elle ne peut guère être d’origine. Cette maison resta pendant des siècles propriété de la famille Flüe, puis devint une sorte de musée. Elle fut profondément restaurée en 1946. Tout y est, le mobilier, la vaisselle, même le bois qui craque.
La Via Jacobi sort de Flüeli sous l’église.

Elle croise une maison qui pourrait bien être la sœur jumelle de celle de Nicolas.

 

Puis, elle passe dans un petit sous-bois avant d’amorcer la descente vers Sachseln.
Rapidement, la descente s’accélère entre herbe et terre battue le long des fermes.
Au lieudit Ingang, on annonce Sachseln à une grosse demi-heure de marche.
La descente se fait en grande partie sur de petits chemins dans les prés, au milieu des hêtres, des châtaigniers et des érables. Au début, la descente est assez douce, au milieu de fermes isolées. Assez rapidement, on aperçoit Sachseln en dessous, au bord du lac de Sarnen.
La nature est à nouveau belle ici, les prés propres comme dans les beaux livres. Partout, on respire la bonne herbe..
La pente s’accentue lorsque le chemin se rapproche des fermes isolées de Endi. Mais la Via Jacobi n’y va pas. Elle tourne bien vite à gauche.
Alors, le chemin musarde entre campagne et sous-bois jusqu’à rejoindre une petite route au-dessus de Sachseln.
La route longe alors quelques vielles maisons restaurées avec soin, qui semblent être des résidences secondaires. Il doit faire bon de vivre ici.
Ici, on est au-dessus de Sachseln. On distingue bien au loin Sarnen, le chef-lieu du demi-canton d’Obwald, au bout du lac.
Peu après, la Via Jacobi quitte alors la route pour gagner un sous-bois.
Un petit chemin descend en très forte pente jusqu’à l’entrée de Sachseln.

Il y a même des escaliers dans les endroits les plus en pente.

De belles et anciennes maisons sont présentes sur les hauts du bourg. On retrouve les tavillons sur certaines façades. La pente reste rude jusqu’au centre du bourg (4’850 habitants).
Pour comprendre ce qui se passe ici, il faut faire un peu d’historique. L’église paroissiale de Saint-Théodule sert également d’église de pèlerinage pour Nicolas de Flüe. C’est un édifice classé comme bien culturel d’importance nationale. L’église originale remonte au XIIIème siècle. Frère Klaus fut enterré dans cette église après sa mort le 21 mars 1487, ce qui était absolument inhabituel pour un profane de la campagne.

La canonisation du saint au milieu du XVIIème siècle créa un flux croissant de pèlerins à Sachseln. Alors la petite église devint trop petite, et on se décida pour la construction d’une nouvelle. Les locaux participèrent activement par leur travail personnel et leurs impôts à la construction de la nouvelle église. La première pierre fut posée en 1672 et on fonctionna alors en utilisant les deux églises, construites à angle droit. Ainsi, les services pouvaient continuer à être célébrés dans l’ancienne église pendant l’édification du nouveau bâtiment. En 1679, la nef fut achevée, de sorte que le cercueil en chêne avec les ossements du frère Klaus furent transférés dans la nouvelle église. La même année, on entreprit la démolition de l’ancienne église, mais on conserva la Marienkapelle, de sorte que l’environnement autour de la tombe initiale du saint survécut à la démolition. Vers 1703, un construisit un ossuaire sur cette chapelle et en 1878, les deux bâtiments furent fusionnés pour former la chapelle funéraire (Grabkapelle) d’aujourd’hui. La construction totale de l’église dura 12 ans de 1672 à 1684. Par la suite, les transformations furent mineures, si ce n’est que la tombe du frère Klaus est aujourd’hui située dans le maître-autel depuis 1976, dans une cavité fermée à l’avant avec une vitre. On voit une statue créée en 1934 par un orfèvre local. Les reliques de Frère Klaus sont conservées dans un récipient en acier chromé.

Ainsi, la tour est du XIIIème siècle, surélevée au XVIIème siècle par une coupole baroque reste toujours la base de la Chapelle mortuaire (Grabkapelle). Même si les ossements du saint ont beaucoup voyagé, il reste encore une trace en mauvais état dans la chapelle mortuaire.

L’église de Sachseln, avec ses marbres foncés et noirs est un très bel édifice baroque.

Depuis 1610, la bure portée par l’ermite est conservée dans l’église paroissiale. Son authenticité est avérée. En 1975, la bure très abîmée a été restaurée au Musée National de Zurich. Les ossements sont sous l’autel.

De belles maisons lambrissées occupent la place près de l’église, où se situe aussi un musée dédié au saint. Vous pouvez passer la nuit ici, mais pour vous faire plaisir, vous pouvez pousser aussi jusqu’à Zollhaus, 5 kilomètres plus loin, pour y loger. L’auberge là-bas vaut le détour.

Logements sur la Via Jacobi

 
St Jakob
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Wallimann-Sasaki, Rohrmatte 6, Ennetmoos/St Jakob 041 610 99 65
Accueil jacquaire Voir site officiel de la via Jacobi
St Niklausen
Chambre d’hôte, repas, petit déj. Kloster Béthanie, Bethanienstrasse, St Niklausen 041 666 52 16
Flüeli
Auberge de jeunesse Dossen 2, Flüeli 041 660 85 50
Accueil jacquaire Voir site officiel de la via Jacobi
Hôtel***, repas, petit déj. Hotel PaxMontana, Dossen 1, Flüeli 041 662 24 00
Hôtel***, repas, petit déj. Hotel Klausenhof, Melchtalerstrasse 25, Flüeli 041 666 37 77
Hôtel***, repas, petit déj. Hotel FlüeMatte, Flüeli, 041 660 12 84
Sachseln
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Geisser&Joller, Hasenmatti 3, Sachseln 041 610 74 06
Chambre d’hôte petit déj. B&B Potratz&Pfeiffer, Feldweg 16, Sachseln 041 535 19 27
Chambre d’hôte, petit déj. Manuela Zanini, Brünigstrasse 124, Sachseln 041 620 1478

079 764 90 38

Hôtel, repas, petit déj. Gasthaus Engel, Brünigstrasse 100, Sachseln 041 660 36 46
Hôtel, repas, petit déj. Gasthaus Löwen, Brünigstrasse 109, Sachseln 041 660 14 48
Hôtel, repas, petit déj. Hotel Restaurant Bahnhof, Bahnhofstrasse 15, Sachseln 041 660 14 08
Hôtel****, repas, petit déj. Hotel Kreuz, Bruder Klausenweg 1, Sachseln 041 660 53 00

 

Pour les logements, les renseignements sont juste indicatifs. Les données du livre ne sont pas réajustées chaque année. Dès lors, les prix ou les numéros de téléphone peuvent changer. D’ailleurs une telle liste ne peut être exhaustive. Chaque année, certains établissements ferment, d’autres ouvrent. Si vous cherchez un logement via AirB&B, consultez Internet, AirB&B ne communiquant pas les adresses des logeurs. Dans les gîtes, parfois le petit déjeuner est servi. Dans les accueils jacquaires, les prix sont laissés à la liberté du pèlerin. Certains accueils jacquaires proposent aussi le repas et le petit déjeuner. Les législations ne permettent pas de donner les coordonnées de ce type de logement. Consultez les sites officiels agréés pour ces adresses. En Suisse allemande, de nombreuses chambres d’hôte vous reçoivent sur la paille, où dormir dans ces conditions est très recherché.  De toute manière, il est très recommandé de réserver à l’avance, pour savoir si dans tous ces établissements, chambres ou hôtels, vous pouvez avoir le repas.

La liste ne dresse que les logements sur le chemin ou à proximité (moins de 1 km du chemin). Pour ce type de logement, consultez aussi les sites officiels du chemin. En Suisse, renseignez-vous auprès de “ Les Amis du Chemin de Composelle“ (https://www.viajacobi4.ch/Gites/).