19: Rolle à Coppet

Le lac n’est pas pour tout le monde

 

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Le lac doit rester accessible à tous. Le grand public croit naïvement qu’il existe une loi pour ce genre d’affaires. Eh bien non ! Alors que dit la loi, celle sur le marchepied de 1926. Elle dit expressément: “Sur tous les fonds riverains du lac Léman, des lacs de Neuchâtel et de Morat, des lacs de Joux et Brenet, et du lac de Bret, il doit être laissé, le long de la rive et sur une largeur de 2 mètres, un espace libre de toute construction ou autre obstacle à la circulation, pour le halage des barques et bateaux, le passage ou marchepied des bateliers et de leurs aides, soit pour tous autres besoins de la navigation ainsi que pour ceux de la pêche”. Mais la loi ne s’applique qu’en faveur des bateliers et des pêcheurs, car les propriétaires des fonds riverains qui sont grevés de cette restriction peuvent s’opposer à ce que d’autres personnes en fassent usage et s’introduisent sur leurs propriétés, si elles ne sont pas autorisées par la loi.

Car le grand public confond marchepied et cheminement. Or, il n’y a pas de loi sur le cheminement, en d’autres termes sur le droit de passage des piétons au bord du lac. En d’autres termes, le droit de marchepied ne donne pas un droit d’accès au public sur les parcelles privées. Le cheminement riverain, lui, doit être réalisé par la création de servitudes de passage public. Et ce fait est le domaine des communes et des édiles. Ainsi, de Lausanne à Rolle, les commues généreuses ont offert un accès étendu aux bateliers, aux pêcheurs et aux marcheurs. De Rolle à Genève, les communes ont plutôt favorisé l’expansion des riches et de leurs propriétés, source bienvenue de gros impôts, limitant au maximum l’accès public au lac.

Tout cela pour vous dire qu’aujourd’hui vous verrez le lac depuis les hauteurs. Bien évidemment, tout le monde comprend qu’il n’est pas question de paver des chemins couverts de roses aux pèlerins. Il y a d’abord des réalités économiques et géopolitiques. Mais les nombreux randonneurs du week-end ne sont pas loin de penser comme nous…

 

Les dénivelés (+217 mètres/-217 mètres) sont encore aujourd’hui dérisoires. Allez! Disons que c’est plat, presque tout plat.

Ce sera, hélas, une journée presque complète sur le goudron. Que voulez-vous ? C’est un bassin de population assez dense:

Goudron: 20.4 km

Chemins: 9.5 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-rolle-a-coppet-par-la-via-jacobi-4-68572805

Section 1: Un petit passage sur les quais avant la campagne.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

La Via Jacobi part aujourd’hui du Château de Rolle. Ce château médiéval du XIIIème siècle, remanié au XVIème siècle abrite aujourd’hui l’essentiel des activités communales.
Elle longe la magnifique berge fleurie et des grands blocs de rochers jusqu’au port. Profitez-en, car le lac c’est fini pour aujourd’hui.
A deux pas de la berge flotte l’île de la Harpe, qui n’a guère plus d’espace que pour quelques grands arbres.
Au bout du quai, la Via Jacobi arrive près de l’embarcadère et poursuit sa route jusqu’au port de plaisance. Ici, on annonce Nyon à 4 heures de marche.
La Via Jacobi remonte alors vers la RN1, la Route suisse, à la sortie du bourg. Cette route est le grand axe, qui avec l’autoroute va de Lausanne à Genève.

Ici, le chemin est mal indiqué, il n’y a qu’une coquille qui a perdu sa couleur mais il faut traverser la RN1 et monter sur la petite route qui s’en va dans la banlieue.

Rapidement, vous allez quitter la banlieue.
Dès la sortie de la banlieue, vous trouvez rapidement les vignes qui vont vous accompagner pendant une grande partie de la journée.
Mais on ne cultive pas que la vigne ici. Il y a aussi du maïs, des arbres fruitiers et des cultures maraîchères.
Un peu plus loin, la petite route passe sous la voie de chemin de fer et continue vers l’autoroute qu’on entend gronder au loin.
Mais, la Via Jacobi ne va pas jusqu’à l’autoroute. Elle emprunte une plus petite route qui tourne à angle droit et part dans la campagne.
Nous sommes à deux pas de l’autoroute bruyante et du train qui ne l’est pas moins et qui circule ici à grande cadence.
Peu après, la route se rapproche d’un sous-bois et la terre battue prend la place du goudron.
Dans le sous-bois, où les épicéas essaient vainement de faire concurrence aux hêtres et aux érables, le chemin traverse le petit ruisseau de la Gillière.
En sortant du bois, c’est à nouveau le goudron et les maïs.
La Via Jacobi va défiler alors entre maïs et arbres fruitiers, près de l’autoroute.
Lorsqu’on voit devant soi l’aire de repos sur l’autoroute, la route va bifurquer pour trouver la gare d’En Convers.

Section 2: Chez les vignerons de La Côte.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

La route arrive alors rapidement à la petite gare d’En Convers, une gare qui doit être très utilisée par les maraîchers locaux.
La Via Jacobi passe sous la voie de chemin de fer et transite dans une petite zone semi industrielle.
Elle arrive alors près d’un rond-point où la symbolique vigneronne s’impose. Dans le canton de Vaud il y a deux grandes régions viticoles, le Lavaux entre Vevey et Lausanne, et la Côte, dans toute cette région que traverse aujourd’hui le parcours.
Le village vigneron de Bursinel est à deux pas sur la route. Mais bien sût il n’y a pas que des vignerons qui habitent ici sur la Côte.
Au milieu du village, une route descend dans les vignes sur le lac. Dans les jours de grand beau temps, le spectacle ici vaut le déplacement.

La route passe devant le château, un édifice du début du XIXème siècle, caché sous les arbres dans un grand parc. On sait que Churchill fuma quelques cigares ici.

Puis, la route passe au centre du village, dans un pays où la vigne et les vignerons sont omniprésents, et où tout respire le propre.

On poserait bien ses valises ici, non?

L’entrée de Dully est signalée dès la sortie de Bursinel et les deux villages sont contigus. Nous sommes toujours sur le coteau vinicole.
Dully est un village effiloché et étendu, depuis le lac jusqu’à deux de ses hameaux que sont St Bonnet et Bourg d’Amont. La route passe d’abord à St Bonnet. Ici aussi, on navigue entre les maisons vigneronnes et les villas de prestige.
Le long des villas récentes, la route passe plus loin à Bourg d’Amont.
Puis, la route gagne le centre du village de Dully.

Elle passe près du jardin du château, qui n’est en fait qu’une très grande gentilhommière, dont la vue s’éloigne du regard des passants. C’est un double château du XVème siècle transformé depuis au XIXème siècle en une partie gothique et l’autre en style Renaissance. C’est une propriété privée.

Continuons maintenant à une autre période de l’année, au début du printemps quand les feuilles commencent à se développer sur les arbres.

Puis, la route descend dans les champs, après avoir fait un crochet vers le bas du village.

La Via Jacobi rejoint assez rapidement le sous-bois de la Lignière sur une petite route. Ici les herbes folles courent dans un sous-bois humide où gambadent de petits ruisseaux.
Elle trouve d’abord la Dullive qu’elle traverse.
Elle remonte du pont une centaine de mètres avant de trouver un chemin qui redescend vers la Dullive.
Peu après, le chemin trouve un pont où le ruisseau de Lavasson se jette dans la Dullive.
Le chemin traverse alors en ondulant le sous-bois de feuillus, le long du Lavasson, qu’il va suivre sur le flanc de la colline, jusqu’à la sortie du bois. Les hêtres ici atteignent des hauteurs impressionnantes. On voit poindre aussi quelques chênes et quelques épicéas.
Peu après, au lieudit Les Hiboux, le chemin abandonne le ruisseau, monte un peu plus et s’élargit sur la terre compacte.

Section 3: La morne traversée de Gland avant un nouveau miracle.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Le chemin reste encore un peu en forêt, avant de retrouver les arbres fruitiers le long du sous-bois.
Le chemin va alterner entre l’herbe et la terre battue, au milieu des vergers, des vignes et des arbres fruitiers avant de rejoindre la proche banlieue de Gland. Par beau temps, le Mont Blanc est droit devant vous dans les neiges éternelles.
Profitez ici du magnifique panorama ouvert sur le vignoble et le lac, des Alpes au Jura, car la traversée de Gland ne vous offrira pas que de la joie et du plaisir.
La Via Jacobi arrive alors à Gland dans le quartier de Montoly.
Deux mots sur Gland. C’est aujourd’hui une ville de plus de 13’000 habitants, qui a poussé comme un champignon ces dernières décennies. Le petit bourg d’origine a grandi pour accueillir les nombreux pendulaires qui travaillent sur le bassin genevois. C’est aussi une région de refuge pour les grandes vedettes du people, artistes et sportifs de haut renom. Ces gens-là, vous ne le verrez pas rôder près de la gare. D’ailleurs, les plus riches d’entre eux vivent près du lac, dans une région rarement accessible aux promeneurs.

Une route transite alors dans la banlieue sans caractère jusqu’à arriver à la gare.

Prêtez grande attention ici. Ne passez pas sous la gare. Le chemin a été modifié. Jadis, la Via Jacobi passait de l’autre côté des voies, transitait dans la grande banlieue puis gagnait l’aérodrome de la Côte avant de trouver Prangins. C’était un parcours assez ennuyeux, utilisant surtout des routes avec parfois de la circulation.

Merci aux organisateurs de la Via Jacobi 4 d’avoir proposé un meilleur itinéraire. Mais, ils auraient pu tout de même mettre un panneau qui n’est guère plus grand qu’un mouchoir de poche. Si on ne sait pas où le parcours va, on peut se tromper facilement.

La Via Jacobi suit quelques centaines de mètres la voie de chemin de fer, dans une zone industrielle, pas très joyeuse.
Mais comme elle est bloquée par la zone industrielle, elle fait un détour vers les prés.
Au bout d’une assez longue rectiligne, elle tourne à angle droit et revient en direction de la voie de chemin de fer.
Elle longe alors la voie de chemin de fer pour se retrouver à l’orée du bois au Chemin des Toblerones, de son nom officiel “ligne fortifiée de la Promenthouse” érigée entre 1937 et 1941, pour la défense du pays. Le nom de Toblerones est dû à la ressemblance de ces dents de béton avec les chocolats du même nom. On introduisit plus de 2’500 blocs de béton anti-char du lac jusqu’au Jura, isolant Genève qu’on considéra comme indéfendable. Un sentier court encore sur ce tronçon long de plus de 10 kilomètres.
C’est alors un bon kilomètre de balade le long de ces murs d’un autre âge que la nature a colonisé avec de la mousse et du lierre.
Le chemin défile ainsi sous les hêtres, légèrement en surplomb de la rivière, parfois visible sous les arbres, parfois calme, souvent un peu plus agitée.
Plus loin, le chemin passe près de la ferme module des Guigier, au lieudit Les Avouillons. Cette grande métairie remonte à l’origine à la fin du XIXème siècle.
La balade le long des toblerones s’achève lorsque le chemin arrive à l’usine électrique de la Côte, au niveau de la route suisse.
Ici, la Via Jacobi passe sous le pont et monte par des escaliers au niveau de la route suisse. Soyez très attentif ici, car vous aurez la tentation de suivre la flèche jaune. Non, car celle-ci est la direction de la Via Jacobi 3. La Via Jacobi 4, au contraire, va dans l’autre sens sur le pont.

Section 4: Un tout petit bout de lac et un beau château.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Après le pont sur la Promentouse, la Via Jacobi suit sur une centaine de mètres la route suisse avant de bifurquer à nouveau vers les sous-bois.
C’est alors à nouveau une douce balade sur le chemin qui serpente sous les feuillus, à deux pas de la rivière, qui n’est plus visible ici.
Le chemin passe à deux pas du golf du Domaine Impérial. Ici, il y a pour les amateurs de nature sauvage, un sentier découverte qui n’est pas le nôtre.
La Via Jacobi reste encore un peu dans le sous-bois avant de débarquer dans la large plaine chez les maraîchers de Promenthoux.
Une route conduit alors vers le grand complexe du Prieuré, à Promenthoux.
Elle contourne le grand complexe, un assemblage de fermes et une grande demeure patricienne.
En fait, c’est tout ce qui reste d’un village aujourd’hui disparu qui a connu des heures de gloire au Moyen-âge, avec son prieuré. Mais, les restes sont magnifiques.
La route passe alors brièvement au bord du lac. Profitez-en, car c’est le seul moment du parcours où vous marchez près du lac. On vous a averti que depuis Rolle jusqu’à Genève le lac n’appartient pas aux marcheurs mais aux promoteurs.
Depuis le lac, la route remonte dans les prés où se cachent parfois de belles demeures patriciennes. Rapidement, on aperçoit le château de Prangins.
La route atteint alors les premières maisons de Prangins, un peu au-dessus du lac, près d’une clinique psychiatrique perdue dans les arbres. Ici nous sommes à 40 minutes de marche de Nyon.
La Via Jacobi se dirige alors vers le château perché sur une petite colline.
En suivant la rude pente qui monte sur la colline, on est fier d’annoncer ici que Mozart a fait halte à Prangins lors de son voyage à travers la Suisse, où il donna de nombreux récitals.
Il y eut ici depuis le Moyen-âge une forteresse appartenant aux ducs de Savoie qui disparaît avec les siècles. En 1723, le domaine fut acquis par le banquier parisien, d’origine suisse, Louis Guiguer, qui fit bâtir le château actuel. Même Voltaire habita ici lors de son exil. Le château passa alors pendant longtemps en mains patriciennes. En 1974, le domaine fut restauré et offert à la confédération helvétique pour en faire un musée national, évoquant la vie en Suisse aux XIIIème et XIXème siècles, ainsi que des thèmes d’art, de culture et de société.
La Via Jacobi longe alors le jardin potager où sont cultivés des légumes anciens pour arriver au centre du bourg (4’000 habitants), avec un centre et des ruelles charmantes.
Elle descend alors le long des anciennes maisons du village pour remonter de l’autre côté au milieu des lotissements neufs et cossus, protégées du regard par d’épaisses barrières de thuyas taillés comme pour aller à la messe du dimanche.

Section 5: La traversée de Nyon avant le retour à la campagne.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Prangins et Nyon sont quasi contigus. Cependant, ici quelques rares vignes dominant le lac marquent la transition.
Une petite route descend peu après pour rejoindre la voie de chemin de fer.
Alors un étroit chemin goudronné longe la voie, pour descendre un peu plus, un peu plus loin.
Le chemin quitte un instant la voie pour traverser une route du côté du ruisseau de l’Asse et remonter tout autant vers la gare.
La Via Jacobi se dirige alors vers la gare le long des voies.
Le pèlerin ne connaîtra de Nyon (20’000 habitants) que le quartier de la gare, à moins qu’il ne fasse halte ici. La Nyon vaudoise est quand même plus tournée vers Genève que vers Lausanne. De nombreux habitants travaillent à Genève.

La Via Jacobi passe donc devant la gare et continue le long de la voie de chemin de fer jusque vers la proche banlieue.

Elle va bientôt quitter la voie de chemin de fer et les villas de la banlieue pour gagner un petit sous-bois.
Là, dans le sous-bois, coule la petite rivière du Boiron de Nyon, pour la distinguer du Boiron de Morges.
Un chemin de terre pentu remonte de la rivière dans le sous-bois.
Le chemin ressort du bois et conduit vers le lieudit Bois-Bougy et sa grande ferme.
Sur le parcours du jour, nous n’avons pas vu pour ainsi dire aucune vache. C’est avant tout du maraîchage et de la culture qui est pratiquée ici, quand ce n’est pas la viticulture sur les coteaux plongeant sur le lac. Ici on élève le cheval.
Depuis Bois-Bougy une route rectiligne s’en va le long du sous-bois.
Au bout de la rectiligne, la Via Jacobi part à angle droit sur un chemin de terre dans le Bois Neuf.
Un petit chemin forestier traverse alors le bois. Ici, c’est à signaler, il y a plus de chênes que de hêtres, qui sont le plus souvent présents comme rejets. Il y a aussi des épicéas dans cette large forêt, très plaisante à traverser.

Section 6: Dans la campagne vaudoise.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

A la sortie du bois, la Via Jacobi retrouve la route goudronnée.

Elle traverse les maisons dispersées de Bois Neuf. Il en est presque toujours ainsi. Les plus riches arrivent les premiers et ils ont de belles demeures avec vue sur le lac. Les autres se contenteront des lotissements neufs dans la plaine, sans aucune vue sur le lac, mais sur les montagnes du Jura en face.
La route passe entre les vignes et le lotissement neuf, en le contournant, côté Jura.
A l’entrée du lotissement, la Via Jacobi part à angle droit sur un trottoir en direction de Crans.
Crans est à quelques encablures, dans les prés.
A l’entrée du village, ne vous laissez pas surprendre. La via Jacobi 4 tourne à gauche vers le château, car il y a un autre chemin qui s’en va vers la droite.
Elle longe un grand quadrilatère de verdure…
…avant de passer devant l’esplanade du château. Construit à la fin du XVIIIème siècle, il fut restauré par la suite. Classé comme bien culturel d’importance nationale, le château est le siège d’un vaste domaine viticole.
La Via Jacobi se dirige alors vers le village. Crans est un petit village en tout point charmant et harmonieux, avec de nombreuses anciennes demeures et de belles fontaines. Sur un petit plateau, le village, perché sur les coteaux couverts de vignes, domine le lac. D’origine vigneronne, ces villages sont de plus en plus envahis par des gens travaillant dans le basin lémanique, surtout à Genève.
A la sortie du village, la Via Jacobi pend la direction de Céligny sur la route, traversant discrètement en passant le petit ruisseau de Nant de Pry, perdu dans les herbes folles.
Une petite bande de terre a été dessinée au bord de la route jusqu’à trouver un petit chemin qui s’enfile derrière une haie.
Ce n’est pas que la circulation soit dense, mais ce petit chemin, très court, permet d’éviter la route, et surtout de se rappeler qu’en dessus il y a un magnifique lac dont on ne profite guère.
Le chemin rejoint la route à l’entrée de Céligny, passe devant le château de Garengo. Le château se présente comme une maison de maître du XVIIème siècle, entourée de jardins et traversée par le petit ruisseau du Brassu. Juste à côté, on trouve aune autre maison de maître, le Petit Elysée, où a vécu le pianiste russe Nigita Magaloff. Toutes ces demeures sont considérées comme des biens culturels d’importance nationale.
La commune de Céligny est très particulière. C’est assez anachronique, mais c’est encore une partie exclavée du canton de Genève dans le canton de Vaud. Et pour faire encore plus fort, une de ces enclaves comprend aussi un bout du lac. Ceci est toute l’histoire de la Suisse, avec tous les partages qui ont opéré au cours du temps. On l’a signalé plus avant sur le parcours entre Fribourg, Berne et Vaud.

Ici, comme souvent sur le parcours, les grosses maisons patriciennes, blotties au fond des parcs restent protégées derrière les grilles.

Même pour les moins fortunés, le village a beaucoup de charme, au milieu des fontaines de pierre, présentes en abondance dans toute la région, la plupart du temps avec une eau non potable.

Le ruisseau du Brassu est aussi visible  dans le village. Autrefois la commune, mais aussi toutes celles de la région, était exclusivement agricole ou viticole. Mais Genève est à deux pas. En conséquence, elles sont devenues au fil des années de plus en plus résidentielles.

La Via Jacobi sort de Céligny, se dirige vers les cimetières, car il y en a deux, le neuf et l’ancien.
Un petit chemin étroit descend alors pour aller visiter le Brassu et remonter aussitôt sur des rondins de bois sous les hêtres. Le passage est très bref.

Section 7: Retour progressif vers le lac.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Au sommet des escaliers, le chemin part dans l’herbe le long du sous-bois.
Le chemin rejoint peu après le domaine du Château de Bossey, une ancienne maison de maître du XVIIIème siècle.
Madame de Staël du Château de Coppet racheta ce château pour son fils, et la demeure passa au cours des siècles en de nombreuses mains, devenant plus tard même un collège pour jeunes filles américaines, un camp pour les polonais durant la deuxième, guerre et encore un centre œcuménique. Aujourd’hui, tout étant encore un centre œcuménique, c’est un centre de conférences, un hôtel et un restaurant. Le domaine baigne dans le calme et la quiétude dans un immense parc, près d’un minuscule étang.
Du domaine, un large chemin fait le tour d’une partie des murs de la propriété.
A la sortie de la propriété, près de ce qui ressemble à une ancienne tour de garde, aujourd’hui plutôt à une gentilhommière, on trouve un panneau de direction où il faut être attentif. Vous allez à Coppet peut-être, mais ne suivez en aucun cas la direction de Coppet. Suivez toujours la Via Jacobi 4 et non l’alternative qui mène aussi à Coppet.
Une large avenue de terre battue descend alors en pente douce entre deux haies de feuillus. Elle descend jusqu’à bifurquer hors des arbres dans la campagne.
Alors, le chemin de terre tourne à angle droit dans les prés, aujourd’hui les champs de colza qui lèvent à peine, et les arbres fruitiers.

Sur le tronçon, la vue est belle sur le lac et sur les Alpes.

Plus loin, la Via Jacobi tourne à nouveau à angle droit, cette fois sur une route goudronnée.
La route arrive alors à Founex.
La Via Jacobi traverse le village de Founex sur toute sa longueur. Vous allez vite vous rendre compte que c’est un grand village. Il compte 3’800 habitants, et il est fort à parier que la grande majorité des habitants ne vit pas de la campagne ou des vignes mais travaille à Genève.
Vous dire qu’il y a des fontaines dans le village, maintenant vous êtes habitué. Certaines datent du XVIIIème siècle.
Mais il n’y a pas que l’eau qui coule dans le village, le vin aussi.
A la sortie de Founex, vous partez pour une partie de manivelle qui ne vous apportera guère de plaisir.
Peu après, vous allez trouver un panneau vous indiquant que vous êtes à Coppet. Mais détrompez-vous, vous n’y êtes pas encore, du moins encore très éloigné du centre du bourg. La Via Jacobi va faire un détour d’abord vers Commugny.
Vous irez donc toujours tout droit sur le trottoir de la Route du Jura.
Plus loin, vous longez le collège de Terre Sainte, qui doit regrouper toutes les communes de la région, à voir son importance.

Section 8: Retour au bord du lac.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Après le collège, la Via Jacobi entre à Commugny, transitant près du complexe sportif du collège.
La route monte au centre du village, près de la place de l’église.
L’église actuelle est une reconstruction du XVème siècle, sur une ancienne église romane. Originellement dédiée à St Christophe, l’église est aujourd’hui un temple réformé. Elle est aussi sobre à l’intérieur qu’à l’extérieur.
La Via Jacobi continue tout droit et ne va pas à Coppet. Si vous allez à Coppet, vous reviendrez ici pour l’étape suivante. Ici, une direction vous donne le port de Coppet, à 20 minutes d’ici. Car, il faut bien s’arrêter un jour, après une si longue étape et que les logements ne sont pas présents tous les mètres.
Le parcours pour Coppet part derrière l’église.
En descendant sur Coppet, la route coupe le petit ruisseau de la Doye.
Peu après, la petite route rejoint la route venant de Founex et arrive à la gare de Coppet. Ici, nous sommes à moins de 10 minutes de Coppet et du lac.
En descendant vers le lac, la route croise le château, qui a acquis une grande notoriété lorsque Necker, ministre de finances de Louis XVI l’acheta. A sa mort, le château devint le lieu de résidence de sa fille, Madame de Staël, qui se réfugia ici, condamnée à l’exil par Napoléon. Et Coppet devint alors pour quelque temps un haut lieu de la vie culturelle et de résistance à Napoléon. Tout cela disparut comme par enchantement à la mort de Madame de Staël en 1817.
Coppet (3’100 habitants), dont les pieds plongent dans le lac, est un très beau bourg avec ses arcades, ses maisons historiques, certaines remontant au XVIème siècle, son temple qui est une ancienne église gothique.

 

Logements sur la Via Jacobi

 
Dully
Chambre d’hôte, petit déj. Eliane Trurn, Ch. Peccaudès 6, Dully 021 824 10 03
Hôtel***, repas, petit déj. Auberge de Dully, Place du Village 9, Dully 021 824 11 49
Gland
Gîte, cuisine Gîte communal, Chemin de Montoly 1, Gland 079 578 01 57
Hôtel*, repas, petit déj. Hôtel de la Plage, Ch. de la Falaise 3, Gland 022 364 10 35
Hôtel***, repas, petit déj. Hôtel Glanis, Route de Begnins 2, Gland 022 354 16 20
Prangins
Accueil jacquaire, repas, petit déj. Voir site officiel de la via Jacobi
Hôtel***, repas, petit déj. Hôtel La Barcarolle, Route de Promenthoux, Prangins 022 365 78 78
Nyon
Chambre d’hôte, dortoir, petit déj. B&B Baumgartner Vreni, Avenue du Bois-Bougy 9, Nyon 022 361 25 03
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Bussy, Route de l’Etraz 34B, Nyon 022 994 74 70
Chambre d’hôte, petit déj. B&B Baumgartner Samuel, Ch. Du Bois Bougy 4, Nyon 022 361 34 52
Hôtel, repas, petit déj. Nyon Hostel, Chemin des Plantaz 47, Nyon 022 888 12 60
Bogis-Bossey
Accueil œcuménique Château de Bossey 022 960 73 00
Founex
Hôtel, repas, petit déj. Auberge de Founex, Grand rue 31, Founex 022 776 10 29
Commugny/Coppet
Accueil jacquaire, repas, petit déj. Voir site officiel de la via Jacobi
Hôtel, repas, petit déj. Motel Le Léman, Route de Genève 11, Commugny 022 776 25 21
Hôtel**, repas, petit déj. Hôtel- restaurant Guillaume Tell, Route de Divonne 10, Commugny 022 778 11 67/079 436 72 19
Hôtel**, repas, petit déj. Hôtel d’Orange, Grand Rue 61, Coppet 022 776 10 37

Pour les logements, les renseignements sont juste indicatifs. Les données du livre ne sont pas réajustées chaque année. Dès lors, les prix ou les numéros de téléphone peuvent changer. D’ailleurs une telle liste ne peut être exhaustive. Chaque année, certains établissements ferment, d’autres ouvrent. Si vous cherchez un logement via AirB&B, consultez Internet, AirB&B ne communiquant pas les adresses des logeurs. Dans les gîtes, parfois le petit déjeuner est servi. Dans les accueils jacquaires, les prix sont laissés à la liberté du pèlerin. Certains accueils jacquaires proposent aussi le repas et le petit déjeuner. Les législations ne permettent pas de donner les coordonnées de ce type de logement. Consultez les sites officiels agréés pour ces adresses. En Suisse allemande, de nombreuses chambres d’hôte vous reçoivent sur la paille, où dormir dans ces conditions est très recherché. De toute manière, il est très recommandé de réserver à l’avance, pour savoir si dans tous ces établissements, chambres ou hôtels, vous pouvez avoir le repas.

La liste ne dresse que les logements sur le chemin ou à proximité (moins de 1 km du chemin). Pour ce type de logement, consultez aussi les sites officiels du chemin. En Suisse, renseignez-vous auprès de “ Les Amis du Chemin de Composelle“ (https://www.viajacobi4.ch/Gites/).